Zibeline n°15 février 2009
Zibeline n°15 février 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de février 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'art visuel en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 42 - 43  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
42 43
42 MUSIQUE CONCERTS Cette 6 e édition de Nuit D’hiver s’est posée sur une branche musicale où seul les artistes un peu barrés vont se percher : De l’écrit à l’improvisé De l’improvisé à l’aléatoire Un tel festival sans limites attise la curiosité. Il se balade autour de thématiques explorant un instrument particulier, jusqu’au genre du Blues l’an dernier, avec, entre autres, des musiciens éthiopiens ! Mais « comment définir plus précisément des musiques ne se laissant réduire à rien d’aisément identifiable ? » questionne Philippe Robert dans son ouvrage sur le Rock 1. Vinko Globokar y répond en jouant sur son trombone quelques notes de facture classique, avant de rapidement envahir d’autres espaces sonores distordus, avec l’aide d’un cor des Alpes par exemple, ou en raclant son instrument sur le parquet. Un défi qu’il partage avec le bruiteur-percussioniste sexagénaire Jean Michel Drouet, tels deux laborantins s’amusant à une joute audacieuse. Essayez donc de faire grincer une fourchette à spaghetti sur votre table en bois, de souffler dans votre théière ou rouler une boule de métal calée dans une cloche renversée ! Là, poétique et improvisation ne se conjuguent pas sans un certain humour : un « Continue, on sait pas où on va, mais c’est beau… » calmera finalement cette dispute théâtrale... En deuxième partie de soirée, Jean Marc Montera présente l’issue de sa résidence avec la chanteuse et guitariste Sophie Gonthier. Après la débauche de timbres inattendus, le rendu de The Room sera plus convenu, la recherche s’inscrivant ici dans un courant nowave cher à Sonic Youth : interprétation libre de guitares à effets, pour un set assez court qui a conquis un public avisé. On en redemandait, mais sans doute en option groupe, l’élément rythmique absent ici semblant le seul capable de donner plus de corps à cette audace… Quoi qu’il en soit, le créateur mène sa musique par les oreilles : Jean Marc Montera vit son festival hors des sentiers rebattus et conserve une liberté d’action dans tous ses actes. Un geste courageux en ces temps d’incertitude…X.RAY Concert du 18 déc au GRIM, pour le Festival Nuit d’hiver 1 Philippe Robert : Rock, Pop, un itinéraire bis… éd le Mot et le Reste Sophie Gonthier Pirlouiiiit - Liveinmarseille.com Pour la dernière soirée de l’écrit à l’improvisé le 20 déc, le Grim s’est mué en lieu de rencontres, carrefour d’artistes et d’expressions musicales. Première confrontation ou premier tête à tête ? La pianiste Liégeoise Geneviève Foccroulle s’attaque aux pièces pour piano seul de l’américain Anthony Braxton. Composées entre 1968 et 2000, ces pièces difficiles d’exécution mettent en valeur la grande variété compositionnelle de l’auteur. Lui-même improvisateur, multi-instrumentiste et performeur, Braxton ne ménage pas l’excellente pianiste (sœur du directeur du festival d’Aix, voilà un autre type de rencontre…) avec un jeu de mains extrêmement percussif, des détours jazzy ou avant-gardistes proches de Jean Michel Drouet et Vinko Globokar Pirlouiiiit - Liveinmarseille.com Jean-Marc Montera Pirlouiiiit - Liveinmarseille.com l’improvisation. À la limite de la performance et du sport, exigeant parfois de jouer des coudes, certaines partitions sont des œuvres ouvertes laissant une part de détermination à l’interprète, qui choisit l’ordre des séquences tout en devant décrypter le codage établi par le compositeur sur une page totalement graphique. Chapeau ! Cette période aléatoire, mi-écrite miimprovisée, Joëlle Léandre l’a bien connue. Simplement et sans chichi, elle est venue présenter son livre 2, creuset de rencontres musicales ou journal témoin d’une musicienne qui fait voler les barricades. Elle se met alors à tout dire façon impro : sa contrebasse à trimballer, sa rencontre avec Cage, sa boulimie discographique (plus de 90 enregistrements !) … Elle ne s’arrête plus alors que les Aixonoéspanic et Sebastia Jovani sont fins prêts à en découdre. C’est normal, « l’artiste est une machine à exprimer, à inventer ». Bien dit ! FRÉDÉRIC ISOLETTA Concert du 20 déc au GRIM, pour le Festival Nuit d’hiver 2 À voix basse, entretiens avec Joëlle Léandre par Franck Medioni, éd MF.
Un beau cadeau ! En mai 2007 sortait le CD de Christian Brazier, Sazanami, sous le label CELP et distribué sur le site www.allumesdujazz.com. Haïkus musicaux de contrebasse solo, ponctués de pièces courtes pour trio de cuivres avec Philippe Renault, Bastien Balloz (trombones) et Christophe Leloil (trompette). À recommander vraiment aux amoureux de contrebasse ! Avec ce compositeur très prolifique, les fidèles du Moulin à Jazz de Vitrolles se sont vu offrir en ce mois de décembre, propice aux étrennes, la nouvelle création Circumnavigation. La mer est très présente dans l’imaginaire de Christian Brazier. Il décide avec sa nouvelle formation de nous faire explorer de nouveaux rivages, avec un jazz apaisé, mélodique, très construit, qui laisse pourtant sourdre une grande liberté. Un très beau cadeau distribué par d’excellents musiciens : René Perez Zapata (piano), Jean-Luc Di Fraya (batterie/chant) et Christophe Leloil (trompette+bugle). Le célèbre navigateur Bernard Moitessier a été évoqué : alors qu’il était sur le point de franchir la ligne d’arrivée du premier tour du monde à la voile en 1969, celui-ci choisit de poursuivre sa route « parce qu’il est heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver son âme. » Christian Brazier enregistre son prochain CD cette année. À cet homme discret, roi de l’évasion sensitive, souhaitons en ce début d’année nouvelle tout le succès qu’il mérite. Dan Warzy 43 Gerard Tissier Circumnavigation, du Christian Brazier Quartet, a eu lieu au Moulin à Jazz de Fontblanche à Vitrolles le 13 déc lors de la. 10 e édition de Nuit des Scènes Jazz Sayon Bamba : Mod’vakance Loin des fausses galères du Vendée Globe, c’est l’abandon de tout soutien financier qui a provoqué le quasi-naufrage du Margose Festival en rade de Marseille Pas besoin de creuser le sol de Guinée pour en extraire sa richesse, il suffit de pousser la porte du Tankono et y rencontrer Sayon Bamba, revenue du pays avec un album éclatant, une programmation pleine d’espoir, et de l’énergie à revendre. « Ce lieu c’est l’association de quatre personnes, et c’était pour moi le rêve d’avoir un cabaret africain, permettant la rencontre d’artistes comme les scènes ouvertes du jeudi, tout en étant exigeant, pas comme ces petites scènes qui s’inventent des spectacles qui sont un peu de l’arnaque. » Une seconde carrière pour cette chanteuse, marseillaise depuis 11 ans, et dont le déclencheur a été Miriam Makeba durant l’intermède d’un match de boxe à Conakry : « Cette voix, ces yeux, le combat de cette femme au milieu de ces hommes… » Vraie passerelle entre les deux pays, Mod’Vakance donne un élan communicatif et s’oppose à la misère politique de son pays, aujourd’hui sans président... « J’avais envie de dire les choses làbas, car je veux que la femme sorte du silence si elle ne l’a pas choisi, qu’elle s’exprime. Je n’ai pas peur que l’on me juge comme une femme à ne pas fréquenter. » Son album soigné (évident dans Sadjo, le meilleur morceau) et complet (cornemuses et mandolines se mêlent à la tradition) est dédié « aux personnes qui ont vu en moi un être humain plutôt qu’une femme. » Elle l’a concocté avec Abdoulaye Kouyaté du Circus Baobab de Marseille, « qui faisait déjà partie de mon premier groupe Sobé », et Riad Challoub, ancien du Bembeya Jazz National : « une référence musicale, qui m’a beaucoup conseillée, et rappelé ce que nous les jeunes avons tendance à oublier » … X-RAY La programmation du Tankono (9 rue des trois Mages) en février est consacrée à la pensée noire et l’esclavage 06 43 21 54 29 http://tankono.online.fr Christian Brazier Gerard Tissier Encore un festival à la dérive… Rageant, surtout quand on sait ce que cela aurait dû donner avec Moktar Samba, David Linx, Sylvain Luc ou Richard Bona. Seuls les rescapés d’Urban Kreol ont pu exprimer leur métissage autour d’un projet scénique acoustique très abouti. Gérald Toto, l’initiateur de cette rencontre, accompagnait David Walters, issu de la nouvelle scène locale électro-world. Unis par le rythme reggae, caraïbéen lui aussi, la chanteuse Sandra Nkaké (sans son groupe mais avec sa beat box) les a précipités sur des hauteurs de voix et des prouesses de rythme avec un talent tout naturel. Quant au guitariste jamaïcain Chinna Smith, il a été contraint d’abandonner son set acoustique au Poste à Galène, devant un brouhaha de gens sans écoute… Marseille connaît trop souvent ces galères, un public mal informé, des collectivités territoriales non concernées, des structures maladroites et inquiètes qui se débrouillent. Pourtant Christian Ortolé reste motivé : « La joie et la sérénité partagées à cette occasion valent la peine de pérenniser cette expérience passionnante. » Larguant les amarres vers le Brésil, il compte sur une nouvelle date de soutien en avril. X-RAY



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 15 février 2009 Page 1Zibeline numéro 15 février 2009 Page 2-3Zibeline numéro 15 février 2009 Page 4-5Zibeline numéro 15 février 2009 Page 6-7Zibeline numéro 15 février 2009 Page 8-9Zibeline numéro 15 février 2009 Page 10-11Zibeline numéro 15 février 2009 Page 12-13Zibeline numéro 15 février 2009 Page 14-15Zibeline numéro 15 février 2009 Page 16-17Zibeline numéro 15 février 2009 Page 18-19Zibeline numéro 15 février 2009 Page 20-21Zibeline numéro 15 février 2009 Page 22-23Zibeline numéro 15 février 2009 Page 24-25Zibeline numéro 15 février 2009 Page 26-27Zibeline numéro 15 février 2009 Page 28-29Zibeline numéro 15 février 2009 Page 30-31Zibeline numéro 15 février 2009 Page 32-33Zibeline numéro 15 février 2009 Page 34-35Zibeline numéro 15 février 2009 Page 36-37Zibeline numéro 15 février 2009 Page 38-39Zibeline numéro 15 février 2009 Page 40-41Zibeline numéro 15 février 2009 Page 42-43Zibeline numéro 15 février 2009 Page 44-45Zibeline numéro 15 février 2009 Page 46-47Zibeline numéro 15 février 2009 Page 48-49Zibeline numéro 15 février 2009 Page 50-51Zibeline numéro 15 février 2009 Page 52-53Zibeline numéro 15 février 2009 Page 54-55Zibeline numéro 15 février 2009 Page 56-57Zibeline numéro 15 février 2009 Page 58-59Zibeline numéro 15 février 2009 Page 60-61Zibeline numéro 15 février 2009 Page 62-63Zibeline numéro 15 février 2009 Page 64-65Zibeline numéro 15 février 2009 Page 66-67Zibeline numéro 15 février 2009 Page 68-69Zibeline numéro 15 février 2009 Page 70-71Zibeline numéro 15 février 2009 Page 72-73Zibeline numéro 15 février 2009 Page 74-75Zibeline numéro 15 février 2009 Page 76-77Zibeline numéro 15 février 2009 Page 78-79Zibeline numéro 15 février 2009 Page 80