Zibeline n°15 février 2009
Zibeline n°15 février 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de février 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'art visuel en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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04 POLITIQUE CULTURELLE L’ART VISUEL EN CRISE Culture, crise et entreprise À l’occasion de la sortie de son ouvrage rétrospectif (A) partir de Marseille-65 projets d’arts contemporain, le Bureau des Compétences et Désirs organisait samedi 20 décembre à la librairiegalerie Histoire de l’œil une table ronde sur cette question désormais omniprésente : le financement de la culture et son rapprochement du monde de l’entreprise Sylvie Amar pour le B.C.D. et Baptiste Lanaspeze pour les Presses du Réel proposaient d’organiser le débat dans la « perspective de la création de richesses communes ». Face au retrait croissant de l’investissement public et ses conséquences sur le subventionnement local, la recherche de solutions alternatives ou de compensation (pré)occupe lourdement le devenir des structures artistiques existantes, alors même que certaines doivent fermer (voir ci-contre). Blocages idéologiques ? Qu’on se réclame d’un idéalisme de l’action culturelle ou du pragmatisme économique, les échanges avec le public ont montré l’acuité de la question à la fois pour les artistes, les médiateurs, les entrepreneurs public ou privé. Ce que n’ont pas manqué de rappeler Xavier Douroux (initiateur du Consortium et des Presses du Réel à Dijon) et François Lextrait (Radio Grenouille, Grandes Tables de la Friche, conseiller auprès de Jean Nouvel), soulevant les blocages idéologiques quant au rapport culture-économie. Pascal Neveux (directeur du Frac Paca) donnait l’exemple des financements croisés du Frac et le nécessaire travail de fond en partenariat. Ainsi était soulevé le rapport financement public/privé. Signe des temps, les terminologies issues de la gestion d’entreprise étaient réinvesties dans les discours telles « vendre son expertise », « échanges de compétences », « valeur d’échange ». L’artiste invité, Hervé Paraponaris, affirmait pour sa part que pour la création artistique « l’économie était là pour valider les idées et non pas faire de l’argent ». Formatage ou centralisme ? Le manque de subsides, et l’État lui-même, incitant à chercher vers l’entreprise privée, la culture peutelle se passer de cette dernière ? Certaines questions étaient vivement discutées : de quels modèles s’inspirer, tel l’anglo-saxon, ou bien quelles innovations et expérimentations mettre en œuvre ? Dans la salle, Michel Colardelle, directeur du Mucem, évoquait le rapport difficile des institutions muséales avec le marché de l’art. Sur un plan plus politique, on se demanda s’il fallait s’affranchir du « centralisme français », « comment redistribuer les richesses produites » ou encore s’il fallait se méfier d’un « danger de formatage par l’économique sur les œuvres d’art ? » Difficile de conclure tant les questionnements et les propositions reflétaient ces inquiétudes circonstanciées. Sylvie Amar, rappelant l’intrusion de cette crise globale, pointait l’opportunité d’inventer de nouvelles manières d’entreprendre : comment par exemple « dans la négociation ou le conflit peuvent naître de nouvelles pratiques et des œuvres sublimes ». S’agirait-il « de placer enfin l’art au centre des enjeux sociaux et collectifs » ? Rien à vendre Idéologique ou pas, il reste évident que les entreprises ne s’intéresseront à l’Art que si, à un endroit, par prestige, incitation fiscale ou pari sur l’avenir, la chose leur rapporte. L’art contemporain, parce qu’il produit essentiellement des objets qui se vendent, est historiquement particulièrement lié au privé, aux mécènes : il n’est pas certain que le théâtre public, la musique contemporaine ou la danse puissent survivre à l’incitation qui leur est faite de se tourner vers l’entreprise… CLAUDE LORIN L’Histoire de l’Oeil nous a habitué à de nourrissantes rencontres -quelques semaines en arrière Mark Alizart exposait avec force l’originalité du Palais de Tokyo et les modalités de son fonctionnement. Ces rendez-vous sont désormais attendus. Une librairie qui ne vend pas n’importe quel livre et qui fait réfléchir, c’est une des voies possibles pour entreprendre la culture efficacement ! www.galerieho.com www.bureaudescometences.org www.pressesdureel.com (A) partir de Marseille-65 projets d’art contemporain%,. bilingue français/anglais 256 pages, 379 ill. coul., 79 ill. n&b éditions Les Presses du Réel, 2008 23 euros VF Galerie Installée à deux pas du Palais Longchamp, la VF Galerie baisse le rideau après moins de deux ans d’activité, mais n’a pas dit son dernier mot… Explications 1 Mars 2007-décembre 2008 : la trajectoire de VF Galerie dans le ciel de Marseille aura été celle d’une météorite. Les charges locatives et la baisse des ventes (78000 euros la première année pour 45000 euros aujourd’hui) ont eu raison de leur volontarisme… Un temps de vie très court qui ouvre la porte à de nombreux questionnements, notamment sur l’existence d’un marché de l’art contemporain sur le territoire. En effet, profitant de cette pause forcée, les quatre associés de la VF Galerie entament une phase de réflexion optimale, d’autant que certaines ventes sont en cours de finalisation. Entre Altitude croisière et Boum Blocs avec Anne-Valérie Gasc, la ligne de force aura toujours été la même : présenter des projets sous des formes courtes pour explorer les notions de temps. Un parti pris accepté par les artistes (Michel Auder, Cezary Bodzianowski, Frédéric Clavère, JulieC. Fortier, Aïcha Hamu, Arnaud Maguet, Érik Samakh, Lionel Scoccimaro et Emmanuelle Villard) et un rythme soutenu revendiqué par la galerie in situ et hors les murs. Car, dès le départ, elle a donné à son « écurie » 2
05 se met entre parenthèses une représentation à l’international en investissant dans les foires d’art contemporain : Docks Art Fair à Lyon en septembre 2007 avec un solo show de Lionel Sccoccimaro, Show Off à Paris en octobre 2007 avec un Group Show, et Slick à Paris en octobre dernier… Mais la réalité demande de la clairvoyance, ce dont ne manque pas Véronique Collard Bovy, l’une des quatre associés : « On peut se féliciter d’avoir bien vendu, mais pas de pièces assez chères, c’està-dire plus de 5000 euros chacune. C’est donc un problème et une question liés à notre situation : jusqu’à quel point un collectionneur peut donner du crédit à une œuvre, un artiste en province ? » Même si la galerie a reçu le soutien du noyau dur des collectionneurs régionaux, le groupe ne s’est pas développé, constate Véronique Collard Bovy qui déplore l’absence des institutions : « Il n’y a pas eu d’achat du Frac ni du Mac, et le Fonds communal de la Ville de Marseille n’existe plus » Après avoir fait le bilan du territoire et analysé le métier de galeriste, elle l’envisage autrement : « Quand on est une galerie de province, il est primordial d’avoir le soutien des collectivités, pas forcément en termes d’achat mais simplement comme relais. À Nantes, les liens entre institutions et galeries ne se sont jamais rompus car la coexistence est nécessaire » Quant à l’ouverture de Damien Leclerc, si elle a été vécue comme une bonne nouvelle, la concurrence s’est avérée rude car les collectionneurs sont un peu volatiles qui regardent le coût de l’acquisition et recherchent la bonne affaire. « Avoir une galerie, ça coûte de l’argent ; défendre un artiste dans les salons, ça coûte de l’argent et vendre 4 Z dui 1 SHOOTING (The Single Bullet), 2008, broderie sur skaï, capitons, mousse, bois. 70 cm x 167 cm x 15 cm. Aïcha Hamu a exposé Hooloomooloo ou une île en duplex du 3 mai au 14 juin. 2 Emmanuelle Villard a exposé Medley du 13 sept au 18 oct 2008. l’œuvre d’un artiste qui travaille depuis 25 ans à 500 ou 1000 euros, ce n’est pas possible, explique Véronique Collard Bovy. Il ne faut pas le brader ! » Alors, comment VF Galerie peut-elle trouver les moyens de rebondir ? En concevant un projet viable au format adéquat à l’espace dans lequel elle travaille : Marseille. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI www.vfgalerie.com 3 3 Gold Mining River, 2006, deux fioles contenant de l’eau de la rivière et de l’or 23 carats. Détail. JulieC. Fortier a exposé Go West Young Man ! du 26 juin au 27 juillet 2008. 4 « Bootleg », 2005 - 2007 Thompson bois, métal, pvc, walldrawing dimensions variables Frédéric Clavère a exposé Speakeasy du 23 juin au 28 juillet 2007 Tous touristes ! ! La région PACA est un pôle attractif de premier plan, et le tourisme y représente une activité économique énorme (près de 12% du PIB…). Mais celle-ci peut sans doute trouver de nouveaux axes de développement, en particulier hors saison : comme lors des Journées nationales du patrimoine, des Jardins ou des Musées, la Région fait le pari que les habitants peuvent devenir les touristes de leur propre territoire, et y emmener leurs invités et leur famille, puisqu’un visiteur de notre région sur deux va dormir non à l’hôtel, mais chez des proches… En effet, il est bien connu que nous nous comportons plus facilement en touristes, c’est-à-dire en visiteur de monuments, de musées, en découvreurs de gastronomie ou d’histoire… lorsque nous sommes en déplacement volontaire. Et bon nombre d’habitants de notre territoire connaissent mieux la Cité médiévale de Carcassonne ou Notre-Dame de Paris que le Palais des Papes ! Le dispositif de la Région devrait donc vous permettre de découvrir des richesses insoupçonnées, grâce à la mise en place d’une carte « privilège », que vous pourrez demander dès le 19 janv par Internet ou téléphone, et qui vous permettra, du 30 janv au 15 fév, un accès privilégié à… 250 sites régionaux ! L’originalité de la démarche réside dans l’incroyable variété de l’offre : de la sublime Abbaye de Montmajour jusqu’à Boscodon ou Valbonne, du luthier au fabricant de santon, des planétariums aux moulins à huiles, en passant par les dégustations dans les caves ou les chocolateries, tous ouvrent leurs portes, offrent un cadeau… Sans compter les cinq parcs nationaux qui se mettent en quatre, et tous les musées, depuis Quinson et sa préhistoire, Arles et son art antique, jusqu’aux peintres classiques d’Angladon (Avignon) et aux impressionnistes des Beaux-Arts de Nice… A.F. Bienvenue chez vous ! du 30 janv au 15 fév 04 88 66 23 13 www.bienvenuechezvous.regionpaca.fr



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