Zibeline n°15 février 2009
Zibeline n°15 février 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de février 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'art visuel en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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36 MUSIQUE CONCERTS L’épreuve du concert o Le parterre est impressionnant, la vision émouvante ! En ce 23 décembre, le plateau du Grand Théâtre de Provence est recouvert par une centaine de jeunes musiciens qui vivent là une expérience inoubliable… et le public aussi ! On sent, dès l’attaque de la bouleversante 8 e Symphonie de Chostakovitch, dans l’application et la discipline que mettent ces jeunes à livrer une prestation d’une réelle valeur musicale, toute l‘importance que revêt l’épreuve du concert. L’Orchestre Français des Jeunes est en résidence à Aix depuis l’hiver 2007 : ces futurs professionnels, issus des conservatoires nationaux, y répètent et éprouvent leur travail (voir Zib 14). Et quelle partition plus « pédagogique » que cette grande symphonie issue de l’âge d’or de l’U.R.S.S ! Les solos y sont nombreux, l’expression intense qui s’y déploie exige un travail de fond, afin que la tension électrique qui traverse l’œuvre ne se dilue pas au fil des longs mouvements. C’est du reste le seul reproche que l’on peut faire à cette fresque géniale : ses dimensions (elle dure près d’une heure !). Malgré un pouvoir plus que réfractaire à l’avant-garde, Chostakovitch livrait là une réflexion sombre sur la guerre, ses conséquences meurtrières, malgré la victoire de Stalingrad… Grâce au travail léché du chef américain Dennis Russel Davies, les pupitres ont trouvé une vraie cohésion et ont rendu à l’opus toute sa puissance expressive. Un violoniste peut en cacher un autre ! Auparavant, le public aixois avait fait une ovation à Olivier Charlier. Ce dernier, remplaçait au pied levé Laurent Korcia dans le Concerto pour violon de Tchaïkovski. Les mélomanes n’ont pas eu à regretter le « lapin » posé par la star. Les amateurs qui n’avaient jamais entendu ce virtuose français (il s’est produit dernièrement au Festival de Saint- Victor) ont découvert un formidable soliste. Malgré une entame un peu rêche (un son trop ouvert, manquant de rondeur), une tendance à grossir parfois le trait, Charlier a fini par emporter l’adhésion grâce à sa technique brillante, un engagement communicatif et un vrai sens du jeu avec l’orchestre. Un beau cadeau d’avant fêtes ! JACQUES FRESCHEL Dennis Russel Davies A. Balon Le National à Aix Daniele Gatti Silvia Lelli Il est rare de pouvoir assister à des concerts symphoniques d’une telle qualité ! C’est avec beaucoup de cœur que Daniele Gatti a dirigé l’Orchestre National de France le 20 déc au Grand Théâtre de Provence. Son geste, à la fois clair et fin, a su détailler chaque phrase avec sobriété, transmettre l’émotion sans jamais la surexposer : depuis les trois moments profondément sombres de l’Ouverture Hors du temps C’est avec délices que les spectateurs du Grand Théâtre ont eu le privilège d’entendre et de voir la Chambre Philharmonique le 10 janvier, dans un concert tout entier dédié à Haydn. Il restait un peu de neige, on dérapait encore dans les escaliers qui mènent au théâtre, et l’atmosphère sèche et froide faisait craindre le pire pour les instruments… Mais tout s’oublia grâce à la maestria des musiciens emportés par la verve de leur chef, Emmanuel Krivine. Grâce à sa direction à la fois précise et enlevée, ce dernier met en lumière les nuances qui mènent, par exemple, du mineur au majeur dans La Poule qui ouvrait avec humour le concert. Puis les séjours londoniens de « Papa Haydn » sont évoqués par la Symphonie concertante n°105, avec quatre éblouissants solistes, Alexander Janiczek, au violon, Nicolas Hartmann, au violoncelle, Jean-Philippe Thiébaut, et son hautbois, Aligi Voltan, enfin, au basson. « Le père de la musique instrumentale », comme l’avait baptisé Stendhal, était servi par un orchestre dont l’entente, la complicité, était rendue sensible, jeu délié, regards de connivence, un bonheur de jouer que même la corde cassée d’un violon baroque ne pouvait ébranler ! Car l’originalité de cet ensemble repose sur le choix de jouer sur des a o Tragique en ré mineur, jusqu’à la Symphonie n°4 de Brahms, ultime hommage à Haydn, et pétrie de références à Bach. Mihaela Ursuleasa a, pour sa part, adopté un jeu beaucoup plus démonstratif dans Concerto pour piano n°3 de Bartók. Pour notre plus grand bonheur, puisqu’il se prête, par ses contrastes, à un jeu plus appuyé ! Ce concerto est aussi une œuvre ultime, écrite par un compositeur malade, qui retrouve paradoxalement une certaine sérénité dans les mélodies populaires qui surgissent comme des souvenirs du magma de l’orchestre. Son interprétation sensible et inspirée de cette œuvre étrange était tout simplement parfaite, subtile, jamais retenue, et pourtant sans excès… Du grand art ! SUSAN BEL Emmanuel Krivine X-D.R. instruments de l’époque du compositeur : régal pour les yeux aussi, les cors naturels sans palettes, avec leurs tons (tuyaux de longueurs variables adaptés aux différentes tonalités), les trompettes naturelles aux sons cuivrés, les violoncelles dépourvus de pique, les sonorités chaudes de l’ensemble… Bissé par une foule enthousiaste, la Chambre Philharmonique interpréta La Prague de Mozart, qui disait de Haydn « lui seul a le secret de me faire sourire, de me toucher au plus profond de mon âme… » Les échos entre les œuvres en fournissaient la plus parfaite des illustrations. MARYVONNE COLOMBANI
37 Cadeau ! La Communauté du Pays d’Aix offre à ses habitants, dans la grande tradition des concerts du nouvel an et grâce à l’association Aix en Musique, une série de concerts gratuits de grande qualité. L’orchestre Philharmonique, dirigé depuis cette année par le chef et pianiste Jacques Chalmeau, se produit dans les différentes communes aux alentours d’Aix depuis de nombreuses années. Mais cette sixième saison, plus ambitieuse, a choisi une programmation de premier plan avec l’ouverture de Fidelio et la 7 e symphonie de Beethoven, l’ouverture et le scherzo du Songe d’une nuit d’été et le quatrième mouvement (saltarello) de la Symphonie n°4 dite l’Italienne de Mendelssohn, (centenaire de la naissance oblige) enfin, les Danses hongroises n°1 et 5 de Brahms. Le 17 janvier cette belle formation se produisait dans la salle du centre socioculturel de Peynier avant de rattraper la représentation reportée à cause des intempéries à Fuveau… Si, à Peynier, la salle en elle-même n’était guère propice par son acoustique à une prestation musicale, le brio du chef, possédé par les œuvres, la qualité Orchestre Philharmonique du Pays d'Aix X-D.R. irréprochable des musiciens en a largement compensé les défauts ! Admirable aussi la capacité de Jacques Chalmeau à vulgariser l’approche des passages exécutés pour un public de non spécialistes. Il serait redondant de souligner à quel point ce type d’action permet de populariser la musique classique, la sortant de cadres plus conventionnels pour aller chercher tous les publics, sans jamais renoncer à la qualité. Démonstration brillante que la musique, langage universel, nous touche tous : c’est un public enthousiaste et debout qui a ovationné les artistes. À suivre absolument ! MARYVONNE COLOMBANI L’orchestre philharmonique du Pays d’Aix poursuit sa tournée jusqu’au 1er fev (voir page 38). Le concert prévu à Venelles le 9 janv est reporté au 22 janv. Deux fois bicentenaire C’est un très beau concert que nous a offert Aix en Musique le 14 janvier au musée des Tapisseries d’Aix en Provence. Les musiciens d’Hélios ont ravi l’auditoire Avec la formule Art et Buffet, que demander de plus ? Un magnifique concert suivi d’un apéritif délicieux ! Mettant à l’honneur les compositeurs Haydn et Mendelssohn par le bicentenaire de la disparition du « père classique » et la naissance du « classique des romantiques », les Musiciens d’Hélios, ici en formation trio, ont su magnifier par leur talent et le choix des œuvres ces deux grands compositeurs. Florence Cabrita au piano, Noël Cabrita dos Santos au violon et Yannick Carlier au violoncelle nous ont rapidement mis en appétit avec le Trio Hb 18 en la majeur de Haydn. Délicats, galants et subtils, les deux premiers mouvements scintillent dans la belle salle voutée grâce au jeu raffiné des interprètes, alors que le final virevoltant aux accents populaires conclut brillamment la partie « classique » de ce concert. Place maintenant à un chef-d’œuvre du romantisme : le Trio en ré mineur de Musiciens d'Helios X-D.R. Mendelssohn. Passionnée, fougueuse, agitée, cette pièce est incroyable et il faut un sacré talent pour la servir convenablement. Les difficultés techniques sont nombreuses, notamment au piano dont la partie se révèle plus que virtuose. Le thème chanté au violoncelle dès l’entame de l’œuvre, si large et si lyrique, nous installe d’emblée dans un pathos enivrant intense propre au courant romantique. Après cette superbe première partie, rendez-vous le 13 février pour le Second trio de Mendelssohn avec les mêmes musiciens. FRÉDÉRIC ISOLETTA Bonne année ? Trois représentations gratuites ont été données à l’opéra pour célébrer le début de la nouvelle année. Toujours dirigé par son jeune et dynamique chef américain Jonathan Schiffmann, l’OLRAP a offert à un public hétérogène un programme Beethoven (6° symphonie dite pastorale), Gershwin (Lullaby) et Dvorak (Suite tchèque opus 39). Une foule dense comptant nombre d’enfants et jeunes s’est pressée dès l’ouverture des portes pour pouvoir assister au spectacle se déroulant dans un décorum rouge et éclatant de Bel canto à l’Apéro C’est autour du bel canto que s’est déroulé, le 17 janvier à l’Opéra- Théâtre d’Avignon, le premier Apér’opéra de l’année 2009 : ce concert lyrique, accompagné au piano par Nino Pavlenichvili, nous a permis de découvrir les voix prometteuses des jeunes sopranos Joanna Malewski et Bénédicte Roussenq dans des airs extraits d’opéras de Rossini, Verdi, Donizetti et Puccini, ainsi que celle, puissante et théâtrale, du baryton Mamuka Lomidze dans Verdi. Le duo qu’il interpréta brillamment avec jeux de lumières créé par Noël Lemaître. Cet enthousiasme, tant pour la musique pure que pour les chorégraphies d’Eric Belaud, interprétées par les danseurs de l’Opéra d’Avignon, réjouit et permet d’affirmer que, la musique classique de proximité a encore un avenir, et que, l’OLRAP, toujours en mauvaise posture judiciaire, doit demeurer l’orchestre merveilleux qu’il est, et continuer à faire vibrer les salles de concerts de la région PACA. ! CHRISTINE REY Bénédicte Roussenq « O il signore vi manda, compar Alfio » de l’opéra Cavalleria Rusticana de Mascagni fut très applaudi et le baryton Zheng Zhong Zhou, déjà connu du public avignonnais et toujours très bien accueilli, fit une belle prestation dans Verdi. Ces jeunes artistes, qui finissent leur formation de solistes au CNIPAL, et se produisent plusieurs fois par an à Toulon, Marseille ou Avignon, sont toujours passionnants à entendre chanter ! CHRISTINE REY



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