Zibeline n°15 février 2009
Zibeline n°15 février 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de février 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'art visuel en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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34 MUSIQUE CONCERTS Lumière de chambre Lors du concert de clôture des Journées Henri Tomasi, le 9 janvier à la Cité de la Musique, les fidèles s’étaient assemblés autour de Claude, infatigable défenseur de la musique de son père… Ensemble Pytheas X-D.R. La première biographie du musicien nouvellement primée (éditions Albania) et la décision du Conservatoire de musique de Corse de porter désormais son nom contribuent à sa reconnaissance : Henri Tomasi (1901-1971) a, jusqu’à son grave accident de voiture en 1952, concilié brillamment les carrières de compositeur et de chef d’orchestre. Cette double casquette, chère à Mahler ou Boulez, lui a permis d’exceller dans l’art de l’orchestration et la connaissance des instruments. On sait aussi le goût de ce Corse, né à Marseille, pour le lyrisme et l’expression naturelle de la mélodie. On se demandait, en regard de ses grandes fresques vocales (Requiem pour la paix, Retour à Tipasa), ses opéras (Don Juan de Mañara, Sampiero Corso, L’Atlantide, Le silence de la mer), ses symphonies (« du Tiers-Monde »), ses concertos (« À la mémoire d’un poète assassiné », Cyrnos…), si sa musique de chambre allait atteindre l’intimité nécessaire au genre… Les musiciens de l’ensemble Pythéas, autour du violoniste YannLe Roux, ont su rendre toute la science de son écriture : des contrepoints savants à l’emploi de modes colorés, pentatoniques ou d’un exotisme fantasmé, de la Corse à l’Andalousie, du Siam à la Cordillère des Andes, ses effets sonores subtils, alliages de timbres, sens de l’équilibre instrumental… Dans les brillantes pièces de jeunesse pour violon et piano (Chant hébraïque et Paghiella) ou les pages colorées (Pastorale Inca, Invocations et danses rituelles), les cordes, flûte, clarinette ou harpe ont enthousiasmé… quand le chef-d’œuvre de classicisme expressif, son Trio à cordes, a une nouvelle fois convaincu de sa maestria ! JACQUES FRESCHEL Un pianiste révélé Le pianiste Ronald Brautigam arrivait à Marseille précédé d’une aura assez confidentielle. Son récital du 16 décembre à la Faculté de Médecine a convaincu les sociétaires de la Musique de Chambre ! Rompu, depuis une trentaine d’années, à la pratique des scènes internationales comme concertiste avec orchestre ou dans le cadre plus intime de la musique de chambre, le pianiste Ronald Brautigam est reconnu comme un éminent spécialiste du trio classique viennois. Il est en passe d’enregistrer, outre l’intégrale des Sonates de Mozart, l’intégralité des musiques pour piano de Haydn et Beethoven ! Mais les sociétaires de la Musique de Chambre de Marseille ne devaient pas connaître si bien ce Hollandais, son aura en France demeurant assez confidentielle. Toutefois, au vu du hourra qui a suivi son récital, le public a sans doute réalisé la chance qu’il avait eue de découvrir un grand musicien ! Dans le couplage intelligent de Sonates de Haydn avec les Waldstein et Appassionata de Beethoven, Ronald Brautigam a allié un jeu pointilliste, léger et articulé, à un style sensible, souple et fondamentalement libre. On a senti, dans la palette des nuances distillées sur un Steinway moderne, toute l’influence bénéfique de sa pratique experte du pianoforte, instrument contemporain des compositeurs au programme. Son sens des contrastes, en particulier pour Beethoven, a figuré un peintre sachant détacher son sujet du fond, avec virtuosité, puissance et brillance… Ses gammes en fusées n’ont fait perdre aucune note, son chant fut Jeune ou rare Le 6 janvier, le Quatuor Gabriel a ouvert l’année 2009 de la Société de Musique de Chambre de Marseille avec un programme alliant le jeune Fauré et un très rare Joseph Jongen Le premier intérêt du récital du Quatuor Gabriel a été de faire découvrir aux sociétaires, venus nombreux malgré l’annonce de chutes de neige, un compositeur rarement joué : Joseph Jongen (1873-1953). Ce Belge, enfant précoce, organiste et Prix de Rome, est l’auteur de près de 137 opus, dont une symphonie, quelques concertos… et un vaste Quatuor pour piano et cordes (1902). C’est ce dernier qui fut joué, et pour lequel on apprécia la finesse d’une écriture empreinte de l’esprit romantique, épique et lyrique, peu éloignée du style de César Franck et finalement de l’école française… C’est de ce domaine que le Quatuor Gabriel s’est fait le champion, depuis sa fondation (en 1988, en dépit de quelques remaniements). Il faut une sensibilité particulière, alliant clarté, équilibre et expression passionnée, pour mettre en es Richard Brautigam Borggrevetendre et simple, les marteaux percutant les cordes sans dureté… Un pianiste qui sait aussi ne pas s’appesantir tout en préservant au discours une plénitude sonore prenante ! On oubliera néanmoins les bis : un fameux Nocturne en do dièse mineur de Chopin, frustrant car manquant de profondeur, une « Marche turque » trop véloce, noyant au final les octaves brisées de la main gauche. JACQUES FRESCHEL valeur les glissements harmoniques subtils, la légèreté toute mélancolique de ce répertoire. Avec le Quatuor op 15 en do mineur de Fauré on se trouve au cœur de cette esthétique. À trente ans tout juste, le musicien maîtrise la forme et l’équilibre cordes/clavier. De surcroît, son séduisant Scherzo ou le bouleversant Adagio sont déjà la marque d’un génie (ce qui n’est pas vraiment le cas de Jongen). Dans cet exercice, les interprètes ont rencontré l’adhésion de l’auditoire, grâce à une belle cohésion et un goût sûr. J.F. Quatuor Gabriel c X-D.R
Qu’a-t-Il entendu à Paris ? Il faut aller écouter l’ensemble Baroques-Graffiti ! Le 16 janvier à la Bastide de la Magalone on a beaucoup appris sur Mozart, le violon, le pianoforte… et d’étonnants compositeurs ! Connaissez-vous le Chevalier de Saint-Georges ou JohannSchobert ? Le premier, métis né d’une mère esclave et d’un noble français, fut l’un des plus éminents chefs de son temps. Sans doute jalousé par Mozart lors de son second voyage parisien, il vit la charge de Surintendant de la musique lui échapper en raison de sa négritude. Sa 3 e Sonate en sol mineur, d’une rare élégance, place le violon dans une posture virtuose et moderne. JohannSchobert, né en Silésie, croisé par l’enfant prodige lors de son premier séjour à Paris, est un O.V.N.I de l’histoire de la musique : sa Sonate en ré mineur op.14 n°4 comporte une partie de piano prépondérante et des sections d’une densité expressive quasi-romantique… alors qu’elle date seulement de 1766 ! En regard de ces deux opus étonnants, Caroline Gerber et Jean-Paul Serra ont interprété au violon « classique » et au pianoforte deux Sonates composées par Mozart lors de sa malheureuse résidence dans la Capitale. Dans la 1 re Sonate en sol majeur ou le chef-d’œuvre que constitue déjà la 6 e Sonate en ré majeur, les deux musiciens ont finement exposé les méandres formels de la sonate bi-thématique, menuet et trio, andantino cantabile, en ménageant des contrastes de sourdines feutrées, de sonorités pleines, parcimonieusement vibrées… Et lorsque Caroline Gerber explique, sur sa copie de Stradivarius, les différences subtiles entre violons et archets « baroque » et « classique », ou que Jean Bascou expose la mécanique du pianoforte (une copie de Stein qu’il a conçu pour l’ensemble), de la genouillère préfigurant la pédale de sostenuto aux délicats marteaux de cuir qui fondent des sonorités uniques, on sort convaincu que cet instrument-là n’est pas un sous-piano… mais bien une machine aboutie ! JACQUES FRESCHEL Phénoménal Le concert de l’Orchestre Philharmonique de Marseille donné à l’Opéra le 17 janvier s’est soldé par un succès éclatant Louis Langree X-D.R. Trois compositeurs synchrones aux langages dissemblables : Saint-Saëns, Dukas et Ravel étaient réunis dans un programme flamboyant haut en couleurs. L’Apprenti sorcier de Paul Dukas est toujours resté en haut de l’affiche depuis sa création il y a plus d’un siècle et l’interprétation magistrale de l’Orchestre Philharmonique de Marseille n’a pas démenti son passage à la postérité. Dans le sillage des écrits de Goethe, antérieurs d’un siècle à la partition, la dynamique endiablée de ce scherzo symphonique a donné le ton coloré de surcroit à la soirée. Après une telle entrée en matière, le violoniste Renaud Capuçon se mettait l’auditoire dans la poche avec des interprétations impeccables et enlevées de deux pièces où le violon est roi : la Havanaise et l’Introduction et le Rondo capriccioso de Camille Saint-Saëns. Virtuosité fantastique sans être gratuite, du rythme de habanera chaloupé au final survolté, l’instrument ayant appartenu à Isaac Stern sonne merveilleusement et avec soin, et même dans les passages périlleux, ! Le jeune prodige violoniste sait aussi se saisir de l’ambiance slave du Tzigane de Maurice Ravel, renversante rhapsodie de caractère improvisé sous forme de variations. Le génial orchestrateur fait alors éclater son génie au grand jour avec le concours de l’excellent chef d’orchestre Louis Langrée dans la seconde suite de Daphnis et Chloé. Par les bois, les cuivres, les harpes et le riche pupitre de percussions les couleurs scintillent, se mélangent et se fondent entre elles. Ravel pigmente sa partition avec une palette de timbres donnant des teintes inouïes, servies avec délicatesse et éclat par les interprètes et leur mentor, concluant une soirée étincelante et triomphale. Frédéric Isoletta 35 Ensemble Baroques-Graffiti X-D.R. r:stival de musique de chambre RENCONTRES MUSICALES DU MOURILLON'tit) U 1.0i'y 4:171k au 155 Février 2009 Jeudi 12 Février. Ég/lse.Sarrt Jean auscnbaton -an63a Ostinato in Trio lirqlin. dasrrin'Îiticnnr',tamer) !. vii lr dr }',anl}K 19aviu lusru,.iulon Wil +dredi ii FC1'Cirr EOM.'krierr jeanarüm - mulon - 3f)G3[7 17u° Saxophone & Pisano : rlrr r'Grssigus au jazz At I medi i4 Février. Éfhe Salt/gran Bosco - Toulon - 211b3o Trios de Sartok et de Khatchaturian Ensemble Iles Faiuiiihres'Claurlrf:nm.icr,clarinr[te Sphis heuhlrr. piarw Ver 1]imai1c11P Frcrir'r.1 ?, fi.rr 4rrrur loan Rusa,- Fer/rsf - 2Ull ; U Dun Percus 4ionc & !'fofonccllc Chri.l1r AÇ O1i17S r [cerie r i r a.."71". r : ; cesse r



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