Zibeline n°15 février 2009
Zibeline n°15 février 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de février 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'art visuel en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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32 MUSIQUE SPECTACLES Opérette champagne ! Pour débuter l’année 2009 sur une note réjouissante, l’Opéra municipal reprenait La Veuve Joyeuse festive montée à Bordeaux et Marseille en 2005… pour un nouveau succès ! Le travail accompli par l’équipe de Charles Roubaud (mise en scène), Katia Duflot (costumes) et Emmanuelle Favre (décors), a permis l’épanouissement d’une scénographie luxueuse : du grand hallart-déco du premier acte 7a eU`7reger t es tat.s., Paolo Pres, l mun i dr/,el Y Mantrlla Eliot i N e Gu1a Luigi Tessarnlly, gl, A1 In.bH Flaonuh Triorn 7 ❑ N Roqurtic J+o's Tone 11=1.011 ffi P A 111 N^..,ti.r... Christian Dresse avec son majestueux ascenseur introduisant les personnages, ses baies plongeantes sur Paris by night, de la magnifique verrière/pavillon du deuxième acte, au rideau en forme de menu s’ouvrant, au final, sur le grand salon de chez Maxim’s, flanqué en son centre d’un immense seau à champagne… Toute la fin de l’ouvrage fut une parfaite réussite : du numéro des Grisettes avec leurs voix gouailleuses, au pyrotechnique Can-Can donné par des danseurs dignes des grands cabarets parisiens ! Bonne Nokto les petits Nokto est une bulle d’oxygène lancée dans une planète affolée, un spectacle musical à vivre comme une parenthèse de bien-être Présenté comme « une invitation au sommeil » par Jean-Pascal Viault (Lulubelle compagnie) et Raoul Lay (Ensemble Télémaque), le spectacle Nokto serait plutôt une incitation à la zen attitude. Les plus petits et les plus grands ne sombrent pas dans le sommeil, gardant leur acuité visuelle et auditive parfaitement acérée. Car le dispositif scénique est volontairement intime et suffisamment « merveilleux » pour surprendre, et l’espace propice à une extrême proximité avec l’artiste. Du coup, les yeux restent grands ouverts et les oreilles n’en perdent pas une miette… Sous une petite tente noire, à ras du sol, baignant dans un halo de lumières tamisées, Nokto peut commencer : la soprano Brigitte Peyré, la flûtiste Charlotte Campana et le percussionniste Christian Bini tissent les fils d’une histoire invisible, sans début ni fin. Avec pour seul écheveau la composition musicale écrite spécifiquement pour les tout petits, l’espace où ils naviguent lentement, les tableaux écrits sur le sable, la féerie des lumières et quelques partitions gravées sur des cadres translucides. Tels des Pierrot lunaires, leurs Les réserves portent sur la distribution vocale. Si Michelle Canniccioni est une veuve au physique superbe, à la voix solide, son chant manque de nuances. On a dans l’oreille, pour la célèbre Chanson de Vilya, des aigus filés qui ont hélas fait défaut à la soprano. Le Brésilien Paulo Szot, quant à lui, porte le frac à merveille : il aurait tout pour faire un excellent Danilo… s’il savait comment le chanter. Manifestement il s’est empêtré toute la soirée à adapter son baryton d’opéra à l’émission claire du français, au style léger du genre, à passer des dialogues parlés aux airs chantés en blanchissant son timbre pour un résultat néfaste au naturel de la projection vocale. L’opérette est un métier… et Francis Dudziak (l’Ambassadeur) ou Jean-Claude Calon, jouant un Figg au burlesque irrésistible, le pratiquent avec justesse. Si les voix de Kimy Mc Laren (Baronne Popoff) et Christophe Berry (Coutançon) ne manquent pas de charme, comme dans la fameuse Scène du Pavillon, elles s’avèrent trop légères pour résister aux dimensions symphoniques de l’orchestre de Franz Lehar. C’est finalement dans la fosse que s’est scellé le succès du spectacle. Dominique Trottein a dirigé l’opus avec goût, verve et lyrisme, conduisant au sommet le magnifique mélodrame du 2 e acte et son inaltérable valse de l’Heure Exquise. Car c’est là, dans l’érotique duo violon/violoncelle, que se lit l’aveu amoureux que les personnages n’osent se faire à voix haute. JACQUES FRESCHEL corps oscillent dans un espace blanc apaisant, un entre-deux qui fait de la réalité une chose impalpable et du rêve un état d’abandon. Car Nokto n’est pas un « spectacle » à proprement parler, mais plutôt une vague musicale et colorée totalement abstraite. De là sa force, et son équilibre aussi : les petits s’abandonnent, décrochent parfois, quand les grands intellectualisent le temps du silence. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Nokto a été joué au Pôle jeune public des Comoni, Le Revest (83), du 6 au 8 janv Nokto Alexandre Viault
33 Hôtel Mozart : pastiche « Pop & Love » ! Les 15 et 16 janvier, le Grand Théâtre de Provence affichait Mozart short cuts, une production précédée d’une belle réputation… Séduisante… Depuis sa création en 2006 au Luxembourg, le pastiche Mozart short cuts, imaginé par Laurence Equilbey (voir p 40) et mis en scène par le couple Makeïeff/Deschamps, a glané ses succès à Nîmes, Paris, Vichy, Caen, Grenoble... Il faut dire que ce spectacle possède de nombreux atouts : au premier chef, celui de faire entendre des pages rares du jeune Salzbourgeois, formidables airs tirés d’opus lyriques antérieurs à Idomeneo. Ce montage de scènes épouse la forme d’un « dramma giocoso », en deux actes avec final, et permet également de mêler les genres « seria », « buffa », Singspiel… En second lieu, on y découvre une troupe de jeunes chanteurs, pour la plupart issus de l’école baroque, d’où émergent les solides voix d’Anne-Catherine Gillet (soprano), Konstantin Wolff (baryton) ou un ténor mozartien prometteur (Robert Getchell)… De la fosse, l’Orchestre de l’Âge des Lumières distille des clairs-obscurs sur instruments anciens, hautbois incisifs, cuivres chatoyants, timbales sèches fondues dans une texture de cordes et de clavecin… On loue enfin la mise en scène énergique, le décor de hall d’hôtel fantasmagorique, kitch et bariolé façon pop art des sixties : un patchwork visuel analogue à la construction narrative. Et l’on sourit à la signature « Deschiens » incarnée par le burlesque catalyseur Robert Horn en majordome girond, bougon et fredonnant… Qu’est-ce qui ne prend pas complètement alors ? Peut-être que le scénario, tissé autour du thème de l’Amour (passion, plainte et jalousie, libertinage et désordres intimes), est basé sur une « affinité de livrets » illusoire… Que les intrigues croisées autour de la passion de Zaïde pour Gomatz et de Violante travestie en chambrière briseuse des cœurs (La Finta Giardiniera) forment un argument peu lisible… Plus probablement, que la mise en scène hésite entre une forme de désacralisation désopilante des thèmes mozartiens, et une inclination nécessaire devant son Génie musical… JACQUES FRESCHEL Les cris du chœur Le concert de l’ensemble Musicatreize qui s’est tenu au temple Grignan le 15 janvier a une nouvelle fois démontré l’incroyable richesse du répertoire vocal a capella Bien que spécialisé dans la littérature du vingtième siècle, Roland Hayrabedian, chef de chœur de « l’orchestre vocal » Musicatreize ne délaisse pas pour autant les œuvres plus lointaines, faisant régulièrement son marché, à juste titre, dans la mine d’or qu’est la Renaissance. Démonstration avec Janequin et ses Cris de Paris, indémodables et toujours aussi modernes par leur traitement vocal au contrepoint complexe, décliné en « navetz, marons ou febves ». La spatialisation du chœur en quinconce et à neuf voix (au lieu des quatre habituelles) donne un relief idoine à cette chanson descriptive. Vous l’aurez compris, il s’agit bien de cris ! et la mise en regard avec Cries of London composé par Berio il y a une trentaine d’années est judicieuse ! Traité avec humour, le marché londonien « tousse » et marchande son garlic concrètement, de façon vraiment exubérante… On assiste également à la création marseillaise des Cris de Nancy 09 de Jean- Christophe Marti et Jean Poinsignon, œuvre mixte pour douze voix faisant appel à une diffusion de cris divers et variés par haut-parleurs. Le jeu est théâtral et le matériau vocal passe par tous les états, donnant même une leçon humoristique sur le parler nancéen. Quant aux cris de Marseille de Régis Campo, ils clament avec facétie les représentatifs « pitain Mozart Short Cuts Agnes Mellon cong », « coquin de sort » et autres « elle n’en veut pas de ma rascasse » avec une écriture fouillée qui ne tombe jamais dans la caricature. Changement d’atmosphère brutal mais réussi par les saisissants Cris de Maurice Ohana, tragédie vocale tendue dont les frottements, glissandi et silences deviennent synonymes de douleurs. On ne peut que féliciter les acteurs pour la qualité musicale et la trame singulière de ce programme, et se réjouir de pouvoir encore entendre de la musique en création, mise en regard de son histoire et de ses pères. FRÉDÉRIC ISOLETTA kkE PORTRAITS COMPOSÉS CONCERTS THÉMATIQUES ET HISTORIQUES aux Archives et bibliothèque départementales Gaston Defferre - Marseille 2ème > vendredi 23 janvier 19h « Ecole de Vienne » Schoenberg-Berg-Webern-Burgan > mardi 17 février 19h « Musique de chambre » Schoenberg-Murail-Narboni-Bacri entrée libre sur réservation au 04 91 08 61 00 en partenariat avec la Bibliothèque départementale des Bouches-du-Rhône



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