Zibeline n°15 février 2009
Zibeline n°15 février 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de février 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'art visuel en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 THÉÂTRE MERLAN JEU DE PAUME (AIX) CAVAILLON Là où les ondes tournent plat Ceux qui voyaient du Pommerat pour la première fois furent surpris, voire déçus. Bien sûr l’incroyable force émotionnelle des acteurs transparaît dans Je Tremble, l’originalité de l’écriture scénique aussi, cinématographique et virtuose d’effets illusionnistes, de chuchotements, de pénombre où le regard s’enfonce comme dans le trou profond d’un œilleton. Dans la première partie quelques moments exceptionnels subsistent : la fille chancelante, les mains sacrifiées, le cri de révolte inaugural… Mais au fur et à mesure que Je tremble avance ces moments de convulsion affective se raréfient, s’atténuent, puis disparaissent. L’écriture habituellement si construite de Pommerat se délite en une série de saynètes sans lien qui ne parviennent pas à conclure. La seconde partie, qui erre dans le fantastique des contes cruels, est belle, mais insensée. Sans doute Pommerat et sa troupe sont-ils victimes de leur succès et du nombre croissant, inhumain, des représentations de leur répertoire. L’écriture prend du temps et une des tâches des cies indépendantes est certainement, à l’heure actuelle, de savoir résister à la politique officielle du rendement, pour imposer le rythme apaisé de la création… AGNÈS FRESCHEL À venir au Merlan Ils nous avaient bouleversés avec Oxygène, joué au Merlan et à Cavaillon en 2007. Ils reviennent à Marseille avec Genèse 2, après leur passage remarqué au Festival d’Avignon cet été. Galin Stoev (le metteur en scène) et Ivan Viripaev (l’auteur) atomisent les conventions théâtrales tout en imposant des écritures textuelle et scénique très denses : on est loin d’un théâtre contemporain du rien, du non tir jeu, et loin aussi de toute forme de « représentation » mimétique : les mots sont dits, hurlés, et ils pénètrent. Dans Genèse 2 il est question de Sodome et Gomorrhe, d’écroulements, de punition. D’une femme aussi, Antonia Velikanova, qui d’un dans un hôpital psychiatrique qui écrit à l’auteur, écrit le texte (fiction littéraire ou réalité ?). Mais peu importe le réseau de fictions qui traverse ce récit quasi biblique : il est question de croyance et de cruauté et la forme impose sa force, nue, radicale, transcendante et noire, par l’offrande des trois comédiens, des trois musiciens… du 29 au 31 janv. A.F. 04 91 11 19 20 www.merlan.org Je tremble X-D.R Melquiot à cheval Dans le cadre de la programmation du Gymnase-Jeu de Paume, et après une résidence sur la Scène nationale de Cavaillon, le Centaure va créer un texte contemporain… La cie du Centaure ne fait pas du cirque équestre : elle fait du théâtre à partir d’hybridations monstrueuses. Ses acteurs sont des couples, hommecheval, femme-jument et… comique-baudet. Ces bêtes à deux têtes et un corps se déplacent avec une majesté lente, ou un sens de la dérision qui faisaient merveille dans Cargo… Leur création nouvelle s’appuie, outre leur immense talent de dresseurs, sur un texte plus écrit encore, et sur le duo de David Questions de justice Claudia Stavisky met en scène un texte de David Harrower. Blackbird repose sur des retrouvailles, celles de vieil homme interprété par Maurice Bénichou, et d’une jeune femme (Léa Drucker), qui vient demander des explications : 15 ans auparavant, lorsqu’elle avait 12 ans, il a cédé à ses avances de petite fille à l’érotisme provocant, et inconscient. Un texte qui pose avec un angle inattendu le problème du désir déviant, et de la sexualisation insupportable des Lolitas en mal d’affection masculine. Plus inabordable encore sans doute, le pardon à l’assassin. Dans Couteau de nuit Nadia Xerri-L s’inspire d’un fait divers, une banale rixe dans un bar, durant laquelle un jeune homme en a poignardé un autre. Au procès les familles se jaugent, se jugent, et se posent les questions taboues auxquelles personne n’ose répondre : aime-t-on encore son enfant lorsqu’il tue ? Peut-on ne pas s’en sentir coupable ? Et plus inhumain encore, peut-on pardonner à l’assassin de son fils ? A.F Otto Witte Christophe Raynaud de Lage Mandineau et Koko, son baudet poitevin. Ils incarneront Otto Witte, figure semi-légendaire, et pourtant historique, d’Albanie, dont il fut Roi Nadia Xerri-L Elie Jorand Couteau de Nuit Nadia Xerri-L 29 au 31 janv Blackbird mes Claudia Stavisky Théâtre du Jeu de Paume (Aix) 0820 000 422 www.lestheatres.net quelques jours. Le récit d’une errance magnifique, écrit par Fabrice Melquiot, un auteur passionnant dont on n’a pas fini de découvrir la cruauté, et la tendre humanité. Chevaline ? A.F. Otto Witte Cie du Centaure Chapiteau du Centaure Campagne Pastré du 13 au 21 fev réservation 0820 000 422 www.lestheatres.net Théâtre de Cavaillon (84) 04 90 78 64 64 www.theatredecavaillon.com
GYMNASE MASSALIA MARTIGUES GRASSE CAVAILLON THÉÂTRE 15 Drôles de trombines Le Jour se leveLeopold Agnes Mellon Le Gymnase a fait un sacré cadeau aux Marseillais en coproduisant la création de Le Jour se lève, Léopold. Du grand Valletti, servi sur un plateau par Michel Didym Le jour se lève Léopold ! se joue jusqu’au 24 janv Serge Valletti est un auteur dramatique un peu inégal. Mais c’est un grand auteur ! La langue qu’il invente dans Le Jour se lève Léopold est d’une musicalité brute, rocailleuse, atteignant à une sorte de naturel populaire pourtant totalement factice. Personne ne parle comme ça, et pourtant cela chante, quel que soit l’accent. Didym, qui n’en est pas à son premier Valletti, a choisi de mettre en scène cette pièce marseillaise (la topologie, près de la mer, de ses cabanons et de la Rue Fortia, en est claire) en adoptant un accent populaire neutre, jamais connoté du sud. Et cela roule, se malaxe en bouche, éclate en invectives inventives. Les phrases, bizarrement clivées, construites en progressions syntaxiques renversées, digressives, surajoutent des syntagmes inattendus et éminemment comiques… La situation dramatique, improbable, inénarrable, fonctionne comme par miracle, et on s’en va errer avec ce Meredick alité miraculeusement sur pieds, cette midinette qui boîte, ce tôlier qui appelle son chien mort à le suivre… Plus classique qu’il y paraît, l’intrigue retombe sur ses pattes, décline son unité de temps, recoupe ses péripéties rocambolesques et ses accumulations de mensonges infantiles, de tours de magie à deux balles. Les comédiens sont fascinants, ils ont comme dans le cinéma des années 50, ou le théâtre des Deschiens, des trognes inoubliables, marquées, si loin de l’asepsie des stars télévisuelles ! Léopold (Olivier Achard) en bonne poire serviable, Bastien (Quentin Baillot) en abruti simiesque, Christophe Odent en ingénieur naïf sont surprenants de ressources physiques, de malice. Le décor se décline en intervalles qui se succèdent de guingois, et la langue surtout installe son espace. Populaire, fait de bouts de ficelles, et tragique pourtant, puisque l’aube comme dans Racine révèle la mort qui jusque là guetta… AGNES FRESCHEL À venir au Gymnase Pinocchio, de Joël Pommerat, est une petite merveille. L’auteur metteur en scène adapte l’histoire devenue mythique en faisant du pantin de bois notre double : celui que nous étions enfants, et qui croisait des monstres de chair qui ne semblaient pas faits de la même matière que lui. On y retrouve la profondeur du roman initiatique et merveilleux de Collodi, et les images scéniques sont d’une beauté inédite. Personne avant n’avait fait du théâtre comme cela, en imaginant vraiment un théâtre d’images qui s’allume et s’éteint, se peuple de figures fantasmatiques, comme dans le tissu des rêves réels : ceux que nous avons tous, un jour, partagés, dans l’intimité pourtant unique de nos nuits enfantines. Pinocchio Joël Pommerat Théâtre du Gymnase Du 4 au 7 fév 0820 000 422 www.lestheatres.net Scène nationale des Salins, Martigues Le 18 fev 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.com Scène Nationale de Cavaillon (84) Les 30 et 31 janv 04 90 78 64 64 www.theatredecavaillon.com Théâtre de Grasse (06) du 11 au 13 mars 04 93 40 53 00 www.theatredegrasse.com Les marionnettes et le ciel Les artisans d’Arketal fabriquent des marionnettes subtiles, et racontent des histoires qui leur vont bien. À demain ou la route des six ciels met en scène les 6 étapes d’une journée, traversée par des personnages étranges qui ressemblent au jour qui s’installe et décline. À Briançon, au théâtre du Cadran, le 20 janv (04 92 25 52 52), puis à la Friche du 17 au 21 fev. Et au Massalia vous pourrez voir également, avec ou sans vos enfants, Alias de Wanprater (voir p 18) et tout le répertoire de l’Entreprise (voir p 6). A.F. Théâtre Massalia 04 95 04 95 70 http://massalia.lafriche.org.1.11 A demain ou la route des 6 ciels Sophie Sandrin



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