Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de déc 08/jan 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en cadeau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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72 i ÉDUCATION À la baguette ! Depuis sa création en 1982 par le Ministère de la Culture, l’Orchestre Français des Jeunes offre la possibilité de vivre une expérience unique à de jeunes interprètes des Conservatoires Supérieurs de Musique : faire partie d’un grand orchestre symphonique dirigé par un grand chef et parfaire ainsi leur formation, et leur connaissance du répertoire, par un travail collectif qui demande concentration et discipline. Chaque année une centaine d’étudiants, sélectionnés sur audition, peuvent se former au métier de musicien d’orchestre. De très grands chefs se sont succédé à la direction des jeunes instrumentistes. Depuis cet été, la baguette est confiée à l’américain Dennis Russell Davies dont le répertoire va du baroque au contemporain et le parcours de Saint Paul et New York à Stuttgart, Bonn, Vienne, Salzbourg et Paris ! Deux sessions ont lieu chaque année, l’une en été, l’autre en hiver. Première étape : préparation par pupitres par des professeurs eux-même musiciens dans les plus grands orchestres ; actuellement ce sont Renaud Déjardin, violoncelliste (révélation de l’Adami en 2000), David Walter, hautbois, interprète et transcripteur de talent, et Jean- Jacques Justafré, cor, musicien contemporain et jazzman. Ensuite travail avec le chef. Puis tournée en France et en Europe, occasion précieuse et recherchée de voyager et de découvrir d’autres musiciens, d’autres publics. Pour la 2 e année consécutive, la résidence de l’OFJ est abritée par le Grand Théâtre de Provence dont les qualités acoustiques et techniques sont appréciées...comme sans doute les charmes de la vie aixoise ! CHRIS BOURGUE Simon et Léa ont 20 ans, respectivement contrebassiste etaltiste.Tous2sontenchantésparl’expérience.L’orchestre ? ils adorent : « C’est très stimulant ! On découvre les œuvres en les décortiquant puisque d’abord on travaille par pupitre, puis le groupe s’agrandit peu à peu. C’est une formation de très bon niveau qui permet de faire de jolis voyages ! ». L’OFJ propose aussi des actions dans les établissements scolaires : Musique et Histoire autour de la 8 e symphonie de Chostakovitch, composée en 43 pendant le siège de Stalingrad. Mais ils font aussi des concerts de Musique de Chambre dans des Centres de soins palliatifs, des maisons d’Arrêt ou de retraite... Occasions de belles rencontres qui remportent un franc succès ! ORCHESTRE FRANÇAIS DES JEUNES AVERROÈS JUNIOR L'OFJ en répet avec Dennis Russell Davies X-D.R Qui est l’Autre ? Voilà une question que peuvent se poser les collégiens après les projections des films du dispositif Averroès junior... Mais ils ont déjà trouvé des ébauches de réponses ! Les films ont été choisis par Delphine Camolli de l’association Tilt. Les primaires ont eu droit au magnifique Azur et Asmar de Michel Ocelot et un programme de 3 films courts a été proposé aux collégiens de 6 e et 5e. Des Courts métrages dépaysants Le premier Court, de Hany Tamba, est libanais. Beyrouth After Shave présente un vieux barbier ambulant, bavard et généreux, appelé un jour auprès de Monsieur Raymond qui vit reclus et taciturne dans sa demeure cossue depuis la mort de sa femme. De grands portraits de la disparue trônent partout et son fantôme apparaît souvent pour parler avec son mari, ce que les enfants ont eu un peu de mal à comprendre : « Elle est pas morte, on la voit ! », occasion d’expliquer la vivacité de l’amour et du souvenir. Petite lumière, film sénégalais de Alain Gomis, met en scène une fillette qui se pose des questions sur la réalité des choses et des gens. Une façon de vivre sa vie : « C’est moi la reine ! » et d’ignorer les autres. Les enfants ont trouvé son comportement bizarre et auraient voulu savoir « la fin ». Mais les expériences sensorielles n’en ont pas ! Le dernier : La Résidence Ylang-ylang de Hachimiya Ahamada est un film franco-comorien qui faisait partie de la Sélection Semaine de la Critique à Cannes cette année. Il est tourné aux Comores. Djibril prend soin de la maison de son frère qui vit à l’étranger. Pendant ce temps un incendie détruit sa case. Heureusement que la solidarité joue et qu’on l’aide à reconstruire. Ce film met en lumière les problèmes de l’émigration : ceux qui sont partis ne reviennent pas toujours et ceux qui restent n’ont pas les moyens de vivre décemment. Par exemple ils se procurent l’électricité en pratiquant des branchements interdits et dangereux : c’est ainsi que les cases brûlent ! Ce phénomène a beaucoup intéressé les élèves dont quelques-uns étaient d’ailleurs d’origine comorienne. Les films ont été suivis d’un débat avec Salim Hatubou, écrivain et conteur, né en Grande-Comore, arrivé à l’âge de dix ans dans les quartiers Nord de Marseille. Il effectue un travail de recherches sur la tradition orale et les contes de son enfance au cours de séjours réguliers aux Comores. Les Contes de ma grand-mère, son premier ouvrage, date de 1994 et il en a une dizaine à son actif maintenant. Il anime des ateliers d’écriture, notamment dans les établissements en zones sensibles. Il rappelle qu’il y a 80 000 comoriens à Marseille et que la culture comorienne provient d’un brassage Beyrouth after shave de Hany Tamba Concert au GTP le 23 décembre (voir p.33)
73 Azur et Asmar de Michel Ocelot entre les cultures africaine, musulmane, malgache... Il parle de l’importance de l’éducation et de son projet de Maisons de l’Enfance pour accueillir les enfants dans les villages et créer du lien social. Il évoque son amie Hachimiya Ahamada, née en France en 1976, qui a découvert à 21 ans le pays d’origine de ses parents : l’Archipel des Comores et a choisi d’orienter son travail de mémoire sur les thèmes de l’exil et du déracinement. Après avoir réalisé plusieurs documentaires, La Résidence Ylang Ylang est son premier court-métrage de fiction en 35mm. D’autres collaborations se feront certainement entre les deux créateurs. Des Longs métrages qui questionnent Deux films ont été proposés qui mettent en lumière la ressemblance des adolescents au-delà des frontières dans leurs centres d’intérêt, leurs aspirations de liberté par rapport au monde qu’on leur impose ! Ce sont le film iranien de Jafar Panahi, Hors-jeu, et un film français réalisé par Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi, à partir de sa BD, Persépolis, dont le succès fut fulgurant. Hors-jeu, Ours d’argent au Festival de Berlin 2006, a été projeté dans l’amphithéâtre du collège Edgard Quinet (Marseille) devant deux classes de 3ème. Leur attention et leur intérêt ont été exemplaires. Le thème de départ était d’un abord facile puisqu’il s’agissait de foot ! Mais les développements étaient sujets à de nombreuses questions que ne manqueraient de poser les collégiens. De quoi s’agit-il ? Simplement de filles qui veulent assister en fraude au match de qualification de l’Iran contre le Bahreïn le 8 mai 2005. Pourquoi en fraude ? Parce que la République Azur et Asmar de Michel Ocelot islamiste interdit aux filles d’assister à un match de foot ! Prétexte ? La promiscuité avec des hommes grossiers (ça jure, les hommes !) n’est pas bonne pour elles ! Alors elles essaient de se faire passer pour des garçons et ça ne marche pas à tous les coups, loin s’en faut ! Elles se retrouvent sous la surveillance de jeunes appelés qui préfèreraient garder leurs vaches et elles leur donnent du fil à retordre ! Inénarrable scène dans les toilettes évidemment pas prévues pour des filles, dialogues surréalistes ! Les scènes au stade ont été tournées le jour du match et donc le réalisateur ne savait pas comment finirait son film ! Fort, non ? Jafar Panahi voulait être au plus près de la réalité, c’est pour cela qu’il n’a tourné qu’avec des non-professionnels. À la fin, l’Iran gagne, c’est l’allégresse, et tout le monde se retrouve à danser dans la rue au milieu des embouteillages et des klaxons ! Les questions ont évidemment porté sur l’absence de liberté des filles, l’autorité paternelle et militaire, la ségrégation sexiste. Shadi Salam, musicienne et danseuse iranienne d’origine kurde, et Maryam Chemirani, chanteuse francoiranienne, ont expliqué que 10% seulement de la population était véritablement extrémiste et que le foot était pour les femmes une façon de lutter pour leur liberté. Elles ont dit aussi que le foulard n’était pas le problème le plus important et qu’il y avait des façons de le porter avec négligence : Shadi en a fait la démonstration. La richesse de la culture perse a été évoquée et les deux jeunes femmes ont affirmé leur espoir et leur confiance dans le changement de la société. La séance s’est terminée en musique. Shadi a joué de son sétâr, instrument à quatre cordes de la famille du luth, puis d’un tambourin garni de pièces métalliques au son extraordinaire, et Maryam a chanté une mélodie qu’elle a ensuite traduite. Grand moment d’émotion ! Le principal du collège a remercié l’EspaceCulture et les deux artistes pour ce moment d’exception dans un collège en « Zone Sensible ». Shadi Salam participait également à la projection Persépolis duquel. Primé à Cannes en 2007 nos lecteurs en ont certainement entendu davantage parler ! CHRIS BOURGUE Hors-jeu à Portde-Bouc C’est la 1 re année que Port-de-Bouc participe à l’opération grâce à l’enthousiasme et l’énergie de la nouvelle responsable de son cinéma Le Mélies, Geneviève Houssay Zibeline : Comment l’idée vous estelle venue ? Geneviève Houssay : J’ai été contactée par l’Espaceculture et je voulais travailler avec la Médiathèque qui fait un gros boulot d’initiatives culturelles. Il y a une sorte de solidarité entre les associations culturelles, et pas d’argent. Port-de-Bouc est une ville un peu oubliée ! Les enseignants des établissements sont aussi très motivés. Quelle est la population scolaire et comment a-t-elle réagi ? La population est très métissée avec des gitans et des magrhébins, et les établissements font partie du dispositif Ambition Réussite. Les élèves ont été très attentifs, ce qu’ils voyaient les renvoyait à leur propre culture. Ils ont accroché au film et à la musique, certains ont chanté avec Shadi. C’était important aussi d’être dans une vraie salle de cinéma, avec une autre ambiance et un autre confort ! ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CHRIS BOURGUE



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