Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de déc 08/jan 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en cadeau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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68 HISTOIRE ET PATRIMOINE MUSÉE DÉPARTEMENTAL DE L’ARLES ANTIQUE L’antiquité voyage Les richesses du Louvre sortent ; pour certaines il s’agit de la première fois depuis la fondation du musée en 1793 ! Oklahoma, Seattle, Indianapolis… L’antiquité se fait star, et part en tournée. L’Amérique, plus gâtée que l’Europe, larges contributions financières obligent, a bénéficié, dans le cadre des échanges internationaux conduits par le Louvre, de la venue de l’exceptionnelle exposition concoctée par Cécile Giroire et Daniel Roger, conservateurs au département des antiquités Grecques, Etrusques et Romaines du Musée du Louvre. De l’esclave à l’empereur ; L’art romain dans les collections du Louvre : cette remarquable manifestation est liée à la réinstallation des salles romaines du Louvre, dans une perspective muséographique actualisée. L’organisation des éléments de l’exposition correspond à celle qui est prévue pour la nouvelle structure du musée parisien, dont les visiteurs ont ainsi un avant-goût. Une chance rare ! Les Provençaux, chance unique en Europe, auront la possibilité de visiter cette exposition, du 20 décembre 2008 au 3 mai 2009. En effet, Arles est la seule ville européenne choisie pour l’accueillir, et ce grâce au partenariat entre le Musée Départemental de l’Arles Antique et le Musée du Louvre, sous l’égide du Conseil Général 13. Bien sûr, la capacité d’accueil, quoique importante, ne peut rivaliser avec celle des instituts américains et 150 pièces au lieu des 180 seront présentées. Cependant nous aurons le privilège de contempler des œuvres qui trop souvent attendent dans les réserves, et même des chefs-d’œuvre plus connus qui parlent à nos souvenirs d’écoliers… Un parcours didactique Selon les principes mis en œuvre habituellement dans le Musée d’Arles, les pièces de la collection suivent un itinéraire qui présente un panorama de la vie à Rome, de l’esclave au plus haut sommet de la hiérarchie sociale, l’empereur. Présentation qui ne se veut pas exhaustive, mais suggestive. C’est pourquoi l’écart chronologique est assez large, de la fin du I er siècle avant notre ère (-27, Octave devient Auguste, même s’il ne prend pas le titre d’Empereur, mais seulement de « princeps senatus ») jusqu’au V e de notre ère (Romulus Augustule abdiqua devant Odoacre en 476. Curieuse ironie du sort qui donne au dernier empereur de Rome le nom de son fondateur !). Le parcours thématique articulé en sept sections nous conduira de la section consacrée à l’empereur, ses pouvoirs et une galerie de portraits de la dynastie Julio-Claudienne à celle des citoyens, qui se décline en devoirs publics, et une représentation particulière des femmes et des enfants, en opposition à tous ceux qui, dans la Rome antique n’avaient pas accès à la citoyenneté. Puis la section 3 présentera la maison, riche de décors raffinés et élégants, quand elle se nomme « domus » et appartient à un « dominus » fortuné qui peut présenter à ses invités une luxueuse vaisselle d’apparat. En opposition à cette image de paix, la section 4 expose le thème de l’armée, la force de Rome qui s’affirmera par ses conquêtes, maîtresse du monde antique. La partie nommée « esclaves et étrangers », ensuite, permet de mettre en lumière les notions d’« otium » et de « negotium », le loisir et les affaires, le premier favorisant les arts, le second, le travail agricole, l’activité au service de l’état. La religion succèdera à cette approche de la société romaine, répartie entre domaine public avec les dieux du panthéon officiel, et privé, chaque domus sacrifiant aux dieux domestiques… Des cultes orientaux arrivent à Rome, comme celui d’Isis ou de Mithra, et trouvent leur place sans heurts. La section VII est consacrée aux rites funéraires qui trahissent tant d’éléments de la pensée spirituelle des peuples pour l’archéologue ou l’historien. Une grande variété d’œuvres Cette remarquable exposition joue sur une palette d’une exceptionnelle variété de supports, statue de 2m24 de ce citoyen en toge, ou celle si réduite et fine de Mars (20,6cm), terres cuites, vaisselle d’argent et de verre, bijoux, mosaïques, fresques, bas reliefs, comme celui que tout le monde a croisé dans ses livres, avec ce nom si incroyable de « suovetaurile » !, en fait sacrifice de trois animaux mâles, un porc, un mouton et un taureau dans le but de purifier la terre…. Imaginez la précision et la délicatesse de la mise en place de ces œuvres, déballées une à une avant de trouver sa place dans l’intelligente organisation de ce musée qui voyage… Portrait de Livie de Neuilly-le-Réal ; Musée du Louvre, Br28 2006 Musée du Louvre et AFA/Daniel Lebée et Carine Deambrosis On vous dira que d’exceptionnelles mesures de sécurité ont été prises, qu’un argent fou a été investi dans le transport, la réfection, la restauration de certaines pièces : tout ceci participe au caractère unique de cette entreprise. Réjouissons-nous plutôt de la chance qui nous est offerte de fréquenter ainsi une période qui n’a pas fini de nous éblouir et de nous enseigner. Laissonsnous transporter par les accents de la Muse de la rhétorique, Polymnie aux chants multiples, qui clôt le parcours. Gracieusement pensive, elle nous interroge. De toute cette richesse, saurons-nous retirer la quintessence ? MARYVONNE COLOMBANI De l’esclave à l’Empereur L’art romain dans les collections du musée du Louvre Du 20 déc au 3 mai Musée départemental de l’Arles Antique 04 90 18 88 88 www.arles-antique.cg13.fr Scenes dionysiaques, Musée du Louvre, P28 2006 Musée du Louvre et AFA/Anne Chauvet
PENSÉE DE MIDI HISTOIRE ET PATRIMOINE 69 Efflorescence des discours de haine Le 2 décembre, avait lieu, à l’Institut Culturel Italien de Marseille, une rencontre programmée dans le cadre de l’année européenne du dialogue interculturel sur le thème des désirs de guerre et espoirs de paix. Étaient rassemblés, autour de la table qu’animait Thierry Fabre, Amara Lakhous, écrivain et anthropologue, Biancamaria Bruno, linguiste et essayiste, Daniel Lindenberg, historien des idées, universitaire et journaliste. Poursuivant la thématique esquissée au travers de la dernière livraison de la Pensée de midi (voir Zib 13), Thierry Fabre a sollicité la réaction de ses invités à propos de l’efflorescence du discours guerrier dans toutes les strates de la société mondialisée. Amara Lakhous a fait remarquer combien il fallait prendre garde car les mots précèdent souvent la violence sur les corps. Évoquant ces discours de haine, il a rappelé les écrits orduriers d’Oriana Fallaci sur les musulmans italiens, comparés à des rats. Fondamentalement, cette pensée habille de noblesse les préjugés populaires qu’elle érige en références suprêmes. Mais, poursuit notre intervenant, la détestation du musulman, consécutive au 11 septembre, s’inscrit dans un cycle : ce fut d’abord le marocain des années 40, violeur, puis l’Albanais voleur des années 90, pour en arriver aux gitans (les tziganes roumains). La peur de l’autre est une permanence sur laquelle vient se greffer le discours guerrier. Biancamaria Bruno s’insurge aussi contre les brûlots de la « Fallaci ». Pas question, pour elle, qu’un intellectuel oublie son statut et déraille ! Amara Lakhous X-D.R. Attristée et désappointée, elle lâche un constat bien funeste : l’Italie est un pays pauvre et ignorant ! Confinés au rôle d’experts auprès des médias, les intellectuels se bornent au commentaire. Ils abandonnent leur rôle d’agitateurs culturels, de producteurs d’analyses et d’idées nouvelles ! Cette absence de réflexion permet à des mouvements racistes et xénophobes - comme la Ligue du Nord- de répandre et faire progresser ces thèses dans toute l’Italie. Pire, les promoteurs de ces exclusions ethniques mobilisent les couches populaires, les quartiers ouvriers et développent une politique du « campanile » (de clocher) qui rejette les étrangers ! Dans le domaine des idées, Daniel Lindenberg rappelle qu’en France les traumatismes du 11 septembre et de la présence de Le Pen au deuxième tour de la présidentielle, ont été l’occasion d’une mutation du discours. Là aussi, le préjugé devient le vrai, dans un processus de « retour au réel » qui rappelle le discours vichyste. Appuyé sur des constats simplistes et faussés, le discours alors transgresse les tabous : racisme, misogynie, homophobie prennent place dans l’espace public ! Ce triomphe discursif ne bénéficie pas pour autant à l’extrême droite : c’est le président actuel, avec son ministère de l’identité nationale et de l’immigration, avec sa politique de préférence nationale déguisée, qui en récolte les fruits. Ces idées nauséeuses se diffusent : ni le personnel politique, ni les intellectuels ne sont épargnés, y compris à gauche ! Thierry Fabre élargit les considérations à l’Europe et Daniel Lindenberg fait remarquer combien la déferlante néo-conservatrice submergeait l’horizon intellectuel du vieux continent : une pensée régressive triomphe en Europe. Les vieilles idées du XIX e siècle sont réactivées pour décrire nos sociétés : la criminalité est évoquée comme un problème génétique, ou encore l’anti-darwinisme, si présent aux États-Unis, gagne du terrain... L’enjeu désormais est d’endiguer le reflux de la pensée progressiste, le triomphe de cette pensée anti- Lumières qui refuse l’universel comme catégorie de pensée. Refus qui ne peut qu’amener à un choc des civilisations… RENÉ DIAZ Les Rencontres de La Pensée de Midi ont eu lieu les 24 nov à l’IEP d’Aix, le 2 déc à L’ICI de Marseille, le 3 déc à la Fac de droit de Toulon o SÉJOUR PRÉPAREZ Ro R EN AVEC L 1 ES-COTE iUR WWWDECOUVÉRTEPACA FR Ici, chaque jour, nous cultivons l'Exceptionnel Provence-Alpes-Côte d'Azur (- omit& R@yiuual cIc rilurismc



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