Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de déc 08/jan 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en cadeau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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62 LIVRES Le neuvième roman de Catherine Cusset, qui vit à New York depuis 20 ans mais continue d’écrire en français, retrace le parcours d’Elena. Née en Bessarabie dans les années 40, orpheline ballotée de ville en région par les aléas de l’Histoire, Elena grandit dans la Roumanie communiste et antisémite de Ceausescu. Amoureuse de Jacob, elle l’épouse contre l’avis de ses parents adoptifs et réalise avec lui son rêve d’une vie nouvelle au pays de la liberté, en Amérique. L’histoire est donc celle d’une femme déterminée à prendre son destin en main, d’une Elena devenue Helen, d’une intégration réussie à force de C’est un petit livre, si fin qu’il pourrait servir de marque-page, si léger qu’il peut se glisser dans n’importe quel sac, si lourd de sens qu’il semble vouloir contenir un univers. Reprenant la quête du mot qui résume le monde, Florence Pazzottu se lance dans cette aventure totalitaire d’une manière originale, usant des grâces désuètes de l’abécédaire pour nous conter sa vision de la création. Le poème, forme allégorique, émerge lettre à lettre, d’une union sensuelle et débridée. L’érotisme des mots qui entrent dans « la densité du réel », palpite, dans le jaillissement de semences nouvelles qui interrogent, jouent avec humour et font enrager le poète. Nous suivons ainsi les Est-ce un livre, est-ce un disque ? Ce recueil cultive les deux lectures dans une approche toute nouvelle, née à l’occasion du festival littéraire des Correspondances de Manosque. La particularité de cet « objet hybride » comme le souligne Olivier Chaudenson, directeur des Correspondances, repose sur l’union de chanteurs et d’auteurs contemporains. Dix-sept chanteurs pour dix-sept auteurs… que rapprochent des pages biographiques communes, des textes et un CD. Chaque texte d’auteur est présenté par un autre texte, celui de l’interprète qui explique son choix, son coup de cœur, sa fascination, pour celui ou celle dont la langue, le rythme, l’analyse, l’ont séduit. Cette reconnaissance de LITTÉRATURE Un rêve américain aalnl.dipeiP érryn Iartt.n4 Ptic.elmnrtlt t1lM ! {era euNei. 7f lif. MnMh aHaM Im 11',uryp WKval-Q9W1Q1{1 Q Mad iyietpn INMMMN y 1I I^ule Wfm } iIP4lfili4htli7ne IeY hed.Yrl eanbina ellrlo nmfiaUv1 1nx1.n. 1.1411. mus VW IuYul1 Yb4Yf efliNa e]14rrt al tant enaW mthrlla'FANT A 1112111 EL 11111111111111211111111. oLL l Yn W.rr eé41ltk1ye/Yam unae.v clan peul wltn Un brillant avenir Un brillant avenir Catherine Cusset éd. Gallimard, 21 euros Dans la chair des mots nrl Y et+YalP 1 si+nlslla] t'FLORENCE PAZZOTTU S'il tranche, S’il tranche, Florence Pazzottu Editions Amis d’Inventaire-Invention, 6 euros l honors. car ! uttl M !l.leurltailnl - he4a le i 1.Y.au11'7'7'17 iaa travail et d’efforts. Une famille unie, une situation sociale et professionnelle enviable, une maison confortable, tout devrait aller pour le mieux. Ce n’est pas vraiment le cas. Et c’est sans doute là que réside la force du roman, dans la mise en scène de la fêlure, du manque fondateur de tout exil, et de sa persistance malgré toutes les réussites matérielles. Le personnage d’Elena- Helen s’enrichit de cette insatisfaction profonde qui la caractérise. Et le roman, des allées et venues entre les époques. La structure, qui fait alterner le passé très récent d’Helen avec les étapes de la vie antérieure d’Elena, étoffe ce qui n’aurait été sans cela qu’une chronique tribulations cocasses des guillemets qui se dissimulent sous le texte… C’est à partir de la lettre U, après un drame que vous devrez découvrir, que le poème est mis en scène selon le schéma de l’épopée. « Alors » scande, anaphore héroïque, les six dernières lettres, définissant par le vide des négations la nature même du poème avant de lui accorder une ultime définition. Cet ouvrage poétique oscille ainsi constamment avec humour entre la tentation des paroles définitives du maître et un contrepoint ironique, le tout enveloppé dans une gangue verbale où les mots se font chair. À déguster… MARYVONNE COLOMBANI À trente-quatre mains et dix-sept voix Fantaisie Littéraire Editions Le bec en l’air 2008 Les Correspondances de Manosque- La Poste, 18, 50 euros l’écrivain trouve alors son aboutissement dans le chant, l’appropriation des mots par la voix, tantôt nue, tantôt accompagnée, dans cette recréation du sens par la lecture de l’autre. Le résultat est à la fois original et intéressant, il nous fait partager quelques mystères de la création, nous interrogeant sur les choix des artistes qui se dévoilent ici, dans une introspection intime et littéraire à la fois. Il y a des rencontres, parfois fulgurantes, « le hasard, comme le souligne Barbara Carlotti, n’existe pas » ! Des moments forts qui nous amènent à découvrir de petits bijoux de la littérature contemporaine… à lire et à écouter ! M.C. familiale de plus. On comprend mieux aussi, au regard du parcours de cette mère, les projections qu’elle fait subir à son fils unique Alexandru, pour lequel elle a tant rêvé d’un brillant avenir. Et l’aversion qu’elle ressent pour Marie, sa belle-fille française. Ce roman vient de recevoir le prix Goncourt des Lycéens. Sans doute les adolescents ont-ils été eux aussi sensibles à l’émouvante histoire d’amour de Jacob et d’Elena, sur fond d’une Histoire pas si ancienne mais souvent méconnue. FRED ROBERT
Méfiez-vous des bébés ! Autant vous prévenir ; une culture béton est requise pour lire ce bouquin. Comme la mienne ressemble à de la confiture, je ne suis pas sûre d’avoir tout compris… Bon, il s’agit d’un marmot pas comme les autres. Certes, s’il aime par-dessus tout le mamelon de sa maman -voir Mélanie Klein pour les histoires de bon et de mauvais sein- et fait copieusement dans ses couches, pour le reste, il n’a rien d’un bambin. Doté d’un QI astronomique -autour de 475-, il lit Barthes, Proust ou Fitzgerald, ce qui peut encore se comprendre, mais aussi Thucydide et Xénophon dans le texte ou encore Nietzsche, sans parler de quelques autres, très connus mais que je n’ai pas lus. S’ajoute à cette boulimie livresque, une capacité identique à rédiger et un mutisme total. Voilà le phénomène. Côté affectif, il est un peu plus dans la norme ; il adore sa maman, qui le lui rend bien, et déteste son papa -voir Freud- qu’il a surnommé « le Bouffi ». Le fils prodige –rien à voir donc avec les évangiles- est enlevé par une universitaire coincée et mégalomane qui veut lui disséquer le cortex pour confirmer ses théories. Commence alors une succession d’enlèvements relatée par un bébé attentif et amusé ; les motivations obscures -voir Satan- de l’âme humaine donnent lieu à quelques belles pages de méditations -voir Pascalérudites et truffées de références. Traduit de l’américain, j’attendrai, quant à moi, une version en français courant dûment annotée pour le conseiller aux lecteurs moyens de Zibeline. Les autres ne m’ayant pas attendu pour le lire ! SYLVIA GOURIONr./v*ti. Glyphe Glyphe Percival Everett traduit de l’américain par Anne-Laure Tissut Actes Sud, 21.80 euros Jusqu’à son dernier souffle Ce recueil de poésies amoureuses inédites de Paul Valéry est une surprise savoureuse Voilà le mallarméen Paul Valéry en disciple pétrarquiste, l’académicien impassible et cérébral en amoureux fervent ! À 67 ans, donc, Valéry s’offre un amour de jeunesse, et pour une jeunesse, Jeanne Loviton dite Jean Voilier, à qui il écrit plus d’un millier de lettres et plus de cent cinquante poèmes. Leur liaison dure huit ans et finit avec la guerre, en 1945, lorsque Jeanne rompt pour se marier avec Robert Denoël. Alors Valéry relit et commente une dernière fois ces poèmes, avec une ironie douloureuse et tendre, et meurt quelques semaines plus tard. Depuis cette relecture, les corona poétiques se transforment en coronilla mortuaires, tandis que la « chair vers l’ombre affreusement recule. » Pour elle, il a retrouvé et décliné toutes les formes du lyrisme -sonnet, odes, ballades, chansons-, il a pastiché Ronsard ou Racine, Baudelaire ou Nerval. Pourtant, ce florilège n’a rien d’un exercice de style érudit. L’amant caresse ce corps féminin épanoui et déjà absent comme il aspire à la plénitude de ces formes poétiques déjà disparues, dans une même euphorie un peu mélancolique pour une perfection intouchable. Les poèmes sont vibrants de désirs, d’un érotisme ardent, ils ont la sincérité de quelqu‘un qui se dénude, le mysticisme de celui qui croit en l’âme comme une forme féminine et sensuelle de l’esprit. Mais ils nous rappellent aussi que les jeux de l’amour sont indissociables des jeux poétiques, que nos passions les plus intimes se vivent parce qu’elles se projettent et se formulent dans des fictions sans âge, et que nos désirs les plus profonds se disent avec les mots des autres. AUDE FANLO PAUL VALÉRY CORONACORONILLA YOEMES A JEAN VOILIER Corona & Coronilla Paul Valéry Editions de Fallois, 22 euros 63 Images sensibles Depuis 1987 l’association Autres & Pareils de Martigues a réalisé une centaine d’expositions, de manifestations culturelles, de publications et coédite une revue avec les éditions Le Bleu du Ciel. Brigitte Palaggi vit, travaille et pratique l’art photographique à Martigues depuis 1976. Quatre numéros de la revue sont réunis sous le titre Parmi d’autres possibles présentant un choix de clichés qui couvrent une période de 30 ans. Photos en noir et blanc aux gris multiples et raffinés, parfois proches des lavis avec des fondus dans lesquels on peut se perdre, surtout lorsque l’image montre le ciel ou l’eau et les mélange tant que l’on ne sait plus ce que l’on voit du réel ou de son reflet, des bords du Rhône ou des nuages. Les photos ne suivent aucun ordre chronologique ou géographique et l’on est parfois amusés par des rapprochements incongrus ou métaphoriques : certains voisinages laissent rêveurs comme celui d’une belle paire de fesses au grain parfait face aux vallonnements ondoyants d’un paysage florentin ! D’autres sujets sont dérisoires : étendages, rideaux de dentelles, chaises de jardin rouillées, bancs de pierre sous les arbres, moisissures... Brigitte Palaggi est attentive au travail du temps, à l’effritement, à la rouille, et nous offre des images sensibles, souvent émouvantes. Peu de personnages, quelques vieilles et des enfants, quelques corps nus et discrets. Une vie, accompagnée de textes d’auteurs amis. CHRIS BOURGUE Parmi d’autres possibles éditions Le Bleu du Ciel, 20 euros http://autresetpareils.free.fr



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