Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de déc 08/jan 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en cadeau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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60 LIVRES ESSAIS Cache Cash, un jeu d’économistes Connaissez-vous un économiste ? En avez-vous déjà rencontré un ? Non ? Nos deux auteurs, membres de la confrérie, vous serviront de guide dans un monde fabuleux où analyses saugrenues et grandes questions existentielles se côtoient... Leur but est évidemment initiatique : dévoiler les attirances, les préoccupations, les compétences, les appétences de ces bons esprits qui bouillonnent au fond de leurs laboratoires d’économistes… Sur un mode amusant ils nous entraînent, grâce à de lumineux travaux, à reconsidérer notre approche de sujets triviaux : la monogamie vaut-elle le coup ? Sans considérer sa justification morale, sans penser aux bonnes mœurs ou aux préceptes religieux, mais d’un simple point de vue de rentabilité ! Et bien oui, il est plus coûteux (économiquement et socialement) d’avoir plusieurs femmes -ou maris- qu’un seul partenaire ! Armés de leur crible, les deux compères se mettent ensuite à examiner l’interdiction de fumer dans les lieux publics ou à l’école… Mais même lorsqu’ils naviguent plus près des questions usuelles de l’économie, ils portent un regard détaché et ironique sur le problème du réchauffement climatique, ou sur l’inanité des « Oui, on parle sans arrêt de dégringolade du quartier. Mais cette dégringolade est transitoire. Le changement est en cours. Mais il ne faut pas se tromper, par exemple en construisant tous azimuts. Ce qu’il nous faut ici, c’est un vrai projet politique d’aménagement qui ne se réduise pas à de la construction immobilière. Si on fait de ce quartier un lieu-dortoir, il mourra. » Serge Pizzo, président du CIQ de la Belle-de-Mai ne mâche pas ses mots. Et annonce dès la préface, l’objectif du livre de Marie d’Hombres, D’une Belle à l’autre : restituer la mémoire d’un quartier populaire de Marseille, rendre hommage au lieu et à ses habitants, afin de lui donner un avenir. Pour réaliser ce parcours de vie de migrants, Marie d’Hombres a choisi de relater l’histoire du 3 e arrondissement de Marseille, au fil des récits de ses habitants. Ceux-ci ont été entendus, filmés, leur parole a été recueillie pendant près de 2 ans. De ces multiples interviews est né le livre, une pièce en 7 actes avec arrêts sur chœur des rumeurs et épilogue sans concession, où des ala:106m13r4p. 54tphermSexe, drogue... et économie Pas dc sajel tabou poor les econnrtxsWs I Sexe, drogue…et économie Pas de sujet tabou pour les économistes Alexandre Delaigue, Stéphane Ménia Pearson Education France,19 euros À consulter également, le site des deux « éconoclastes » : http://econo.free.fr La Belle abandonnée « voix fictives largement inspirées de voix et de personnes réelles » évoquent tour à tour leur arrivée en France, leur installation dans le quartier, leurs difficultés et leurs joies. Cette chronique dramatisée suit un siècle d’immigration : italienne au départ, pied-noir dans les années 60, D’une Belle à l’autre, Parcours de vie de migrants à Marseille Marie d’Hombres Éditions P’tits Papiers, Association Récits, 15 euros prévisions des économistes ! Surtout, leur morceau de bravoure illustre bien tout l’intérêt de leur analyse décalée. Face au créneau libéral, face à tous les experts pontifiants ou aux politiques éplorés et menaçants, nos deux héros pourfendent un thème sacré entre tous pour la nation : la dette publique. Non seulement c’est un débat inutile, mais pire,ilesttotalementinepte ! Oui,ladette est utile ; non, l’État n’est pas en faillite et le considérer comme une entreprise à rentabiliser est une aberration ! Bien d’autres thèmes jalonnent ce parcours « éconoclaste » et rafraîchissant : l’OMC et la banque mondiale, qui ne servent à rien ; les maisons de disques ou les laboratoires pharmaceutiques, qui savent profiter de toutes les situations ; le bonheur, et comment l’apprécier… On l’aura compris, nos deux compères, à la langue vivante et drôle, nous permettent de porter un autre regard sur les petits côtés de nos vies ! RENÉ DIAZ comorienne et africaine depuis les années 80. Elle retrace aussi quelques moments dramatiques, comme le bombardement américain en 1944 ou la fermeture progressive de toutes les entreprises qui faisaient vivre le quartier. La parole est livrée quasi-brute, sans fioritures. Cette sincérité est touchante, comme le sont les photographies de Julien Anselme, qui font un terrible écho aux documents d’archives. Les vieilles photos noir et blanc témoignent de la vitalité du quartier : rues en chantier, ouvriers et artisans au travail ou en habits du dimanche ; même sur ces images arrêtées tout cela vit et bouge. Aujourd’hui, sous le béton écrasant des piliers de l’autoroute, dans les rues aux façades cimentées, derrière les portails entrouverts des usines désaffectées, c’est un présent de déshérence et de paupérisation qui saute aux yeux. Raison de plus pour soutenir tous les acteurs du projet dont ce livre est une des facettes, afin que se réveille enfin la Belle endormie. FRED ROBERT Ça va cartonner ! Dans Carton, mobilier/éco-design/architecture, Olivier Leblois retrace la fabuleuse histoire de ce matériau. L’auteur est lui-même architecte et enseignant à l’École Spéciale d’Architecture de Paris (E.S.A). Spécialisé dans les projets urbains et les collèges, il a notamment crée le Fauteuil Carton intégré aux collections permanentes de nombreux musées du monde ainsi que les Tables Basses Carton, Étagères, Paravent Won… Au fil des pages son ouvrage permet de découvrir le carton en tant que matériau, mais également ses possibilités architecturales et de design. Écologique, économique, modulable à souhait et léger, le carton peut donc aussi accéder au rang de matériau d’art... Les années 60 voient émerger des meubles en carton, en premier lieu aux États- Unis, puis en France avec un architecte : Jean-Louis Avril et son fauteuil cylindre de 1966. Puis viennent les années 70 et 80, avec les très médiatisées productions d’un autre architecte : Franck Gehry (musée Guggenheim à Bilbao). De nos jours, en France, le concept s’est un peu plus démocratisé, avec notamment l’arrivée en 1993 d’Eric Guiomar et de sa Cie Bleuzen qui par des formations en ricochet étend sa technique sur tout le territoire. Ainsi, l’éco-design, fort à la mode, semble avoir de longs jours devant lui ! Alors, peut-on s’asseoir dans un fauteuil en carton ? Pirouette cacahouette… Assurément oui ! Ce très beau livre exhaustif aux textes soignés et aux illustrations pratiques est là pour en témoigner. SONIA ISOLETTA Y1WYiecien Carton Mobilier/éco-design/architecture Olivier Leblois éd Parenthèses, 32 euros
Rap, tulipes et tagazous « Je suis très très chaude, nous crache Missy Elliott du poste de Johannes. (…) Missy éclabousse. Un bain de mousse, une cambrousse de coton. Je flotte, je bronze. Son chant bouillant. » Ainsi démarre le récit, sur fond de R&B au beat « en plastoc », et de syntaxe syncopée. C’est Lionel, dit Petit Lion, qui tient cette chronique adolescente, estivale, jurassienne et déjantée. Revenu pour l’été de Besac (Besançon), où il traîne toute l’année ses guêtres d’étudiant désabusé, « c’est pas mon truc les études », il retrouve avec délices son bled du 3.9. et ses potes. Ceux de sa sœur Diane, en fait, des humains pas encore « périmés », des lycéens en pleines bouffées d’adolescence, avec des corps étranges, qui semblent leur échapper pour vivre une existence propre. L’une a des jambes yo-yo, l’autre les cils qui tombent, le troisième un trou dans l’épaule. Ces bizarreries transitoires ne les empêchent pas de vivre l’été jurassien à plein tube, entre virées en scooters, expéditions punitives contre les barbares d’un autre village, soirées alcoolisées, fêtes municipales et baignades au lac. C’est l’été, il fait chaud, les corps éclosent, s’ornent de tulipes. Le désir s’en mêle. Et, sous l’art consommé de la glande, sous le détachement apparent et les expressions crues, l’émotion affleure, amoureuse, amicale. Dans ce premier roman, Pierric Bailly compose un hymne à l’adolescence contemporaine, à cet âge qui flotte entre deux, à tous les niveaux. À travers son narrateur, il porte sur le groupe de « tagazous » un regard attendri (nostalgique ?) et rend à merveille le « vague des passions » qui les habite et les fait constamment osciller des pires conneries aux envolées les plus lyriques. Le style, élaboré au plus près de la langue orale, mêle avec bonheur les registres et donne à cette histoire d’un été jurassien une dimension universelle, épique parfois, et toujours poétique. FRED ROBERT Le fruit des origines La Pomme est le deuxième volet d’une trilogie de l’écrivain turc, Enis Batur, et se situe entre Amer savoir (2003) et D’autres chemins (2008), textes autofictionnels qui permettent à l’écrivain de s’interroger sur la posture de l’artiste, les relations entre les arts, les mythes fondateurs, et celles qui s’établissent avec le « consommateur » de l’objet artistique. Il emprunte, dans La Pomme, une écriture kaléidoscope qui s’efforce, avec un véritable souci scientifique, à donner une idée de la réalité de l’histoire de l’extraordinaire tableau de Courbet, L’origine du monde. Se démarquant résolument de la forme romanesque qui invente et reconstitue la trame des possibles, il nous livre une écriture lacunaire, à l’image de ces reconstitutions de musique antique pour lesquelles seuls les fragments de manuscrits sont joués. Ce qui ne l’empêche pas d’inventer des rencontres que le jeu des probabilités aurait rendues possibles, comme celle de Dostoïevski et Khalil Chérif Pacha, le commanditaire de cette œuvre qui a attendu plus d’un siècle pour être exposée. Qui était cet amateur d’art ? Un excentrique, un joueur invétéré, un malade, un voyageur instable, un homme raffiné et subtil hanté par la mort ? Quelles furent les relations de l’ambassadeur de l’Empire ottoman à Paris avec le peintre Courbet, qui paya ses amitiés révolutionnaires avec Proudhon, par une peine de prison ? Pourquoi le peintre s’acharna-t-il à « croquer » dans sa cellule des pommes ? Ce fruit obscur, symbole de la connaissance arrachée à l’arbre, n’est-il pas aussi celui de notre mort, punition ultime de l’éveil de notre conscience ? Pourquoi si peu de représentations du sexe féminin dans l’histoire de l’art, et pourquoi tant de pommes sous le pinceau de Courbet ? Le texte d’Enis Batur, qui se veut « une tentative de roman sur les techniques de tissage », est un diamant aux multiples facettes dans lesquelles le lecteur musarde, s’instruit, réfléchit, suit avec bonheur le romancier dans sa quête, jusque dans son petit essai sur… Guillaume Tell ! Encore une histoire de pomme en fait ! Une « théorie de la pomme » bien séduisante, d’ailleurs, n’apprend-on pas, dans cet ouvrage remarquablement traduit par Ferda Fidan, qu’en Turc, les verbes « croquer » Polichinelle Polichinelle Pierric Bailly P.O.L., 15 euros et « rêver » sont paronymes… Pomme des origines, métaphore de l’écrivain, bonheur du lecteur… MARYVONNE COLOMBANI ENIS BATON POMME La Pomme Enis Batur Traduction Ferda Fidan Ed. Actes Sud, 21.50 euros 61 J.G Ballard ou la vraie vie « Nous vivons dans un monde de simulacres… la relation tissée entre hommes et femmes de nos jours est une sorte de roman. Nous vivons nos propres vies comme des vies légendaires. » Ainsi parlait le maître, dans un de ses derniers entretiens. Les propos de l’écrivain de sciencefiction (mais peut-être faudrait-il dire de « fiction », tout simplement) sont particulièrement intéressants. Ils donnent quelques clefs pour mieux comprendre un univers particulièrement complexe ; en effet, Ballard travaille tout autant sur les distorsions du corps que sur celles, plus classiques dans la SF, du temps. Le tout dans son décor préféré, celui de la « suburbia », espace indéterminé entre deux villes, entre deux zones de banlieue. Là il traque ce qu’il appelle un « néoréalisme », notion pour le moins paradoxale dans la SF. « Ce n’est évidemment plus le réalisme au sens où aurait pu l’entendre quelqu’un comme Flaubert… la plupart des éléments de notre vision de la réalité sont en fait fictifs, ce sont des éléments mythiques réifiés » explique-t-il. Autrement dit, la SF ne ferait qu’enregistrer les métamorphoses internes de notre psyché collective. Voilà une nouvelle grille de lecture des œuvres de J.G. Ballard : sûrement la plus inquiétante. SYLVIA GOURION J.G. BALLARU eriM M4wàn Hautes altitudes J.G Ballard Éditions Ère, 18 euros TTnut



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