Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de déc 08/jan 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en cadeau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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50 CINÉMA TURIN FOTOKINO LECH KOLAWSKI Match-making À Turin, lors des 6 e Journées Européennes de coproduction, des producteurs régionaux ont fait face à l’audiovisuel européen… Au départ, il y a l’idée. De court ou de long métrage, de fiction ou de documentaire. Mais après, il faut convaincre de l’intérêt et du réalisme du projet de film ! C’est là qu’interviennent le pitching et le matchmaking. Ces pratiques, évidemment américaines, sont apparues en Europe il y a une dizaine d’années, dans les forums professionnels. La première consiste à présenter son projet, en quelques minutes, devant un parterre de gens susceptibles d’être preneurs. Quant au match-making, c’est une sorte de speed dating pour partenaires potentiels, la plupart du temps producteurs et diffuseurs. L’Union Européenne encourage vivement de tels forums. La Région PACA, très active en matière d’audiovisuel, également. Ainsi une délégation régionale s’est rendue à Turin, du 18 au 20 nov. Conduite par Isabelle Nobio, responsable du programme Média pour le Sud, elle comprenait quatre producteurs qui ont retrouvé une centaine de leurs collègues dans le Lingotto, ancienne usine Fiat reconvertie en centre de congrès, pour trois jours de match-making intensif. Seul, Paul Saadoun, de 13 Productions, était venu sans objectif précis. Mais la réputation acquise dans toute l’Europe par sa série Palettes lui a valu d’être assailli de propositions, dont il a jugé certaines intéressantes. Alexandre Cornu, des Films du Tambour de soie, proposait un projet de documentaire qui replace Pétain dans le contexte des droites européennes de l’époque. Et il cherchait un partenariat pour les images d’archives. Bingo ! Outre des contacts prometteurs avec des Allemands, il a découvert qu’avec ce sujet il pouvait postuler au fonds de soutien à l’audiovisuel du Bade-Wurtemberg ! Deux tables plus loin, son confrère Fred Premel, de Tita Productions, bataillait comme un diable pour faire avancer son projet sur Bela Tarr qui sera, s’il se réalise, le premier portrait filmé du cinéaste hongrois. Dans sa ligne de mire : le responsable des programmes de nuit de la RAI, dont l’engagement pourrait être déterminant. À ce trio de Marseillais s’ajoutaient les Arlésiens de Station Animation, venus présenter La mareaux têtards, série TV pour la jeunesse, et un projet de longmétrage d’animation, Suzy et Milpli. « Dans de gros marchés comme le MIP, les gens sont peu disponibles, expliquaient-ils. Ici, on a le temps de discuter et ça peut vraiment tilter. En plus, on se fait une notoriété, on confronte des expériences, on détecte des talents. Bref on bâtit les collaborations futures. » À les voir tous à leur pupitre, défendant mordicus leurs projets de films dans un invraisemblable mélange d’anglais, d’italien et de français, on ne pouvait en douter ! JEANNE B. el Avec Taupek Les gosses de Tokyo de Ozu Un mercredi après-midi d’hiver, pluvieux et glacial sur le boulevard d’Athènes, à Marseille. Pourtant, au Rendez-vous des Quais, des enfants sont venus, très nombreux, des tout-petits accompagnés d’adultes qui paraissent aussi heureux qu’eux. Ils ont rendez-vous avec la petite taupe et très vite, la salle est pleine. C’est à Fotokino qu’on doit cette après-midi avec le dessin animé de Zdenek Miler, une des nombreuses propositions de Laterna Magica qui se tient 3 au 21 décembre. Le public a pu ainsi voir le tout premier épisode de la série, réalisé en 1957, en tchèque, traduit en direct par Nathalie Guimard. La petite taupe est née d’une commande au dessinateur Zdenek Miler d’un film d’animation sur la fabrication de vêtements. C’est ainsi que la petite taupe (en tchèque, taupe se dit krtek) a fait ses premiers pas à la recherche de la salopette de ses o Lech in Marseille Le 12 déc au Polygone Etoilé, l’association Peuple et Culture-Marseille accueillait Lech Kolawski, par envie de montrer les films de ce cinéaste américain d’origine polonaise, qu’Éric Vidal, programmateur de l’association, a découvert sur Arte avec East of Paradise. Lech Kolawski X-D.R rêves, pleine de poches, et l’a fabriquée avec l’aide des animaux de la forêt… Cet épisode a été précédé de La Petite taupe et le parapluie, dont sept enfants de l’atelier animé par Catherine/Vincent ont créé la bande son. Petits et grands ont pendant quelque temps oublié la pluie, le froid, les embouteillages en rêvant avec la petite taupe. ANNIE GAVA À venir à Laterna Magica Le dernier week-end du festival ménage de bonnes surprises cinématographiques ! La soirée de clôture, le 19 déc à 20h aux Variétés, propose un ciné concert : Gosses de Tokyo, de Ozu, est un chef-d’œuvre intemporel du cinéma japonais (1932), proche du burlesque américain par l’humour, mais plus cruel envers les patrons, et tourné à la hauteur des enfants, héros du film. Uli Wolters, jazzman, accompagnera la projection de ses compositions (percu et sax). Mais il y aura aussi, pour finir en beauté avec les tout petits, des projections de dessins animés le matin et l’après-midi des mercredi 17, samedi 20 et dimanche 21 : des histoires de jouets aux Variétés, Mia et le Migou à l’Alhambra… Pour fêter Noël dignement ! 09 50 38 41 68 http://fotokino.org D Lech Kowalski, qui a mis en ligne une sorte de journal filmé, un projet qui allie esthétique et urgence à dire, camerawar.tv, en a montré le premier chapitre et présenté celui qu’il comptait tourner à Marseille le lendemain. Après la projection du documentaire tourné à Cracovie, The Boot Factory, Lech a parlé avec le public nombreux de ses choix de cinéma, de la place primordiale du rythme, de sa conception du montage, l’important étant les images qu’on enlève. Pour The Boot Factory, son premier film en vidéo, dont la première partie est en noir et blanc, il a suivi pendant une année de jeunes punks qui ont créé une entreprise de fabrication de chaussures en cuir et a utilisé des caméras diverses -la première étant une Hi8- de plus en plus perfectionnées adaptées aux scènes filmées. Une rencontre passionnante qu’on aurait aimé prolonger longtemps ! ANNIE GAVA On peut retrouver Lech Kolawski sur son site www.extinkt.com
FESTIVAL TOUS COURTS CINÉMA 51 Des p’tits courts, des p’tits courts, toujours des p’tits courts ! La nuit de tous les courts La 26 e édition du festival Tous Courts d’Aix s’est déroulée du 1er au 6 décembre : impossible, même sans dormir, de voir les 163 films programmés ! Alors, certains voient les « carnets de voyage », d’autres les « journaux intimes », films expérimentaux qui peuvent surprendre parfois, d’autres les films en compétition, 59 répartis en dix programmes (deux de plus qu’en 2007). Tous peuvent rencontrer les cinéastes et producteurs présents. Bien équilibrée, chacune des séances offrait des films pour tous les goûts ! Parmi tous ceux qu’on a pu déguster, quelques-uns à savourer… Dans Taxi Wala, Lola Frederich filme avec sensibilité et poésie la rencontre éphémère entre un chauffeur de taxi et une femme perdue, incapable de rentrer chez elle, qui ne sait qu’une chose : par la fenêtre de son appartement, elle voit passer des trains. Dans La mort qui tue, adapté de la nouvelle éponyme, Hadrien Bichet suggère par le non-dit et l’ellipse la sourde violence qui anime une jeune fille, (superbement interprétée par Hande Kodja) après la mort accidentelle de son frère. Lucas sur terre de Maud Alpi parle du deuil non fait : Lucas sort une bouteille, puis va labourer du côté du silo, le jour de l’anniversaire d’Isabelle qui aurait eu 25 ans… Et puis, il y a ceux qui se sont fait remarquer ! Le public a donné son coup de cœur à Tony Zoreil de Valentin Potier, déjà distingué à Rome, Prague et Clermont- Ferrand, qui traite de la différence sur un mode léger et drôle : Tony, âgé de vingthuit ans, a, comme toute sa famille, de très, très grandes oreilles et souffre d’une sensibilité extrême au moindre bruit. Sa vie est un véritable cauchemar jusqu’au jour où… Une idée originale, une réalisation soignée, mais un film qui ne gagne pas forcément à être revu. Le Jury a primé à l’unanimité un film, plus fort, qui place le spectateur devant René, en ciré jaune, « un cri sans écho » cherchant désespérément, tout au long du film, le chemin qui le sortira de la solitude. René de Tobias Nölle ne laisse personne indifférent. Il a aussi accordé une mention spéciale à 4960, un film auto produit par Wing- Yee Wu : Josef et Aïda essaient de se communiquer. Difficile ! Il étudie à Chicago et elle, à Sarajevo, ne peut sortir sans s’exposer aux snipers. Le prix Libre Court a été décerné au film, sans paroles mais aux images parlantes, Mein Vater Schläft (Mon père dort) de Grzegorz Muskala. Mika, (excellent Maximilian Kirchner) âgé de dix ans, qui vit à la campagne dans des conditions modestes, est obligé de remplacer son père, très malade. Dix ans c’est encore l’âge où on joue et Mika, facilement distrait par sa sœur plus jeune, doit faire face. Un film, austère et poignant. Patrice Carré pour Cinécourts n’a pu trancher entre Zohar de Yasmine Novak et Sa’et asary (A la fin du jour) de Sherif El Bendary, qui a eu aussi le prix du jury jeunes. Primés aussi un tout premier film d’Emilie Carpentier, tourné dans un village roumain, Les Ombres qui me traversent, Josh de Govinda Van Maele, à la fois drame et étude de milieu au Luxembourg et le film d’animation de Michal Pfeffer et Uri Kranot, Le Cœur d’Amos Klein. ANNIE GAVA Le coeur d'Amos Klein de Michal Pfeffer et Uri Kranot Motivé, motivé le jury ! Le public a pu rencontrer le Jury du 26 e Tous Courts, la comédienne et réalisatrice Blandine Lenoir, le critique Pierre Murat, le délégué général du Festival européen du film court de Brest, Philippe Coquillaud et le producteur-réalisateur Ron Dyens (Sacrebleu Productions). « Tous ont été recrutés pour leur humanité », précise Christine Aublet-Béranger, la Coordinatrice Générale de Tous Courts. Une tâche fatigante mais passionnante, selon eux : il faut savoir passer en une heure et demie (durée d’un programme, et il y en a dix !) d’un univers à un autre, dépasser ses propres goûts cinématographiques pour laisser leur chance à tous les films, repérer le REGARD derrière la caméra, accepter d’être bouleversé ou irrité, dérangé, découvrir des films audacieux… Ce qui les motive, c’est soutenir le court métrage. Certains préfèrent le terme de « film court » parce qu’on voit mieux que c’est un film. Certes # on trouve beaucoup d’univers glauques, de situations dures dans les courts Le Jury Delphine Pincet *' ! T it all 4, Vendredi 5 décembre, vers 22h30, une longuefile, bienrangée, devantle Mazarin, à Aix. La plupart ne dépassent pas les trente ans. Tous attendent patiemment le début de la Nuit du Court, 21 films répartis en quatre programmes, qui se terminera au petit matin. Et pour « tenir le court » trois pauses avec café, boissons et biscuits. Cette année, une thématique : les regards de femmes sur le monde, des films en compétition les années précédentes, des films de l’histoire du cinéma, sans oublier les quatre films proposés dans la carte blanche des Rencontres Films, Femmes et Méditerranée. Des films drôles, graves, des films d’animation, des documentaires, des films expérimentaux, des fictions, parmi lesquels le dernier court métrage de Blandine Lenoir, Pour de vrai. Voir tous ces jeunes (près de 350 !) assister jusqu’à l’aube à la projection de ces courts métrages, dont certains sont loin d’être faciles, fait chaud au cœur : c’est entre autres le fruit d’années de travail du Festival Tous Courts en direction du public scolaire. Cela devrait faire réfléchir(et reculer !) tous ceux qui veulent, aujourd’hui, réduire -voire détruire- l’éducation à l’image et les enseignements artistiques. A.G. actuels, peu de comédies mais n’est-ce pas logique puisque le cinéma est un reflet de son temps ? Les membres du jury, unanimement, reprochent une certaine absence de prise derisque, aussi bien au niveau du scénario qu’auniveaudelaréalisation. Tropprudents les réalisateurs de courts sélectionnés en 2008 ? Trop soumis aux pressions des producteurs ? « Il m’arrive d’essayer de pousser des réalisateurs vers des pistes plus audacieuses formellement, nuance Ron Dyens, mais ça résiste ! » Le public présent à cette rencontre le jeudi 4 décembre à la Fnac d’Aix aura pu ainsi, pendant près de deux heures, faire le point sur le court métrage. A.G.



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