Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de déc 08/jan 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en cadeau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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32 MUSIQUE CONCERTS I Scénographie ne chante point Au Grand Théâtre de Provence, le 11 décembre, on annonçait du théâtre musical : I went to the house but did not enter… On n’y est pas entré non plus ! Comment ! Tu n’as pas vu la dernière création d’Heiner Goebbels ? Avec quelle économie de moyen ce metteur en scène allemand exerce une irrépressible fascination sur les spectateur ? Comment il cultive la réserve naturelle du Quatuor Hilliard…. et jusqu’où ce compositeur scrute, fragmente les textes z’essentiels et énigmatiques de T.S. Eliot, Maurice Blanchot, Franz Kafka, Samuel Beckett, exploite leur « méfiance envers les formes narratives linéaires », contradictions et questionnements poétiques sans réponse, « sans contenu » … leur échec ? Disons-le tout net : on s’ennuie à observer dans le silence, de longues minutes durant, quatre silhouettes débarrasser au compte-goutte, dans un Le théâtre des Salins est bondé de bambins qui piaffent, le 21 nov. Sur le plateau, les musiciens de Télémaque chauffent leur biniou. Pour capter l’attention, le maestro Raoul Lay entre et salue lentement : le silence se fait ! Agnès Mellon carton à haut-fond, des tasses rangées sur une table, la théière, et puis les fleurs et son vase, la nappe… et la table elle-même, le tapis, les rideaux… avec la tringle ! … (et tout repositionner ensuite, à l’inverse, sur le même tempo assommant) ; à écouter des mélodies raides, polyphonies syllabiques rasoir, qui ne chantent jamais, ou alors chevrotantes, des harmonies plates sur des rythmes lancinants, dans une chambre d’hôtel à la lumière d’un projecteur de diapos au cadrage trop large… Quel dommage qu’une telle débauche de moyens esthétiques s’avère si stérile ! Car la scénographie est léchée, réglée au pied à coulisse : virtuosité dans la création des lumières, ambiances sonores finement travaillées (au deuxième tableau particulièrement réussi), décors impressionnants… Et les quatre voix anglaises, en harmonies, possèdent une suavité qui fait ardemment regretter de ne pouvoir les entendre dans Pérotin ou Ockeghem, qui leur vont si bien ! JACQUES FRESCHEL Agnès Mellon Les enfants et la Mort c À l’écoute du conte de Grimm Le vaillant petit tailleur (vous savez : « Sept d’un coup ! ») narré par la comédienne Julie Cordier, les bambins jubilent, car les sonorités illustratives (glissandos figurant la chute des mouches, combat percussif des géants, fanfare crâneuse de cuivres, féerie toute ravélienne…) habilement composées par Tibor Harsànyi renforcent l’intérêt du récit. Et le tour est joué ! Mais l’enjeu est tout autre après quelques minutes d’entracte ! Dans deux ronds de lumière, une clarinettiste et un contre-bassiste se font face, dessinent des contrepoints énigmatiques. Le langage musical s’avère subitement plus moderne, l’atmosphère vire à l’étrange… Dès la présentation des motifs musicaux, à la manière de Pierre et le loup, on comprend qu’on n’a pas affaire à simple un conte naïf. À la différence de Prokofiev, les thèmes ne représentent Récitation Le Trio Wanderer, depuis vingt ans qu’il « voyage » à travers le monde, a acquis une réputation telle qu’une affiche à leur nom suffit à emplir les salles de concert… Ce fut le cas du vaste auditorium du Grand Théâtre de Provence, le 20 novembre Si le mot « Wanderer » évoque assurément Schubert, il n’a jamais été aussi pertinent que pour ce récital-là ! Songez que les mélomanes ont entendu deux des plus beaux joyaux de la musique de chambre : ses illustres Trios en si bémol et mi bémol ! Tous attendaient le fameux Andante de l’Opus 100. On n’a pas été déçu… mais pas non plus totalement emballé ! Certes, le trio français est particulièrement remarquable dans le soin apporté au mixage des timbres, tout en pas seulement des personnages, comme la Princesse ou le Roi, mais aussi des « Idées » que l’on n’associe que rarement au monde de l’enfance : Dieu, La Mort… C’est que La Mort marraine de Grimm est un conte à part, offrant de nombreux niveaux de lecture : biblique, symbolique, analytique… Au premier degré, à son écoute, un enfant ordinairement constitué risque au mieux d’être angoissé, au pire de décrocher… Mais ce ne fut pas le cas à Martigues, en partie grâce au jeu habile et minimaliste de Julie Cordier… pas un brin racoleur ! La comédienne laisse la place à l’imaginaire et, surtout, elle s’efface quand il le faut devant la partition du compositeur. La facture moderne et lyrique de Raoul Lay, poétique, tantôt puissante ou sarcastique, doucement dissonante, colle à souhait à l’univers onirique et implacable du récit. Au final, le pari est gagné : non seulement ce conte difficile a fasciné, mais les pitchouns ont écouté sans ciller… de la musique contemporaine ! Vous savez, celle qu’on qualifie sempiternellement d’inaudible et d’élitiste… JACQUES FRESCHEL
soignée Trio Wanderer Achim Liebold nuances subtiles, correspondances synchrones des phrasés : leur technique est éprouvée, l’entente magistrale ! De plus, dans ces opus hyper-connus, ces trois-là adoptent des choix personnels : comme celui récurrent de prendre finement appui sur la pulsation, afin d’accorder aux mouvements une unité stylistique qui les tirent élégamment du coté de la danse. Cependant, leur jeu léché et implacablement raisonné a, de temps à autre, semblé un peu récité, manquant de vie, de fantaisie, de fragilité, de risque… d’émotion ! Le piano délicatement coloré de Vincent Coq a pâti d’une utilisation abusive de la sourdine (sans doute par peur de couvrir les cordes) : du coup il a parfois manqué de corps dans les contrechants. Au violoncelle profond et lyrique de Raphaël Pidoux, le seul à nous entraîner, au-delà des notes, vers des rivages rêvés trop furtivement abordés, le violon de Jean-Marc Phillips-Varjabédian a répondu par des sonorités ni très nettes, ni très rondes… un peu sèches ! Ceci dit, la leçon est toujours belle quand elle est signée Schubert ! JACQUES FRESCHEL Baroques parodies… Ce mois-ci, l’ensemble des Festes d’Orphée a proposé deux programmes à Marseille et Aix : Splendeurs du baroque italien et Grands motets provençaux en Noël Petit choeur des Festes d'Orphée X-D.R Si les qualités musicales de l’ensemble instrumental, tout comme des chœurs et des solistes, est indéniable, et fort agréable, le premier programme s’avéra peu surprenant : le choix des œuvres de Lotti, Monteverdi et Carissimi manquait un peu d’originalité, ou d’intérêt musical. On ne peut en dire autant des Motets provençaux, qui composaient un répertoire moins attendu et qui pourtant paraît nettement plus familier ! Car le concert, construit de manière pédagogique, présentait aux auditeurs des œuvres illustrant un point précis d’Histoire musicale. Celui de la reconversion, puisque nous avons pu en apprendre un peu plus sur le procédé de la parodie dans les « Noëls », transformant une musique pré-existante en récit de la naissance de Jésus ! On reconnaît alors, amusés, le thème De bon matin repris par Auphand pour son Dixit. On repart heureux d’en avoir appris encore un peu sur le répertoire baroque provençal, qui gagne décidément à être connu ! SUSAN BEL 33 La forza tranquilla Le concert symphonique, donné le 12 décembre dans l’auditorium du palais du Pharo, a révélé un formidable pianiste italien : Andrea Lucchesini C’est dans le 2 e mouvement du 4 e concerto de Beethoven qu’Andrea Lucchesini a scellé son succès. Par la douceur de son chant et de souveraines suppliques, il a, patiemment, fait céder la formation orchestrale, l’emportant dans les ultimes mesures. Plutôt qu’Orphée pleurant Eurydice, on a imaginé le sage Sarastro chantant avec la voix de Pamina, luttant contre la puissance négative de cordes grandiloquentes… À côté d’un jeu d’une sensibilité supérieure, Andrea Lucchesini a fait entendre, dans les mouvements allants, une sonorité d’une rare homogénéité, claire et ronde, sans dureté, un style perlé, souple, facile et élégant, adjoignant quand nécessaire, comme dans l’impressionnante cadence de l’allegro X-D.R initial, une puissance virtuose tout expressive. L’abondant public de l’auditorium, lui aussi vaincu, a finalement laissé partir le musicien se reposer en coulisses, après deux brillants bis, cerises rougeoyantes sur un savoureux gâteau. Emmené par le volubile et pointilleux chef italien Evelino Pido, l’Orchestre Philharmonique de Marseille a répondu positivement à son sens du détail et des respirations. Dans « La Grande » Symphonie n°9 de Schubert, la qualité des solos de l’harmonie a estompé les travers d’une œuvre, certes novatrice et épique, mais s’égarant parfois dans des redites fastidieuses. C’est qu’on préfère sans doute le Schubert plus intime des Lieder et de la musique de chambre ! JACQUES FRESCHEL Le Théâtre du Maquis présente Farallone d'après R-L Stevenson. 01=s`..11,1 vendredi 16 janvier â 20h30 au Jeu de Paume, Aix-en-Pce 17/21 rue de ['Opéra - 04 42 99 12 F2 ilk



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