Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de déc 08/jan 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en cadeau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 MUSIQUE CONCERTS Amante et pénitente Avec L’amour de Madeleine, le 6 décembre à l’église Ste Catherine, spectacle conjuguant déclamation et chant baroques, Euterpes a conclu son festival automnal par un point d’orgue d’une grande richesse littéraire et musicale Dieu qu’elle l’a aimé son doux Jésus la Marie-Madeleine évangélique ! Jamais peut-être la prose de Bossuet n’a exprimé avec autant de stridence la passion dévorante qui a animé l’ancienne pécheresse… Sa méditation intitulée L’Amour de Madeleine (avec aussi des extraits de l’Elévation sur Marie-Madeleine de Bérulle) exhumée pour l’occasion par la musicologue Catherine Cessac, a été lue avec exaltation par « le » spécialiste de la déclamation baroque : Benjamin Lazar. Certes, il fallu quelques minutes d’adaptation aux « r » roulés, « an » ouverts à la gasconne, « t » et « s » prononcés en fin de mot, « oi » convertis en « ouai », pour dépasser l’« exotisme » de la diction et recevoir de plein fouet toute la puissance du texte. Marie Cristina Kiehr X-D.R En contrepoint, partageant la même posture extatique, Marie Cristina Kiehr a interprété des pages de Charpentier consacrées à Marie-Madeleine. Sa voix très « phonogénique », homogène sur tout le registre, adoptant un pur style baroque (plat et peu vibré, doucement ornementé et conduit en soufflets) a séduit la nombreuse assistance, en particulier dans le prépondérant « Sola videbat in antris », déploration funèbre de l’amante face au supplice du Golgotha. Autre sommet du programme : un inédit Lamento della Maddalena composé par Monteverdi sur son célèbre Lamento d’Ariane ! Même si on peut attendre, dans ce morceau de bravoure, une voix plus ample de tragédienne, on n’a pas pour autant boudé son plaisir… D’autant que le Concerto Soave, conduit des claviers par Jean- Marc Aymes, a tissé, au fil du concert, un échéancier soyeux de basse de viole, d’arpèges de théorbe, de chatoyantes ritournelles de violons… Une cérémonie lyrique qui a exalté le théâtre baroque des passions ! JACQUES FRESCHEL Carte blanche romantique Dans le cadre d’une Ouverture Soliste, l’ensemble Télémaque a proposé un programme de musiciens dits Romantiques au Ballet National de Marseille. Le pianiste Nicolas Mazmanian a interprété Intermezzi op.117 de Brahms, pièce composée à pleine maturité, testament pianistique. Associations de thèmes d’une grande profondeur et d’une grande virtuosité. Agnès Mellon Cantates et sonates Si le talent du contre-ténor Max Emmanuel Cencic est indéniable, son récital du 27 novembre à St Victor a également révélé une formidable flûtiste : Dorothée Oberlinger Le timbre est chaleureux, vibrant, la technique sûre, les phrasés sont élégants, sans un brin de mauvais goût et, par-dessus tout, le contre-ténor Max Emmanuel Cencic file quelques pianissimi captivants, d’une rare beauté. Il arrive souvent que ces voix présentent un timbre un peu plat, sombre… Ce n’est pas le cas chez cet artiste au vibrato brillant et dont les passages de registres sont imperceptibles. Sans rien enlever au talent de Philippe Jarrousky, davantage reconnu aujourd’hui, on place Cencic à sa hauteur ! Mais un virtuose peut en cacher un autre. Dans ce programme alternant des Cantates de Haendel et Scarlatti, les Sonates instrumentales du même Haendel et de Sammartini ont révélé une flûtiste hors-pair. Dorothée Oberlinger a époustouflé par la suavité de ses ornements et sa virtuosité sans faille. Véritable Paganini des flûtes alto et soprano, la musicienne a furtivement volé la vedette à la tête d’affiche ! A Max-Emmanuel Cencic X-DR On regrette seulement d’avoir attendu le bis pour voir Cencic abandonner les partitions dans lesquelles il s’est continuellement plongé. À ce niveaulà, particulièrement pour des pièces qui sont presque des monologues d’opéra, chanter par cœur s’avère indispensable afin que le public capte, dans le regard de l’interprète, les sentiments passionnés qui s’expriment par le texte ! JACQUES FRESCHEL YannLe Roux-Sèdes, au violon, nous offre ensuite À Paganini pour violon solo d’Alfred Schnittke. Là encore une pièce d’une grande complexité avec des trilles qui, mélangées à des citations coupées par de grands coups d’archet, barrent la mélodie pour qu’elle ne se fixe pas dans notre mémoire. Interprétation talentueuse qui se termine en désaccordant le violon. Intervient ensuite le cor joué par Marilyn Pongy dans un Trio pour violon, piano et cor op.40 de Brahms d’une expression grave et excentrique. L’Escalier du Diable de György Ligeti est probablement le clou de la soirée. Le piano solo nous emmène dans des crescendos incessants et vertigineux… Puis, en seconde partie du concert, le trio de Ligeti : le violon et le cor jouent un phrasé de six notes, l’archet est tiré en monocorde, le piano, presque absent dans le premier mouvement, repart dans des montées mélodiques avec le cor. Un 2nd mouvement vivassissimo et un 3 e au rythme sauvage et précis, beaucoup d’asymétrie dans cette pièce aux accents de musique d’Europe de l’Est, climat énergique, turbulent, au propos parfois très jazzy. Une pièce à la fois moderne dans son écriture, classique par sa forme et… romantique par ses effets ! DAN WARZY Ensemble Télémaque/Ouverture soliste lors de carte blanche aux musiciens de l’ensemble joué le samedi 6 décembre au BNM
Messiaen… heureusement ! C’est dans une atmosphère tendue qu’a débuté le concert de l’O.L.R.A.P. au Toursky le 2 déc : des menaces de liquidation pèsent plus que jamais sur l’orchestre vauclusien et les subventions nationales ont été ôtées à la scène marseillaise… Après des Danses sacrées et Danses profanes de Debussy zébrées d’arpèges de harpe, Véronique Muzy s’est installée au siège d’un énorme Steinway. Certes, un tel instrument est inadapté aujourd’hui au discours mozartien : de fait, le dialogue orchestre/piano fut conçu au XVIII e siècle pour un pianoforte à la puissance plus modeste ! Toutefois, certains artistes distillent sur clavier moderne des perles d’une grande suavité. On en fut loin… et le style Sturmund Drang du 20 e Concerto en ré mineur n’excuse en rien un jeu sans nuance, déséquilibrant grossièrement les plans sonores ! Fort heureusement, l’hommage à Messiaen, en seconde partie d’un concert qui avait initialement programmé le contemporain Challulau (remplacé par Mozart, plus porteur…) a réconcilié le public avec l’émotion musicale… et fait oublier un temps les banderilles lancées contre la culture. Il faut dire que les Trois petites liturgies de la présence divine conservent, depuis 1945, tout leur impact, fondé sur l’alternance de mouvements rythmiquement furieux et de lumineuses harmonies. Michel Bourdoncle a tenu avec maestria la phénoménale partie de piano, quand Jonathan Schiffmann(plus à l’aise ici que dans Un duo hétérogène 1 `. y.. b o Mozart) a conduit habilement percussions et cordes. On n’a que peu entendu, en fond de scène, le texte énoncé par les voix raides et peu juvéniles de la Maîtrise Gabriel Fauré… Mais elles ont été avantageusement doublées par les Ondes Martenot, instrument vibrant et insolite grâce auquel Claude Samuel Lévine a pu rendre justice (et justesse) à une oeuvre magistrale. JACQUES FRESCHEL Le 18 nov, à la Faculté de Médecine de Marseille, si le violoncelle de François Salque a ravi les sociétaires… Le piano d’Eric Le Sage a quelque peu déçu Souvent, dans un duo violoncelle et piano, le premier instrument revêt un rôle de soliste, quand le second se trouve davantage confiné à l’accompagnement « faire-valoir ». La position du violoncelliste situé devant le piano, lui tournant le dos, renforce habituellement cette impression. Toutefois, les grands compositeurs de musique de chambre s’attachent d’ordinaire à répartir soigneusement le dialogue instrumental : le dessin mélodique n’est pas l’apanage du seul archet, le décor harmonique nonexclusivement dévolu au clavier… Ce fut le cas pour les opus exécutés lors de la 1277 e séance de la Société de Musique de Chambre de Marseille. Au demeurant, si le violoncelliste François Salque s’est avéré un chantre bourré d’imagination, Éric Le Sage au piano a paru plus fade et moins inspiré… Au son large, ouvert et brut du premier, vibrant et lyrique, puissant ou feutré, reproduisant avec une grande sensibilité le mezza-voce d’un baryton ou d’une soprano, le second a répondu par un jeu frustrant. Sans une once de faute de Francois Salque X-D.R Michel Bourdoncle X-D.R. goût, techniquement irréprochable et des doigts à revendre… mais le pianiste s’est accroché vainement, dans la Sonate en ré mineur de Debussy, la Sonate n°2 op. 117 de Fauré, les Pièces dans un style populaire de Schumann, à ce que son compagnon de récital lui suggérait. Plus à l’aise dans la Sonate n°3 op.69 de Beethoven, Le Sage a pourtant manqué de couleurs, de lumière, de respiration, jouant souvent trop fort, trop dur, trop droit… Visiblement ces deux-là ne vont pas ensemble ! Pris de cours pour les bis (rejouant l’intégralité de la Sonate de Debussy !), hormis l’immanquable et superbe Après un rêve fauréen, le duo a laissé le public sur sa faim. JACQUES FRESCHEL 29 Trio complice D Dès les premières mesures on devine qu’on ne va pas entendre du Mozart habituel ce 23 nov à l’église Ste Catherine… C’est qu’avec le Centre Régional d’Art Baroque Euterpes, un Week-end classique ne peut l’être tout à fait ! Alice Pierlot X-D.R Les cordes en boyau du Trio AnPaPié résonnent merveilleusement. Dans les différents mouvements du programme et le Divertimento en mi bémol de l’enfant de Salzbourg, le son est chaleureux, les phrasés respirent, les tenues hésitent entre une blancheur toute baroque et une vaporeuse coloration vibrée. Alice Piérot (violon) endosse le costume du chant supérieur, quand Fanny Paccoud (alto) et Elena Andreyev (violoncelle) dessinent aux étages inférieurs des arabesques rebondies. Chose exceptionnelle dans ce répertoire : les musiciennes jouent par cœur ! Cela n’est pas sans risque et il est arrivé à l’une, peut-être distraite par une volée de cloche intempestive, ou l’autre, ailleurs, d’oublier furtivement un bout de phrase musicale… Mais qu’importe ! Cette posture originale a permis au public de mieux suivre, au fil des regards complices et des gestes synchrones, le fin discours mozartien. J.F.



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