Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de déc 08/jan 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en cadeau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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26 MUSIQUE OPÉRA Britten l’enchanteur La première représentation du Songe d’une nuit d’été de Benjamin Britten, à l’opéra de Toulon le 5 décembre, a remporté un immense succès o Une des plus belles pages d’opéra du XX e siècle servie par une production remarquable, associée aux opéras de Nancy et de Caen, a offert au public toulonnais une soirée étincelante. Quelques notes caressées aux cordes suffisent, glissandos et portamentos coulants, et nous voici transportés au cœur de la forêt mystérieuse, théâtre féerique émergeant des profondeurs de l’orchestre. Surgit alors le roi Obéron, créature surnaturelle et inquiétante, à la tessiture de contre-ténor, que Britten a fait sortir du répertoire poussiéreux où il était jusque là cantonné. Timbre doux, posé et presque immatériel, Rachid Ben Abdeslam s’impose naturellement dans ce monde merveilleux. Sa reine Tytania trouve en Maïra Kerey les coloratures équivoques conformes à sa nature fantastique alors que le bavard Puck, campé par le comédien Scott Emerson, ne fait que causer. Et dès qu’il prend la parole, l’excellent trompettiste Pascal Reymond débite les phrases, musicales cette fois, dans une grande virtuosité pour un duo improbable qui cimente l’ouvrage. Dirigé de mains de maître par le spécialiste du genre Steuart Bedford, Aïda : le triomphe ! Une belle distribution vocale, un chef, un orchestre et des chœurs exemplaires, des danseurs étonnants, de somptueux costumes et des projections vidéos féeriques… tout a concouru au succès de Verdi à l’Opéra de Marseille ! Ito Frederic Stephan ancien collaborateur et assistant de Britten lui-même, l’orchestre laisse s’échapper de la fosse des couleurs à la fois impressionnistes, subjectives et éthérées à la faveur d’une palette riche de deux harpes, d’un célesta et d’un clavecin, en plus des pupitres habituels. L’atmosphère enchanteresse créée par Shakespeare se trouve magnifiée par la mise en scène pétillante de Jean-Louis Martinoty, secondé par Daniel Ogier dont les costumes mi-futuristes mi-chimériques, tout enguirlandés de loupiotes, transparaissent au rythme des jeux de lumières obscures et ouatées de Fabrice Kebour. Véritable synthèse des arts, cette production a tout d’une grande ! FRÉDÉRIC ISOLETTA Christian Dresse Pour réussir un grand Verdi il n’y a pas de secrets : il faut de grandes voix… la scène phocéenne n’en a pas manqué ! En tête, dans le rôle-titre, l’Américaine Adina Aaron a prouvé par ses qualités vocales et son engagement scénique qu’elle est actuellement l’une des plus grandes interprètes de l’Ethiopienne. Même si l’emploi d’Amnéris (traité en véritable négatif visuel de sa rivale) n’est pas tout à fait dans les cordes de Béatrice Uria-Monzon, la mezzo française a compensé un timbre un peu sourd, manquant de « spinto », par des atouts musicaux et un vrai talent de tragédienne. Côté hommes, le Coréen Ko Seng-Hyoun a époustouflé (comme à Orange en 2006) dans le rôle d’Amonasro, grâce à sa voix d’airain et une présence captivante ! L’aisance scénique n’est pas, par contre, l’attrait premier de Walter Fraccaro… cependant son Radamès fut vaillant. On note que l’enchaînement des spectacles a laissé quelque trace sur les organismes : le 5 décembre (après cinq représentations en dix jours !), on a perçu dans les pianissimi aériens de la soprano un poil de souffle parasite, quand le ténor s’est avéré un peu court sur les ultimes aigus… Les basses solides Wotjek Smilek (Ramfis) et Dmitry Ulyanov (le Roi), comme le chant généreux de Sandrine Eyglier (la Prêtresse) ont complété un plateau vocal brillant. Dans la fosse, Nader Abassi a conduit, avec précision et souplesse, un orchestre en grande forme, quand les Christian Dresse chœurs sont passés du plein éclat glorieux à de fascinants « sotto voce ». Le ballet « afro-guerrier » de Laurence Fanon a été particulièrement plébiscité : c’est qu’on aime retrouver, comme pour Manon dernièrement, de vraies chorégraphies à l’opéra ! Mais le succès n’aurait pas été total sans l’absolue féerie des projections vidéos imaginées par Charles Roubaud. En fond de scène ou sur les côtés, les décors pyramidaux ont donné lieu à d’habiles emboîtements d’images, effets d’optiques, travelling cinématographiques du plus beau résultat… Jusqu’au final où, suivant le livret, le tombeau s’est ouvert sur un ciel nocturne… nous laissant, pour de longues heures encore, la tête dans les étoiles ! JACQUES FRESCHEL o
Vieilles perruques et divas fantasques Le 6 décembre au Théâtre du Jeu de Paume, ce qui fut autrefois un divertissement impérial a été représenté devant un plein parterre d’enfants (et de parents). Un spectacle loufoque qui a fait mouche ! En 1786 étaient joués à Schönbrunn, devant l’empereur, deux opéras commandés sur le même sujet : le Directeur de Théâtre de Mozart et D’abord la musique, ensuite les paroles de Salieri. Autre temps : ce spectacle est aujourd’hui destiné à un « jeune public ». Comme quoi la démocratisation en matière d’accès à la culture a fait des pas de géant, malgré les dires de certains… Ceci dit, l’adaptation conçue par Jean-François Héron pour la Compagnie Interlude est une réussite. Cette sorte de vaudeville, avec dialogues parlés, ajustés en français, est un habile condensé du « buffo » italien de Salieri et de ce qu’il reste des numéros allemands du singspiel mozartien. Le sujet : un poète (Pierre Villa- Loumagne) et un musicien (Jean- Christophe Filiol), caricatures des « vieilles perruques » du XVIII e siècle, Le cadeau de Luca tentent de produire, sous la houlette du « Direktor », un opéra en quatre jours. Sur ce, surgissent deux sopranos hystériques et gémellaires, enrubannées et corsetées, qui se disputent le statut de « prima donna ». Cette situation donne lieu à d’irrésistibles shows clownesques où rivalisent, en vocalises fantaisistes et mimiques bouffonnes, Monique Borelli et Lucille Pessey… alors qu’au piano Jan Heiting joue l’homme-orchestre. La mise en scène rythmée de Julien di Tomaso, souvent déjantée, intègre les airs tragiques ou parodiques et permet à la joyeuse troupe d’exprimer tout son talent. JACQUES FRESCHEL D Pour célébrer le 150 e anniversaire de la naissance de Puccini, le théâtre d’Aubagne affichait, le 22 novembre, un beau plateau vocal… et un ténor royal : Luca Lombardo ! Le concert affichait quelques scènes et fameux airs tirés de La Bohème, Turandot, Manon Lescaut, Tosca ou Butterfly… avant la somptueuse Messe de Gloire du grand vériste italien. Au fil des apparitions, on a apprécié les aigus scintillants de Monique Borelli, comme l’émission généreuse, l’élan communicatif de la soprano Brigitte Hernandez. Bien connu de la famille lyrique locale, Claude Méloni (depuis bientôt 30 ans, le baryton forme des générations d’artistes dans sa classe de Chant au Conservatoire de Marseille) conserve, à près de 70 ans, une noblesse de ton et une conduite des phrasés d’une rare élégance. On retient également la prestation prometteuse de l’un de ses protégés dans le bref air de Colline : Rémi Ortega. La direction expressive et fine de Jean-Claude Latil, pour les cinq parties de l’ordinaire liturgique, a poussé les amateurs de l’Ensemble vocal Philharmonia à se surpasser, alors qu’au clavier somptueusement orchestral, l’omniprésente Marie-France Arakelian a, comme de coutume, fait des merveilles. Pourtant on ne sait si les Aubagnais ont véritablement réalisé leur chance ! Certes, la salle a pleinement acclamé le ténor Luca Lombardo… mais a-telle saisi que le chanteur, qui remplace régulièrement Villazon défaillant, triomphe urbi et orbi dans Carmen, à Bastille ou au Stade de France, dans Louise, Les Contes d’Hoffmann, Macbeth ou Werther et partout dans… Tosca ? Ah, que son E lucevan le stelle fut somptueux ! On ne comprend toujours pas pourquoi ce Marseillais, l’un des plus grands ténors actuels, n’est pas à l’affiche de l’Opéra de sa propre cité… où il se contente de passer des vacances ! C’est maintenant ou jamais ! JACQUES FRESCHEL D Magie Homérique C’est Le Retour d’Ulysse de Monteverdi que nous proposait le Théâtre de Nîmes les 11 et 12 déc, mis en scène par William Kentridge sous la direction musicale de Philippe Pierlot et l’ensemble Ricercar Consort. Cet opéra de 1640, même s’il porte en germe, après l’Orfeo, toute la tradition lyrique à venir reste finalement très loin de l’écoute habituelle de l’amateur d’opéra… La magie de la mise en scène en a révélé toute la richesse. Des marionnettes grandeur nature, parfois manipulées avec adresse par les chanteurs dans le lointain, matérialisaient un trompe-l’oeil (baroque ?) tout en finesse et donnaient une consistance physique aux figuralismes qui dominent dans cette musique. Une projection au symbolisme très achevé complétait en fond de scène l’atmosphère intime de cette production aux accents anciens mais au look de théâtre contemporain. Un peu pris de court dans le Prologue, Ulysse (Julian Podger) s’est ensuite bonifié, et Pénélope (Romina Basso) s’est plongée avec conviction dans une trame dramatique suggérée par les continuos. Le public fut conquis par cette poésie riche, sensible et fascinante. Quand donc cet Ulysse reviendra-t-il visiter la région ? PIERRE ALAIN HOYET 27 Mozart-Salieri X-D.R Il Ritorno de Ulysse X-D.R



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