Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de déc 08/jan 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en cadeau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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22 DANSE MARTIGUES CHÂTEAUVALLON BNM Les larmes coulent dedans Il est parfois difficile de rendre compte de l’émotion que suscite un spectacle. Au Bois dormant fait partie de ceux-là. Essayons o mais, surtout, leurs aspirations. Le texte de Marie Desplechin, lui aussi bouleversant, se parle à la première personne, débute par une expérience intime de la séparation d’avec un être aimé, enfermé à l’intérieur d’un pavillon psychiatrique, alors qu’elle reste « enfermée à l’extérieur ». Après avoir livré cela elle raconte sa rencontre avec Thierry, avec les autistes, puis établit lentement un rapport au conte, à la métamorphose finale, le baiser magique qui rend les crapauds à leur humanité… Question de frontières encore, mais de passage aussi, et du bonheur qu’il y a à les franchir, même temporairement, imperceptiblement. La musique de Benjamin Dupé ouvre la pièce, mais l’accompagne aussi tout au long, entrant en vibration avec le corps du danseur, lui donnant ses impulsions, y puisant les siennes, et tissant de sa guitare, avec brio et émotion, un univers sonore de glissades et de secousses, strident puis doux, jamais calmé. Car le plus beau encore sont les rares moments de rencontre entre les solitudes des trois acteurs : quand Thierry touche Marie, que Marie le nomme, que Benjamin et Thierry se voient, se répondent. Ou encore quand dehors un quatrième corps se met à danser, inattendu, dans le bois réel qu’on apercevait derrière la vitre. Une passerelle encore, une porte fermée qu’on va ouvrir et qui, comme l’arrivée d’un Prince Charmant, remettra d’aplomble bois couché qui jusque là servait de sol à la danse… AGNÈS FRESCHEL Thierry Niang Agnes Mellon C’est un spectacle sur l’autisme. Ou plutôt, sur la douleur qu’il y a à aimer ceux qui ont décroché, ceux qui vivent de l’autre côté de la raison, de la communication, de la verbalisation. Sans jamais juger des causes, des conditions et des traitements possibles des maladies mentales évoquées, Au Bois Dormant propose des passerelles, des voies d’accès, modestes, réelles… Pour cela ils s’y sont mis à quatre : la pièce se présente sous la forme d’un trio hétérogène, dirigé pas le regard discret de Patrice Chéreau. Mais le cœur du spectacle, où tout bat, où tout visiblement a pris naissance, réside dans le corps vibrant de Thierry Thiêu Niang. Il a passé des mois avec des adolescents autistes et y a fabriqué une gestuelle inédite, non pas calquée sur leurs gestes mais s’en inspirant, les transcendant, donnant à voir leurs douleurs, leurs blocages Hiroaki Umeda Dominique Laulanne Au Bois dormant a été créé à l’École de Danse de Martigues du 10 au 13 déc. Il sera repris à Châteauvallon (84) le 28 janvier 04 94 22 02 02 www.chateauvallon.com À venir aux Salins Tango Metropolis les 19 et 20 déc : avec le Daniel Binelli quintet (bandonéon magique !), Pilar Alvarez et Claudio Hoffmann, et 8 des meilleurs danseurs argentins. Le must, pour les amateurs ! Question de goûts, le solo léger de Georges Appaix, sera après le Massalia dans la petite salle du Bout de la nuit. Un nom qui lui va comme un gant de soie, à ce solo qui décidément aime l’intimité, mais voyage beaucoup… les 8 et 9 janv, pour commencer l’année tout près de l’intelligence des choses, et de guingois Deux soli de Hiroaki Umeda. Le danseur japonais sculpte un univers dansé totalement original. Sur une musique électroacoustique et des projections de lumières d’une grande précision, jouant de contrastes profonds, aux frontières de l’obscurité, de l’éblouissement et de la stridence, l’homme met son corps en jeu. Sa danse passe elle aussi de l’immobilité à la vitesse la plus effrénée : c’est qu’il emprunte à la fois au Bûto ses tensions en dedans, ses replis lents de douleur, et au hip hop ses saccades, sa vitesse, son énergie libérée. Vous avez dit contrastes ? Trop blanche ? Agnès Mellon La carte blanche laissée aux danseurs du BNM s’est révélée décevante : bien sûr les interprètes sont magnifiques de technicité, et d’émotion parfois. Mais leurs univers restent superficiels, et leurs combinaisons, duos ou soli, assez pauvres. Seules trois pièces se détachaient un peu de discours rebattus sur le couple : un duo blanc, assez sensuel, d’Anton Svir, un solo inspiré des lenteurs tendues du Bûto de Yoshi Kinoshita, et une pièce gastronomico comique de Fanny Barrouquère, qui avait l’audace de tenter une danse burlesque. Ce qui, après tout, en une soirée, est déjà ça ! A.F. Les Cartes Blanches se sont déroulées les 4 et 5 déc au BNM Les Salins, Scène Nationale de Martigues 04 42 59 94 37 www.theatre-des-salins.fr
D PAVILLON NOIR CHÂTEAU-ARNOUX GAP DANSE 23 Les insomnies de Karolyn Klarkson À force de déguisements, d’accessoires et de personnages, les nuits de Karolyn Klarkson risquent l’insomnie. C’est sucré jusqu’à donner mal au cœur Carolyn Carlson s’est inventé un double pour parler aux enfants : Karabine Klaxon, autrement dit Karolyn Klarkson. Dans sa première pièce destinée au jeune public, créée en 2006, la chorégraphe américaine fait débouler sur le plateau cinq danseurs et un musicien, généreux homme-orchestre sur lequel toute l’architecture repose. Sans lui, tout s’écroule ! Le fil de l’histoire est tellement ténu qu’on pourrait croire qu’il n’y a pas d’histoire…, sauf qu’il s’agit des rêves de Mademoiselle Karabine Klaxon, jeune ingénue à la recherche de son doudou perdu. Ou quelque chose comme ça… Frêle prétexte qui offre à Carolyn Carlson l’occasion de jeter envracunmonstre, unanimalsauvage, deux hommes grenouille, un robot, de tendres petites fées, un épouvantail et tutti quanti. Le tout englouti sous un amoncellement d’accessoires et de panoplies : casques de plongée, tuyaux en PVC, gants de boxe, mannette de jeu vidéo, arbre sacré, oiseau magique… Bref, un fourre-tout sans queue ni tête qui danse (pas beaucoup), qui chante (effet comédie musicale garanti), qui gesticule (beaucoup), rampe (parfois), se Perfection plastique Deux jambes apparaissent dans la lumière, arpentent la scène redevenue sol, redevenue terre. Les pas souples et sûrs redessinent les trois cercles de terre ocre qui délimitent autant d’univers particuliers, le village, la brousse, la ville et sa modernité. Le silence, les respirations, le bruit des pas participent à un spectacle où le corps devient porteur à la fois d’une histoire, d’une tradition, et chantre de la modernité. Le propos du danseur, en résidence au Pavillon Noir, est de présenter une œuvre au cheminement achevé. Ce jeune chorégraphe du Kenya retrace le récit d’un apprentissage, qui s’ancre dans un passé et donne sens à son présent. Avec humour, lors de la conversation libre avec les spectateurs qui l’ont ovationné, il montre tout ce que lehiphopdoitàladanseMasaï.Loindeselaisserenfermer dans le folklore, l’artiste exploite les gestes traditionnels, les retranscrit, sans les dévoyer, nous entraîne dans un mondeoùchaquegestepeutdonnerlieuàuneinterprétation. Mais au-delà de ces explications éclairantes on reste simplement subjugué par la perfection plastique du travail présenté. Admirables en effet, la technique souveraine de l’artiste, sa maîtrise extraordinaire du moindre muscle, sa précision. Le chasseur ou l’oiseau, le danseur de village ou l’amateur de techno, Anuang’a se glisse dans ces personnages avec le même brio. Une autre manière d’atteindre l’universalité ? MARYVONNE COLOMBANI A journey into the future a été créé au Pavillon Noir les 27 et 28 nov contorsionne (grâce ou à cause des costumes, selon son humeur). La parade dégouline de bons sentiments et d’images faciles. Heureusement, il y a toujours une bonne âme pour nous sauver, même dans les pires rêves : Jalalu-Kalvert Nelson mène la danse avec brio et joue sa partition avec tellement de plaisir qu’il attrape au vol les enfants pour les faire jouer des percussions sur Entity Ravi Deepres/Odette Hughes, Anh Ngoc Nguyen À venir au Pavillon Noir Dix danseurs de la Cie de Wayne Mac Gregor viennent présenter sa nouvelle création, Entity du 15 au 18 janv. Sa danse, toujours virtuose, cherchant des contacts multiples et souvent brutaux entre les corps, se confronte ici à l’omniprésence d’écrans, et à deux musiques aux timbres contrastés : un quatuor à cordes, et de la musique électronique. Pavillon Noir, Aix 0811 020 111 www.preljocaj.org scène. Ça marche à tous les coups et les petits en redemandent… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Les rêves de Karabine Klaxon ont été dansés au Pavillon Noir du 4 au 8 déc D Faux pas toc Pour la troisième fois de la saison, le Théâtre Durance accueille en ses murs une compagnie en résidence, qui mène en son sein un travail jusqu’à son terme, c’est-àdire jusqu’à la représentation. Il s’agit cette fois d’une recréation du chorégraphe Thierry Baë qui, après ses deux soli paradoxaux qui racontaient son impossibilité de danser, ou même d’être là, revient sur cette pièce pour 6 interprètes, agrémentée de films, qu’il avait créée en 2003 avant le succès de Journal d’inquiétude… Il y nouait déjà des liens particuliers, ambigus, entre le réel, le virtuel, l’imaginaire, entre le spectacle et la vie. Cette reprise constitue pour lui le terme d’un travail sur le faux en art… et sera également sur la scène de Gap quelques jours après la recréation. A.F. Tout ceci (n’)est (pas) vrai Thierry Baë Théâtre Durance, Château-Arnoux (04) le 16 janv 04 92 64 27 34 www.theatredurance.com La Passerelle, Gap (05) le 20 janv 04 92 52 52 52 Agnès Mellon



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