Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de déc 08/jan 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en cadeau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 THÉÂTRE OUEST PROVENCE PORT-DE-BOUC CAVAILLON Singulier destin Pierre Lericq est seul sur scène ; son personnage, Paul, est seul face à ses jurés, le public autrement dit, à qui il s’adresse régulièrement pour lui raconter sa vie, pour la défendre. Parce qu’il est coupable, Paul, il a tué son père de plusieurs coups de compas dans le corps, le dernier coup dans l’œil, et sans chercher d’excuses il va petit à petit faire remonter ses souvenirs et nous conter, sans pathos, son singulier destin. De l’acte déterminant -son père « l’abandonnant » dans une ferme, une semaine, où il sera entouré d’horribles personnages qui abuseront de lui, à son retour, silencieux, et déjà coupable, à une vie qui lui échappe. Son amour des mots va le sauver, il s’y raccroche, et dans le texte ciselé de Pierre Leriq chacun a son importance, servant l’émotion, du rire à la douleur, poétiques et sincères. Jeux de mots donc, et jeu du corps qui sautille, bondit, danse, cours, et se pose enfin, l’acte perpétré, pour respirer une liberté retrouvée. L’énergie de Pierre Lericq est communicative, réjouissante ! DOMINIQUE MARÇON Le Compas dans l’œil a été joué le 25 nov au théâtre du Sémaphore à Port-de-Bouc o Le compas dans l'oeil X-D.R Les rêveurs n’ont plus triste figure o Sixième collaboration entre Philippe Vincenot et Laurent Vercelletto, Le cas Quichotte réécrit le mythe de ce fier chevalier idéaliste et absurde Cas Quichotte Patricjk Servius Retenu dans une maison de repos qui « sentl’urine,ladéfécation,leproduitdétergent, avec des notes de crasse et de renfermé », Alonso Quijano s’imagine le monde au-delà des murs qui l’enferment : le goût sucré des pâquerettes, la bienveillance des oiseaux, la mer. Son camarade de chambre, pourtant bien conscient de s’appeler Robert, se résout à répondre au nom de Sancho, affirme avoir assisté aux péripéties que Quijano se plaît à conter : « j’y étais : je tenais le candélabre. » Le médecin chargé du cas Quichotte observe avec tendresse et agacement leurs dialogues absurdes mais y prend part, se figure les bouts de scotch qui accrochent un dessin de Quijano et Sancho au carrelage comme des pays dispersés dans la mer et se plaint que leurs oiseaux ressemblent davantage à des martinets qu’à des colombes. Pour finalement diagnostiquer à ses patients une confusion visuelle. C’est peu dire que le texte de Philippe Vincenot rend hommage au roman de Cervantès : il le transforme en hymne à la rêverie, au voyage, à l’errance, à une folie partagée. Un humour et un enthousiasme communicatifs envahissent rapidement la scène qui passe du noir pesant de l’asile au bleu et blanc des songes de Quijano. Point de désillusion, le rêve triomphe assez vite de la rigidité d’un médecin et de ses croyances, pour notre plus grand bonheur. SUSAN BEL Le cas Quichotte a été joué au Sémaphore le 5 déc et au théâtre de Lenche (Marseille) du 9 au 13 déc Comment vit-on ? o C’est la guerre vue d’ici, et vue de làbas. Ici c’est à Paris, là-bas à Beyrouth, et la guerre celle qui dura quinze ans au Liban. La jeune auteure-metteure en scène Hala Ghosn oppose les regards, et les ressentis, multiplie les points de vue, fait se confronter les personnages, avec beaucoup d’humanité et de finesse. Sur la scène, seuls sont visibles deux balcons qui se font face : celui de Rima, jeune veuve libanaise, et de son jeune frère, Toufic, membre d’une milice, et celui de Marwan, qui vit chez sa tante, et dont le frère et la sœur, Zyad et Mona, sont à Paris, vivant la guerre par échos médiatiques interposés. Entre les deux balcons, la vie parisienne justement. Simple mais astucieuse, la scénographie souligne les espaces de chacun, les circulations, les dialogues : parce que malgré la guerre on travaille, on fait du sport, on regarde la télé, on se séduit, on espère… Tout est question de perspective et donc de compréhension, y compris dans une scène savoureuse où Zyad, conférencier, va tenter d’éclaircir les raisons du conflit. Qui comprend quoi, qui ressent quoi ? Il n’y a pas de légitimité dans la douleur, pas de degré dans les souffrances, on vit, c’est tout. Et c’est déjà beaucoup. C’est drôle, poignant, intelligent, et l’interprétation brillante des comédiens (certains passant parfaitement d’un rôle à l’autre) est à la hauteur de cette évocation sensible et admirable de la guerre civile libanaise. D.M. Beyrouth Adrénaline s’est joué au Théâtre de Fos le 29 nov. Beyrouth adrénaline Marielle Bettembourg À venir au théâtre de Fos Fos accueille la première en France de la nouvelle création de la cie québécoise Le Carrousel, Le Bruit des os qui craquent. Le texte de Suzanne Lebeau, grande figure de la dramaturgie pour le jeune public, interroge la place de l’enfant dans le monde et les discours qu’il est « permis » et nécessaire d’avoir à son endroit. Le Bruit des os aborde la douloureuse réalité des enfants soldats, au travers de trois personnages : Elikia, enfant dont la vie bascule lorsque éclate la guerre civile et qui deviendra soldat et victime ; Joseph, jeune confident qui va lui rappeler sa famille, son enfance et son humanité ; et Angelina, la seule adulte, l’infirmière qui les reçoit à l’hôpital où ils arriveront après s’être enfuis, et les accompagnera dans le difficile retour à une vie où les enfants peuvent grandir comme des enfants. Un long travail d’écriture, « sans naïveté », qui décrit un monde sombre mais bien réel, qui ne peut laisser indifférent. Le spectacle s’adresse à tous, à partir de 10 ans. Des gens, mise en scène par Zabou Breitman, est une adaptation théâtrale des documentaires Faits divers et Urgences de Raymond Depardon. Des tranches de vies ordinaires, dialogues glanés au cœur d’un commissariat et d’un hôpital psychiatrique incarnés par Zabou Breitman et Laurent Lafitte avec beaucoup d’humanité et de sensibilité. Des gens mes Zabou Breitman le 20 janvier Le Bruit des os qui craquent Cie Le Carrousel le 13 janvier Théâtre de Fos 04 42 11 01 99 www.scenesetcines.fr le 16 janvier Théâtre de Cavaillon 04 90 78 64 64 www.theatredecavaillon.com
THÉÂTRE 17 Quelle histoire ! Le concept de bonheur à travers les siècles et les langues, telle est la proposition réjouissante d’Arnaud Meunier et de la compagnie de la mauvaise graine. De textes philosophiques et poétiques du XVII e siècle aux articles de Courrier International, le voyage s’annonce fourni tant il est vrai que la notion de bonheur s’inscrit dans chaque époque comme une éternelle révolution. Alors, où en sommes-nous du bonheur, nécessité ou utopie ? Le spectacle se promènera en Nomade(s) à Maubec (le 6 jan), Vaugines (le 7), Joucas (le 8), Châteauneufde-Gadagne (le 9), Morières (le 12) et Mérindol (le 13). Puis Yannick Jaulin se contera, avec sa manière si particulière de partager ses fictions avec le public. Il dévoilera des fragments de vie, de l’enfance passée à rêver de sauver le monde jusqu’au faux pas de l’enrôlement dans une secte, de l’aveuglement jusqu’à la révélation qui suivra. Terrien est comme un bout de territoire arpenté avec tous ceux qui vivent, qui veulent le suivre pour prendre une leçon de vie. D.M. En quête de bonheur Cie de la mauvaise graine Tournée Nomade(s) du 6 au 13 janvier Terrien Yannick Jaulin Les 20 et 21 janvier Théâtre de Cavaillon 04 90 78 64 64 www.theatredecavillon.com Terrien Nicolas Joubard Jusqu’à la folie Yerma est cadenassée dans sa maison et dans le rôle que l’on veut lui faire jouer : celui d’épouse et de mère. Loin de le remettre en question, elle veut le jouer pleinement face à Juan, le mari aimé, paysan taiseux arc-bouté sur son travail et sur les traditions. Mais son corps refuse cette partition : le manque d’enfant devient lourd, insupportable et violent. La poésie de Lorca est obscure, puissante et rêche. Elle ne souffre ni la distance ironique ni la médiocrité. La mise en scène de Vicente Pradal (sur une commande de la Comédie Française) répond à cette exigence à travers une esthétique élégante, une scénographie précise et raffinée. Chaque détail est soigné : le décor est imposant, sobre et inspiré, servi par des lumières subtiles qui portent l’intensité des tableaux. Le chant et la danse donnent au jeu une couleur tout à la fois incandescente et délicate, notamment avec l’utilisation originale du piano. Quand le spectacle s’ouvre sur le chant profond d’Alberto Garcia, le regard s’affûte sur cette scénographie noble. L’émotion affleure. Et pourtant, dès que les acteurs commencent à jouer, la magie disparaît. Le jeu de Coraly Zahonero heurte, gestes outranciers, mots déclamés jusqu’à l’emphase quand Yerma X-D.R Yerma a été joué à l’Olivier le 10 déc on aurait aimé un peu plus de finesse. Seules les femmes de la campagne qui l’entourent arrivent à donner à leur apparition une certaine flamboyance, de même que le danseur et comédien Shahrokh Moshkin Ghalam dans le rôle du berger séduisant et du danseur de flamenco, qui parvient, à traverssonjeuousadanse, à insuffler la sensualité violente qui manque tant au spectacle. D.M. À venir à l’Olivier Christophe Lindon met en scène un texte de Jean- Claude Brisville, L’Antichambre (le 13 janvier). Une incursion au cœur du siècle des lumières et particulièrement au cœur du salon de la marquise du Deffand, femme d’influence, qui use de son pouvoir, et de sa proximité avec les grands penseurs, pour faire et défaire les réputations. L’arrivée, à sa demande, de sa nièce, Julie de Lespinasse, en tant que dame de compagnie la détruira, cette dernière s’avérant être intelligente en plus d’être jeune… Danièle Lebrun, Roger Dumas et Sarah Biasini interprètent à merveille ce huis clos de salon. Théâtre de L’Olivier 04 42 56 48 48 www.scenesetcines.fr Cher Groucho Rassemblée et mise en lecture par Patrice Leconte, La Correspondance de Groucho Marx est lue par Jean-Pierre Marielle, lunettes rondes et moustache noire, Groucho dans l’âme, et Pierre Vernier, alternativement l’un ou l’autre des correspondants auxquels s’adresse Groucho Marx, tandis que le Groucho Trio ponctue le tout de joyeux intermèdes jazzys. La matière ne manque pas, c’est une correspondance riche, pleine de finesse et d’autodérision, des petits bijoux de réparties incisives, autant avec les amis qu’avec des producteurs hollywoodiens. Créé à l’origine pour le Festival de la correspondance de Grignan, le spectacle manque de rythme. Mises bout à bout, et malgré le dialogue qui (7) s’installe par moment entre les deux acteurs, les lettres perdent un peu de leur intérêt ; la forme ellemême, la lecture, ne prête pas forcément à la fantaisie. Et malgré le plaisir évident que les deux acteurs prennent à se répondre, et l’engouement des (excellents) musiciens, la torpeur guette, diluant les mots, et les histoires. D.M. Correspondance de Groucho Marx a été joué le 28 nov au Théâtre de la Colonne à Miramas, le 30 nov salle Emilien Ventre à Rousset, les 18 et 19 décembre au Théâtre de Nîmes



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