Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de déc 08/jan 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en cadeau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 THÉÂTRE Le Mal qui guette Mefisto for ever est un spectacle marquant. Parce que la fluidité de la scénographie, qui superpose avec brio les gros plans vidéos et la présence réelle des acteurs, tout en approchant leurs voix de nos oreilles, est d’une maîtrise absolue : rarement la vidéo a été si magistralement intégrée, sans ostentation vaine ni redondance, à une mise en scène. Les acteurs travaillent à l’échelle de notre perception, navigant aussi entre les textes : celui de la fiction cadre -une troupe de théâtre aux prises avec la montée, le triomphe puis la défaite des nazis- et les grands textes dramatiques qu’ils jouent, Shakespeare, Ibsen ou Goethe décrivant mieux qu’eux-mêmes leurs états de conscience. Car c’est de dilemmes dont il est question, comme dans tout grand texte dramatique. Hamlet ou Faust en sont l’objet, ils tranchent, plus ou moins mal, comme le directeur de ce théâtre qui à force de concessions -par pragmatisme ? lâcheté ? simple erreur de jugement ? - finit par servir le régime abject qu’il voulait combattre de l’intérieur. Le texte de Tom Lanoye met en garde contre le lent abandon des idéaux, abandon qui guette les artistes en ces temps de restrictions qui poussent à la concession politique. Le spectacle était difficile : 3 heures de vrai texte, parfois un peu verbeux, sans trop d’action, en hollandais, dans la grande salle des Salins où les surtitres, perdus dans les cintres, obligeaient les non néerlandophones (nombreux !) à une gymnastique visuelle entre les acteurs et le texte digne des spectateurs de tennis. Mais le jeu en valait la chandelle : quelque chose de vital, formellement, fondamentalement, était dit. AGNÈS FRESCHEL 0 Mefisto for ever a été joué aux Salins les 25 et 26 nov Les femmes et la douleur Outre Anne Sylvestre, le théâtre de Grasse accueille quelques femmes sur son vaste plateau… Dominique Blanc y lira le 30 janv la première étape autobiographique de Duras, le journal qu’elle tint après la guerre tandis qu’elle attendait, dans La Douleur, le retour de son mari (également à Châteauvallon). Mais avant cela la création d’un spectacle tout public joué par deux comédiennes époustouflantes, qui ont travaillé avec Omar Porras et ont acquis une virtuosité hors du commun : dans Ernest ou comment l’oublier, écrit et mis en scène par AhmedMaddani, Stéphanie Gagneux et Camille Figuéréo jouent deux vieilles femmes qui attendent depuis des années leur amant mythique, cet Ernest qui les a abandonnées au crépuscule de leur carrière d’acrobates, en promettant de revenir un jour choisir entre les deux l’élue de son cœur… (les 22 et 23 janv). L’Agora theatre viendra conter un autre combat : la Cie belge germanophone, dirigée par Marcel Cremer, vient jouer Les Croisés (les 15 et 16 janv), un spectacle créé en 2005 salué par le public, la critique et de nombreux prix. Là encore, des femmes sont au cœur de la pièce : il s’agit de Religieuses qui soignent des mutilés de guerre et les exhibent ensuite, leur MARTIGUES GRASSE demandant, grotesques, de rejouer leur traumatisme… Un spectacle drôle et féroce qui s’attaque aux manichéismes et aux combattants de Dieu (également aux Comoni, Pôle jeune public du Revest les eaux (84), le 13 janv). Avant cela, pour commencer l’année (les 7 et 8 janv), Sylvie Testud et Bernard Giraudeau jouent en texte de Max Frisch : Biographie sans Antoinette est une pièce intéressante sur le déterminisme, mais qui ne choisit pas assez franchement le rythme du vaudeville (voir Zib 13 page 9). Tandis que question rythme, Bonaventure Gacon s’y connaît ! Un des acrobates les plus doués de sa génération, trampoliniste virtuose, mais aussi, dans Par le Boudu, clown alcoolique qui tangue et remue sa férocité somme toute généreuse. Un très beau solo de cirque, « plutôt pour les grands » (les 9 et 10 janv). A.F. Théâtre de Grasse (06) 04 93 40 53 00 www.theatredegrasse.com Mephisto for ever Koen Broos À venir aux Salins Le Théâtre de cuisine de Christian Carrignon, décidément à l’honneur en ce début d’année (voir page 9), propose son spectacle de marionnettes inspiré d’Homère : il y est question de fabriquer de l’épique… avec ce qui tombe sous la main ! Et figurezvous que ça marche, dès 10 ans ! Le 9 janv, La répétition : une odyssée. Pippo Delbono revient aux Salins avec sa dernière création Questo buio feroce, un spectacle macabre mais pas morbide, qui évoque et cite les images les plus noires que l’humanité ait produites. Un défilé expressionniste, beau et désespérant, des figures de la souffrance humaine. Le 13 janv, en italien surtitré (et peu bavard). Le diptyque de Sonia Chiambretto mis en scène par Hubert Colas sera décliné dans les deux salles. En commençant par Mon Képi Blanc, hallucinant monologue hurlé d’un légionnaire abruti, pour finir dans la petite salle du bout de la nuit avec Chto, interdit au moins de 15 ans (les 20 et 21 janv). Les Salins, Scène Nationale de Martigues 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.fr Talentueux 0 C’est avec beaucoup de douceur qu’Edouard Baer pénètre dans l’univers de Patrick Modiano. Grave, élégant, il va peu à peu s’effacer devant ce texte sombre, implacable, bouleversant dans lequel l’auteur analyse les vingt premières années de sa vie. Les souvenirs s’enchaînent, douloureux, la voix d’Edouard Baer se fait distante, détachée, mais toujours tendre, un sourcil relevé soulignant l’absurdité de certaines paroles. Dans cette lecture qui n’en est pas une, - Baer se saisissant de temps en temps d’un texte, d’une lettre, comme d’un accessoire qui soulignerait le propos-, l’intimité qui s’installe est captivante. Paradoxe de cette voix posée, balbutiante parfois, comme absente par moment, dont le rythme travaillé cisèle les mots. Une interprétation humble et profonde de la part d’un comédien décidément étonnant. D.M. Pedigree a été lu le 3 déc aux Salins Edouard Baer Zippo-Starface
L’Homme hyperbolique Falstafe Loic Venon Falstaff est gros, c’est même LE Gros catégorie shakespearienne, comme une autre mesure de la démesure du monde... Valère Novarina est jeune lorsqu’il adapte librement Henry IV et Henry V (en 1975, à la demande de Marcel Maréchal) sortant de l’ombre le héros encore alourdi d’un « e » bavard : Falstafe est né, et ce vieux bébé est porté de nouveau, sur les fonts de scène, pour notre plus grand bonheur, dans les bras épiques de Claude Buchvald. La metteur en scène, qui en connaît un rayon côté poids lourds, d’Homère à Claudel, et sait son Novarina sur le bout des doigts (cinquième création !) livre subtilement sa version musclée et tragique du bouffon éternel. Quand ça commence, dans la longue et jubilatoire première partie, truculence et truanderie arpentent et martèlent le plateau : le jeune prince (fragile et attentif Mathieu Genet) se frotte crûment à la vie aux côtés de l’immonde pédagogue ventru (finement ubuesque Gilles Privat) qui ne mâche pas ses mots ; antithèse ambulante, le duo flanqué de deux autres gredins enluminés fait flamber le verbe novarinien pourtant encore un peu timide, en quête de son filon. L’œil et l’oreille sont repus, tout fonctionne comme la table à double fond du banquet philosophique, dispositif cher à Claude Buchvald, gâteau à l’endroit ou cul par-dessus tête… Mais le prince est appelé à régner et la deuxième partie, non moins riche en défilés de trognes et de corps de formidables acteurs qui gravent les misères de la guerre, peine à trouver son rythme. Rejeté du désormais souverain, emprisonné, Falstafe est condamné à devenir innocent : quand la scène se vide, le monde est vraiment devenu vieux... MARIE-JO DHÔ Falstafe de Valère Novarina, d’après Henry IV et Henry V de Shakespeare a été joué du 20 au 22 nov à Châteauvallon et le 25 nov à Draguignan CHÂTEAUVALLON DRAGUIGNAN GAP THÉÂTRE 15 Le petit chaperon rouge Thomas Bartel À venir à Chateauvallon L’année 2008 se clôt avec un magnifique cadeau : le Petit Chaperon rouge de Joël Pommerat est une merveille qui vous enverra rejoindre les désirables terreurs de vos enfants, et les fera trembler de douloureuse douceur (jusqu’au 20 déc)… La Douleur qui ouvrira 2008 sera plus adulte et féminine : Dominique Blanc lit le journal de Duras, celui de l’attente, après la Guerre, du retour de son mari… Un grand texte, servi par une magnifique comédienne (les 16 et 17 janv). Quelques jours après (le 23 janv), une création : Philippe Calvario met en scène une pièce du dramaturge allemand contemporain Von Mayenburg. Il y sera question de Parasites, et de cinq personnages acharnés à se poursuivre, et à se détruire. A.F. Châteauvallon, Ollioules (84) 04 94 22 02 02 www.chateauvallon.com La portée des actes Après avoir fêté dignement ses vingt ans en compagnie de Catherine Marnas et Pippo Delbono, le théâtre de Gap reprend ses quartiers d’hiver… qui sont loin d’être inactifs ! Guy Pierre Couleau, metteur en scène associé du théâtre, créera du 13 au 16 janv Les Mains sales, de Sartre. Parce qu’il aime le théâtre politique : la pièce met en scène deux marxistes, une sorte de Lorenzo qui Les mains sales SynchroX À venir en Dracénie Un des temps forts de la saison de Draguignan : le Festival Amarelles propose 8 spectacles de choix, à voir en famille -Le Petit Chaperon Rouge de Joël Pommerat (voir ci-contre) ; -Yaël Tautavel, une très belle odyssée, fantastique et cruellement écolo, de deux frères partis à la recherche des animaux disparus ; -La dernière création, forcément virtuose et poétique, de la cie Accrorap de Kader Attou ; -Un opéra de poche de Jacques Rebotier ; -Deux installations théâtrales de la Cie Médiane ; -Et deux spectacles inspirés de peau d’âne : pour commencer, le festival Seule dans ma peau d’âne d’Estelle Savasta, inspirée de Perrault ; et pour le conclure, La vraie fiancée, d’après Grimm, écrit et mis en scène par Olivier Py, et troisième étape de son voyage cruel et symbolique au pays des contes mystiques des deux frères romantiques : il y est toujours question de pureté, de tentation, de rédemption, et de beauté… A.F. Amarelles du 10 au 30 janvier Draguignan, Lorgues (84) 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com s’introduit dans l’intimité d’un chef pragmatique et le tue non par idéalisme -il perd ses rêves à son contactmais par désillusion. Une manière pour Sartre de prêcher, en 1948, pour un marxisme humaniste, qui rejetterait d’un côté le terrorisme révolutionnaire, et d’un autre côté les compromissions des communistes (stalinien) au pouvoir. Albert Camus y répondra, moins d’un an plus tard, avec Les Justes, que Pierre Guy Couleau a mis en scène il y a deux ans et qui aborde aussi le problème de la résistance violente à un régime totalitaire. Un théâtre littéraire longtemps jugé verbeux après les transformations opérées par Beckett et Ionesco, mais dont la pertinence de la réflexion politique et philosophique compense bien le statisme, et l’absence d’innovation formelle… AGNÈS FRESCHEL Les Mains Sales Jean-Paul Sartre mes Pierre Guy Couleau du 13 au 16 janvier Scène Nationale de la Passerelle, Gap (05) 04 92 52 52 52



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