Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
Zibeline n°14 déc 08/jan 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de déc 08/jan 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en cadeau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 THÉÂTRE ENTRETIEN AVECC.-E. PETIT GYPTIS BERNARDINES Rupture générationnelle Matière mouvante qui s’est structurée au fil des rencontres avec le public, au cours de lectures, d’ateliers, au sortir de résidences de création, Notre Dallas se dévoile dans son intégralité au théâtre Gyptis du 20 au 24 janvier. Entretien avec Charles-Éric Petit, auteur et metteur en scène Zibeline : Qu’allons-nous découvrir en janvier au Gyptis ? Charles-Éric Petit : Les deux premiers actes resserrés, et un acte III réécrit, qui déplace le propos qui initialement caricaturait les personnages. L’acte III se terminait alors sur le modèle d’Agamemnon d’Eschyle : Sue Ellen revenait, pleine de vengeance, avec Clive Barnes et annonçait la perte et la fin de J.R. Pour des questions pratiques on remet tout en question ! Ce qui est présent dans l’acte II, à savoir la thématique de l’héritage, se renforce dans l’acte III. On tire un peu cette thématique de l’héritage, en ouvrant aussi au tragique et au lyrique. Et en faisant surtout se répondre, parce que c’est l’enjeu, Dallas d’hier et sa perception aujourd’hui. C’est un projet qui pourrait ne jamais s’arrêter ? Je pense qu’il risque de nous tenir encore un petit moment ! Ça dépend de l’accueil qui nous sera fait au Gyptis, et des partenaires financiers. Mais le projet est passionnant parce que le public a une expérience intime de la série. Dallas est pour nous un prétexte pour rencontrer les gens et leur donner la parole. Quel est le sentiment collectif de cette parole ? Il y a un tabou générationnel. Je suis parti d’une volonté de dialogue : je voulais me mettre en regard, moi qui ai 30 ans, face à cette série qui a 30 ans, et interroger les pères. Sans inquisition, sans vouloir culpabiliser cette génération. Mais le tabou est celuici : il porte l’échec politique. La rupture générationnelle est très compliquée, la possibilité de transmettre aussi. La phrase clé de la pièce pour moi c’est « Générer ou autocréer, voilà notre question ». On est une génération autocréée, qui a coupé à un moment donné avec son passé. Donc, forcément, la question de la transmission devient compliquée. Quel héritage transmettre à notre génération ? Et nous, de notre côté, comment nous mettre en rupture, et en rupture de quoi ? Ça passe donc par cette interrogation artistique ? C’est là que notre pari n’est pas toujours pris à sa juste valeur. C’est glissant parce que Dallas c’est hégémonique, ça a une résonance intime, sociologique, historique : chacun y vient avec ses fantasmes. La perche pour moi est dans cet endroit de dialogue, dans ce que ça raconte, et tant mieux si c’est du théâtre. Si ce projet dure 5 ans c’est aussi parce qu’il lui faut 5 ans pour trouver son véritable impact. Et il est déjà beaucoup plus clair ! Suite aux réactions ou suite à l’écriture collective ? Les deux. L’écriture collective signifie que les acteurs s’empare d’une proposition. Ce qui est génial en ce moment où je réécris tout, c’est que j’ai encore en tête la musique des acteurs, et je peux rentrer en dialogue avec eux par ce truchement-là. Avec le temps qui se passe et les choses qui se déposent. C’est en ce sens-là qu’elle est collective. Je fais avec eux, avec ce qu’ils sont, avec leurs propositions. Autant de représentations, donc, autant d’ajustements possibles et de questions qui se posent… En ce moment où tout est si rigide c’est ça qui est passionnant. Cet objet est endogonique, il est vivant, tout bêtement. C’est l’intérêt de faire un texte vivant. PROPOS RECUEILLIS PAR DOMINIQUE MARÇON Notre Dallas Mes Charles-Éric Petit du 20 au 24 jan Théâtre Gyptis 04 91 11 00 91 www.theatregyptis.com Dallas Philippe Malone Les plis du rêve Il sont presque tous là, Sacha, Nina, Olga, Smirnov et Platonov à porter doucement les offrandes : plateaux d’huîtres, champagne (Tchékhov trouva dans ses bulles sa dernière réplique et son ultime respiration), bouquets d’âme russe et de fleurs fraîches qu’on abandonne sur les chaises. Création collective de sept jeunes comédiens à partir de l’œuvre de Tchékhov et première mise en scène d’Aurélie Leroux, Tâtez-là si j’ai le cœur qui bat trouve une palpite douce et propice aux réminiscences sourde. Pas le rêve mais les plis du rêve, pas la citation mais l’hommage. Il faut s’y abandonner sans chercher les références, avoir confiance : chaque silence, chaque geste en contient un autre ou son contraire. Au début (mais on sait bien que tout a commencé depuis longtemps) un comédien aux yeux noirs souffle une bougie et la rallume dans le même mouvement ténu et vacillant. La scène est lieu de passages, de traversées ; les portes s’ouvrent « bonjour » pour se refermer « bonsoir » ; la profondeur est suggérée par l’au-delà de la moustiquaire ou du voile de mariée, l’autre table en miroir dressée à l’identique, là où le bruit des cuillères sur les assiettes en faïence donne la cadence ; rien de métaphysique : on y accède en ouvrant l’armoire ! La musique vient de loin, avec la langue russe parfois et tout cela fonctionne en un rituel un peu effacé, comme une partition qu’on aurait oubliée sous la neige... Les jeunes comédiens ont tous des talents subtils : Roxane Clayet-Merle rosit très bien des joues, Marion Duquenne sait friper son nez et retenir sa larme à la paupière... Un duvet blanc, témoin du passage d’un ange ou d’une mouette égarée s’obstine à voleter au gré des mots. Poursuivons le rêve ! MARIE-JO DHÔ Tâtez-là si j’ai le cœur qui bat a été créé aux Bernardines du 4 au 13 déc o À venir aux Bernardines Encore une création ! Angela Konrad persiste dans son exploration shakespearienne et propose son Macbeth du 13 au 25 janv. Avec Frédéric Poinceau en usurpateur poursuivi par ses spectres, quelques sorcières, sa Lady, et sa faute. Théâtre des Bernardines 04 91 24 30 40 www.theatre-bernardines.org Tatez-la si j'ai le coeur qui bat Renaud Perrin
Danse avec Mémère ! C’est un bien joli spectacle que la cie Latypique nous a offert, qui ressemble à un voyage au pays des souvenirs des jours anciens et à la tendresse possible du présent, qui charme et qui émeut, en 35 minutes ! Présenté au Festival de Marionnettes de Sisteron, le voilà à Marseille, au Daki Ling, lieu accueillant et atypique. Marine Dubois et Bernard Roure ont des formations qui se complètent, scénographie, voix et bruitages, marionnettes, et allient leurs compétences avec subtilité. Le spectacle se déroule dans une vieille caravane pliante qui s’ouvre et se monte avec le secours d’un spectateur réquisitionné au premier rang. On découvre Mémère et ses petites habitudes dans sa robe à grosses fleurs jaunes et orange, les mêmes que celles du papier peint. Et Mémère bouge, animée par Marine qui la porte sur son ventre et partage son bras : elle ne font qu’un seul corps et leurs déplacements sont une chorégraphie chaloupée. Mémère parle seule pour combler sa solitude : c’est Bernard qui parle, chantonne et fait tous les bruits, installé au fond de la caravane avec un micro. Mémère se prépare un gâteau pour fêter son anniversaire, s’adresse à son mari dans son cadre sur le mur, chantonne, se souvient d’un voyage en amoureux et écoute la mer dans un coquillage. C’est simple, c’est plein d’humour et de tendresse. Une 2 e partie proposait un théâtre d’objets réjouissant. Des objets sur une table : petits robots mécaniques, canard et caniche en plastique, vieux tourne-disques... Le tout filmé en direct et projeté sur un écran en cadrage serré. Animations d’objets dérisoires sur fond de Vol du bourdon ou chanson de Bourvil, La tactique du gendarme ! Beaucoup de justesse et d’humour ! CHRIS BOURGUE Mémère a été joué au Daki Ling du 27 au 29 nov (I) À venir au Daki Ling Le Club des cinq (clown), les 9 et 10 jan à 20h Deux matchs d’improvisation du MITHE : le 12 janvier à 20h (Corinthiens/Mesopotamiens) et le 17 janvier à 20h (M.I.T.H.E./Bastia) Un Concert insolite et magique avec Guillaume Vallée, les 15 et 16 janvier à 20h Daki Ling 04 91 33 45 14 www.dakiling.com À la porte de (chez) soi Prenez un géant du théâtre, un grand texte, un génial adaptateur, et vous obtenez un moment d’exception. Michel Aumont est ici seul sur scène. Professeur de philosophie bougon et passionné de Platon, il vient d’interrompre la rédaction d’un article sur Le Phédon et se retrouve, pour avoir raccompagné un étudiant, à la porte de son appartement. Situation banale, propre à la comédie, mais s’ensuit une marche dans Paris qui s’avère révélatrice des limites, explorant les frontières intimes, qui sont autant de portes auxquelles nous nous heurtons. tre à la porte ne recouvre par seulement la réalité physique de se retrouver « enfermé dehors ». L’apparence, les mots, les habitudes, l’argent, la folie, tout est susceptible de nous mettre à la porte, hors du monde, la dernière exclusion étant la mort, leitmotiv lancinant et obsessionnel. La douleur, le malheur individuel ne renvoient qu’à nous-mêmes, nous excluent. Le discours du philosophe a beau être rigoureux, il ne peut endiguer cette course intime. « Plus on pense de façon objective, moins on existe » écrivait Kierkegaard. L’auteur du roman dont est adapté la pièce, Vincent Delecroix, en est le spécialiste, et il n’est DAKI LING MONTÉVIDÉO TOURSKY Mémère Latypique b guère innocent que son personnage écrive sur le Phédon : Socrate y meurt et nous interroge sur l’essence de l’âme… Texte superbe, intelligent, subtil, élégant, écrit, servi par un acteur époustouflant, que nous suivons dans tous ses délires, ses errances, ses emportements, ses remarques acides ou cocasses… avec bonheur ! MARYVONNE COLOMBANI À venir au Toursky Le reprise de la Révolte des fous (voir Zib 8) le 19 déc étant complète, on peut vous conseiller des Chaussettes assez décevantes, où le talent hors norme de Galabru n’efface pas les lourdeurs du texte (du 8 au 10 janv). Quant à Voltaire’s Folies Jean- François Prévand l’a écrite avec des extraits de pièces, de contes de lettres et de pamphlets du philosophe… C’est dire si l’ironie doit y régner ! (les 16 et 17 janv). Théâtre Toursky 0820 300 033 www.toursky.org Luxe n°1 Agnès Mellon THÉÂTRE Sérénité du poisson rouge 11 C’est une PEF (petite entreprise familiale) qui bat de l’aile ; rien d’étonnant par les temps qui courent : maman assortit ses godemichés à la cravate de son mari car papa (c’est le même) ne peut pas... fiston crayonne et dérange... L’écran déverse son lot d’aphorismes couturiers : Yves St Laurent ou Jean- Paul Gaultier disent des choses très mignonnes sur la beauté et l’amour ; le luxe, chez ces gens-là, consiste à vivre à petits pas sur un étroit praticable de défilé de mode sous le regard des spectateurs latéraux qui ne perdent pas un clignement d’oeil ni un rictus égaré. Cette proximité, voire interaction, avec le public qui ne peut risquer le moindre raclement de gorge sans être toisé par l’acteur en tension, est la Réussite n°1 de ce court premier volet (triptyque en vue) encore bien fragile dans sa réalisation. Le texte écrit et mis en scène par Geoffrey Coppini est faible, hélas, dans sa distillation des aléas du couple, malgré le malicieux recours à la précision lexicale des économistes ; heureusement les brèves citations des Liaisons Dangereuses de Laclos viennent à propos nous rappeler que nous sommes dans le simulacre et l’excès ; la gestuelle émotionnelle à la Greuze (postures figées de grandiloquence et travail des corps exposés à la lumière), les couleurs ravageuses des robes de la blonde et blanche Clémence Schreiber témoignent en effet d’une dépense théorique et sensible qui pourrait justifier le titre mais parvient faiblement à élever le sens ; « du luxe et de l’impuissance » donc, pour paraphraser Jean-Luc Lagarce. Et lorsque la main inexperte de l’enfant caresse le congre flapi déniché dans l’aquarium en un geste somptueusement odorant, tout le monde regarde le poisson rouge qui tourne en rond. MARIE-JO DHÔ Luxe n°1/Investir écrit et mis en scène par Geoffrey Coppini a été donné à Montévidéo le 4 et 5 déc



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