Zibeline n°13 novembre 2008
Zibeline n°13 novembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de novembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : assises régionales... résister et construire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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72 HISTOIRE LES RENCONTRES D’AVERROÈS Vie et mort d’un poète engagé Au lendemain des Tables rondes, les Rencontres d’Averroès organisaient projection, débat et mise en espace autour de Kateb Yacine a Kateb Yacine X-D.R Le public présent malgré un beau ciel bleu, aurait sans doute réjoui Kateb Yacine (1929-1989) : il était à la fois populaire et intellectuel, manifestement francoalgérien, masculin-féminin, tous âges confondus, depuis l’ancien militant jusqu’au jeune étudiant. Tous étaient venus pour entendre parler de Kateb Yacine et, à travers lui, de l’Algérie, de ses luttes, de ses désespoirs mais aussi et surtout de sa formidable envie de vivre et d’être enfin libre. L’après-midi a commencé par un film documentaire de Kamal Dehane (1989, 55’), portrait de l’écrivain ; par fragments, il relatait les moments les plus importants de sa vie, personnelle bien sûr mais aussi publique. Sa famille d’abord qui lui a donné le goût des belles choses, poésie et musique confondues. Puis la révélation de sa vocation poétique, au bord de l’eau, face à l’immensité de la Nature. C’est là qu’il a compris qu’il serait poète, qu’il n’avait pas le choix, que tout son être aspirait à chanter le monde. Autre moment fondateur, les massacres de Sétif et d’Annaba, en 45. Kateb Yacine n’a que 16 ans et ne comprend pas grand-chose à cette violence : comme les autres adolescents, il crie « vive l’Indépendance » ce qui lui vaudra plusieurs mois de prison. C’est là que se formera sa conscience politique et, plus encore qu’il percevra l’âme du peuple algérien, à travers le visage et les souffrances des gens du peuple. Désormais, il a une mission. À sa sortie, il retrouve une mère, passionnément admirée, devenue folle de douleur suite au massacre d’une partie de sa famille. Ainsi, se confondent en lui le deuil de son premier amour et la naissance de son militantisme. La figure maternelle s’est élargie et a pris les dimensions d’un peuple. Il faut ajouter le coup de foudre ressenti pour la belle cousine impossible, mariée, Nedjma… Et tous les éléments de son itinéraire sont en place ; esprit de révolte, lutte contre le colonialisme, défense des femmes, lutte pour la reconnaissance de la culture berbère, lutte contre les nouveaux maîtres, autochtones cette fois… au moyen de la plus faible mais de la plus acérée des armes, l’écriture. Poésie mais aussi roman ou théâtre. En Français, quitte à traduire ensuite en berbère. Le rapport au français fut, pour Kateb Yacine, une autre histoire d’amour. Il explique qu’il s’est trouvé incapable de parler sa propre langue et que l’arabe imposé par le pouvoir après l’Indépendance ressemblait trop à une nouvelle forme de domination ; curieusement, l’ancienne langue de l’oppresseur est devenu un vecteur de libération. C’est là sans doute la première filiation entre Kateb Yacine et les auteurs contemporains venus débattre après le documentaire. Il a surtout été question des rapports entre poésie et politique, de l’Algérie, celle d’aujourd’hui qui se débat dans les convulsions d’une démocratie difficile, des langues aussi ; celle que l’on habite, celles qui les habitent, français, arabe, berbère… Kateb Yacine fait figure de père pour toute une génération de jeunes écrivains algériens, mais ils n’ont pas l’adoration facile… Certes, il est l’Intellectuel, le Poète, le Dramaturge… Toutefois, l’hommage que Areski Mellal et Mustapha Benfodil lui ont rendu ne lui aurait pas déplu ; loin de toute soumission, c’est l’esprit de Kateb Yacine qu’ils font revivre. Un esprit libre, insoumis, capable de toutes les remises en question. Le spectacle final l’a d’ailleurs bien prouvé ; à partir du livre de Bénamar Médiène, Kateb Yacine, le cœur entre les dents (Laffont, 2006), le metteur en scène Ziani Chérif Ayad (El Gosto Théâtre) a concocté un superbe monologue, Yacine répondant, post mortem à un lanceur de fatwa qui prétendait lui interdire sa terre natale comme lieu de son dernier repos… La bassesse ne connaît pas de limites et l’ironie féroce de Bénabar Médiène, ami du poète, a réglé son compte au pire des fanatismes, celui qui prétend se faire juge des hommes jusqu’après leur mort. Ce texte, brillant, tonique, iconoclaste et jubilatoire, porté par l’acteur Sid AhmedAgoumi, a démontré, s’il en était besoin, l’humour féroce et roboratif des algériens. Puisse t-il les accompagner toujours. SYLVIA GOURION Le temps de l’écrit Les actes des Rencontres de l’an passé, La Méditerranée au temps du monde, sont publiés chez Parenthèses [La Méditerranée) au temps du monde.'it..- La première partie de l’opuscule concerne l’antiquité et le Moyen-Age. Didier Pralon ausculte, au travers de la Grèce, une Méditerranée familière ou dangereuse mais toujours proche et familière. A. Ben Abed évoque le rôle des Phéniciens, leur confrontation avec Rome, et, plus largement, l’édification d’un monde commun que le christianisme a encore unifié. Maurice Sartre insiste, lui, sur la centralité de la Méditerranée dans la conception romaine du monde. Dans l’épreuve du temps, sujet de la deuxième table ronde, Dominique Eddé évoque les deux concepts temps pour les arabes : le « waqt, c’est le temps qui passe entre le début et la fin d’une phrase » ; le « zamân, c’est le temps qui règne par-dessus la durée de la vie ». Pour elle le rapport entre ces deux temps, liés l’un à l’autre a été perturbé, au XX e siècle. Le waqt a connu une accélération déstabilisante : il se réduit à l’instant ultime pour le poseur de bombe, tandis qu’il pouvait attendre la construction d’un État pour le participant à l’intifada palestienne. Histoire de temps encore avec Zaki Laïdi dont la mondialisation, marquée par l’uniformisation apparente, n’efface pas des temporalités très diverses. M. Farhi insiste sur l’effacement du temps. Les hommes politiques devraient inciter à oublier : c’est à cette seule condition que la réconciliation et un futur sans carnage pourront naître. Dernier volet, la Méditerranée dans la mondialisation. J.-C. Tourret montre que la diffusion de la culture américaine n’élimine pas les modes de vie et valeurs des autres ensembles culturels. S. Goumeziane, plus prosaïque, déplie les différences et les inégalités entre les rives de la Méditerranée et dépeint l’organisation déséquilibrée de cet ensemble solidaire. Quant à Michel Peraldi, il s’attache à défendre la mobilité des peuples dans l’espace méditerranéen. RENÉ DIAZ La Méditerranée au temps du monde, rencontres Averroès n°14 direction Thierry Fabre Editions Parenthèses,12 euros
LES FEMMES DANS LA LITTÉRATURE JEUNESSE Le sexe des livres EDUCATION 73 Propose-t-on les mêmes titres aux garçons et aux filles ? Que cache la différenciation sexuelle dans les livres pour enfants et ados ? « Pass’livres » est un comité de lecture formé de représentants du livre et de l’éducation qui se réunissent trimestriellement pour analyser la production éditoriale pour les 10-15 ans. La journée professionnelle du 23 oct a réuni à l’Alcazar bibliothécaires, enseignantes (les hommes brillaient par leur absence...), universitaires, écrivains pour parler de la représentation féminine dans la production éditoriale jeunesse. Au départ, un constat regrettable et inquiétant : les éditions Jeunesse renouent avec une tradition qu’on croyait dépassée, différencier les livres pour garçons et filles, la bibliothèque verte et la bibliothèque rose. Voilà que reviennent au grand galop les récits pour futurs conquérants ou jeunes filles rangées ! Peu à peu on s’oriente vers une sorte de ségrégation... Il y a peu de temps on entendait parler de retour à la non-mixité des écoles et à l’uniforme. Raison de plus pour être vigilants ! Hélène Montardre parle d’un corpus de romans de 1975 à 1995. Dans les années 70 la situation de la femme a énormément évolué avec la pillule, l’autorité parentale partagée, l’IVG. Tout est prêt pour une nouvelle génération de filles. Mais à partir de 1985 le chômage s’installe, les femmes se mettent à temps partiel. Dans les années 90 les personnages féminins ne s’intéressent presque plus à à l’épanouissement personnel et professionnel et reviennent à des préoccupations d’ordre sentimental. Les éditions Milan s’identifient par les couleurs, les slogans « Interdit aux garçons ! » On assiste à une régression et on impose un modèle de « petite femme » bien calibré ! L’universitaire Nelly Chabrol-Gagne constate que les stéréotypes ont la vie dure, que les garçons et les filles ne sont toujours pas éduqués de la même manière et cite un grand classique toujours d’actualité, Du côté des petites filles de 1973 ! Comment le bébé puis l’enfant peut-il construire son identité ? Existe-t-il en dehors de la famille ? La femme peut-elle sortir de son rôle social de mère ? En conclusion, les bibliothécaires réaffirment leur volonté de faire lire de la qualité et insistent sur la nécessité de la diversité. La question reste posée : quelle société voulons-nous pour nos filles ? (et nos garçons, interdits d’émotion, forcément conquérants ?) CHRIS BOURGUE Les filles dans les livres Isabelle Vandenabeele crée des gravures artisanales sur bois et sans presse. Elle a commencé à faire des dessins et des planches sur le thème du Chaperon Rouge, en rouge et noir : « Quand le loup mange la grand-mère tout devient rouge. La dernière image, c’est la peau du loup, en carpette. » Et le livre s’appelle Rouge rouge petit chaperon rouge. Frisson de fille revisite le conte de Barbe bleue : Louise s’ennuie et retrouve un ancien copain de classe. Il la conduit dans son manoir où elle découvre les têtes décapitées de toutes ses copines qui rêvaient de princes Éditions du Rouergue, 18 euros charmants ! Elle s’échappe à cheval et retrouve le goût de la vraie vie. Aux deux couleurs du 1er album Isabelle a ajouté du bleu, le dessin est précis, cerné de noir. Pour Prélude à un amour brisé les dessins se sont enrichis de jaune et de vert et disent le refus du couple, de la maternité. Un homme et une femme n’ont pas les mêmes projets, et la femme part. Isabelle Rossignol parle du corps. Sa jeunesse s’était passée dans un univers où les rôles homme/femme étaient irrévocablement distribués. « J’ai écouté mes tripes, ce qui remontait de l’enfance ». Elle écrit sur la différence. Une écriture vive et incisive comme son auteure qui sait appeler les choses par leur nom. Jérôme Lambert travaille depuis 8 ans à l’École des Loisirs avec Geneviève Brisac qui a bouleversé la littérature pour adolescents avec le roman-miroir, littérature de l’intime qui fait plutôt peur aux garçons. Interrogations sur la vie, l’identité sexuelle, les romans de Jérôme Lambert s’intéressent à l’ambiguïté, à l’attirance entre sexes semblables. Écrits pour les ados, ils questionnent aussi les adultes.C.B. Rouge Rouge'. Petit Chaperon Rouge Albums d’Isabelle Vandenabeele aux éditions du Rouergue (autour de 18 euros) Romans d’Isabelle Rossignol et Jérôme Lambert aux éditions de l’École des Loisirs (entre 6 et 11 euros) Pour les petits : Je veux un zizi de Laetitia Lesaffre, éditions Talents hauts (9,80 euros) Éditions du Rouergue, 16 euros IF Pr Consulter pa Formation on Courte diplômante en GRAPHOLOGIE I le site : graphologiemarseille.free.fr 06 26 43 28 56 Début des cours janvier 2009



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