Zibeline n°13 novembre 2008
Zibeline n°13 novembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de novembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : assises régionales... résister et construire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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62 LIVRES LIBRAIRIE LE GREFFIER DE SAINT YVES ICI Pas si spécialistes ! Dans la petite rue Venture, en plein centre de Marseille, impossible de la louper. Devanture rouge sang, ornée d’un chat noir. Pourtant Le greffier de Saint-Yves n’est pas une librairie vouée aux sciences occultes ou à la fantasy ! À l’intérieur un ancien atelier de peintre ; sous les poutres imposantes, des étagères nombreuses garnissent les murs d’une harmonie en rouge et or qui n’est pas sans rappeler les tonalités des tribunaux. Depuis mars 2008, Hélène Thebault et André Tola proposent à une clientèle de professionnels ou d’étudiants un choix important d’ouvrages de droit. Mais pas seulement… Zibeline : Pourquoi avoir choisi ce nom pour votre librairie ? Le Greffier de Saint Yves : Saint- Yves est le patron des professionnels du droit. Nous souhaitions garder une connotation juridique sans être austères. Quant au greffier, il évoque l’ambiance des prétoires et nous rappelle, à nous qui aimons les chats, que Gabin les nommait ainsi dans un film célèbre. Il nous a permis de trouver un logo déroutant ! Pourquoi une librairie spécialisée dans le droit ? Lorsque Brahic a fermé, tout près d’ici, il y a eu un vide énorme dans le quartier. Marseille est le plus jeune Barreau de France, le 4 e aussi. Une librairie spécialisée est donc nécessaire dans le centre ville. Nous ne regrettons pas ce choix : le droit s’est révélé beaucoup plus vivant, beaucoup moins rigide que ce que nous croyions ! Les professionnels du droit se remettent constamment en question. Ils suivent des modules de formation continue et ne cessent d’acheter des ouvrages. Et à côté du droit pur et dur, nous proposons des livres de sociologie, de philosophie, d’histoire du droit, qui les intéressent beaucoup. On aperçoit, sur certaines étagères, des livres qui n’ont rien à voir avec le droit… Environ 25% des livres que nous proposons sortent de notre spécialité. Notre clientèle, essentiellement issue du milieu juridique, s’intéresse à la culture, achète volontiers les nouveautés littéraires et certains beaux livres. Nous travaillons aussi en partenariat avec les commerçants voisins, en particulier avec le salon de thé Luciole, ce qui explique la présence d’ouvrages sur le thé et l’Orient. Nous venons de participer à l’opération Jardins de ville, et espérons collaborer prochainement avec le club de supporters qui nous fait face. Nous essayons de créer des ponts entre voisins, comme nous tentons de bâtir des ponts entre les disciplines. Après quelques mois d’existence, quel bilan dressez-vous de votre expérience ? Après des débuts difficiles, en raison de travaux importants dans la rue, nous sortons la tête de l’eau. Le milieu du droit commence à nous apprécier. La rentrée universitaire a fait venir les étudiants. Bref, l’enthousiasme reste entier ! Nous essayons de mettre en avant les titres que nous aimons. Les clients font de même et de ces échanges s’enrichit notre fonds. Nous prévoyons même de mettre en place des groupes de lecture. PROPOS RECUEILLIS PAR FRED ROBERT Les libraires du Greffier de Saint Yves ont aimé : Littérature : Mère et fille, un roman d’Eliette Abécassis (Albin Michel, 15,90 euros) Bêtes sans patrie d’Uzodinma Iweala (L’Olivier, 18 euros) Beaux livres : Ernest Pignon-Ernest (Bärtschi- Salomon, 59,95 euros) Evolution (Xavier Barral, Museum d’Histoire Naturelle, 49,90 euros) Et aussi, aux éditions de l’Epure, de charmants livrets non massicotés au prix de 6,50 euros, parmi lesquels L’huile d’olive, 10 façons de l’accommoder ou Les épluchures. Sans oublier leur meilleure vente, le livre que les avocats s’offrent entre eux et qui, paraît-il, les fait mourir de rire, ce qui est un comble pour Schopenhauer : L’art d’avoir toujours raison (Circé Poche, 6 euros). Agnès Mellon Coup de fil d’outre-tombe D Le 30 oct, à l’Institut Culturel Italien, le comédien Pierre Palmi présentait une lecture, dirigée par Elisabetta Sbiroli (Cie Lalage), des Vêpres de la vierge bienheureuse. Un texte déroutant, obscur et minéral comme un bloc de jade, rugueux et fort de ses flamboyances, de son flot continu qui charrie avec lui des scories inidentifiables, apparaissant ça et là comme les jalons d’un chemin qui mène sans recours à la perte. Le texte est beau, magnifiquement traduit par Jean Paul Manganaro (voir cicontre), mais reste après la lecture parsemé de zones d’ombre. De quoi est-il question ? D’un père qui parle au téléphone à son fils mort, de celui-ci, travesti, qui a rejoint le royaume des ombres (des squelettes plutôt) d’une mère, d’une sœur, de vols à la douane, d’un lynchage, d’un gros porc… Pierre Palmi bute sur les mots puis les expulse, fort comme un taureau blessé, droit dans les yeux, simple, éclairant par ses ruptures de ton les changements de voix, de niveaux dramatique, d’instant. Lui aussi, rugueux comme le texte, reste incompréhensible et fascinant. Reste à cette lecture à franchir le pas d’une mise en scène : ce sera chose faite en mars, aux Argonautes. En attendant, on peut lire le texte (la pièce ?) publiée aux Solitaires Intempestifs dans sa récente traduction française. AGNÈS FRESCHEL
i Itinéraire d’un bandit sarde Le dernier ouvrage de Marcello Fois évoque le parcours de Samuele Stocchino, redoutable bandit du début du siècle dernier, qu’on surnommait le tigre de l’Ogliastra et que l’on craignait dans toute la Sardaigne, voire dans toute l’Italie. Malgré un ancrage historique évident, il ne s’agit pas pour autant d’une biographie, ni d’un document. Mémoire du vide s’annonce comme un roman, une fiction née de la vie d’un être tellement mythique dans l’inconscient collectif sarde qu’il a tout loisir de devenir un véritable personnage romanesque. Sous la plume puissante et poétique de Fois, l’existence de Samuele se fait destin ; l’ombre du fatum plane, énoncée par un coryphée, des voix off, lors de pauses dans le récit, qui font du bandit un héros, et de ses faits et gestes sanglants, une épopée. La fable suit son cours, comme un roman d’apprentissage à la Lesage ou un conte de Voltaire. Chaque chapitre est d’ailleurs introduit par un bref résumé des événements à venir. Enfance du héros et Noire Catalogne L’homme est délicieux. Modeste et disert à la fois, Gildas Girodeau défend avec conviction sa terre, la Catalogne du Nord, autrement dit le Roussillon, dont il souligne les difficultés économiques et craint certains bouleversements environnementaux. Il parle avec pertinence du caractère social et politique du roman noir, de son inscription personnelle dans le cercle du « polar méditerranéen ». Bref, il suscite l’envie de découvrir le quatrième de ses romans situé comme les autres en terre catalane. Alors, ni une ni deux, on se lance avec appétit dans la lecture de Nucléar Parano à Port-Vendres… Et on reste quelque peu sur sa faim. Ce court récit ne manque pourtant ni de morts suspectes, ni de suspense, ni de personnages attachants. Et cette affaire de crimes dans le milieu scientifique, ce qu’elle révèle sur les agissements Marseille en alphabet De A comme Alcazar à Z comme Zou, Zarma ou Zidane, Frédérique Marin nous convie à une balade en lettres et en aquarelles dans la cité phocéenne et ses alentours. Son Abécédaire, livret carré couleur safran, petit format pratique, se feuillette en tous sens. Majuscule colorée à gauche, illustration sur la page de droite, à chaque lettre de l’alphabet correspondent un ou plusieurs mots, évoqués en images par une artiste visiblement amoureuse de la ville. Des mots du patrimoine marseillais, illustrés dans des compositions colorées pleines de charme et de fantaisie. Noms de lieux, d’abord, avec par exemple l’Estaque à la lettre E, Le Vallon des Auffes à V, mais aussi les Quartiers Nord à Q. Noms communs chers aux Marseillais ensuite, comme le Pastis évidemment (mais à la lettre premiers signes de son élection : ici, une chute dans l’abîme dont le jeune Samuele sortira indemne. Hauts faits militaires et guerriers. Résurrection du héros, arraché de justesse à la mort, et retour sur la terre natale. Accomplissement impitoyable de la vengeance. Mort de la bien-aimée. Abandon de la lutte et mort du héros. Fois retrace les étapes fondatrices d’une légende. À travers la tragédie de Samuele, c’est également la Sardaigne qui est révélée. L’île originelle est, comme toujours, au centre de cette écriture, magistralement traduite par Jean-Paul Manganaro. Terre sauvage et aride, balayée par le vent, qui porte un peuple rude, à son image. Religion, superstitions et forces telluriques s’y mêlent dans une atmosphère souvent fantastique, que la lune, tout du long, baigne de sa splendeur glacée. Un magnifique plongeon dans le gouffre d’un cœur de loup. FRED ROBERT mafieux de certaines grandes entreprises prêtes à tout, avec l’accord des politiques, pour accroître leurs bénéfices au mépris de l’environnement et des vies humaines, n’est pas sans intérêt. Le livre se lit d’ailleurs d’une traite. Pourtant, lorsqu’on l’a terminé, il s’évanouit. Comme les bulles de champagne, agréables mais éphémères. De ce polar du terroir catalan, peut-être attendait-on qu’il soit aussi capiteux qu’un vin des Corbières, aussi roboratif que le « riz à ma façon » que le héros, Paul Feder, mitonne amoureusement à bord de sa goélette. Un peu plus de chair, un peu plus de suc, voilà ce qu’on aurait apprécié d’un véritable « polar de résistance ». FRED ROBERT J comme Jaune !), l’OM forcément, la Sardine logiquement ; et aussi le F de Ferryboat, le G de Gabian et le D de Dégun. L’artiste lance également quelques clins d’œil à l’histoire, réelle ou imaginaire, de la ville. Ainsi, à I, on trouve If et son Monte-Christo ; àC, c’est tout le passé colonial de Marseille qui revit ; et à R comme Riou, le spectre de la grande peste de 1720. Frédérique Marin a même trouvé moyen d’illustrer la lettre K : K comme André Keck, le conducteur du fameux blindé qui libéra la Bonne Mère en 1944. Et àX, c’est Xénophile que l’on trouve… Bref, un fort joli parcours dans des images de Marseille… Pas d’Epinal ! F.R. r - HEW PRRRNO CB E DOA 63 Mémoire du vide Marcello Fois éditions du Seuil, 18,50 euros Nucléar parano à Port-Vendres Gildas Girodeau Cap Béar Éditions, 8 euros Abécédaire marseillais Frédérique Marin éditions Jeanne Laffitte, 10 euros



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