Zibeline n°13 novembre 2008
Zibeline n°13 novembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de novembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : assises régionales... résister et construire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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52 ARTS VISUELS ARLES GAP VAISON-LA-ROMAINE La ville psychologique On a pu voir son travail sur Pékin aux Rip en 2007, qui lui a valu plusieurs distinctions dont l’European publisher award2006. Laville, l’urbain, l’architecturesont ses domaines deprédilection. Montrer des espaces construits où paradoxalement la personne est presque toujours rendue absente. Eviction des corps pour leur présence elliptique : avec Ambroise Tézenas les espaces sont rendus vacants, les objets posés comme en attente, les lumières séduisantes par leurs artifices, les cadrages dans l’aplombdes bâtiments et les clairs obscurs ourlés. Les lieux imposent la vue à distance. Pas d’images subtilisées à la volée malgré les heures arpentées dans les rues de Las Vegas, New York, Pékin, Bruxelles : la photo se pose à la chambre, le trépied comme ancrage au sol. L’instant décisif est une éternité avec Ambroise Tézenas. Le temps de pose s’impose, long ; un temps de pause, où le passant ne peut être retenu par l’image. On est loin de la distanciation des Thomas Struth ou Ruff. La ville, l’architecture sont tout à la fois sujet et objet Sujets d’identité Avant les spectacles, les gapençais peuvent s’égarer dans le sous-sol du théâtre pour découvrir des expositions photographiques d’une régulière belle tenue. La galerie accueille jusqu’au 6 déc une exposition de Jean-Noël Reichel, conçue en résidence dans les Hautes-Alpes durant la saison dernière. Le photographe travaille depuis 2002 selon un mode unique : ses œuvres en diptyques de la matière photographique comme si Caravage et Hopper ne faisaient qu’un. Comme s’il fallait rendre toute la psychologie possible à l’urbain, voire lui conférer un inquiétant romantisme : « jetraquelepaysagesensible ». La nuit de préférence, quand tout se calme. CLAUDE LORIN juxtaposent des profils d’individus en plan rapproché, tournés vers un extérieur invisible, hors champ, avec leur main ouverte comme un livre, où les traces de la vie apparaissent plus clairement encore que sur les corps toujours un peu apprêtés. Les sillons profonds, les alliances, les doigts tordus ou potelés, plein de promesses de croissance, sont comme un avant goût, l’indice de ce que les portraits, à Marguerite, Rosans, 2007 Londres, Ambroise Tezenas Le jour est brutal et bruyant Ambroise Tézenas du 21 novembre au 31 décembre Chapelle Saint-Martin du Méjean, Arles 04 90 49 56 78 www.lemejean.com www.ambroisetezenas.com leur droite, vont dire. Derrière les têtes, les mains, la même toile, qui ménage une aura plus claire, comme chez les photographes qui fabriquent des clichés d’identité. DanslesAlpes, Jean-NoëlReichels’est attaché aux enfants et aux anciens. Il les a fait parler d’abord, pour tenter de capturer un peu de leur être. Les clichés, exposés sur les murs mais aussi dans des vitrines comme des vestiges d’un musée archéologique, assument leur connotation anthropomorphique. Mais dégagent une émotion foudroyante : parce que la confrontation des âges extrêmes tient un discours sur le temps, et son passage. On pense au tableau Le vieil homme et l’enfant peint par Ghirlan-daio. Mais surtout parce que l’humanité des individus apparaît à tout coup, malgré la répétition du procédé. Ou grâce à lui, parce qu’en abolissant la variation de la pose le photographe parvient à circonscrire celle des sujets ? A.F. Identité(s) : Le passage Jean-Noël Reichel Galerie du théâtre, Gap (05) 04 92 52 52 52 Chambre n°40 Jacques Bosser, Galerie Eric Linard Complet pour cause d’art contemporain L’hôtel Burrhus récidive pour sa deuxième année avec Supervues. Une quarantaine d’artistes sont conviés à investir cette fois-ci tout l’établissement, mais pour trois jours seulement. On n’est pas obligé d’y dormir mais on peut rêver ! Peut-on mettre de l’art partout ? Laurence et Jean-Baptiste Gurly, propriétaires de l’hôtel Burrhus à Vaison-la-Romaine, ne l’imaginent pas autrement en exposant depuis dix ans des œuvres d’art contemporain. La deuxième édition de ce mini évènement propose à près de trente cinq artistes d’intervenir dans l’ensemble du bâtiment, les chambres principalement, par tirage au sort. Les artistes retenus auront à relever « le défi de présenter leur travail dans un contexte propre à dévoiler la complexité des rapports qui lient la création aux espaces quotidiens… ». L’art contemporain est porteur en terme d’image. Il peut être aussi déclencheur de projets singuliers, de questionnements, de débats, en s’offrant, telle est l’intention des propriétaires, à des publics non initiés, dans un espace qui ne lui est pas réservé. Dans ces trois jours il sera question de la diffusion de l’art contemporain en collaboration avec le Frac Paca. Petit déj’inclus ? C.L. Supervues, petite surface d’art contemporain les 12, 13 et 14 décembre Hotel Burrhus Vaison-la-romaine (83) www.supervues.com
LES BUREAUX DE DIEU CINÉMA 53 Nous sommes les bureaux de Dieu Un local au Boulevard d’Athènes a fortement inspiré le décor du film de Claire Simon : dans cet appartement se trouve Le Planning Familial de Marseille 15 conseillères et 6 médecins, soit l’équivalent de 16 salariés à temps plein, y mènent une dizaine d’entretiens par jour, soit plus de 200 par mois. En majorité, ce sont les 18-25 ans qui viennent consulter, un tiers pour des IVG, un tiers pour la contraception, un tiers pour des tests de grossesse. Shellac Nous avons rencontré Claire Ricciardi, Présidente du Planning Familial depuis 2006 Zibeline : Comment avez-vous rencontré Claire Simon ? Claire Ricciardi : Claire a commencé à fréquenter le Planning de Marseille en 2004. Le Planning de Grenoble était un peu réticent à se faire observer. Très vite, elle a assisté aux entretiens et les a enregistrés. Elle est revenue à Marseille à plusieurs reprises avec la co-scénariste, Natalia Rodriguez, toujours fascinée par ces histoires de vie qu’elle entendait. La réunion d’équipe autour du mariage forcé est inspirée d’un cas que nous avons eu à traiter ici. Elle nous avait exposé tout de suite sa volonté de réaliser une fiction et de faire tourner des « stars », Nicole Garcia, Nathalie Baye… Quand elle a parlé d’un casting avec Nathalie Baye, je lui ai demandé que ce soit elle qui interprète mon rôle. Elle a eu la gentillesse de me dire que c’était fait ! Quel a été l’accueil du film en interne ? Dans un premier temps, l’effet miroir du film a été difficile à encaisser. Au Conseil d’Administration National, les discussions ont été vives, voire houleuses ! La plupart trouvaient les conseillères du film très « psychologisantes » et ne supportaient pas cette image. Certaines trouvaient que le film, trop axé sur les entretiens d’IVG, faisait l’impasse sur les séances collectives, sur les autres combats du Planning. C’est vrai que les séances collectives en collège ou lycée par exemple traitent de bien d’autres sujets (sexisme, homophobie, sida…). Elles alimentent les entretiens mais ce ne sont pas ces moments que Claire a retenus. On a beaucoup parlé, on a pris de la distance. Ce n’est pas le film du Planning. C’est le regard de Claire Simon. Moi, je m’y retrouve absolument : elle a saisi la manière dont on fonctionne. Ce n’est pas un film sur le Planning, même si on va s’en servir. C’est un film sur une problématique universelle, le désir d’enfant, la création possible d’un enfant, d’où le titre… Oui, Claire Simon nous l’a montré, nous sommes les bureaux de Dieu. PROPOS RECUEILLIS PAR ANNIE GAVA INVENTAIRE 8 conseillères conjugales 2 médecins 1 conseiller stagiaire 9 « stars » dont Nicole Garcia, Nathalie Baye, Isabelle Carré, Rachida Brakni… 2 comédiens professionnels, Michel Boujenah et Emmanuel Mouret une trentaine de comédiennes non professionnelles une vingtaine de plans séquences un lieu unique 3 villes, Paris, Marseille, Lyon 7 années d’enregistrement une réalisatrice de talent et convaincue 2 heures de partage et d’émotion C’est le dernier film de Claire Simon, Les bureaux de Dieu, qu’on connaît aussi bien par ses documentaires, Récréations, Coûte que coûte, Mimi, que par ses fictions, Sinon oui, Ça brûle ! Ici, c’est par la fiction que la cinéaste a décidé de dresser un état des lieux : celui des femmes confrontées à leur désir, ou non désir, d’enfant. La fiction parce que « dans un documentaire, comment filmer ce qui est secret ? Ce qui se dit quand une femme vient au Planning familial parce que la grossesse qui s’annonce ne paraît pas possible ? ». C’est donc en écrivant un scénario à partir des entretiens qu’elle a enregistrés entre 2000 et 2007, en construisant des personnages, que Claire Simon « exsude le réel », lui redonnant vie. Le spectateur est le témoin des entretiens, dont chaque parole a été, un jour, prononcée par une femme dans l’un des centres du Planning Familial, a été apprise par des comédiennes qui rencontrent devant la caméra des comédiennes non professionnelles, portant la parole d’une autre, sélectionnées lors d’un casting exigeant, après une série… d’entretiens. Une mise en abîme en quelque sorte. Le film est dans un lieu clos dont les seules échappées sont les balcons où l’on fume pendant les pauses, où l’on s’interroge sur ses capacités à écouter, comme Pierre (Emmanuel Mouret) qui se demande si les femmes accepteront de lui parler. Des pièces pleines de paroles chargées d’émotion, de débats cornéliens comme celui de cette femme qui ne sait si elle est enceinte de son mari ou d’un homme qui a été son amant, de déclarations d’amour comme celle de la prostituée bulgare, véritable héroïne tragique. Des pièces vides où Denise (Nicole Garcia) répète une scène d’Andromaque, où Marta (Isabelle Carré) danse… Des pièces où résonneront encore, quand l’écran se sera éteint, ces paroles de femmes qui concernent toutes les femmes… et les hommes ? A.G.



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