Zibeline n°13 novembre 2008
Zibeline n°13 novembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de novembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : assises régionales... résister et construire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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48 ARTS VISUELS [MAC] REGARDS DE PROVENCE Des îles d’art Au [mac], la promotion 2008 art et design de l’École supérieure des Beaux-Arts de Marseille confirme la vitalité de l’enseignement transdisciplinaire de cette institution originale Archipélique ? Le titre de l’exposition est emprunté à un néologisme selon l’injonction de l’écrivain Edouard Glissant : « Contre la prison des systèmes et des identités, sois fragile, ambigu, incertain, intuitif : archipélique ». Chacun de ces jeunes artistes apparaîtrait donc comme un des îlots composant un archipel esthétique informel. Pourtant, rien ne trahit unequelconquedesfaiblessesénuméréesci-dessus, même si l’on repère des propositions prépondérantes. Pour vous en convaincre, poursuivez la visite avec les collections du musée : le [mac] expose son fonds abondant par roulement, et les jeunes artistes ne pâlissent pas d’y être confrontés ! Bon nombre de médiums sont présents -peinture, photographie, sculpture, dessin, assemblage- mais le principe de l’installation revient souvent, appliqué avec ambivalence par exemple à des tableaux sur toile et aussi au design. Dans ce cas particulier, deux projets interactifs s’offrent comme mise en espace (poétisée contre la volonté des auteurs ?) plutôt qu’en tant qu’objets. Dommage que le matériel informatique soit défaillant : aurait-on si peu de moyens qui réduisent dès le premier jour la pertinence du propos ? On partage l’amertume de Luc Jeand’heur, responsable du site informatique de l’école, qui accompagne notre visite ce jour-là. S’exposer est déjà se donner comme fragile aux regards des autres, évitons de casser le boulot des jeunes (artistes) émergents ! P.S. : cette promo 2008 est au nombre de 36 ; pour éviter partialité et subjectivité rapide, j’ai dû n’en citer aucun. Mais vous les aurez tous sur le site de l’école ! CLAUDE LORIN Bertrand, sans titre 2, 2008, huile sur toile, 250 x 2000cm.C. Lorin Catalogue en cours d’impression Archipélique jusqu’au 11 janvier [mac] musée d’art contemporain 04 91 25 01 07 www.esbam.fr À la lumière de Jean-Baptiste Olive Une exposition et un catalogue raisonné remettent au goût du jour l’œuvre de l’une des figures de l’École provençale, Jean-Baptiste Olive, moins connu que ses pairs Après l’œuvre de Pierre Ambrogiani, tout en générosité et en exubérance, la Fondation Regards de Provence focalise son attention sur un autre maître de l’École provençale, Jean-Baptiste Olive (Marseille1848-Paris 1936). Curieusement, celui qui toute sa vie plaça sa ville natale au cœur de son œuvre la quitta très tôt pour s’installer à la capitale, avide de reconnaissance. Si le Vieux Port, le port de la Joliette, les calanques alentour, l’étang de Berre, le littoral de Martigues à Monaco furent l’épicentre de ses toiles, c’est dans son atelier parisien qu’il les réalisa de mémoire. Peut-être est-ce cette distanciation d’avec son sujet qui rend sa peinture moins sensuelle, comme légèrement « bridée », exceptées ses natures mortes, plus palpitantes de vie que ses marines ? Peintre minutieux, méthodique et donc rarement spontané, homme discret et solitaire, Jean-Baptiste Olive déclina des années durant les mêmes thèmes sans autre préoccupation que de « chercher ses racines dans l’exaltation de son territoire provençal ». Mais une exaltation neutre, exempte de discours social ou humain : jamais l’artiste ne représenta la vie grouillante du Vieux-Port par exemple, ou se laissa gagner par l’exercice du portrait. De même qu’il ne fut guère influencé par les époques et les écoles, « restant dans la transparence de tous les courants » comme le souligne Franck Baille, coauteur avec Magali Raynaud du catalogue raisonné de son œuvre (voir Zib 12). À peine quelques digressions vers l’impressionnisme, mais de manière marginale, et le voici très vite revenu à une facture et à un cadrage classiques. Comment expliquer alors l’engouement des galeristes et des collectionneurs qui, de son vivant, lui permirent de vivre de son art ? Certainement en raison de sa maîtrise technique, de son sens de la composition équilibrée, des effets de transparence et de lumière dans les paysages, la luxuriance de ses natures mortes héritée d’Antoine Vollon et de Chardin. L’héritage, le mot est lâché : Jean-Baptiste Olive est simplement le digne héritier des peintres bourgeois marseillais et lyonnais qui trouvèrent grâce aux yeux des familles de marchands et de soyeux. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Jean-Baptiste Olive jusqu’au 25 janvier Palais des arts, 1 place Carli (1 er) 04 91 42 51 50 www.regards-de-provence.org J.-B. Olive - Deux grenades -eclatees, verre
ENTRETIEN AVEC GUY LIMONE VOL DE NUITS ARTS VISUELS 49 Bonne limonade Désormais stabilisé dans ses murs, Le Château de Servières a invité Guy Limone pour la présentation de vidéos principalement, certaines montrées pour la première fois Zouak france 2008 guy limone Depuis son départ du Château de Servières, l’association éponyme cherchait un nouvel ancrage dans Marseille. C’est heureusement chose faite grâce à la convention signée avec la ville. La (trop) petite équipe (mais très motivée) emmenée par Muriel Robin prend désormais en charge les Ateliers d’artistes du boulevard Boisson. Pour son exposition de rentrée sous cette nouvelle responsabilité, le Château a invité un vétéran marseillais, installé désormais dans la première ville de France. Zibeline : Les Ateliers vous sont entièrement consacrés. Est-ce une rétrospective ? Guy Limone : Non, j’ai voulu montrer des pièces qu’on a peu ou pas vues jusqu’à maintenant. Essentiellement des vidéos. Vous êtes connu pour vos travaux sur les couleurs (le jaune équivalent à votre patronyme) ou à partir de statistiques. Retrouve-t-on les mêmes problématiques ici ? Non. Je présente une seule pièce conçue dans le principe des petits bonshommes enfilés verticalement, qui joue sur les productions mondiales du charbon, c’est la pièce générique de l’expo. Mais pour les vidéos, c’est différent parce qu’elles sont conçues avec la participation de plusieurs personnes, des collégiens et des lycéens le plus souvent, des adultes, de différentes origines aussi. Quelle est votre démarche à ce sujet ? Pour J’ai une installation dans la tête, dans le cadre du Frac Paca, j’avais fait des mini résidences en travaillant avec des classes d’arts plastiques au Lycée Marseilleveyre et au collège Fernand Léger (c’était prémonitoire !) à Berre. J’ai proposé aux élèves de choisir une œuvre dans le catalogue du Frac ou dans le patrimoine commun et de dire à leur façon ce qui était important pour eux. L’œuvre choisie était projetée sur leur visage, le tout filmé en gros plan fixe. L’ensemble était monté ensuite par un technicien, car je veux intervenir le moins possible pour laisser la place à ceux sans qui l’œuvre n’existerait pas. Je propose le projet, le mets en place avec les personnes volontaires mais toute la partie technique est donnée à faire. Vous n’êtes donc pas un vidéaste ! Et ce genre de travail sociologique échappe par nature au statut habituel de l’œuvre d’art, au marché… C’est bien pour cela que ces pièces, comme celle réalisée au lycée Français de Rabat qu’on voit ici, étant collectives, doivent être présentées dans des lieux publics avant tout. Ce ne sont pas des pièces de galerie pour une collection privée. Elles doivent être rendues à la communauté. Revenir à Marseille, est-ce une manière d’inter-roger votre pratique qui a débuté dans cette ville ? En quelque sorte. Cela fait quelques années que j’ai entamé ce travail (les personnages collés sur les fluos, les pièces statistiques…) et je m’interroge sur la suite : mon statut d’artiste, représenté par une Espaces en soi Vol de Nuits s’affirme comme « lieu d’échanges et de rencontres autour de l’image photographique, développe des actions à vocation culturelle et sociale, en articulant conjointement sa galerie et ses ateliers ». Le projet confrontation[s], initié par Mireille Batby, propose à quatre duos d’artistes d’associer leurs pratiques spécifiques pour explorer les possibles entre espace public et la part privée contenue en chacun de nous. Ainsi, un photographe est associé à un danseur, une chorégraphe, une plasticienne-performeur ou un auteur. Chaque duo élabore un projet et développe ses propres problématiques en regard d’un lieu particulier : Bertrand Saugier et Elsa Gaudefroy explorent des conduits urbains, Aurore Valade avec Aline Maclet sont en résidence à l’hôtel Le Corbusier, Emmanuelle Germain et Manon Avram séjournent en hôpital avec le 3bisF, Loeiza Jacq et Astrid Lefèvre ont déjà arpenté la gare Saint Charles à la rencontre de ses usagers. Le suivi du projet est conforté de trois autres artistes Claire Béguier (affiches, flyers), le groupe MOI (journal papier) et Driss Aroussi (blog). La restitution des toutes ces expériences aura lieu en mai 2009, avec la présentation des travaux et recherches menés lors des ateliers amateurs del’association et des workshops d’artistes. Etant donné la multiplicité des propositions et de l’évolution des projets, il est recommandé de se rendre régulièrement sur le site web de Vol de Nuits ! C.L. galerie internationale (Dominique Perrotin,ndlr), la nature de mon travail, la conception en atelier et à l’extérieur, certaines pièces ne sont pas faciles à exposer comme les disques qui posent problème aux collectionneurs… Ne parlons pas des œuvres qui utilisent des techniques fragiles, qui tombent facilement en panne ! Je ne sais pas si je continue avec la vidéo de cette façon. Mais contrairement au travail en atelier, j’ai besoin de retrouver l’énergie, la confrontation, la relation avec les gens. C’est pour cela aussi que l’expo s’appelle Entre nous. ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CLAUDE LORIN Entre nous Guy Limone jusqu’au 20 décembre Ateliers d’Artistes de la ville de Marseille 04 91 85 42 78 www.chateaudeservières.org Claire Begier, serie de photos de chiottes, 2008 confrontation[s] jusqu’au 30 avril 2009 Vol de Nuits 04 91 47 94 58 www.voldenuits.com Claire Begier, serie de photos de chiottes, 2008



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