Zibeline n°13 novembre 2008
Zibeline n°13 novembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de novembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : assises régionales... résister et construire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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44 MUSIQUE CONCERTS Familles méditerranéennes Dans le magnifique auditorium du Parc Chanot, la grand messe d’Averroès a communié l’identité méditerranéenne en musique : en trio, puis en duo, les musiciens ont prolongé, à leur façon, la perspective d’un rapprochement des peuples… Les Rencontres d’Averroès accompagnent traditionnellement leurs débats par une démarche culturelle : des lectures, des projections vidéo et, entre les Tables rondes (voir pages 70 et 71), un grand concert méditerranéen. Inviter chez elle la famille Chémirani était logique, comme pour lever un voile sur l’inspiration traditionnelle orientale et « vivre une Genèse à l’heure iranienne ». En l’absence du père, la voix solennelle de la sœur équilibre les échos puissants du zarb tenus par ses deux frères : bien que pluri-instrumentistes, c’est en touchant la peau de cette percussion qu’ils semblent s’approcher d’une mystique ; on y entend presque un souffle ou une corde. Haroun Teboul, en complice, interviendra spontanément, pour relire un premier livre chargé d’Histoire. Métal gagnant Dans l’autre famille, celle des Luths, DuOud complète la trinité acoustique par l’apport de l’ordinateur. Sonnant l’heure de l’Apocalypse -ce qui a fait peur à quelques brebis égarées-, ils ont envoyé « le Oud dans le monde des dinosaures », et s’en servent comme de Kalachnikovs pour visiter Zanzibar sur des rythmes Jungle, et honorer la mémoire de Gengis Kahn en hard rock. Une vision plus sombre, futuriste et moderne certes, mais magnifiée par le son de l’instrument légendaire. X-RAY a Grand messe sonore réussie sur la scène de l’Espace Julien le 28 oct avec la présence du groupe américain Suicidal Tendencies Si en sortant de ce concert on vous dit que les membres du groupe mythique californien arpentent les salles depuis 26 ans, vous aurez du mal à y croire tant la formation Suicidal Tendencies n’a pas pris une ride. Skate core ou skate punk certes, mais on trouve surtout une bonne dose de métal dans les veines du quintette explosif ! Produite par le Moulin, l’affiche a drainé une foule d’adeptes du prosélytisme vestimentaire : bandana sombre sur le crâne à l’image du chanteur Mike Muir sans oublier le bouc bien taillé de tous ces barbus. Succès unanime de la fosse au fond de salle, nos américains font des merveilles. Présence scénique volcanique et sonorisation très propre, une fougue contagieuse habite la scène. Les titres s’enchaînent et mettent en lumière les qualités instrumentales des musiciens, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce type de musique. Le batteur, nouveau venu dans ce monde tendancieux, se fera particulièrement remarquer, grâce à ses prouesses techniques et son art de varier et rendre attractif l’accompagnement rythmique, trop souvent dévolu à l’uniformité. Et ; bien qu’il ne soit plus novice en la matière, l’entrain et la proximité des Suicidal avec le public fait plaisir à voir ! Elle donne un côté convivial à un concert professionnel de grande qualité : certains groupes devraient s’en inspirer (du professionnalisme et/ou de la convivialité !). FRÉDÉRIC ISOLETTA Suicidal Tendencies X-D.R. D D Yapataga Le quatuor musical Volcano the bear a donné à Montévidéo un concert en formation réduite (deux musiciens…) des plus déroutants. On nous avait prédit de la déconstruction, des mélodies envoûtantes sur des bases folk, de l’improvisation. On assiste, un peu perplexes, à des jetés de chaînes sur une batterie, à des lancers de cymbales dans de la dînette en métal, et on craque quand, après quinze minutes passées à répéter « yapataga », le batteur martèle à en percer l’ouïe de tous ses auditeurs le même rythme insupportable pendant dix bonnes minutes. Comme ces petites gammes pentatoniques, ces chromatismes qui, plus qu’obsédants, s’avèrent carrément assommants. On ne sait que dire quand, après avoir servi à un spectateur un verre de vin, le batteur tape sur la bouteille avec ses baguettes avant de les jeter à l’autre bout de la scène en espérant toucher sa caisse claire, et que son acolyte vient le rejoindre pour jouer des percussions avec les verres en métal. Improviser revient donc, comme l’annonçait le programme, à délivrer « leurs imaginations, leurs délires » … On sent parfois pointer, d’un solo de clarinette ou de quelques rythmes aux percussions, une once de musicalité, parfois même des instincts mélodiques… Mais ces rares moments se voient régulièrement balayés par des cris, des sons crachés dans une trompette à travers un tuyau d’arrosage, un motif sur une bande son répété à l’infini. Que dire, sinon que Cage savait, il y a de cela quarante ans, pratiquer la déconstruction avec cent fois plus de technique, d’idées mais surtout de transgression ? Car rien de ce que nous a servi Volcano the bear n’avait le mérite minimal d’explorer un terrain nouveau… SUSAN BEL À venir au Grim Le 27 nov. : Soirée Meeting Sonic (20h), performance de Fouad Bouchoucha, Duo RBNX/Jean-Marc Montera (21h), collectif slovaque Urbsounds (22h). Du 11 au 21 déc. : Festival Nuit d’hiver #6 avec le Rova Saxophone Quartet, Jean-Pierre Drouet & Vinko Globokar, Ninh le Quan & Tony di Napoli, Dominique Grimaud, Nicolas Dick… GRIM 04 91 04 69 59 www.grim-marseille.com Trio Chemirani X-D.R. Volcano the bear X-D.R. D
Transes du bad boy de Bristol C’est dans une atmosphère envoûtante que Tricky, figure majeure de la scène trip hop anglaise, a emporté le public marseillais le 9 nov à L’Espace Julien La sortie de Knowle West Boy en juillet 2008 a fait événement. Album hommage au quartier d’enfance du musicien, il est aussi une célébration de toutes Tricky P.Gondard. 0 o 0 les influences musicales qui l’ont nourri depuis Maxinquaye en 1995. Hip hop, dub, punk, reggae, blues ou rock saturé de guitare, les étiquettes convoquées sont nombreuses pour décrire les compositions. Sur place, nous sommes embarqués dans l’univers sensuel et hypnotique du Tricky Kid de Knowle West. Sa présence est diffuse. Sur scène, la formation est classique : basse, guitare, clavier, batterie. La soirée débute par des titres du nouvel album parmi lesquels Puppy Toy, le très beau Joseph et la chanson cadencée Veronika, magnifiquement interprétée par la nouvelle chanteuse qui accompagne l’artiste. Puis cela s’élargit à des titres de Maxinquaye, de Nearly god et de Pre-millenium Tension. L’association du côté Celui qui fait parler les peaux Billy Cobham est très certainement un des batteurs de jazz les plus talentueux de notre époque. Michel Antonelli, acteur incontournable de la scène jazz marseillaise, a œuvré pour mettre en place cette master class, à mi-chemin entre concert et leçon. Un très grand nombre de batteurs étaient là pour admirer leur dieu. Billy Cobham, un bandeau jaune autour de la tête s’installe devant son Drum set et entreprend de partager ses pensées du bout de ses baguettes avec ses auditeurs subjugués. Il s’adresse ensuite au public : « Je suis devant un miroir qui réfléchit toutes mes pensées et ma sensibilité ». Jouer de la batterie est pour lui comme une conversation avec des amis. Il nous dit qui il est. Tout est spontané, rien n’est construit d’avance. Briser les murs Afrique, mon Afrique… Débute un spectacle au cours duquel les musiques venues de tous les horizons, soul, groove, blues, jazz, rap, hip hop, slam, world, folk se rejoignent et tissent un spectacle varié, qui a visiblement séduit un public qui comprenait de nombreux jeunes qui ont participé à des stages animés par le chanteurdanseur et poète marseillais. Les éclairages somptueux servent de cadre éloquent à ce « pur message », quelques bribes poétiques émergent, « ma plume écrit des vers au bout des larmes » … Les musiciens sont tous excellents : la basse efficace de Franck Galin, la batterie énergique de Ulrich Edorh, la guitare et le oud perlé de Christophe Isselée, le saxo fluide de Fred Buram, l’étonnante vielle de Pierre-Laurent Bertolino, l’époustouflante flûte de Miqueù Montanaro et son accordéon. Aux percussions et chœur, il y avait Des questions plus techniques sont abordées, comme le développement des capacités d’un batteur pour être ambidextre, l’endurance, la façon pour les musiciens de jouer ensemble et de se respecter mutuellement. L’objectif doit être de se focaliser sur ce qu’on ne sait pas bien faire ! Une invitation au travail. Séance de dédicaces pour la fin. Chacun aura eu l’occasion d’approcher Billy Cobham en toute simplicité. Ainsi Théo, un ado de 15 ans, se fait photographier aux côtés d’une idole. Il a déjà 10 ans de pratique et une volonté à toute épreuve. Dès l’âge de deux ans et demi il tapait sur des casseroles et demandait que le père Noël lui apporte... une batterie ! DAN WARZY une magnifique chanteuse africaine, Sibounguilé Mbamba, dont le timbre de voix, la qualité de chant, (quelques tierces aériennes…) laissent le Ahamada Smis Patrick Fabre 45 mouvant et habité du maître de cérémonie avec la présence éthérée de la jeune chanteuse est émouvante. Celui-là se mue en chef d’orchestre d’une sorte de rituel. Après une première partie efficace mais courte, nous entrons dans un deuxième set détonnant. On connaissait la réputation d’instabilité du lascar sur scène. Ce soir, les vibrations sont bonnes. Les morceaux s’allongent, s’improvisent et se terminent sur un geste symbolique invitant une partie de la salle sur scène. La relation au public est transformée : on ne vient pas consommer du beat mais vivre tous ensemble un trip ! DELF Theo et Billy Cobham D.W Cette soirée, co-organisée par le Cri du Port, l’école de musique Yamaha et la Baguetterie Marseillaise, a eu lieu à la Cité de la Musique le 5 nov regret de ne pas l’avoir entendue davantage. Ahamada Smis a ménagé aussi, dans ce spectacle éclectique, l’art de la rencontre. Il s’est livré à un duo complice avec son ami Boss one du groupe de Hip hop marseillais 3 e œil. Mais sa prestation avec le grand prêtre des lieux, Richard Martin, a constitué le moment sans doute le plus fort du spectacle. Pieds nus et chaussures rouges unies sur la même scène par une poésie incantatoire, inspirée à l’évidence des Pink Floyd… « On vient briser les murs… Art, étendard de notre révolte ! ». Des Comores à l’Occident semblaient ainsi rouler les mots dans un élan fraternel. MARYVONNE COLOMBANI Ahamada Smis s’est produit au Toursky le 14 nov



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