Zibeline n°13 novembre 2008
Zibeline n°13 novembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de novembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : assises régionales... résister et construire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 42 - 43  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
42 43
42 MUSIQUE FIESTA DES SUDS BERRE L’ÉTANG CHARLIE FREE Zoom sur la soirée du 24 octobre Et toi, ta Fiesta ? Quelques jours avant qu’Alain Bashung ne fasse des prouesses sous la passerelle de l’autoroute, la grande scène des Docks accueillait le funky hip hop Beat Assailant. Le rappeur d’Atlanta, gonflé par le succès de son second album Pressure, dégage une maturité et une aisance déconcertantes. Groove jazzy et rap perfectionné rythment un show huilé où instrumentistes acoustiques de très bon niveau (saxophone, trompette et trombone) échangent avec les platines de DJ Pfel. Seule la pauvre chanteuse à frou-frou ne trouve ni sa place ni sa voix dans cette parfaite harmonie mélodique et généreuse. Changement de ton avec les déjà anciens Asian Dub Fondation pour un nouveau melting-pot sonore, plus électro, plus punk rock mais surtout moins propre. La sonorisation exécrable rend la partition des londoniens parasitée et peu audible. Impossible de ressortir une ligne de basse ou même une rythmique de tambour dans ce brouhaha désolant. Est-ce le lieu, si peu propice à une scène, qui est en cause ? Pas forcément quand nous venons d’écouter la prestation précédente… Mais coincé entre les palissades sous la passerelle ce n’est pas le rêve. Pourquoi ne pas alors se produire à l’intérieur ? Ou derrière le bâtiment, actuellement véritable déambulatoire gastronomique… ? Bien des questions qui mériteraient d’être posées. La Fiesta est un lieu de fête mais avant tout un festival musical. La qualité d’écoute et le confort du spectateur devraient être prises en compte… et aboutir à une remise en question. FRÉDÉRIC ISOLETTA Beat Assailant X-D.R. Down under the gloomy on-ramp freeway Faut-il remettre le couvert sur l’air de « la fiesta c’est plus ça ? » Il est vrai que caler la scène principale sous la bretelle de l’autoroute provoque un sentiment d’indisposition (heureusement passagère). Piliers mégalithiques dans l’axe de vision, rétrécissements sur les bords, sensation de plafond de plomb, ambiance gris-glauque, domination de l’ombre de la tour Hadid… Cependant, pour les vieux briscards du show-biz, il ne semble pas y avoir de lézard. Et, visiblement enjoué, Herbie Hancock en très bonne compagnie a superbement ignoré l’obstacle. En bon professionnel et pas seulement. Lui et ses comparses ont encore donné de leur personne. Avec cette élégance généreuse d’engager l’affaire dès l’entrée en scène pour, deux heures plus tard et quelques emprunts sur le timing d’Omara Portuando, répondre aux rappels sans calculer le sablier, frais et funky jusqu’au bout. Le public était là beaucoup pour la légende. Il a découvert Grégoire Maret, un harmoniciste transalpin stupéfiant. Ce genevois aux vibrantes références (Cassandra Wilson mais surtout Pat Metheny ou SteveColeman) a progressivement imposé un souffle subtil, élégant, inspiré et puissant aussi. Poussé par ses coreligionnaires en vagues successives, le plus discret instrument scénique s’est arrogé de belles portions d’espace sonore. La prestation de Lionel Loueke à la guitare apparaissait par comparaison en retrait, le clavier portable du chef un jouet Bontempi, le solo de batterie de Kendrick Scott récupéré pour la forme, la scintillante trompette de Terence Blanchard perdant de son éclat et les formes de la contrebasse moins généreuses pour James Genus. Finalement le sextet nous faisait oublier les tonnes de béton au-dessus de nos têtes, avec pour une fois n’est pas coutume dans ces conditions d’écoute hostile, une sono très convenable même de loin, à côté des écrans mous. Près des piliers on s’est bien Maret. CLAUDE LORIN Herbie Hancock Agnes Mellon
Sucré Salé e Nneka Youri Lenquette Mi-figue, mi-raisin, la récolte de cette année à la Fiesta devait être l’aboutissement logique des Cultures passées, le prolongement mûri d’un défi à la Fête, lancé à Marseille il y a 16 éditions. L’équipe affichait un large sourire dès de la conférence de presse, qui réunissait de façon plutôt maladroite deux grandes dames de la musique latine : Calypso Rose et Omara Portuondo n’ont pas eu à pâlir de leurs prestations respectives, comme l’ensemble de la programmation qui n’a pas connu vraiment de fausse note. Mais fait nouveau, la foule rentre se coucher à 0h30, dommage pour la soirée hip-hop par exemple. Moins de soirées, moins d’artistes… si le choix y est, peu importe la quantité ! Si c’est l’occasion de belles découvertes, comme Tumi ou Nneka cette année, si on peut encore goûter les spécialités du coin (le show de Ba Cissoko, seul met local avec les galettes des DJ du 88,8 de la grenouille), on reste sur sa faim, et on repense avec nostalgie à la liesse des premières années. Chacun y ajoutera sa critique sur la convivialité, l’ordre de passage des artistes, et la cuisson de certains plats, « réchauffés » pour CQMD ou Baz Baz. On avait déjà coupé net son parfum salsa, jeté au panier ses recettes communautaires, la Fiesta de minots a fondu et les arts visuels sont aujourd’hui mis en boîte dans des containers. Plus étrange encore, on rajoute des éléments extérieurs (Trust, Dragon bal sont accueillis par la Fiesta) pour faire bonne figure. Nomade de par son origine, la Fiesta changera de lieu l’année prochaine, chantier du tramway oblige. Elle ne s’en soucie guère : si la sauce ne prend pas à chaque fois, elle reste un plat de résistance offert à tous les marseillais, l’occasion de se faire servir Vanessa Da mata sur le sable de Rio, Asian Dub Foundation à Notting Hill, et Maalesh à la terrasse d’une paillotte… X- RAY 43 La petite fille qui voulait danser Dans l’ancien hall récemment réaménagé du Forum, Louis Winsberg et son nouveau format poursuivent l’exploration des métissages jazz-fusion tendus par la force flamenca plus les arabesques du Maghreb. Jubilation communicative ! Ce soir-là, le public du Forum de Berre n’avait sûrement pas conscience d’un moment de petite exception. Lorsqu’un ensemble est en phase de rodage suite à une résidence de création, l’auditoire vit en direct les tentatives exploratoires et sonores du moment, les flottements comme les pics d’intensité. Dès les premières frappes du danseur, le martèlement rythmique des talonnades, sonnantes mais non trébuchantes, on comprend qu’on n’est pas ici pour voir un bon concert seulement. Danser d’emblée le flamenco avec un ballon entre les bottines n’est pas commun. Vous comprenez le symbole et la passion : Marseille, Marseille… L’idée est surprenante et quelque chose dit que c’est encore à travailler dans le jeu des rebonds, les glissements sinueux entre les jambes, les chocs et les sons construits par l’esprit fusion. Le ballon et le flamenco ça peut être le pied, puisqu’il s’agit et s’agitent de la danse et des sons, des corps tendus, de se renvoyer la balle au propre comme au figuré, Winsberg X-D.R 0 0 tenter des combinaisons complices à la figure entre les différents instrumentistes, le soutien de ponctuels « olé », l’intensité, la tension, les regards qui cherchent en l’autre un dépassement improbable mais désiré de la musique. Dans cette infernale machinerie, une seule jeune femme, Mona, se devait d’affirmer sa voie au chant et réussissait mieux encore à certains moments, son oud entre les bras, à exprimer les ondulations du Maghreb. Parce que ce projet qui mêle autant d’univers musicaux en évitant soigneusement le formatage world, écriture et improvisation, structuration et liberté, tradition et invention, s’impose le défi d’une ductile bienveillance envers toutes ses composantes. Et tout le monde s’y est mis ! La pitchoun de trois pommes au premier rang voulait danser aussi ! Affiché pour deux soirées, Marseille, Marseille faisait carton plein. Idem quelques semaines plus tard pour le concert à guichets fermés de Pura Fé. Ceci confirme le choix avisé d’une programmation qui se veut tant exigeante que conviviale. On attend donc la touche finale pour le hall/salle de concert avec un design signé Serge Puech, plasticien intervenant du Forum. La saison s’annonce bien ! CLAUDE LORIN Louis Winsberg a joué Marseille-Marseille les 17 et 18 octobre au Forum des Jeunes et de la culture de Berre www.forumdeberre.com www.louis.winsberg.com Trombone bulgare à Charlie Free Il est des moments que l’on gardera dans le cœur pendant longtemps et le concert du Horizons Quintet est un de ceux-là… Georgi Kornazov est tromboniste, d’origine bulgare. Il dit n’exister pleinement que lorsqu’il est sur scène, notamment avec le guitariste Manu Codjia, son complice depuis de nombreuses années, le savoureux saxo soprano Emile Parisien, Marc Buronfosse à la contrebasse et le batteur canadien KarlJannuska. Un 3 e album récemment enregistré est présenté ce soir-là : Viara (Espoir), « pas l’espoir dans le sens religieux du terme mais parce qu’il faut que le jazz existe et c’est pas évident en ce moment » nous dit Georgi. On est accroché et étonné par cette musique qui se renouvelle sans cesse au fil du concert et emmène de surprises en émois. On sent que chaque musicien est là, présent et nourri de l’autre pour apporter sa pierre à l’édifice commun. Les duos saxo/trombone débordant de lyrisme nous font subtilement deviner un substrat balkanique… mais avant tout mettent en évidence le talent de musiciens impliqués très physiquement dans leur art. La construction de ce jazz réussit à tenir en haleine tout au long de pièces telles que Véronique, Oblatsie (Nuages) ou Sianie (Rayonnement) joué sur un thème enfantin, fouillis évoluant en salsa avec des effets de guitare très cristallins... Une démesure d’ingéniosité. Et un CD indispensable ! DAN WARZY Ce concert a eu lieu au Moulin à Jazz à Vitrolles le 25 oct Georgi Kornazov’s Horizons Quintet Rèf : BMC CD 145 - Viara



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 1Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 2-3Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 4-5Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 6-7Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 8-9Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 10-11Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 12-13Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 14-15Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 16-17Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 18-19Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 20-21Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 22-23Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 24-25Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 26-27Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 28-29Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 30-31Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 32-33Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 34-35Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 36-37Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 38-39Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 40-41Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 42-43Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 44-45Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 46-47Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 48-49Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 50-51Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 52-53Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 54-55Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 56-57Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 58-59Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 60-61Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 62-63Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 64-65Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 66-67Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 68-69Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 70-71Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 72-73Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 74-75Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 76-77Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 78-79Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 80