Zibeline n°13 novembre 2008
Zibeline n°13 novembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de novembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : assises régionales... résister et construire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 32 - 33  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
32 33
32 MUSIQUE CONCERTS Prophètes en leur pays Succès populaire pour le concert du Festival de Musique Baroque de Marseille le 7 novembre au Sacré-Cœur ! À une affluence record, deux solistes de l’Orchestre de l’Opéra ont répondu par de brillantes prestations On n’avait plus une place pour se poser… Debout dans l’entrée, les collatéraux et derrière le chœur, les derniers marseillais s’étaient massés pour entendre les fameuses Quatre saisons de Vivaldi. Des gardiens du Trop facile ! temple ont même fini par barrer l’entrée aux retardataires ! Depuis qu’elle a initié son festival automnal, Jeanine Imbert décline une recette éprouvée : pour des concerts gratuits, elle fait appel à des talents locaux ! Car nul n’est besoin d’aller chercher loin ce que l’on a sous la main ! Dans la fosse de l’Opéra, on entend parfois un solo se détacher de la masse instrumentale. Céans, deux solistes de l’orchestre ont brillé tour à tour dans le Concerto n°9 de Boccherini et le « tube vivaldien ». Jean-Eric Thiraud au violoncelle a allié une tendre expression à une puissante virtuosité, quand Rolland Muller, au violon, a fait une véritable b Le 16 octobre au GTP, aux côtés de la star du violon Vadim Repin, on a pu découvrir un pianiste subtil : Itamar Golan La saison 2008-2009 au Grand Théâtre de Provence est ponctuée de rendez-vous immanquables. C’est que l’annonce de la venue de « Grands interprètes » tels que Vadim Repin, Boris Berezovsky (22 janv) ou Andréas Scholl (31 mars) a de quoi susciter l’intérêt des mélomanes et remplir travées et balcons ! Le récital du premier a connu un vif succès, si bien qu’au final, malgré trois bis, le public n’a pas voulu le laisser partir… Tout a commencé par la Sonate de Debussy : violon souverain, perfection de l’attaque et des intonations… Si l’on n’est pas surpris par le jeu royal Vadim Repin Sasha Guzov. de Repin, sa voix moirée, furtivement enrouée, aussitôt suivie d’éclairs d’une pureté cristalline, on l’est davantage par les premiers accords du clavier. Lorsqu’il fixe le cadre harmonique, mâtiné de couleurs « impressionnistes », on comprend qu’Itamar Golan n’est pas un faire-valoir (l’Israélien a même parfois volé la vedette au Russe !). Son côté lutin, joueur, son souci constant de rendre l’exacte nuance, à l’écoute des dynamiques et respirations de Repin, ont visiblement séduit le public. Devant le rideau de fer baissé, afin que les sonorités chambristes ne se perdent pas dans les cintres, le duo a ensuite livré une stupéfiante version du Divertimento de Stravinsky. Piano orchestral et chant vibrant, rythmes essoufflés, frisant le tango, mise en place métronomique et imagination reine, ont généré un pas de deux bien réglé où le pianiste, placé au plus près du clavier, a établi un vrai rapport physique à l’instrument. Et quand, à l’abord de la monumentale « à Kreutzer », Golan a semblé quérir un illusoire sostenuto, alors que Repin imaginait une improbable euphonie, l’osmose a fonctionné… dans les haletantes suspensions du discours beethovénien ou la fougue virevoltante des incontournables variations ! JACQUES FRESCHEL démonstration. Dès l’attaque du populaire Printemps, on a adhéré à sa sonorité posée, son émission franche, une intonation et un vibrato sûrs. La palette de nuances et son aisance technique furent dignes d’un soliste nomade occupant le haut de l’affiche des grandes salles de concerts ! Certes, on s’est souvent éloigné des interprétations « baroques », surprenantes et bigarrées, données aujourd’hui par des ensembles jouant sur instruments anciens. Malgré des tempi allants ou quelque effet de texture (dans L’Hiver en particulier), Cyril Diederich, a dirigé « à la papa ». Même le clavecin expert de Christine Lecoin n’a pas fait oublier que l’orchestre lyrique À venir au Grand Théâtre de Provence Après les Wanderer dans les deux Trios de Schubert (le 20 nov), c’est un portrait en forme de puzzle que construit l’orchestre Les Siècles de François Xavier Roth. En formation de chambre, les musiciens rendent hommage aux dynasties « Bach et Mozart » (le 25 nov), jouent les Quintettes avec clarinette ou deux altos (4 déc). L’orchestre symphonique se joint à Paul Meyer pour le céleste Concerto pour clarinette (26 nov) avant de s’unir aux chœurs pour le somptueux Requiem (le 5 déc, jour anniversaire de la mort de Wolfi !). On n’oublie pas également le dernier spectacle musical iconoclaste d’Heiner Goebbels avec l’Hilliard Ensemble (les 11 et 12 déc) : sur des textes d’Eliot, de Becket et de Blanchot le quatuor vocal jouera un concert en trois parties, visitant et vivifiant l’histoire de la musique… avec sans nul doute, des inventions scénographiques spectaculaires… Grand Théâtre de Provence 04 42 91 69 69 www.legrandtheatre.net demeure plus à l’aise dans les phrasés de Brahms et Verdi ! On pourrait en sourire en snobinant… Mais ces artistes ne le méritent pas et ont offert un concert enthousiasmant ! JACQUES FRESCHEL Le festival se conclut par deux concerts gratuits où l’on entend Scarlatti et Vivaldi (20 nov), Bach et Haendel (23 nov) par des musiciens du Conservatoire Festival de Musique Ancienne Eglise du Sacré Cœur concerts à 20h30, entrée libre Poulenc au Le concert du 15 novembre de la saison de musique de chambre de l’Opéra de Marseille a rempli le Grand Foyer et ravi l’auditoire De larges accords majestueux plantent un décor de jardin à la française, aux coloris ibériques… Dès l’incipit du Trio de Poulenc dédié à Falla, on sent dans le piano puissant et clair de Marie-France Arakelian, la pâte caractéristique de l’« école » Barbizet. De fait, la pianiste marseillaise en est l’une des plus éminente fille ! Plus loin dans l’Elégie, alors que le jeune corniste Julien Desplanque développe de somptueux phrasés feutrés, la pianiste dessine en contrebas des fresques aux touches subtiles, profondes et nettes, avance dans la partition, à pas mesurés, comme une promeneuse attentive au clair-obscur d’un soir qui hésite entre chien et loup… Point n’est besoin d’aller chercher aux antipodes des talents qui, chez nous, ne demandent qu’à éclore. Il suffit juste de les placer sous les limelights ! C’est ce qu’a réalisé l’Opéra de Marseille avec ce brillant récital consacré à la musique de chambre de Francis Poulenc et Jean- Michel Damase. On y a entendu de formidables solistes de l’Orchestre Philharmonique. Au hautbois suave et malicieux d’Armel Descotte, le basson de Stéphane Coutable a répondu par un chant ténébreux, la
33 L’ensemble Télémaque a donné le premier des concerts thématiques et historiques du cycle portraits composés à l’auditorium des archives départementales le 7 novembre Gérard Occello Agnès Mellon zénith flûte de Jean-Marc Boissière par de vibrantes arabesques… Et quand la clarinette experte de Didier Gueirard s’est agrégée à l’ensemble pour le Sextuor, chef-d’œuvre du XX e siècle tour à tour martial ou dépouillé, lyrique et multicolore, Poulenc fut porté au pinacle par un jeu digne d’une formation constituée de longue date. Enfin, si la musique de Damase doit beaucoup à son aîné (clarté du contrepoint, élégance, science de l’écriture, subtilité harmonique…), c’est celle de Poulenc qui nous touche… C’est que derrière un double visage facétieux et mystique, sa musique aux assonances pastel hésite aussi entre le sourire et la plainte. Et que sous la surface, chez lui, les eaux profondes ne sont jamais très loin ! JACQUES FRESCHEL Marie-France Arakelian X-D.R. Étonnant non ? Étonnant comme la musique contemporaine peut rassembler le public, parfois ! Les curieux, comme les mélomanes avertis, ont accueilli avec enthousiasme le concert intitulé timbre et texture proposant un parcours chez les musiciens du son. Ère du son, du timbre, le vingtième siècle n’en finit pas de surprendre par l’audace et l’inventivité dont ont fait preuve ses sculpteurs de sons. Sur scène, un quintette à cordes, en fond de salle un quatuor à vents, et dans le rôle du déambulateur interrogatif ? La trompette de Gérard Occello. Cette spatialisation souhaitée par le compositeur américain Charles Ives -/- rend The unanswered question plus novatrice que sa partition, plaçant l’auditeur au centre des questions existentielles posées par le trompettiste sur fond de trame sonore étirée et continue des cordes quelque peu interrompues par le discours plus ardu des bois. Tout autant confondant par son alliage de timbres et son langage avant-gardiste, l’Octandre de Varèse sonne de manière précise telle une pièce de musique de chambre tout en contribuant à « réaliser la coloration des masses sonores », disait l’auteur. Qui aurait sans nul doute apprécié la grande qualité des instrumentistes de l’ensemble et de son chef Raoul Lay, donnant à cette musique une couleur et une finesse idoine. Qualité instrumentale retrouvée chez les cordes (bien que le très efficace contrebassiste J.-B. Rière soit présent dans l’Octandre) pour le trio à cordes de l’espagnol Luis De Pablo : il dévoile autour de la note pivot si bémol que l’« âme » de l’orchestre n’est pas pour autant délaissée à notre époque, offrant une écriture raffinée et aérienne si différente de la masse sonore dialoguant voulue par Régis Campo dans son trio pour cuivres Les Villes-lumières composé spécialement pour l’ensemble en 1994. Tour à tour, Jean Christophe Selmi et Benjamin Clasen ont fait état de leur virtuosité dans quelques extraits de Mikka « S » pour violon solo de Xénakis et dans la sonate pour alto solo de Ligeti, ces deux œuvres au demeurant fort difficiles d’exécution révélant l’ingéniosité et la richesse de ces partitions. Les explications claires et la direction précise du chef Raoul Lay ont contribué à la réussite de ce concert interactif très abouti, où une musique réputée difficile s’échangeait comme une évidence. FRÉDÉRIC ISOLETTA Virée choc C’est dans la salle de réunion de l’entreprise Cabus & Raulot, transformée pour l’occasion en scène de concert, qu’a eu lieu les 13 et 14 novembre, la dernière création « jeune public » de Symblêma percussions : Playblick Jean-Charles Charmet, directeur du distributeur marseillais de matériel électrique, s’inscrit de façon originale dans le projet de Mécènes du Sud visant à soutenir des projets préfigurant Marseille-Provence Capitale européenne de la culture 2013. Voici un an que Symblêma est en résidence dans les locaux qui bordent l’autoroute- Est, que les percussionnistes travaillent à leur nouvelle création : Playblick. Après un prélude ludique, qui a vu une poignée de collaborateurs de l’entreprise s’essayer à frapper en mesure sur des congas, défiler en batucada fantaisiste au gré d’instruments loufoques de récupération, Frédéric Daumas, Damien Louis et Alain Huteau (le compositeur) ont fait leur entrée. Rapidement le trio a créé un climat onirique, grâce à des bouilles clownesques, silhouettes de théâtre dessinant une pantomime burlesque de ciné-muet. Trois marionnettes partent en voyage et font découvrir des musiques du monde. De leur valise/tambour, elles sortent un bric-à-brac cocasse, illico exploité pour sa vertu sonore, et nous emmènent au Brésil, en Afrique, en Chine ou à Bali… Au fil d’un jingle de cirque récurrent, les musiciens ménagent des séquences colorées, boisées ou métalliques, aux cymbales, gong, glockenspiel, bambous, wood-blocks, sifflet, triangle, crotales… S’ils font montre d’une virtuosité impressionnante (solos de batterie, ballets acro-batiques de mailloches sur vibraphone ou marimba), les trois percussionnistes règlent aussi des parenthèses contras-tées de bossa doucereuse, de course fougueuse ou de ragtime syncopé, avec pour savoureux climax une « batterie » de cuisine délirante se mouvant en boléro kaléidoscopique… Un spectacle bien ficelé qui séduira petits et grands ! JACQUES FRESCHEL



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 1Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 2-3Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 4-5Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 6-7Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 8-9Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 10-11Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 12-13Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 14-15Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 16-17Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 18-19Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 20-21Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 22-23Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 24-25Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 26-27Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 28-29Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 30-31Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 32-33Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 34-35Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 36-37Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 38-39Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 40-41Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 42-43Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 44-45Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 46-47Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 48-49Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 50-51Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 52-53Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 54-55Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 56-57Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 58-59Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 60-61Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 62-63Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 64-65Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 66-67Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 68-69Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 70-71Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 72-73Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 74-75Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 76-77Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 78-79Zibeline numéro 13 novembre 2008 Page 80