Zibeline n°13 novembre 2008
Zibeline n°13 novembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de novembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : assises régionales... résister et construire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 DANSE À fleur de peau Plongée dans le noir, la scène laisse deviner des contours nets grâce aux néons qui redessinent les bords. Rachid Ouramdane est immobile, debout, sur le côté, tandis qu’une voix s’élève. C’est celle de sa mère, dont on voit un peu du visage projeté sur un écran en fond de scène, qui raconte d’une voix douce son mari, la guerre d’Indochine durant laquelle, sous les bannières de l’armée française, il était allé combattre. C’est donc en tant que fils de colon que Rachid Ouramdane est allé au Vietnam, à Saigon, Haiphong, Hanoï, sur les traces de son père, questionnant la mémoire de personnes ayant vécu les conflits. D’autres visages apparaîtront, puis des images, des couleurs, mêlées aux sons, à la musique saturée. Partant des traces de ces violences de l’Histoire, il va danser une histoire personnelle, un autoportrait émouvant que souligne un langage du corps précis, maîtrisé. Des gestes rapides apparaître au bout des doigts des courbes hypnotisantes ; le corps vacille, s’effondre et se relève, poing levé ; la danse de Rachid Ouramdane questionne la mémoire, lui donne son corps. Décidément, dansemcommence bien. DOMINIQUE MARÇON Loin a été dansé le 14 nov au Théâtre d’Arles dans le cadre du festival Dansemep À venir au Festival DansemDomestic Flight de Christophe Haleb les 19 et 20 nov (voir Zib 12) Les Bernardines Rien que cette ampoule dans l’obscurité du théâtre de Georges Appaix le 21 nov Théâtre Durance. Château-Arnoux Voyage d’hiver et Sacre du printemps d’Emanuel Gat le 22 nov (voir ci-dessous) Vers l’autre Le très beau duo créé par Abou Lagraa lors de la dernière biennale de Lyon s’inspire d’un poème persan d’Omar Khayyâm. Avec Nawal Lagraa, il danse un lent cheminement vers la fusion des corps séparés, DANSEM LES HIVERNALES DRAGUIGNAN D'eux sens Eric Boudet Salle Benoit XII. Les Hivernales. Avignon Huit minutes de pose II. Vernissage et performance de Manon Avram. Un projet autour de photographies qui cherchent une vérité de l’être par un cadrage sans fard et un temps de pose long. Du 27 nov au 4 dec. La Friche UNDER # 2 Installation performance de Sabine de Viviès le 28 nov Studio Geneviève Sorin Atelier des corps siamois atelier de Karry Kamal Karry les 29 et 30 nov de 9h à 19h Studio du Merlan Soirée Vidéo Danse autour de Catherine Savy le 5 déc attirés, différents, aquatiques. C’est en allant au bout de la fatigue, de la répétition, de l’épuisement, de la fureur, en se plongeant dans l’eau, en s’éreintant, en s’affrontant, en s’abandonnant, en se confrontant chacun à la solitude, que les corps semblent se trouver enfin, formant ensemble une coupe dont parle le poème. La scénographie, simple, repose sur des carrés de lumière franche, un fil d’eau qui coule, comme dans un patio intime où l’apaisement pourtant ne règne pas d’emblée. La danse est magnifique. Son esprit aussi. AGNÈS FRESCHEL D’eux sens sera dansé à l’Olivier le 6 déc dans le cadre de DansemStudio Geneviève Sorin Nomadness, solo contemporain de la danseuse égyptienne Karima Mansour le 6 déc Espace 233, Istres D’Eux sens, duo d’Abou Lagraa le 6 déc (voir ci-dessous) Théâtre de L’Olivier, Istres Esse #3 - La matrice des anges, un quatuor de danseurs japonais dirigé par Karry Kamal Karry, chorégraphe d’origine comorienne installé depuis peu à Aix-en-Provence, le 10 déc Le Merlan Indigo, une pièce pour 6 danseurs de Paco Decina le 13 déc Le Merlan Schubert et Stravinsky Emanuel Gat est déjà venu à Dansem, en 2000, avant d’être reconnu en France et en Europe comme un grand chorégraphe, et donc bien avant de s’installer à Istres. Il reprend ici, pour Dansem, les Hivernales (Avignon) mais aussi à Draguignan, deux pièces magnifiques où un duo masculin de danseurs jour un rôle essentiel : dans le Voyage d’Hiver (Schubert), le couple nous entraîne dans le trajet romantique du poète vers les sentiments glacés, l’abandon, la fascination haineuse, dans un jeu de regard impressionnant, comme si les danseurs étaient attachés par les yeux. Dans le Sacre du Printemps, ce sont encore deux hommes qui mènent la danse, manipulant trois femmes sur des pas Loin P.Imbert de…. salsa. Ondulations qui, somme toute, conviennent parfaitement à la partition sauvage de Stravinsky. Deux très belles pièces ! A.F. Le Sacre du printemps et Le Voyage d’Hiver Emanuel Gat Le 22 nov Salle Benoit XII, Avignon (84) 04 90 82 33 12 www.hivernales-avignon.com Le 5 déc Théâtre en Dracénie, Draguignan (83) 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com
Du son et du geste… L’entrée au répertoire du Ballet National de Marseille de Sextet de Thierry Malandain s’est révélée l’épisode majeur de la soirée du 24 octobre à l’Opéra municipal… sur une musique hallucinante de SteveReich ! h e BNM MOD DANSE 23 Les musiciens n’entretiennent pas toujours avec les danseurs des rapports harmonieux. Ainsi, Stravinsky s’est souvent plaint de l’incompétence des chorégraphes dans le traitement de la matière sonore… Les ballets les plus réussis sont ceux qui, le plus souvent, marient intelligemment les discours du son et du geste, se rapprochent par-là même de l’idéal d’Art total initié par Diaghilev. C’est ce que l’on a perçu lors de la découverte du Sextet de Thierry Malandain : notamment parce que le chorégraphe s’est approprié le langage à la fois complexe et minimaliste de SteveReich. Au principe de répétition/variation cher à l’Américain, Malandain superpose une réflexion sur l’univers de la danse, dans ce qu’elle possède d’itératif, de cyclique, de ludique… Son « studio » encadré de barres de travail, est la matrice d’un dessein qui surgit du pur exercice quotidien pour scruter l’imaginaire des corps, chercher du sens, engendrer l’œuvre… À la complexité rythmique, échos millimétrés, changements de dynamiques, riffs de trois pour quatre, mesures bancales à onze temps, les danseurs répondent par une plastique hypnotique, virtuose et sans paillettes. Les architectures formelles s’emboîtent : c’est du grand art ! D’autant que, sur scène, l’ensemble Télémaque dirigé par Raoul Lay joue en direct, chose si rare aujourd’hui, et prend les mêmes risques que les danseurs : dire que l’opus est périlleux pour le chef, les percussionnistes et les pianistes est un euphémisme ! L’émotion partagée, risquée ensemble, tient chacun en haleine... Les deux autres pièces du programme se révèlent intéressantes : si le sensuel et rougeoyant Somewhere de Julien Lestel poursuit sa carrière en glorifiant les corps et le jusqu’au-boutisme gestuel néoclassique, la création de Yasuyuki Endo séduit par son originalité et sa virtuosité, peut-être un peu « m’as-tu vu ». Seulement, les musiques ne sont pas de la qualité de celle de Reich. Les pièces enregistrées de Phil Glass possèdent un potentiel émotionnel un peu gâché par quelques clichés et des harmonies plates, quand un patchwork électropop hétérogène n’aide pas à la lisibilité du propos confus de Té To Té. Mais on loue évidemment la classe technique et expressive des solistes du Ballet National ! JACQUES FRESCHEL À venir au Ballet National de Marseille Carte blanche aux danseurs du Ballet National. Les 4 et 5 déc les danseurs du ballet présentent leurs créations, dans lesquelles ils s’impliquent comme chorégraphes et interprètes. Une pratique, initiée depuis l’arrivée de Frédéric Flamand, qui connaît un succès grandissant, dans le Grand studio du Ballet. Pour prolonger sa collaboration avec l’ensemble Télémaque, le Studio accueillera le lendemain (le 6 déc) une ouverture soliste contemporaine, et romantique (voir page 39). Quant à l’École Nationale Supérieure de Danse, elle aura portes ouvertes le 13 déc (voir page 74). Ballet National de Marseille 04 91 327 327 www.ballet-de-marseille.com Happé(x) par la grâce Marseille objectif danse et le Massalia s’allient pour programmer les deux dernières créations de la Liseuse à Marseille… Pour tout vous dire, Appaix, à Zibeline, on en est fan. Collectivement : amoureux des mots, des pas, des notes, des performances plastiques, on reconnaît tous qu’il n’est un virtuose d’aucune de ces choses-là. Ou qu’en tout cas ce n’est pas la virtuosité qu’il ose. Parfois on se dit, parce que ça fait des années qu’on le suit, que là il se répète, fait moins bien, trop pareil. Oui, qu’on en a un peu marre, qu’on a envie d’aller voir ailleurs si son Rien que cette ampoule... Marie Accomiato Sextet Agnes Mellon esprit s’y serait caché. Mais la saison dernière avec Question de Goût, son solo, et Rien que cette ampoule dans l’obscurité du théâtre, pour tous ses danseurs, il nous a à nouveau surpris. Par cette agréable familiarité qu’il instaure entre la scène et le public, projetés ensemble dans un univers partagé. Léger, maladroit, suggestif, pudique et étalé comme on avoue ses ressorts intimes. Si vous voulez vous y plonger, vous pouvez retrouver nos anciens articles sur notre site : www.journalzibeline.fr. Quant à nous, vivement qu’on y retourne ! A.F. Question de goût Les 9 et 10 déc Rien que cette ampoule dans l’obscurité du théâtre Les 12 et 13 déc Friche de la belle de Mai 04 95 04 96 42 www.marseille-objectif_danse.org http://massalia.lafriche.org



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