Zibeline n°13 novembre 2008
Zibeline n°13 novembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de novembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : assises régionales... résister et construire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 THÉÂTRE NÎMES Sombres héros Écrit en 1932, le texte de Ödön von Horvàth - dramaturge de langue allemande dont les écrits, jugés trop satiriques, furent interdits par les nazis-, est d’une modernité incroyable. Elisabeth n’a pas d’argent, elle a entendu dire qu’on pouvait vendre son corps à la science de son vivant. Devant le préparateur interloqué, elle ne démonte pas, elle a besoin de cet argent pour acheter une carte de VRP (elle travaille déjà sans) et gagner sa vie. L’argent lui sera prêté, mais elle sera ensuite accusée d’escroquerie, passera par la prison, sera abandonnée par son fiancé, essaiera de se suicider pour finir par mourir d’épuisement et de faim sur un banc dans un poste de police. C’est à une lutte sans merci pour s’en sortir, par tous les moyens possibles (le mensonge en faisant partie), que se livre Elisabeth ; face à elle les juges implacables, bourgeois bien pensants, ne seront pas touchés par son innocence et son désespoir. Devant des caisses dans lesquelles des reproductions anatomiques exposent les viscères ou les corps écorchés se jouent les impostures, l’inévitable déchéance d’une cosette broyée par le système. Mais l’émotion a du mal à percer. Le jeu de Fabienne Bargelli peine à convaincre, face à la fragilité touchante de François Kopania, son jeune amoureux que fera finalement plier le respect de l’ordre. D.M. Foi, amour, espérance à été joué au théâtre Christian Liger, à Nîmes, du 16 au 18 octobre À venir à Nîmes Les enfants seront particulièrement gâtés à Nîmes avec deux programmes alléchants et radicalement différents. Pour les petits dès 3 ans Cartoons Circus (le 26 nov) offre un voyage dans le meilleur des el cartoons des années 20 à 30 ; une sélection opérée par le musicien, chef d’orchestre et compositeur Roberto Tricarri (que le théâtre avait déjà reçu en 2005 pour son magnifique Sous le ciel de Quichotte) qui donnera à voir aussi bien Félix le Chat, little Nemo, Gertie le dinosaure ou Flip la grenouille. La musique de deux accordéonistes (R. Tricarri et Didier Toffolini) jouera avec les personnages, sur des rythmes jazz, classique ou s’inspirant de fanfares. Les plus grands (dès 7 ans) auront eux à faire avec l’inspecteur wolf, redoutable enquêteur qui accuse le petit Poucet de meurtre… Olivier Rannou, metteur en scène et interprète de L’affaire Poucet (le 10 déc) joue avec le conte et ses codes avec un décalage jubilatoire. Foi, amour, esperance Stephane Barbier Théâtre de Nîmes 04 66 36 65 10 www.theatredenimes.fr Cartoon Circus X-D.R Frêle esquif On était prévenus : Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps allaient effectuer un retour aux sources lors de la création de Salle des fêtes au Théâtre de Nîmes. Respectueux, c’est donc sur la pointe des pieds que l’on a franchi le seuil du Macumba, improbable salle des fêtes dans laquelle règne Madame Gravotta. Ce lieu intemporel, au décor grandiose et bigarré signé Macha Makeïeff, devient rapidement le théâtre de tous les jeux, de toutes les envies d’un petit monde pressé d’en découdre avec la scène, malgré le vacarme extérieur. Le Macumba, soirée prestige oblige, vibre d’un élan artistique évident : chacun se prépare -l’une chantera, l’autre dansera, un troisième jouera de la guitare ou de la batterie-, musiciens, danseurs comme femme de ménage et même l’ouvrier, sous l’œil noir implacable d’une Lorella Gravotta survoltée et surprenante. Les voilà donc à nouveau ces silhouettes nimbés de fragilité, de nostalgie et de folie incongrue, voire de cruauté. On les connaît, les reconnaît, et pourtant… La troupe s’est renouvelée, notamment avec l’arrivée de Tiphanie Bovay-Klameth, forte tête qui A. Chosson baragouine un allemand rageur, totalement à l’aise avec le mime et les borborygmes qui sont la marque de fabrique de la cie. C’est peut-être là que le bât tracasse un peu : si les trouvailles comiques et scénographiques, la rencontre avec ces héros du quotidien maladroits, vulnérables mais émouvants sont plaisantes, elles ne suffisent pas tout à fait à construire un spectacle profond et cohérent. Alors que le burlesque original de La Cour des Grands avait la saveur amère et géniale des meilleurs Buster Keaton, Salle des Fêtes a un petit goût de déjà-vu. Les fidèles restent donc sur leur (grande) faim. Mais la salle était debout ! DOMINIQUE MARÇON Salle des fêtes a été créé au Théâtre de Nîmes du 12 au 14 nov
GAP AVIGNON THÉÂTRE De la schizophrénie comme esthétique Depuis longtemps (toujours ?) Catherine Marnas met en scène des personnages dédoublés, qui assument à plusieurs, en même temps, un rôle. Dans Retour au désert le procédé atteint un paroxysme : les personnages sont systématiquement doublés, suivis, contredits, mimés, caricaturés, explicités, appuyés par leur double, ombres omniprésentes dont ils semblent tirer leur force. Et de surcroît ces ombres Retour au desert Pierre Grosbois sont Brésiliennes, parlant une autre langue… Ce partage du texte, loin d’encombrer le propos, l’illumine : dans Retour au désert il est question de pays étranger, de relations binaires entre une mère et sa fille, une sœur et son frère, un garçon et son cousin, un serviteur arabe et son jeune patron. L’altérité, en jeu dans la langue de la pièce, brutale et châtiée, comique et violente, est ici projeté sur la scène, tandis que la fracture avec l’étranger semble se jouer au cœur de l’individuation, comme si chacun parlait tout à la fois deux langages labiles : les langues s’échangent, se reprennent, s’écrivent sur les murs, varient dans une remarquable fluidité, unecomplexitéoùtout, toujours, demeure compréhensible, pendant plus de deux heures de bilinguisme, avec un zeste d’arabe par-dessus, et des incursions fantasmatiques. L’enjeu de la pièce s’éclaire alors : la maison dont la sœur et le frère se disputent la propriété, l’héritage, n’est pas seulement une métaphore de l’Algérie ou de la France coloniale. Elle est, plus universellement, celle de la langue. C’est-à-dire du fondement même du théâtre de Koltès, qui parle beaucoup mais dont le sens se dissimule derrière les mots qui sont dits. Comme ces corps doubles qui fabriquent les personnages par l’espace qui les sépare. Les comédiens de la Cie Parnas sont comme toujours formidables. Les Brésiliens sont épatants, la scénographie mouvante efficace et belle : le spectacle a triomphé à Gap, et au Théâtre de la Ville. Bientôt à Marseille, qui subventionne une Cie qu’elle voit décidément trop peu ? AGNÈS FRESCHEL D 21 À venir à Gap Une île, petite merveille de théâtre masqué par la cie L’Entreprise de François Cervantes (voir article sur notre site www.journalzibeline.com) les 21 et 22 nov. Regarde maman je danse, monologue autobiographique de et par Vanessa Van Durme, née homme et devenue femme, bouleversante. Les 28 et 29 nov. Jean-Jacques Rousseau, un montage de textes du philosophe taciturne, qui tempête dans son crâne pour mettre au jour ses concepts. Mis en scène par Michel Raskine, et interprété par… Marief Guittier ! Les 3 et 4 déc. Questo buio feroce, de la troupe de Pippo Delbono. Un des spectacles les plus émouvants de l’artiste, qui met en scène la mort comme une allégorie en marche, une estampe baroque… Le 13 déc. Scène nationale de la Passerelle, Gap 04 92 52 52 52 www.ville-gap.fr Calaferte dans le texte La dernière création en date d’Alain Timar (mai 2008) invite à « un voyage en pays de Calaferte » avec trois comédiens qui jouent une multitude de personnages. Créée à partir d’une série de pièces courtes et de textes de l’écrivain, Je veux qu’on me parle est une succession de tranches de vie, d’histoires construites comme un miroir de nos propres habitudes de vie. S’appuyant sur les mots de Calaferte, Alain Timar raconte « une histoire où l’humour noir le dispute à la dérision, au sarcasme, au blasphème, à l’autodérision, mais aussi à la fraternité et au sourire empathique ». Un kaléidoscope de l’humanité, « un puzzle à la fois vital et métaphysique » qui devrait réveiller les consciences ! Le Petit concert à manivelle, programmé à la suite, mettra lui aussi Calaferte à l’honneur : tiré de l’Abécédaire du Petit dictionnaire à manivelle, il devient « unmatériauidéalpourouvrir l’imaginaire et laisser libre cours aux interprétations » précise Guigou Chenevier qui signe la mise en scène, le jeu de batterie et de percus, et donne de la voix, accompagné de M. Klein (vibraphone, Morgane Lechevrel percus, voix),L. Malric (piano, piano préparé, voix), E. Gilot (mise en espace sonore) et S. Jausserand (visuel). Il sera précédé d’une lecture de textes de l’écrivain, sous la direction d’Alain Timar. D.M. Je veux qu’on me parle mes Alain Timar Du 4 au 6 déc Petit dictionnaire à manivelle du 11 au 13 déc Théâtre des Halles, Avignon (84) 04 90 85 52 57 www.theatredeshalles.com



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