Zibeline n°13 novembre 2008
Zibeline n°13 novembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de novembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : assises régionales... résister et construire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 THÉÂTRE MARTIGUES AIX Pléthore ne nuit pas Les rendez-vous aux Salins ne vont pas manquer : en plus de programmations musicale et chorégraphique exceptionnelles (voir pages 26 et 39), la Scène Nationale de Martigues accueille Guy Cassiers, Edouard Baer, Jean Rochefort et Patrick Pineau… Si on connaît l’humoriste par ses passages télévisuels et sa carrière cinématographique où il se garde bien d’incarner des personnages, préférant exploiter le sien, Edouard Baer présente à Martigues un one man show particulier… Il s’agit de lire Un Pedigree de Patrick Modiano (le 3 déc), texte autobiographique ironique et secret, plein de pudeurs inattendues dans une autobiographie… et dans la bouche de l’acteur. Est-ce pour cela que chacun dit qu’il incarne l’auteur à merveille ? Trois jours plus tard, un grand comédien lui succèdera : Jean Rochefort se racontera, Entre autres, le 6 déc (voir p 15). Mais avant cela, Guy Cassiers. Le metteur en scène bouleverse le Festival d’Avignon depuis trois éditions. Chacune de ses mises en scène est un chef-d’œuvre : le propos paraît limpide malgré une complexité conceptuelle jamais contournée, les trajets dramatiques sont surprenants, les comédiens fabuleux, et ses scénographies savent utiliser les outils vidéos et numériques sans en être envahis… Ne ratez pas Mefisto for ever (les 25 et 26 nov), premier volet de sa trilogie sur les abus du Pouvoir, consacrée à un comédien qui se laisse entraîner, par pragmatisme, dans la défense du pouvoir nazi… Enfin, Patrick Pineau s’empare des trois petites pièces de Tchekhov : L’Ours, La Demande en Mariage et Le Tragédien malgré lui sont un concentré du génie de l’auteur russe, nouvelliste hors pair, et immense dramaturge. Rien de plus efficace, drôle -et désespéré- que ces formes courtes (les 16 et 17 déc) ! AGNÈS FRESCHEL Les Salins, Scène Nationale de Martigues 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.fr o La surprise de la fac b Aller au théâtre Vitez est toujours une expérience désarmante. Même si des sièges confortables ont remplacé les bancs en bois de l’amphi, le public est toujours composé d’étudiants de lettres et arts : sympas, attentifs, aux chevelures et vêtements ornés d’enluminures colorées, ils sont ici chez eux, et non timides et déplacés comme dans les halls des autres théâtres… La programmation aussi a de quoi surprendre : quand elle s’associe avec les ATP d’Aix, la salle du théâtre universitaire admet sur son plateau sans coulisses des artistes d’exception comme TG Stan ou Emma Dante. Quand elle s’associe à Momaix, festival jeune public du Pays d’Aix, elle fait venir des Cies aussi intéressantes que le Théâtre de Cuisine (Anthologie du Théâtre d’Objets le 18 nov) ou Vol Plané (à ne pas rater : Il y a quelque chose qui marche derrière moi, spectacle burlesque avec Alexis Moati et Serge Beaufils, le 28 nov). Mais la salle remplit aussi d’autres missions, en dehors de programmer avec pertinence des compagnies professionnelles, elle est un formidable relais pour les pratiques amateurs : celles des étudiants en théâtre ou en musique, qui produisent des spectacles dans le cadre de leur cursus, mais aussi celle des cies amateurs du pays d’Aix. Ainsi du 6 au 14 décembre se tiendra leur 6 e festival… De plus, le théâtre Vitez ne se contente pas de leur offrir ses murs : la Bonne âme du Se-Tchouan présentée le 28 oct, par exemple, était une reprise de la pièce présentée l’an dernier dans le cadre du Festival 3 jours et plus. Les jeunes comédiens s’y sont montrés remarquables d’intelligence, de professionnalisme dans les placements, les enchaînements, le rythme. Le texte si difficile de Brecht, qui demande à composer des personnages pour en sortir aussitôt, et demeurer en et hors du personnage, était compris avec une véritable finesse littéraire et des connaissances dramaturgiques évidentes. Les décors à deux balles fonctionnaient, et même si certains comédiens parlaient parfois franchement faux (comme un violon joue faux, à côté de la note) la performance était remarquable. Surtout celle de Shen-Té. Ce qui démontre, comme s’acharne à le faire la directrice Danielle Bré depuis tant d’années, que le théâtre, indissociable de sa pratique, se consomme mal assis dans un fauteuil. Ou sur un banc ! AGNÈS FRESCHEL Théâtre Vitez Université de Provence 04 42 59 94 37 www.theatre.vitez.fr La bonne ame du Se-Tchouan Sylvie Kerjean Mephisto for ever Koen Broos L’impossible C’est l’histoire d’une famille juive après la guerre, qui voudrait reprendre sa vie d’avant. Son cabinet dentaire, son athéisme, sa manière d’être français… Mais une de leur fille est morte, l’autre a été raptée dans un couvent catholique où ils l’avaient envoyée se réfugier. S’ils récupèrent le cabinet qui leur avait été confisqué, leur rapport aux policiers, aux voisins, à leurs cousins qui se réfugient dans des gestes religieux, au yiddish qui disparaît, et surtout à la descendance qu’ils n’auront plus, à la douleur, à l’impossibilité d’être, à ce moment-là, juif et athée, les fait partir vers Israël, l’Hébreu, les herbes amères retrouvées, tandis qu’ils abandonnent leur cabinet parisien à une belle Sefarade… La pièce de Grumberg, plus amusée que L’Atelier, se situe à la même époque et explore la même mémoire : celle des Juifs d’Europe après la catastrophe qui les décima, mais changea aussi profondément leur rapport à la religion, à la patrie et à la famille. La pièce, écrite avec distance, invente un merveilleux personnage en la personne du dentiste, et met en place un système (brechtien ?) de commentaire permanent, de coryphées qui s’adressent au public et introduisent une jolie ironie. Une auto-dérision juive caractérisée ? Difficile à dire, quand l’histrion de l’auteur lui-même, en jeune homme, déclare qu’une définition de la judaïté est impossible…
PAYS D’AIX THÉÂTRE 15 Attitude solitaire La programmation éclectique du théâtre de Pertuis se poursuit avec le spectacle de François Rollin, Seul. L’irrésistible humoriste a adapté quatre textes de Pierre Légaré, lui-même humoriste canadien, compilés sous forme de réflexions apparemment anodines mais totalement loufoques qui ont fait, entre autres, la marque de fabrique du célèbre « professeur Rollin ». Découverte, donc, de l’univers farfelu, mais néanmoins percutant, d’un auteur en proie aux grandes questions qui se posent à l’homme moderne. Puis la cie La Naïve ses deux dernières créations, Mathieu trop court, François trop long et Six hommes grimpent sur retour Francois Rollin X-D.R. Bien sûr les comédiens sont remarquables, et la mise en scène de Charles Tordjman colle à merveille à l’auto-ironie amère du texte. AGNÈS FRESCHEL Vers toi terre promise, tragédie dentaire a été créé au Jeu de Paume le 14 nov, et est jouée jusqu’au 22 nov À venir au Jeu de Paume Un cadeau de Noël pour les petits : la violoncelliste Ophélie Gaillard a imaginé un récital qui plonge dans la rêverie et emmène au clair de la lune, avec Colombine et Pierrot. Une fantaisie musicale qui mêle le mime aux mélodies de Debussy et Janacek. Pierrot Faché avec la lune, le 3 déc (14 h et 19h). Musical encore sera le récital de Jean Rochefort : accompagné de son accordéoniste, l’homme à la voix chaleureuse et à la distinction si naturelle dira les textes qu’il aime (Prévert, Apollinaire, primo Levi…), poussera la chansonnette surréaliste (Bobby Lapointe…), mais évoquera aussi sa carrière, ses amis, et l’impossible étoile de Don Quichotte… Un autre vrai cadeau de Noël. Entre autres du 9 au 20 déc A.F. la colline. Un diptyque sur l’amitié et la mort, qui ne verse pas pour autant dans le pathos. Le premier raconte l’histoire d’une rencontre, celle de deux enfants du même âge dont un est malade et farouche, l’histoire d’une amitié remplie de jeux, de conversations, de tristesse et d’angoisse, mais aussi d’humour. Le second réunit cinq amis de jeunesse qui se retrouvent pour disperser, à sa demande, les cendres du sixième récemment décédé. Mais le temps a passé ; ont-ils encore quelque chose à partager, si ce n’est le récit de leurs vies et, souvent, de leurs échecs ? Beaucoup de pudeur dans cette tragicomédie enlevée, de l’humour aussi pour révéler ces existences chaotiques. D.M. Tout seul au monde… Un air de jazz, le hall d’un hôtel de troisième zone, palace déclassé, New York de 1928, nous précise une voix off, qui emprunte le ton détaché des polars à la Humphrey Bogart. Une lumière magnifiquement traitée accorde progressivement un relief au décor. Le gardien de nuit (Claude Aufaure) somnole sur une petite chaise, un dandy maigre au visage émacié (Laurent Terzieff) entre, demande sa clé, chambre 412. Débute alors un long soliloque. Erié Smith, revient de cinq jours de beuverie pendant lesquels il a vainement tenté de noyer son chagrin. Le gardien précédent de l’hôtel, Hughie, est mort. Il s’épanche, volubile, griséparsespropresmots, emporté par l’enthousiasme des farces et des mystifications passées, le souvenir de ses succès au jeu, aux courses, auprès des femmes, « les petites pépées des Folies Bergères », et surtout, le souvenir de ce regard admiratif et béat, de cette écoute disponible et complaisante, complice, de Hughie. Même si son nom le rapproche du précédent gardien, Hughes n’écoute pas, son attitude polie n’est que surface vide. Apartés et didascalies en voix off montrent son détachement agacé, son mal de pieds, sa détestation d’une ville qu’il souhaite détruite. Les deux voix solitaires se croisent, tressant un duo improbable, les mots comblent le silence et l’évident en même temps ; le sens se perd avec l’abondance des explications. Pièce forte d’Eugène O’Neill, Hughie nous interroge sur le sens des relations humaines, leur qualité, la solitude tragique de l’existence. La pièce est portée magnifiquement par des géants du théâtre. MARYVONNE COLOMBANI Seul François Rollin le 28 nov Mathieu trop court, François trop long le 2 déc Six hommes grimpent sur la colline le 5 déc Compagnie La Naïve Théâtre de Pertuis 04 90 79 56 37 www.ville-pertuis.fr À venir au théâtre de Rousset La fin d’année s’annonce théâtrale. La cie In Pulverem Revertis reprend sa dernière création, Insupportable mais tranquille, mise en scène par Danielle Bré (le 25 nov). « Une évocation anthropologique des classes moyennes en France aujourd’hui », une mise à l’épreuve de la pensée des intellectuels de ce temps, une parole fine qui est peut-être en panne finalement. En tissant des extraits de textes de Jean Baudrillard, Olivier Cadiot, Martin Crimp, Jean-Luc Lagarce ou encore Rodrigo Garcia, ainsi que des chansons de Philippe Katerine, Michel Berger ou Astor Piazzola, le diagnostic de cette panne prend corps chez les protagonistes, nos alter ego. Puis la cie Sébastien Azzopardi s’empare de l’œuvre de Jules Verne, Le Tour du monde en 80 jours (le 6 déc). Adaptation loufoque et déjantée pour cinq comédiens, truffée d’anachronismes, de bons mots, de courtes scènes d’une inventivité à couper le souffle pour rendre compte du long voyage de Phileas Fogg et de son valet Passpartout. Accrochez-vous ! D.M. Salle Emilien Ventre (Rousset) 04 42 29 82 53 Tour du monde Valerie Lebeau Théâtre du Jeu de Paume (Aix) 0820 000 422 www.lestheatres.net Hughie a été joué au Théâtre de Rousset le 14 nov www.rousset-fr.com



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