Zibeline n°13 novembre 2008
Zibeline n°13 novembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de novembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : assises régionales... résister et construire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 THÉÂTRE Rousseau au loft D GYPTIS TOURSKY Les enfants du siècle On s’en doutait… Inventer une rencontre imaginaire entre Voltaire et Rousseau ne peut qu’aboutir à une caricature. Et à ce jeu-là c’est forcément la pensée la plus complexe, et la moins brillante, qui pâtit. Comme à la télé, quand vous voyez qu’un intellectuel désemparé, ou un artiste timide, est tourné en dérision par un amuseur familier des écrans… Railler Rousseau est facile : l’homme était atrabilaire et proférait des bêtises factuelles quand elles allaient à l’encontre des concepts qu’il cherchait à mettre au jour. D’où ses tocades contre les spectacles, l’éducation des filles… Mais qu’importe : il fut le premier à remettre en cause la propriété, et réclama l’égalité entre les hommes. Ce qui n’est pas rien ! Quand le théâtre se met à jouer contre l’intelligence et la culture, il y a de quoi être en colère : apprendre au public que Rousseau était un original à qui on jetait des pierres n’a aucun intérêt. D’autant que le dialogue, grossièrement cousu, est aussi franchement mal joué… A.F. Voltaire/Rousseau a été joué au Gyptis du 22 au 24 oct. Après Ruy Blas Françoise Chatôt poursuit ses amours romantiques et met en scène Musset : Les Caprices de Marianne, pièce écrite par un jeune homme fougueux, tout à la fois désabusé comme son siècle et plein d’illusions comme à son âge, est sans doute son œuvre la plus pure. Écrite juste avant sa rencontre avec George Sand, l’affrontement ne s’y noue pas entre l’homme et la femme, ou l’homme et la Cité, mais entre un garçon mélancolique et son double charmant et débauché. La femme, elle, se défend puis cède au charme. Elle n’y comprend rien, à cette lutte intestine que se livrent Coelio et Octave, se tuant mutuellement comme tous ceux qui veulent se débarrasser de leur ombre… La distribution des trois jeunes rôles est idéale : d’abord parce qu’ils en ont l’âge, ensuite parce qu’ils ont du talent, enfin parce qu’ils ressemblent paradoxalement aux rôles. Coelio (Grégoire Roger) est ténébreux et digne, lent : il complète son texte en prose avec des extraits des Nuits, poèmes sombres de Musset illuminé poursuivi par son double noir… Alice Belaïdi campe une Marianne surprenante, petite vierge mate, rugueuse et butée ; Octave (Guillaume Clausse) illumine la scène de son charme sautillant et ivre, délicieusement inconsistant et bavard. Le seul qui ait un corps, semble-t-il… en dehors des trois danseurs de hip hop (Cie Sun of the shade) qui breakent le peuple et ses ivresses, les sbires et leur violence. Une grande unité se dégage de l’ensemble : la danse intervient comme un théâtre de masque à la fois carnavalesque et lugubre, les scènes comiques sont délestées de leurs lourdeurs, les trois éléments de décor bougent simplement pour ménager des espaces symboliques… pour une interprétation épurée de ce qui, malgré le romantisme et sa volonté de bigarrure, ressemble en fait beaucoup à une tragédie classique. Ou moderne ? AGNÈS FRESCHEL Où sont passées les cigarières ? La Friche de la Belle de Mai se consacre à la culture depuis de longues années, récupérant les lieux abandonnés par l’industrie. Chacun se réjouit de son utilisation contemporaine et de la variété des arts qui s’y pratiquent, lui accordant une nouvelle vie. Mais quelle mémoire subsiste de ces bâtiments ? Pas de plaque, ni de commémoration, pas de discours ! Les artistes affairés passent, les journalistes, les spectateurs… mais aucun fantôme n’est suscité, aucune ombre n’est convoquée, comme si l’on voulait effacer le passé. Indifférence ? Gêne ? Pendantdeuxannées,EdmondeFranchi a mené des recherches, enquêté avec sur les ouvrières des manufactures de tabac de la Belle de Mai. Pourquoi ? Parce que l’on ne s’occupe jamais des genssimples, suggèreEdmondeFranchi. Reprenant la seule cigarière célèbre, ce sont toutes les Carmen qu’elle convoque dans cette évocation de la Seita, les ouvrières des débuts qui roulent encore à la main (eh oui, il n’est pas nécessaire d’aller à Cuba !), la naissance du syndicat des cigarières (1890), les grèves, les guerres, ces destins de femmes que la grande histoire bouscule, la recette des spaghettis bolognaise, les histoires d’amour interditesentrelesRoméoetJuliettedutemps (une Italienne et un Marseillais !), la libération des femmes par l’indépendance que leur apportait le travail, une allégorique Carmen avec son casque de cyclo, âme déjantée des lieux… Et là-dessus le parler marseillais, truculent, dans un spectacle construit comme un plat de lasagnes, mêlant dans ses étages, par trois, l’histoire de la quête des témoignages de cigarières, passages inénarrables au téléphone !, des scènes de la vie des cigarières, émouvantes, drôles, humaines, et le chœur del’académieduchantpopulairemagnifiquement dirigé par Alain Aubin qui chante la cigarette et la fumée avec humour. On rit beaucoup dans ce spectacle sympathique et enlevé par la verve inépuisable des acteurs, on se souvient, des odeurs, des droits acquis, et du numéro 10 de la rue bleue… MARYVONNE COLOMBANI a Carmen Seita a été créé au Toursky les 6 et 7 nov Les caprices de Marianne Agnes Mellon Les Caprices de Marianne du 18 nov au 6 déc Théâtre Gyptis 04 91 11 00 91 www.theatregyptis.com La pièce sera jouée le 28 nov à 21h au complexe des Terres Blanches à Bouc-Bel-Air 04 42 94 93 78 À venir au Toursky Un programme prometteur et chargé ! Le songe d’une nuit d’été, pièce fantastique de Shakespeare, par la Cie Miranda qui aime le baroque foisonnant et ses masques. Les 21 et 22 nov. La Femme rompue d’après Simone de Beauvoir, un monologue d’Evelyne Bouix, le 25 nov. À la porte mis en scène par Marcel Bluwal, d’après le roman de Vincent Delecroix, avec Michel Aumont, comédien de génie, dans le rôle du professeur qui déambule et vitupère… les 28 et 29 nov. Dom Juan, mis en scène par Jean- Marie Villégier les 5 et 6 déc. Une mise en scène très remarquée cet été… mais c’est déjà plein ! Les caméléons d’Achille, ou quand les Achille Tonic en finissent avec le Show Biz de Shirley et Dino pour revenir à leur amours théâtrales, et mieux les tourner en dérision ! du 11 au 13 déc. Théâtre Toursky 0 820 300 033 www.toursky.org
LE LENCHE LES ATP THÉÂTRE 13 Hors des prisons les murs Le début de saison fut chargé au Lenche ! Le théâtre National d’Alger, malgré les difficultés à obtenir les visas, a pu jouer trois pièces, dont une pièce de M’hamedBenguettaf, directeur du TNA. Arrêt fixe est mis en scène par Ivan Romeuf. La pièce raconte les trente ans d’emprisonnement d’Abdelkader, rebelle anticolonial, mais aussi opposant au régime après l’indépendance. La relation avec son gardien, fraternelle, son rapport aux livres, à la culture, à la poésie, la violence aussi qui surgit parfois, quand il voudrait parler politique et que son gardien le retient… tout cela tient dans le petit espace de la friche de Lenche, rassurant pourtant, calfeutré de tapis chatoyants. Mais quand on le libère, qu’on le renvoie affublé d’un costume ridicule et étroit dans une société muselée, aveugle, où son gardien n’a pas plus de place que lui, c’est sur le béton nu que les deux acteurs algériens vont montrer l’aridité de leur souffrance. Avec un humour et une émotion qui semblent pouvoir les sauver de tout. Une très belle pièce. AGNES FRESCHEL Arrêt fixe, créé au théâtre national d’Alger, fut joué à la Friche de Lenche du 4 au 8 nov Arret fixe TNA Tchekhov rapide Faute de rythme el La création du duo de Serge Valletti, Cahin Caha, fut moins réussie. Pourtant l’auteur en signe lui-même la mise en scène. L’intrigue ressemble à celle du Limier : deux hommes enfermés, ou deux faces du même homme, jouent à qui va tuer l’autre… Il est question d’imaginer la scène, de l’écrire, puis de la jouer. Mais jusqu’où ? Dans ce duo de clowns somme toute classique, malgré les retours en arrière, la mise en abîme et l’inversion finale des rôles, il y a un dominant ; atrabilaire, hargneux, hurlant, et un dominé, bêta, gros, engoncé, au parler populaire (Marseillais donc, chez Valletti). Le dominé est excellent, étonné, roulant des yeux, disant des énormités avec un naturel incroyable. Le nerveux l’est trop, artificiellement, ce qui fatigue. D’autant que tous les deux, bizarrement, instaurent un temps de pause entre chaque réplique. Un silence. Court mais là. Cahin Caha Serge Alvarez Chaque fois. Qui fait que rien ne s’enchaîne. Dommage : le texte est drôle souvent, mais rien ne nuit plus au comique que les fautes de rythme. A.F. Cahin Caha a été créé au Théâtre de lenche par la Cie Les Rubens le 11 nov. Elle sera jouée jusqu’au 22 nov. À venir au théâtre de Lenche La Cie Eclats de scène, qui lors d’une carte Blanche la saison dernière a présenté plusieurs spectacles au Lenche, revient jouer L’Atelier de Grumberg, la pièce la plus jouée de son auteur, évocation d’un atelier de couture dans les années qui suivent la guerre. S’y côtoient des juifs et des non juifs, des jeunes qui veulent vivre et d’autres marqués par le deuil ou l’horreur, l’attente, l’absence. Du 26 nov au 6 dec. Le cas Quichotte, une fantaisie musicale, avec cinéma, bandonéoniste et trio d’acteurs masculin : il ne s’agit plus d’un noble qui se prend pour un chevalier errant mais d’un homme qui se prend pour Quichotte ! Mis en scène par Laurent Vercelletto, du 9 au 13 dec. Tierra Madre, la vieille parle, un conte théâtral qui fait parler toutes les voix qui sommeillent dans le corps d’une vieille femme. Le conte est chanté et dit par Marie Fouillet, mise en scène par Michel Touraille, du 16 au 20 déc. Les Amis du Théâtre Populaire d’Aix poursuivent une programmation d’une étonnante pertinence en faisant venir au Théâtre des Ateliers la troupe argentine de Daniel Veronese. Espia a una mujer que se mata est un montage de texte autour d’Oncle Vania, de Tchekhov. En concentrant le texte dans un espace minuscule où les sept comédiens se gênent sans cesse, en ajoutant des scènes contemporaines, des allusions à la société argentine d’aujourd’hui, la troupe s’approprie le texte devenu classique et nous emmène dans sa réalité : la désespérance russe y gagne en chair, en violence et en actualité… A.F. Espia a una mujer que se mata Spectacle en espagnol surtitré du 20 au 22 nov Théâtre des Ateliers, Aix 04 42 26 83 98 www.atpaix.com Espia a una mujer que se mata X-D.R



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