Zibeline n°12 octobre 2008
Zibeline n°12 octobre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de octobre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... Marseille Provence 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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66 LIVRE L’art du catalogue À l’heure où l’histoire de l’art s’invite avec empressement dans les écoles, l’édition patrimoniale, notamment liée aux manifestations en région se fait particulièrement riche. Les XVIII e et XIX e siècles principalement sont à l’honneur. Deux imposantes monographies, F.-M. Granet et J.-B. Olive, respectent les règles du genre, quasi encyclopédique pour le catalogue du musée d’Aix. Avec Francois-Marius Granet, Une vie pour la peinture, Denis Coutagne, le précédent conservateur du musée éponyme, signe-là la somme véritable sur l’artiste qui donna son nom au musée d’Aix-en-Provence. Scandée en quatre périodes, la vie du peintre est finement renseignée et contextualisée dans le moindre détail : l’environnement culturel du jeune Granet, le projet romain, le temps franciscain ou encore la politique culturelle de Napoléon sur Rome, Granet caricaturiste. L’iconographie abondante s’enrichit des œuvres de ses contemporains, pointant tant les écarts que les similitudes esthétiques du moment. Le héros marseillais oublié se nomme Jean-Baptiste Olive. Regards de Provence confirme sa ligne éditoriale rigoureuse. Avec sa couverture rigide, le catalogue, en plus de la présentation très informée par Franck Baille et Magali Raynaud, offre une riche iconographie servie par un format à l’italienne qui convient logiquement aux vues paysagères ou marines, et se conclut par le catalogue raisonné d’un bon millier de vignettes (dont certaines perdent malheureusement en définition). Autre célébration remarquable à Martigues autour de Félix Ziem. Là aussi, le fond comme la réalisation servent le propos de Nathalie Bertrand, organisé par grands thèmes, jouant les croisements entre l’œuvre de Ziem et ses contemporains. D’autant plus méritoire lorsque l’on sait que le budget du musée ne peut bénéficier de moyens comparables à d’autres structures plus importantes. Le Van Gogh-Monticelli, comme l’exposition, souffre un peu du battage médiatique mal ciblé : on s’attend à plus, et l’ouvrage apparaît modeste. Impression renforcée par certains écarts dans l’iconographie : reproductions de petite taille ou rognées, fonds sombres bouchés. Cependant, les analyses des différents contributeurs permettent de situer ce rapprochement inattendu, le regard fusionnel de Van Gogh avec le maître marseillais mais aussi leurs différences. Nous apprenons l’importance de Monticelli en Ecosse, comprenons pourquoi Van Gogh admiratif de Monticelli, ne se rendit jamais à Marseille, malgré un projet de galerie dans la cité phocéenne. Avec Napoléon et moi !, Jocelyne Rotily nous mène dans les pas de Whistler en Corse. Biographie romancée sous forme de journal, décrit le séjour obligé pour des raisons de santé de l’artiste sur la fin de sa vie. Les anecdotes se mêlent aux désirs et aux hésitations esthétiques, des détails qui par moments surchargent cette chronique d’une période méconnue de l’artiste américain, complétée de reproductions d’œuvres rarement montrées. Plus universitaire et d’approche franchement esthétique, Ce que Cézanne donne à penser rassemble les actes du colloque donné à l’occasion de l’exposition Cézanne en Provence en 2006. Délaissant l’histoire de l’art stricte, nous recevons ici des éclairages singuliers et approfondis sur l’œuvre de Cézanne, son art de voir, l’acte de peindre, ce qui se joue dans la peinture. Chaque contribution n’impose pas la vérité en peinture (selon le mot de Cézanne lui-même) mais stimule la variété des modes d’entrée : ainsi parmi les signatures, Bernard Muntaner relève la forme emblématique du losange, Jean Arrouye analyse la proximité de Cézanne avec Frenhofer le personnage du Chef-d’œuvre inconnu de Balzac, Jean-Claude Le Gouic cherche à savoir comment le peintre s’y prend. Finalement : ce que Cézanne apprend aux peintres et à tous ceux qui nourrissent leur regard grâce à l’art. CLAUDE LORIN (rank : "4', 1111 Granet, Une vie pour la peinture Somogy éditions d’art, 30 euros Le 19 e siècle de Ziem Images En Manœuvres Editions, 19 euros Jean-Baptiste Olive, Prisme de Lumière Edition Association Regards de Provence, 45 euros « Napoléon et Moi ! » James Mc Neill en Corse ACFA Editions, 25 euros (il 111.11` Cl'iaT1111'- PVII,Str irvie *4)i. Ce que Cézanne donne à penser Actes du colloque d’Aix-en-Provence juillet 2006 Editions Gallimard, 29,50 euros Van Gogh Monticelli Edition Réunion des Musées Nationaux, 35 euros
67 Philosophie politique d’Orwell « Ce soir de 1940 où, pour la première fois, l’énorme tir de barrages des batteries anti aériennes éclata dans le ciel de Londres, je me trouvais à Piccadilly Circus… ». Une étonnante discussion s’engage alors entre Orwell et un jeune artiste peintre qui fait l’éloge d’une Angleterre fasciste, « pour pouvoir poursuivre [s]on œuvre bien sûr ». Cette chronique est l’occasion pour l’auteur de 1984 de détruire l’illusion que sous une dictature on peut être libre intérieurement. On admet facilement que l’on peut être emprisonné, torturé… mais pas empêché de penser. Cette illusion pour Hannah Arendt remonte à St Augustin… Mais revenons à Orwell : « la pire des erreurs, c’est de s’imaginer que l’être humain est un individu autonome ; la liberté secrète dont on est supposé pouvoir jouir sous un régime despotique est un non-sens car nos pensées ne nous appartiennent jamais entièrement ». Voilà de la pensée qui s’ancre dans les conditions les plus concrètes, sous un bombardement vécu avec des femmes et des hommes de tous les jours. Ce n’est pas tant le socialisme d’Orwell qui séduit dans ses chroniques que ses conséquences : celui qui se veut socialiste doit connaître et partager la vie de la masse laborieuse et silencieuse ; car pour l’auteur de la Ferme des animaux ce qui importe en politique n’est pas la souscription à une théorie mais le sens du réel, et un certain flair moral. Ces chroniques écrites entre 1943 et 1947 offrent le plaisir d’une lecture qui balaie tous les champs possibles du réel, forme d’hétéroclite du concret, avec le biais perspectif politique qui donne au regard anodin un sens. Pourquoi remettre après guerre des grilles autour des squares fin d’empêcher les pauvres d’y aller ? Les squares seraient ils privés ? « Alors vive le vol » de ces espaces dont l’appropriation remonte à un vol primitif, celui de l’enclosure des espaces communs avec l’aide de juristes acquis à la cause des nouveaux propriétaires. À l’heure de la privatisation des moindres part de nos vies, cet écho anglais des voix de Rousseau et Proudhon dans des contextes aussi variés fait du bien à l’esprit. Car l’univers totalitaire si bien décrit dans les romans d’Orwell semble proche aujourd’hui, comme le souligne Jean-Jacques Rosat dans sa préface : « Quand la vie et la survie quotidienne dépendent directement d’événements qui ont lieu à des milliers de kilomètres et de décisions opaques prises par des puissants inaccessibles, et quand, pour comprendre ces événements et ces décisions on ne dispose la plupart du temps que des mensonges et de la propagande, et des grilles d’interprétation faussées par les idéologies, c’est le socle de toute existence véritablement humaine qui se dérobe. Un tel processus a pour terme l’univers totalitaire de 1984… ». Car on est frappé également par l’actualité de ces chroniques qui reviennent très souvent sur la question de la propagande ; il démontre ainsi que la force de la propagande réside dans le fait qu’elle ne s’embarrasse pas de la contradiction, alors que le discours honnête de résistance, intransigeant sur les faits, doit s’alourdir des longs détours qu’exige le concept de vérité ; et puis « la plupart des êtres humains ont le sentiment qu’une chose devient différente quand on lui attribue un nom différent ». Cela évoque aujourd’hui les régressions qu’on appelle réformes, les systèmes occultes et mafieux que l’on désigne comme « quelques spéculateurs irresponsables » … Cette vulgate médiatico-politique cherche à moraliser par l’absurde un système pourri. Orwell le dit bien dans une de ses chroniques : « blâmer le financier parce qu’il gagne de l’argent par le moyen le plus rapide, c’est un peu comme de blâmer un putois parce qu’il pue » ! RÉGIS VLACHOS A na guise Ce.eslese msr-,94- 0.11,1.1.,Frifihr11=4"embÀ ma guise Chroniques 1943-1947 George Orwell Agone 26 euros Voyage initiatique Utopistes debout ! Prix des Incorruptibles et Prix Versele 2008, la bande dessinée Jeu de piste à Volubilis de Max Ducos sort des sentiers battus de la littérature jeunesse. Une jeune fille est amenée à découvrir le secret de sa grande maison à travers un jeu de piste initiatique qui la mènera au jardin secret de la villa Volubilis. Cette chasse au trésor nous entraîne dans l’univers de l’art moderne, du design et de l’architecture moderniste. L’architecture tout en volumes et en lumières évoque les villas de Mallet- Stevens comme des toiles de Mondrian et Picasso, un fauteuil Le Corbusier, ou encore Calder… Les illustrations stylées et les textes de qualité contribuent à la grande originalité de ce cette B.D. tout comme la couverture en carton, le papier glacé et le format de grande taille. Éducatives et mystérieuses, ces planches accessibles dès 6 ans s’affranchissent des frontières entre les genres par une visite pleine de surprises. FRÉDÉRIC ISOLETTA Jeu de piste à Volubilis Max Ducos Ed Sarbacane, 14,90 euros Guy Rottier n’est pas un homme comme les autres. Architecte et ingénieur, cet ancien élève de Le Corbusier ne s’est rien interdit. L’« anarchitecte », collaborateur de son maître sur la Cité Radieuse de Marseille, a couché sur papier bon nombre de projets qui n’ont jamais aboutis. La maison volante, le pont flûte, l’échiquier pour cosmonautes : « Il faut des fous comme vous en France » dixit Le Corbusier… L’ouvrage de ce bonhomme né en 1922, qualifié d’archi-créateur et d’archi-poète par Arman, n’en finira pas de vous étonner et de vous séduire. L’infatigable voyageur virtuel dialoguant avec la reine des termites 5000 ans après J.C. illustre et retrace avec soin son parcours atypique et novateur dans ce très bel ouvrage. Qui dévoile l’univers utopiste d’une maladie contractée, dit l’auteur, auprès de son mentor : l’architecture ! F.I. ArTchitecte Guy Rottier Ed Alternatives, 25 euros



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