Zibeline n°12 octobre 2008
Zibeline n°12 octobre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de octobre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... Marseille Provence 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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64 LIVRES Le bonheur n’est pas dans le pré Lorsque Bella Block accepte de se rendre à Roosbach pour enquêter sur des suicides suspects, elle jubile : cette affaire lui offre l’occasion inespérée d’aller se mettre au vert quelques jours, loin des bilans du lundi aux allures de « combats de coqs », des collègues machos aux regards équivoques et d’un supérieur incompétent. Elle possède en outre à Roosbach une maison de famille qu’elle rénove et qu’elle est ravie de retrouver. Son allégresse sera de courte durée. La splendeur estivale de ce coin de campagne ne peut faire oublier le remugle irrespirable des porcheries, ni la chape de silence, de malheur et de secrets qui pèse sur le village. Ce havre de verdure n’a rien d’idyllique… Ce bref roman noir, qui se lit d’une traite, permet aux lecteurs français de lier connaissance avec le personnage qui a fait la renommée de Doris Gercke en Allemagne. Une femme flic attachante que cette Bella Block, petitefille d’un poète célèbre, amatrice de beaux vers et de vodka orange, quinquagénaire séduisante, féministe, libre et jalouse de son indépendance. Son regard sans complaisance mettra rapidement à jour la sordide vérité. Le texte, qui fait alterner monologues à la première personne et récit de l’enquête, permet assez vite de comprendre le fin mot de l’histoire (quoique…). En réalité, là n’est pas la question. Doris Gercke, dans la lignée de Simenon, cherche avant tout à rendre une atmosphère. À Roosbach, dans les relents de porc qui collent aux narines, c’est la cochonnerie humaine qui suinte, c’est aussi la peur qui dégouline. Et les comptines qui ouvrent chaque chapitre, clins d’œil aux Dix petits nègres d’Agatha Christie, sonnent le glasdurêved’unecampagne paradisiaque. Doris Gercke était en résidence à la Friche dans le cadre de la Semaine noire (voir page 57). FRED ROBERT Aubergiste, tu seras pendu Doris Gercke Rivages/Noir, 5,95 euros Couleurs des maux Tout commence par une tache de couleur : Rosálio, manœuvre analphabète, arrive dans une ville grise, une femme en robe rouge lui fait signe de sa fenêtre. Choc des corps : « Quinze balles ! ». Rosálio ne peut pas payer. Alors pour se faire pardonner, il parle, il raconte ; au fil des rencontres c’est sa vie toute entière qu’il offre à cette femme, prostituée atteinte du Sida, obligée de continuer les passes pour nourrir son enfant et la vieille. Elle ? Elle lui offre sa seule richesse : elle sait lire et écrire. Au fur et à mesure que naît et s’épanouit leur amour, Irène l’initie aux mystères de la lecture et de l’écriture, essayant d’apaiser sa « faim de mots ». Étrange et attachante histoire écrite dans le long déroulement d’une parole intarissable, à la langue riche et colorée, parfois trop illustrée de métaphores naïves et maniéristes, un peu à l’image de ces contes populaires dont Rosálio parsème le récit de sa propre vie. Deux solitudes qui, l’espace de quelques semaines volées à la mort, s’enrichissent de leurs souffrances et de leurs découvertes communes au fil de chapitres portant chacun des titres de couleur, du premier « gris et incarnat » au dernier « bleu sans fin ». L’auteure est une religieuse brésilienne qui travaille depuis 1965 dans les favellas avec les laissés-pour-compte. Son premier roman a été salué par la critique brésilienne. Elle était présente lors des Littorales à Marseille. CHRIS BOURGUE aria Valéria erende Le vol de l'ibis rouge Min1Nd X Le vol de l’ibis rouge Maria Valéria Rezende éditions Métailié, 18 euros Oublieuse mémoire... On ne peut qu’être troublé et ému par les ravages pernicieux de la maladie d’Alzheimer qui surgit, s’infiltre insidieusement dans l’esprit de personnes tendrement aimées, et l’on comprend avec sympathie la douleur des proches démunis. Ainsi l’histoire de Renée, femme libre, médecin, qui a lu Simone de Beauvoir, soutenu la campagne de Simone Weil pour l’avortement, vécu un amour libre durant 50 ans, mais qui perd ses repères et mélange ses souvenirs, ne peut-elle que nous toucher... Cependant les grands sentiments, les bonnes luttes et les belles intentions ne font pas de celui qui les rédige un écrivain. Frédérique Louvard-Hilaire nous livre dans un petit récit d’une centaine de pages la dérive de sa mère : le portrait est attachant, le personnage très séduisant, mais la narration, conventionnelle, abuse du passé simple, de métaphores éculées et d’une syntaxe inutilement déstructurée (cette manie de placer le groupe complément avant le sujet et son verbe !). Quelques photos en noir et blanc montrent Renée enfant, puis adulte, avec ses enfants... Un récit de souvenirs, un témoignage émouvant, publié par la jeune maison d’édition marseillaise de Sophie Gramond. CHRIS BOURGUE Frédérique Luuvard-HiEairE Renée Frédérique Louvard-Hilaire éditions Gramond, 17 euros
65 En pays d’Islam MohamedKacimi est un des invités des lectures et événements culturels autour des Rencontres d’Averroès (voir page 71). L’auteur algérien, qui vit à Paris et est imprégné de culture humaniste française, pratique deux types d’écriture : ses pièces de théâtre, ou ses romans, mettent en scène la difficulté de vivre dans des sociétés musulmanes liberticides (1962, Le jour où Nina Simone a cessé de chanter, La confession d’Abraham), et ses essais et articles sont des réflexions sur la colonisation, l’expansion de l’islamisme, les conflits libanais ou israélo-palestinien… L’Orient après l’amour mêle habilement ces deux aspects : son autobiographie très factuelle, impersonnelle par moments comme des mémoires, donne lieu à une analyse dialectique des tensions entre musulmans et occidentaux. Débutant par un récit d’enfance où il dit son amour (ambigu) de la langue française et ses souvenirs (plutôt heureux) de son éducation dans une Cité de Dieu mystique, il fait remonter les fondements de ses propres tiraillements aux premiers jours de l’Indépendance algérienne. C’est-à-dire à la fin de l’oppression française, mais aussi au début des massacres du FLN, de la déculturation, de l’arabisation, qu’il dénonce comme autant d’erreurs historiques qui l’ont éloigné à jamais de l’Algérie. À partir de là ses textes autobiographiques prennent valeur de témoignage. De son passage à la Mecque, de « l’hérésie wahhabite », de la destruction de Yemen, des déchirements et régressions de Beyrouth, l’horreur et l’absurdité des checkpoints israéliens, et partout de la présence cynique, martiale, imbécile, néocoloniale et impérialiste des américains. Le livre se finit par un retour en France, avec en particulier un article que MohamedKacimi avait publié dans Libération en 2003, à propos du voile. À faire lire à toutes les jeunes filles qui se couvrent la tête, sans trop savoir ce qu’elles font. AGNÈS FRESCHEL « J’ignore comment exister sans piano ! » L’Orient après l’amour MohamedKacimi Actes Sud, 19 euros Dans son récit autobiographique, le pianiste Mikhaïl Rudy nous entraîne dans l’aventure captivante d’un destin hors du commun « La musique est entrée dans ma vie presque par hasard… Je suis né le 3 avril 1953 en Asie centrale, àTachkent… ». Ainsi débute l’autobiographie Le Roman d’un pianiste de Mikhaïl Rudy. Nonobstant, il ne faut pas se fier à ces phrases sommaires que l’on pourrait trouver dans quelque notice de concert. Ce récit passionnant permet justement de lire entre les lignes, d’aller audelà des clichés tels que « Né en Russie, où il étudie au Conservatoire de Moscou avec Jacob Flier, Mikhaïl Rudy remporte le premier prix du Concours Marguerite Long à Paris, puis s’installe en France… ». On ignorait les conditions modestes dans lesquelles l’enfant surdoué a vécu ses premières expériences musicales, de l’autre côté du Mur, dans un quartier chaud d’une ville minière, et les circonstances miraculeuses qui ont conduit le virtuose a réussir brillamment le concours d’entrée du panthéon du piano : le Conservatoire Tchaïkovski. On découvre aussi les conditions rocambolesques et pathétiques dans lesquelles le jeune homme a pu enfin, en 1975, sortir d’U.R.S.S. et se présenter au Concours Marguerite Long… et fuir la dictature : il demande l’asile politique, au soir du 15 décembre 1976, après le dernier concert d’une tournée en France. Il y a beaucoup de sincérité dans ce récit. Rudy y exprime ses doutes, analyse son « roman familial », évoque ses rencontres essentielles (Rostropovitch, Messiaen, Karajan, Noureïev, Chagall…), la vie stressante d’un concertiste international… De surcroît, ce passionné de littérature écrit finement dans une langue qu’il a fait sienne. Le récit est agrémenté de photos… et l’on peut même se procurer un coffret d’enregistrements marquants du Russe réédités pour l’occasion (Coffret 5 CD Le piano Ornithologue et rythmicien Il est encore temps de fêter le centenaire de naissance d’Olivier Messiaen, et le très bel ouvrage collectif paru aux éditions Symétrie s’avère complet et accompli. D’éminentes personnalités musicales comme Pierre Boulez, Gilbert Amy ou François- Bernard Mâche rendent hommage à un des plus grands compositeurs du XX e siècle et dressent le bilan d’une œuvre singulière ayant parcouru l’ère du « timbre ». Superbement illustré, ce voyage musical est agrémenté d’écrits significatifs du compositeur et nous immisce dans son univers spirituel et musical. De l’importance de l’orgue, instrument de la foi, à l’étude tout en couleur des chants d’oiseaux en passant par les nombreux voyages du maître et sa classe de légende au conservatoire de Paris, tout est dit dans cette somme. Accompagné d’un disque audio d’entretiens du compositeur réalisés par Claude Samuel, d’œuvres et d’improvisations. FRÉDÉRIC ISOLETTA Romantique EMI 234697 2) : un florilège romantique… du grand piano, virtuose certes, mais infiniment sensible ! JACQUES FRESCHEL MIxHAi Le Roman d'un pianiste le livre du cenrenaire ROCHER Le Roman d’une vie Mikhaïl Rudy éditions du Rocher, 19,90 euros Olivier Messiaen Le livre du centenaire Anik Lesure et Claude Samuel Ed Symétrie, 29 euros



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