Zibeline n°12 octobre 2008
Zibeline n°12 octobre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de octobre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... Marseille Provence 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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58 LIVRES CORRESPONDANCES DE MANOSQUE AGENDA Éclats de Correspondances « Offrir un foisonnement de lectures, de rencontres et de lieux d’écriture qui transforme pluie ; car elle a su garder, en dépit de sa renommée grandissante, l’esprit de Manosque en une véritable scène littéraire ouverte à tous », voici ce que se proposaient, découverte, d’ouverture, de fantaisie qui ont fait sa réputation. On y croise les plus pour cette dixième édition, l’équipe organisatrice des Correspondances et son grands noms de la littérature nationale et internationale, on découvre des œuvres directeur, Olivier Chaudenson. Pari largement tenu. En 10 ans, la manifestation majeures lues par des acteurs célèbres, dans une ambiance fervente et d’une littéraire manosquine a conquis des galons bien mérités : Télérama et France simplicité bon enfant. De grands moments de plaisir littéraire, dont voici quelques Culture la soutiennent, le public se presse, même quand il fait frais, même sous la éclats. Petite conversation entre amis « Écrire à l’intérieur de sa langue » Après un grand monsieur des lettres américaines, place à une grande dame de la littérature française. Annie Ernaux est l’invitée de Pascal Jourdana, devant un parterre essentiellement féminin que l’averse n’a pas découragé. L’écrivaine svelte, blonde, à l’élégance un peu lasse, s’anime en évoquant le grand projet, élaboré dès 1985 juste après la publication de La place, et devenu le magistral Les années (voir Zibeline 11). De même qu’elle avait, dans La place, raconté la vie de son père en l’intégrant à l’Histoire, retraçant une « trajectoire sociale », elle a eu très tôt le désir d’en faire autant avec la sienne, mais a mis très longtemps à le concrétiser. Difficulté de parler de soi sans tomber dans l’autobiographie traditionnelle « dont je ne voulais pas » ; conscience aiguë pourtant que ses années avaient été marquées par tant de modifications fondamentales dans la vie des femmes que « cela méritait un témoignage ». Ce grand récit d’une vie de femme du vingtième siècle s’est finalement écrit quand l’urgence a pointé son nez, dans l’angoisse de l’issue incertaine de la maladie. Annie Ernaux le révèle sobrement ; on comprend alors mieux la portée des premières pages du livre, d’une poignante splendeur. La romancière conclut en précisant qu’être écrivain n’a jamais constitué une « carrière » ; écrire, pour elle, c’est transmettre une mémoire, mémoire d’une vie, d’une époque, d’une société. Les années vient de recevoir le Prix Marguerite Duras ; elle s’en dit enchantée, elle qui admire la grande liberté de Duras. Sans doute les deux écrivaines ont-elles beaucoup en commun. La conscience sociale, la justesse et la singularité du ton peutêtre, la force du style assurément. Ecritoire Laurent Gayte Richard Ford Laurent Gayte D Sur la place de l’Hôtel de Ville, Pascal Jourdana a réuni, pour la première grande rencontre littéraire, le romancier américain Richard Ford et son éditeur et ami Olivier Cohen. C’est donc à un dialogue que le public assiste. Une conversation amicale, informelle en apparence, occasion pour l’auteur de faire le point sur ses choix littéraires, et d’évoquer le personnage récurrent de sa trilogie du New-Jersey, Franck Bascombe, que l’on retrouve avec plaisir dans le 3 e tome récemment édité en France, L’état des lieux (voir page 63). Lorsqu’Olivier Cohen n’hésite pas à voir en Bascombe « l’un des grands héros de notre temps », au même titre que le Herzog de Saul Bellow par exemple, Ford réplique, modeste, qu’« un personnage de roman n’est pas si difficile à construire ». Ce qu’il recherche avant tout, dans la lignée d’un Carver, c’est à transcender un personnage ordinaire par la littérature, afin de « mettre le doigt sur ce qui est essentiel dans la vie ». Il fait de même pour les lieux, qui deviennent sujets à part entière de l’écriture, même s’ils n’ont rien de glorieux ni pittoresque. Ainsi a-t-il voulu dans L’état des lieux écrire un roman qui « affirmerait le New Jersey. ». Richard Ford s’exprime avec humour et simplicité, dans un américain modulé que la traduction simultanée est loin de gâcher : le jeune auteur en résidence YannApperry s’est acquitté de celle-ci avec une maestria remarquable, permettant au dialogue de conserver sa fluidité et à la rencontre tout son charme. Deux cœurs à l’œuvre La lecture par un écrivain de son œuvre est souvent étonnante. Ce qu’il en retient n’est pas forcément ce qui vous a marqué, et le ton qu’il y met n’est jamais celui de votre voix intérieure. Les lectures croisées pratiquées à Manosque ajoutent encore à l’effet de surprise, en superposant deux voix : celle de Véronique Ovaldé (Et mon cœur transparent, voir Zib 11) et de CaroleMartinez (Le Cœur cousu) ont trouvé entre les œuvres des passerelles bienvenues, qui n’ont pas amoindri la singularité de Idéal aristo Barbara Carlotti a une très jolie voix, au vibrato subtil, élégant, à la tessiture unie, à la justesse à toute épreuve. Elle aime la littérature, et ses chansons en témoignent, traces de ses lectures précieuses –Baudelaire, Miller, Byron, Oscar Wilde, Rimbaud… Elle sait aussi établir une ambiance chaleureuse, mutine, relever doucement la longue frange qui couvre ses yeux et prendre un air hautain, contredit aussitôt par l’humour de son attirail de confé-rencière. Le chacune. La lecture de Véronique Ovaldé, pétillante, assurée, ajoutait à l’humour de sa prose ludique et syncopée. Celle de Carole Martinez, un brin trop rapide, mettait en évidence la longueur des périodes, la minutie descriptive, les strates de sens, un lyrisme souligné par des diérèses et des liaisons soignées. Les mêmes thèmes, pourtant, se croisaient dans la voix des deux femmes : la rencontre et l’amour, la fascination pour les objets, l’intrusion fantastique… cabaret qu’elle proposait s’annonçait plutôt bien, donc, si ce n’est que l’idéal du dandy tel qu’elle le laisse flotter autour des auteurs choisis, donnerait plutôt envie de les faire passer encore un coup (un cou ?) par la guillotine : le luxe, l’élitisme, l’exotisme, l’oisiveté semblent aujourd’hui des valeurs peu cardinales, dont on ne voit pas comment elles pourraient fonder un bonheur…
59 Depuis sa folie Les lettres d’Antonin Artaud à Anie Besnard sont particulièrement émouvantes. Comme des traces de poings enfoncés dans les murs, des empreintes profondes, elles sont un témoignage des hallucinations d’un auteur dont la folie a fondé une grande part de l’œuvre. Il existe dans la littérature des réécritures, après coup, des crises psychotiques. Avec les Lettres à Anie Besnard on est plongé, sans littérature, dans la souffrance du fantasme lorsqu’il envahit la perception du réel. À sa place Emmanuelle Devos est restée à sa place durant la lecture de larges extraits du célèbre roman d’Annie Ernaux. Installée à une table, face au public très nombreux venu l’écouter dans la salle Jean Le Bleu, elle n’en a pas bougé, se contentant parfois, au fil de sa lecture, de remettre machinalement en place une mèche de cheveux. L’actrice s’est fait discrète, lectrice attentive et pertinente d’un texte qu’elle admire visiblement, et dont elle a su rendre, audelà d’une écriture blanche en apparence, l’ironie subtile et la charge émotionnelle implicite. Tout s’est dit entre les mots, dans les pauses, les ruptures de rythme ; dans le choix judicieux des extraits aussi. Aix-en-Provence Centre des écrivains du sud Jean Giono 04 42 21 70 90 Rencontre-débat avec Alice Ferney (Paradis conjugal, Albin Michel) et Patrice Pluyette (La traversé du Mozambique par temps calme, Le Seuil) menée par Paule Constant ; lectures par Laurent Kieffer. Le 23 octobre à 18h. Aubagne Médiathèque municipale Marcel Pagnol – 04 42 18 19 90 Journées du livre jeunesse. Du 13 au 16 novembre. Cavaillon Médiathèque la Durance – 04 90 76 21 48 Fête de la médiathèque dont trois écrivains seront les parrains : Pascale Breysse, Patrice Breysse et Régine Detambel. Exposition Les livres d’artistes des éditions Cheyne, café littéraire, atelier de calligraphie, conférence… Les 18 et 19 octobre...,0.4%. La Ciotat Librairie Le Poivre d’Âne –04 42 71 96 93 Rencontre avec Joëlle Gardes à l’occasion de la parution de son recueil Pourtant ces lettres -24 lettres écrites en 7 ans à l’âme d’une jeune fille qu’il prend pour un ange, puis à une femme mariée et aimée sans échange charnel (impur !), et toujours soupçonnée d’avoir volé l’âme de la jeune fille- possèdent une vraie force littéraire : dans les images qui déferlent, les cris qui enflent, les longues phrases sans repos qui disent et redisent la souffrance, le réel qui s’échappe… Laëtitia Angot, au corps tout frêle et toute forte de sa voix, incarne Artaud avec la distance Et on a retrouvé l’histoire de ce père dont la fille unique s’éloigne peu à peu ; changement de classe, changement de place. On a suivi, comme si on les redécouvrait, les épisodes d’une existence de labeur, les étapes du vieillissement jusqu’à la mort enfin. Magie de la lecture à haute voix. Les mots qu’on avait lus sonnent, reconnus et neufs pourtant. Sans pathos, ils portent si fort l’émotion que tous communient dans cet hommage au père disparu. À la fin de la lecture, Emmanuelle Devos avait des larmes dans la voix, de vraies larmes. De nombreux spectateurs les avaient dans les yeux. Nouvel hôtel En dehors de toutes les animations habituelles, en particulier des Écritoires installées partout dans la ville (rappelons que plus de 15000 lettres ont été envoyées en 2007), cette édition 2008 a vu l’inauguration officielle de l’Hôtel Voland. Cette maison bourgeoise du XIV e siècle, joliment restaurée, abritait déjà les éditions du Bec en l’air, ainsi que trois appartements destinés aux auteurs en résidence. Un appartement supplémentaire est aujourd’hui en cours d’aménagement ettoutlerez-de-chausséedel’ancienstudium papal accueillera désormais le bureau Au Programme de poésie Dans le silence des mots (éd. de l’amandier). Le 16 octobre à 18h30. Rencontre avec Kiyé Simon Luang à l’occasion de la parution de Ici finit l’exil (éd. Limitrophe). Le 30 octobre à 18h30. Marseille Solidarité Provence Amérique du sud – 04 91 48 78 51 7 e Festival Belles Latinas sur le thème, cette année, de La fièvre d’écrire : l’Amérique latine, entre fiction et réalité. Tables rondes, lectures, concert. Le 18 octobre, dès 14h30 au Théâtre des Bernardines. BMVR Alcazar – 04 91 55 56 34 Rencontre-débat avec Pia Peterson qui présentera son livre Passer le pont (Actes Sud), dans le cadre du cycle Juste une mer à traverser. Le 18 octobre à 15h. Le Pole Art Marseillais – 04 91 33 85 24 Rencontre avec Daniel Piccouly au restaurant Don Corleone, le 23 octobre à 20h. Peuple et culture – 04 91 24 89 71 Pessoa l’intranquille : rencontre avec Patrick Quillier, poète, écrivainchercheur et traducteur du poète portugais. Le 30 octobre à 19h. Institut culturel italien – 04 91 48 51 94 o Lecture théâtrale de Vêpres de la vierge bienheureuse de Antonio Tarantino par la cie Lalage. Le 30 octobre à 20h. Comité du vieux Marseille – 04 91 62 11 15 17 e Carré des Écrivains : manifestation qui réunit le plus grand nombre d’auteurs dont le livre parle de Marseille. Conférences, expos, rencontres… Le 15 novembre. Des auteurs aux lecteurs – 09 41 42 68 64 Ecrivains en dialogue, cycle de rencontres de duos d’écrivains conçu et animé par Pascal Jourdana, diffusé sur la webradio de France Culture Les Sentiers de la création. Le 18 novembre, Neil Bissoondath & Zoé Whittall. À la bibliothèque départementale Gaston Deferre à 18h30. Miramas Médiathèque intercommunale Ouest Provence – 04 90 58 53 53 nécessaire. Le film de Philippe Bertin transforme les nœuds des platanes en têtes souffrantes, et les images d’archives en bribes de mémoire. Seules les nappes du violoncelle échantillonné sonnaient un peu pauvre, puisant leur lyrisme dans un plain chant et une amplification sonore simplistes, quand l’émotion aurait pu naître d’une partition plus écrite. permanent des Correspondances ; on y trouvera également un café associatif et un lieu d’exposition. Un beau projet de réhabilitation qui vise à faire vivre le centre ancien de Manosque, si cher à Giono. FRED ROBERT ET AGNÈS FRESCHEL La dixième édition des Correspondances de Manosque s’est déroulée du 24 au 28 septembre Polar du sud : exposition de photos de Claude Almodovar en partenariats avec le Pôle Arts Visuels Ouest Provence. Jusqu’au 25 octobre Rencontre-débat Vous avez dit polar marseillais ?, en présence de Claude Almodovar, Alexandre Clément, Jean Contrucci, André Fortin, Serge Yves Ruquet, Serge Scotto et François Billard (le 18 oct. à 15h) Conférence sur le thème Le polar contemporain, miroir de la société ?, par François Thomazeau, journaliste, écrivain et cofondateur des éditions l’Ecailler (le 21 oct. à 18h30). Pertuis Librairie Mot à Mots – 04 90 79 02 04 Rencontre avec Brigitte Allègre à l’occasion de la sortie de son 1er roman, Les fantômes de Sénomagus (éd. Actes Sud). Le 19 octobre à 17h. Trets Château des Remparts – 04 42 61 23 75 3 e édition de la manifestation Des Remparts et des Bulles. Rencontres, dédicaces, projections… Les 25 et 26 octobre.



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