Zibeline n°12 octobre 2008
Zibeline n°12 octobre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de octobre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... Marseille Provence 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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54 ARTS VISUELS ARTEUM TOULON Le dessein du motif Cela a commencé du côté du Tholonet, au pied de la Sainte- Victoire lorsque Léo Marchutz, fuyant l’Allemagne nazillante, s’installe en 1928. Suivront André Masson et Pierre Tal-Coat. Un peu plus tard, dans les années cinquante, alors qu’on les appelle les peintres de Château Noir, François de Asis se joint à eux, portant les mêmes préoccupations picturales : travailler sur le motif, rendre par des jeux de signes l’espace et la structure, la lumière, la réserve et le non-peint de la toile, l’instantanéité du geste que cultive Masson, et dont on trouve le pendant théorique chez Gaston Bachelard dans la Théorie de l’instant. Chacun développe son langage pictural et graphique, laissant parfois l’ambiguïté naître entre peinture et dessin, structure et lumière. En émane souvent une sensation d’urgence, de surgissement vital laissé par le geste comme si l’essentiel devait être dit en si peu de temps. Enchevêtrements rend compte de cette complexité esthétique et confraternelle qui rapproche ces quatre artistes en réunissant une sélection remarquable de dessins, peintures, et tout particulièrement des lithographies en noir et blanc et en couleur réalisées sur les pierres de l’atelier de Léo Marchutz vers 1950. Certaines pièces plus récentes de François de Asis complètent l’accrochage. Dans le (trop) mince catalogue pourtant fort bien illustré, Vincent Bercker éclaire magnifiquement l’histoire et les enjeux artistiques enchevêtrés des peintres de Château Noir, que vient conforter et préciser la contribution de Denis Coutagne en postface de l’ouvrage. CLAUDE LORIN Enchevêtrements jusqu’au 22 novembre Arteum Musée d’art contemporain 04 42 58 61 53 www.mac-arteum.net Francois de Asis, Venise, le jardin de la Salute, 2007, huile sur toile Le visage, miroir de l’âme L’Hôtel des arts jette le trouble sur notre façon de voir le visage de l’autre, à moins que cela ne soit le nôtre… Figures du vague, effacements, recouvrement, face à l’histoire et face à la mort, traces et fragments, dissolution : autantd’entrées possibles pour pénétrer le thème de « la transformation radicale de la représentation de la figure humaine au XX e siècle » qui est au cœur de l’exposition Le visage qui s’efface à l’Hôtel des arts à Toulon. Vaste et ambitieuse entreprise menée par Itzhak Erik Dietman Photo CNAC-MNAM Dist.RMN - Philippe Migeat Goldberg (maître de conférences et critique dans Beaux-arts magazine) qui réussit l’exploit de présenter avec clarté et pédagogie un ensemble magnifique d’œuvres d’une soixantaine d’artistes internationaux. On peut apprécier la présence de Dieter Appelt, Ange Leccia, Erik Dietman, Arnulf Rainer ; ou se laisser guider par Fautrier, Klee, Michaux, Tal Coat, Ben, Giacometti, Zoran Music… Le plus intéressant, sans doute, est de saisir le distinguo qui s’est fait, progressivement, entre le portrait et le visage, le portrait étant réservé à une représentation réaliste du sujet, le visage à son évocation dramaturgique. Si, derrière la réalité des traits, le portrait donnait à voir les expressions humaines, la représentation contemporaine du visage tend à l’effacement et à la disparition. Il est révélateur de constater les liens invisibles qui relient la gouache sur papier d’Henri Michaux de 1981, Composition, aux œuvres sur papier d’Adriena Simotova de 2003, habités par la même abstraction du visage réduit à quelques aplats poudrés, à quelques lignes imaginaires, à peine palpables. Et la force de cette exposition est justement de souligner les filiations stylistiques et conceptuelles au-delà des mediums et à travers le temps (depuis Paul Klee en 1935 à Sophie Rocco et Lydie Arickx en 2008). Qu’il s’agisse du visage prétexte à une exploration de la matière chez Dubuffet, Rebeyrolles, Thupinier et Baselitz, ou d’un jeu de cache-cache, de morcellement et de puzzle chez John Coplans et Esther Ferrer : tous ces visages interrogent le monde, yeux mi-clos, étrangement ouverts ou totalement absents. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Le visage qui s’efface jusqu’au 23 novembre Hôtel des arts, Toulon (83) 04 94 91 69 18
DANIEL ARASSE GALERIE MOURLOT BIENNALE ARTS VISUELS 55 Présence(s) de Daniel Arasse Les 26 et 27 septembre l’association Art, Culture et Connaissance organisait à l’Alcazar-BMVR la troisième édition de L’histoire en question(s), colloque national en hommage à l’historien d’art Daniel Arasse disparu en 2003 Ce choix s’est appuyé sur l’importance et la reconnaissance internationale de l’œuvre de Daniel Arasse, spécialiste de la Renaissance italienne, auteur du Détail, pour une histoire rapprochée de la peinture, de commentaires sur des artistes contemporains (A. Fleischer, A. Serrano,C. Sherman…), commissaire de l’exposition Botticelli du musée du Luxembourg en 2003. Sans compter le succès public de ses émissions sur France Culture Histoires de peintures et de son livre On n’y voit rien. Descriptions, réédité à plusieurs reprises en livre de poche. Après la présentation par Jean-Noël Bret et une resituation de l’œuvre de Daniel Arasse les différentes interventions, si elles n’ont pu expliciter totalement le travail de l’historien - est-ce possible en si peu de temps ? - ont tenté d’ouvrir des questionnements de grande fécondité selon le mot de Jean Arrouye. Bertrand Prévost cherche à savoir ce que pourrait être une histoire de l’art intéressante (selon l’expression de Daniel Arasse) par différence avec l’histoire de l’art académique qualifiée d’ennuyeuse. « Ce qui rend l’œuvre d’art intéressante ne lui est pas intrinsèque, n’est jamais donné mais ça s’invente ». De rappeler par exemple le style si efficace, oral et intérieur pratiqué dans On n’y voit rien. Maurice Fréchuret relevait l’importance du temps nécessaire passé devant une œuvre (sept secondes en moyenne, lecture du cartel compris selon les études conduites auprès des publics des musées de France !) et l’intérêt porté au détail. Parmi divers exemples, il souligna qu’un focus sur la présence discrète de retouches de finition permet de relativiser la gestualité supposée spontanée chez Hartung. Pour sa part, Jean Arrouye éclaircit notre regard le temps d’analyser plusieurs Annonciations et leurs structures narratives comme formes rhétoriques du salut : « ce qui est consistant ici c’est la perspective ». La confrontation entre ancien et contemporain à travers l’idée d’anachronisme fut travaillée par Véronique Goudinoux, s’avérant fructueuse (Contrepoints au musée du Louvre) ou perdant de sa pertinence (Goya/Morimura au musée des Beaux-Arts de Lille). Bernard Lafargue tenta une définition de l’histoire de l’art comme l’histoire des effets que me font les œuvres d’art. La distinction sens-signification a été abordée non sans humour parfois (et quelques flous) par le philosophe Alain Chareyre- Méjean. Si l’assistance était parfois déroutée par la complexité des interventions ou les concepts esthétiques avancés, comme en témoignaient quelques silences lors du moment crucial des questions/réponses, se dégageait cependant de ces deux journées un sentiment véritablement jubilatoire de la pensée en actions sur les choses de l’art (Bernard Lafargue à propos La Tempête de Giorgione) et d’empathie intellectuelle : « Arasse me rend intelligent » se réjouit Alain Chareyre-Méjean. Les actes du colloque seront publiés dans la revue Figures de l’art en juin 2009. Ceux des deux premiers paraîtront à la fin de l’année 2008 aux éditions Klinsieck. CLAUDE LORIN Créée en 1994, Art Culture et Connaissance s’est donné pour objet la connaissance et la diffusion de l’histoire de l’art, la culture et la création contemporaine. Elle entretient un long partenariat avec la Fondation Ecureuil de la Caisse d’Epargne, avec des conférences mensuelles à l’Espace Ecureuil à Marseille. Pour la saison 2008-09, l’association a conçu une nouvelle collaboration avec l’Espace Leclere, maison de vente aux enchères. Ce cycle de rencontres débutera avec Alain Jaubert, auteur notamment de la série Palettes (voir page 73). Art Culture et Connaissance Contact : Jean-Noël Bret 06 87 92 91 09 acc.marseille@free.fr Daniel Arasse Eric Rondepierre Appels à candidature 9 e prix Mourlot Jeunes talents, l’association pour le prix de peinture Jean-Michel Mourlot lance sa neuvième édition en faveur de la peinture contemporaine. Aucune contrainte n’est imposée ni droit d’inscription, il suffit de candidater sur dossier avant le samedi 6 décembre. La sélection se déroule comme d’habitude en trois étapes : des seize artistes retenus sur dossier, quatre artistes sont ensuite sélectionnés en janvier pour une exposition collective du 18 mars au 11 avril à la galerie des Beaux-Arts de Marseille. Le bienheureux lauréat sera connu lors du vernissage et recevra un prix de trois mille euros. Le comité de sélection 2009 est composé de Jean-Pierre Alis, directeur de la galerie Athanor, Olivier Billard responsable de la galerie Mourlot, des peintres Jean-Jacques Ceccarelli et Gérard Traquandi, Huguette Mille pour l’association Mourlot, des critiques d’art Jean-Louis Marcos et Frédéric Valabrègue, écrivain. Le lauréat 2008 était Christophe Boursault. Galerie Mourlot 27 rue Thubaneau 04 91 90 68 90 http://galeriemourlot.free.fr Biennale des jeunes créateurs d’Europe et de Méditerranée La dernière biennale a eu lieu en 2008, et la prochaine se tiendra à Skopje (Macédoine) en 2009. Ce qui est peu logique pour une biennale, mais compréhensible puisqu’en fait la précédente, qui s’est tenue à Bari, avait été retardée d’un an. Quoi qu’il en soit, les jeunes artistes de tout genre, plasticiens, photographes, vidéastes… mais aussi metteurs en scène, danseurs, performers et musiciens, sont invités à déposer leur candidature ! À Marseille, Toulon, Aix et dans toute la région PACA.Le jeu en vaut la chandelle, et la sélection française fut l’an dernier d’une qualité remarquée… Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 décembre. www.espaceculture.net



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