Zibeline n°12 octobre 2008
Zibeline n°12 octobre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de octobre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... Marseille Provence 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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52 ARTS VISUELS FRAC LA COMPAGNIE Moi j’aime l’art qui fait boum Certains artistes ont parfois des idées à la con comme jouer avec des explosifs. Gasc Démolition TM s’en est fait une spécialité, pour saper La Compagnie, artistiquement Anne-Valérie Gasc joue avec nos nerfs. À savoir que les sous-sols de La Compagnie sont entièrement ceinturés d’explosifs prêts à péter. Ça vous fout les chocottes et sourire à demi. C’est pas pour de vrai. À un poil prêt. Car Gasc respecte et applique en tous points les protocoles réels utilisés dans la destruction des immeubles et les impératifs de sécurité afférents. Dans les fondements du 19 de la rue de Pressensé –où se trouvent les ateliers photo et stockés archives et autres rebuts- tout est donc prêtàimploser. Ledispositifest d’ailleurs clairement visible tout au long de la déambulation du spectateur, y compris le système de mise à feu à portée de main. Le (la) responsable de l’explosion sautera nécessairement avec. Cela évoque-t-il certaines pratiques suicidaires actuelles ? Sous forme de projets et d’installations in situ, l’artiste (toujours en vie à ce jour) s’intéresse donc au potentiel destructif de nos sociétés et aux représentations qui lui sont liées (mise en spectacle des catastrophes, justifications guerrières, droit de détruire/obligation de conserver, responsabilité individuelle/collective…). Dans des projets antérieurs, elle s’est penchée sur les capacités de destruction militaire comme dans Bunker Buster (voir Zibeline 6). Cependant, afin d’appréhender tous les enjeux de ces dangers latents, qui peuvent être évoqués par de tels projets à forte charge symbolique, un accompagnement explicatif est parfois nécessaire : l’évidence du dispositif visible, comme ici à La Compagnie, ne sert pas forcément le questionnement artistique de manière explicite. Plusieurs propositions complètent l’évènement, avec la participation du collectif d’artistes Ur-Bororo sur l’argument détruire, c’est créer. Mis en actes par Laurent Le Forban, en particulier le jour du vernissage en détruisant à la masseunepalettedeparpaingsen pleine rue. Créer ou démolir ? Les projets les plus récents de Gasc Démolition seront présentés à la VF Galerie en novembre. CLAUDE LORIN PORT DU MASQUE ET DES YtTEMENTS DE PROTECTION OBLIGATOIRES Restricted area jusqu’au 1er novembre La Compagnie 04 91 90 04 26 www.la-compagnie.org BombBunker Buster Images En Manœuvres Éditions, 2007 Camp de base Avec la présentation des nouvelles acquisitions, Éclats de frontières, le Frac affirme son orientation de travail collaboratif et entend initier des projets avec les forces vives du grand espace méditerranéen Éclats de Frontières expose une dizaine d’œuvres sur trente acquises entre 2006 et 2008, avec une prédominance pour les nouvelles technologies et la vidéo en particulier. Bon nombre de pièces travaillent des questions fortement sociales avec des artistes comme Yto Barrada (La Contrebandière), Jordi Colomer (No Future), Zineb Sedira (And the road goes on…) contrastant avec d’autres plus poétiques ou esthétiques tels H2O Diptych de Ceal Floyer, Sans titre d’Eva Marisaldi, News from the near future de Fiona Tan. Fait du hasard et force des évènements sûrement, deux vidéos restituent singulièrement l’impact de la guerre au Liban. We can make rain but no one came to vue de l’exposition Éclats de frontières – nouvelles acquisitions du FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, photo : Jean-Christophe Lett ask de Walid Raad, mêle en lents fondus des bribes documentaires au long format panoramique, faits pour être regardés impérativement debout ; tandis qu’Akram Zaatari avec Saida June 6th 1982 (Air Raid) explore en quelques mouvements de caméra furtive l’espace réaliste d’images fixes telles des cartes postales représentant les bombardements observés de son balcon. Dans sa série Trackers, Ahlam Shibli photographie les adolescents palestiniens entraînés par l’armée israélienne, jeunesse naïve qui tient une grenade offensive comme on porte un fruit dans le creux de la main. Selon son directeur, Pascal Neveux, le Frac souhaite développer plus avant les collaborations marseillaises hors les murs (actuellement avec Art’ccessible, Montévidéo ou Cosmos Kolej) et au-delà des rives méditerranéennes par un travail soutenu de prospection et de proposition de partenariats, commissariats d’exposition réciproques ou carte blanche à une personnalité étrangère. « On voit le Frac comme un camp de base, une plate-forme avec des lieux satellites, qui évitent les contraintes d’un musée bis. Aux expositions clef en main, nous préférons inviter sur projet, avec des artistes engagés, porteurs d’un travail particulier au contraire de formes stéréotypées, institutionnalisées comme on en a vu à l’étranger dans certaines écoles des beaux-arts. Le comité du Frac est très impliqué dans ce sens ». L’élection de la ville en future capitale européenne de Gasc DémolitionTM, Restricted Area (Chantier de démolition par foudroyage intégral - Sas de décontamination pour désamiantage), Installation in situ dans les sous-sols de La Compagnie, Marseille, 2008. vue de l’exposition Éclats de frontières – nouvelles acquisitions du FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, photo : Jean-Christophe Lett la culture et le projet architectural du nouveau Frac devraient largement faciliter la tâche. CLAUDE LORIN Éclats de frontières, nouvelles acquisitions jusqu’au 13 décembre FRAC Provence Alpes Côte d’Azur 04 91 91 27 55 www.fracpaca.org
Formes ouvertes Au Centre d’art contemporain, Bernard Hennequin nous a habitués à une programmation éclectique et pourtant d’une claire cohérence : il veut surprendre le regard du spectateur à chaque exposition Il persiste dans sa pertinence en invitant Abdelkader Benchamma à se prendre (à s’éprendre) des trois étages. Lui-même a convié à son tour le plasticien Olivier Nattes à produire une sculptureinstallation en résonance avec son travail. Le dessin est à nouveau en odeur de sainteté. Si cet engouement vient pour une part de contraintes économiques, il ne fait que donner raison aux artistes et aux amateurs qui n’ont jamais baissé la garde lorsque les autres médiums tenaient la dragée haute du marché, surfant sur le raz-de-marée des nouvelles technologies en particulier. Le dessin se porte bien. Cette exposition monographique est le dernier volet d’un cycle commencé avec Carthagène et Barcelone. À Istres, Abdelkader Benchamma poursuit son questionnement du paysage avec une série de propositions originales pour le Cac avec des travaux sur papier, interventions murales et une installation réservée au dernier étage. Parlons CAC ISTRES IMAGE DE VILLE Abdelkader Benchamma, wall-drawing, Cac Istres, 2008 - plutôt d’une approche paysagée tant l’espace non-dessiné est consubstantiel au dessin visible. François Cheng relevait cette importance sur le rapport du plein et du vide pour l’art extrême oriental. Ce rapprochement n’est pas anodin. L’artiste lui-même commente son travail en termes d’énergie, de flux, de travail de transformations à l’intérieur de ses images par différentes textures, traces dynamiques, mouvements contradictoires, de densités variables. Un personnage exécuté en partie au feutre blanc sur mur blanc n’apparaît que sous certains angles et lumières. Il s’agit d’en faire le moins possible pour cet adepte de la ligne claire. « Mon but est de rechercher tous les possibles du dessin avec le minimum de ARTS VISUELS 53 moyens (en prenant aussi dans les autres pratiques), faire le plus simple avec un maximum d’impact. » Pour lui, le dessin est aussi une attitude, une posture mentale particulière : « je dessine pour penser autrement qu’avec le langage des mots, pour signifier ce qui est du ressenti, du magique, de l’ineffable ». C’est ce que tente son installation conçue pour l’occasion dans l’unique pièce plongée dans le noir. Au mur et au plafond, des feuillages ténébreux laissent des ouvertures en réserve immaculée de blanc ; un monticule obscur surgit du sol de moquette noire. Mais on perd du léger voile de la magie par une mise en œuvre un peu littérale où le travail du dessin se rapproche de l’illustratif. Ce sera le seul motif (léger) de notre réserve. CLAUDE LORIN Même les choses invisibles se cachent. Part3 Abdelkader Benchamma jusqu’au 21 décembre Centre d’art contemporain intercommunal, Istres 04 42 55 17 10 www.ouestprovence.fr Pékin, phénomène urbain Cette nouvelle édition du festival s’annoncepassionnanteparl’ampleur des problématiques soulevées et le rôle exemplaire à tous points de vue des transformations qui s’opèrent dans la capitale chinoise, dans un contexte de globalisation de l’économie, de la finance comme de la culture. Pékin ne saurait se réduire à un gigantesque phénomène urbain : sa mutation oblige à repenser les idéologies qui sous-tendent ce projet pharaonique. La programmation paraît béton, notamment avec la présence de personnalités invitées et impliquées : les architectes Paul Andreu (opéra de Pékin), Herzog et Meuron (stade olympique), Etienne Tricaud (gare de Shanghaï) et ZhuJiaguang, directeur de l’Institut des projets d’urbanisme de la ville de Pékin, et les cinéastes Ning Ying et Wu Wenguang entre autres. Projections, rencontres-débats, littérature, signatures, jeune public… sont toujours au programme mais susceptibles de modifications, le festival Images de Ville ayant, malgré sa pertinence et comme tant d’autres, de lourds problèmes de subventions en berne…C.L. Pékin (Beijing), phénomène urbain Festival Image de Ville 2008 du 14 au 18 novembre 04 42 57 30 83 http://www.imagedeville.org Wu Wenguang X-D.R



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