Zibeline n°12 octobre 2008
Zibeline n°12 octobre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de octobre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... Marseille Provence 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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04 POLITIQUE CULTURELLE OLRAP ASSISES DE LA CULTURE Sacrifier Avignon ? ? Oui, un orchestre, une maison d’opéra représentent une dépense qui fait pâlir toutes les autres maisons. Oui une création lyrique coûte 10 fois plus cher qu’une création théâtrale. Mais faudra-t-il pour autant supprimer tous les petits opéras de province ? Ce sont pourtant aujourd’hui les seuls à employer des artistes permanents, et à ne pas survivre grâce au régime de l’intermittence, si préjudiciable, paraît-il, à l’économie nationale… La Région PACA a un profil, en matière d’orchestre, paradoxal : le philharmonique marseillais enchaîne productions lyriques et concerts symphoniques sans avoir de statut National, ni de subvention régionale. Les autres (Nice, Cannes, Toulon et Avignon) se partagent harmonieusement un vaste territoire, mais disposent de très petits budgets. Ainsi les 2,2 millions d’euros de subvention de l’OLRAP (Orchestre Lyrique de Région Avignon-Provence) peuvent sembler énormes, mais ils ne sont rien eu égard à leur 80 concerts annuels, et leurs quelques 40 000 spectateurs 1. Ils sont donc constamment, et malgré des recettes propres conséquentes (800 000 euros), en déficit. D’ailleurs, mettre autant de musiciens au chômage est-il si rentable ? Et plus globalement, est-il raisonnable de supprimer les orchestres de proximité qui amènent la « grande » musique dans les « petits » lieux ? L’OLRAP joue dans toutes les salles, les amphis, les auditoriums, les facs, faisant entendre à des publics qui sans eux ne le pourraient jamais, les sons réels des instruments, et l’irremplaçable beauté du souffle symphonique. À l’heure où les ados pensent que la musique est gratuite comme le vent, et qu’on peut la produire en appuyant sur un bouton, il est dangereux de faire à ce sujet des économies d’échelle. On a, plus que jamais, besoin des professionnels de la musique. AGNÈS FRESCHEL 1 D’après les chiffres communiqués par le Forum Européen des orchestres, l’Orchestre National de Lorraine, qui a une fréquentation analogue à celui d’Avignon, fait un peu moins de concerts (70 environ) avec 5 millions de subventions. Il y a en Région Rhône-Alpes deux fois plus d’orchestres qu’en PACA, et l’Orchestre de l’Opéra de Lyon coûte à lui seul nettement plus que nos 5 orchestres réunis. Quant à l’échelle européenne… la moindre ville de Finlande a son orchestre : Tampere, 200 000 habitants, consacre à elle seule 4,5 millions à son orchestre… L'Orchestre de l'Olrap X-D.R Urgence L’OLRAP sera le 28 octobre en liquidation judiciaire, si rien ne bouge. Placé en observation depuis juin à cause de son déficit, il lui faut 850 000 euros de subventions supplémentaires pour éviter la liquidation. Subventionné 1/3 par l’État, 1/3 par la Ville d’Avignon, 1/6 par la région PACA et 1/6 par le Département de Vaucluse, il a besoin d’un engagement plus fort. Surtout de la ville (on a rarement vu une municipalité subventionner son orchestre à moins de 35%) et du département : le rayonnement de l’OLRAP dans le pays de Vaucluse est exemplaire, et il en est la seule formation orchestrale. Mais, dans le Vaucluse, une grosse part des subventions de la culture part dans les festivals d’été, qui rapportent tant au secteur touristique, mais grèvent l’activité culturelle régulière… Le feu au lac La région PACA organise depuis juin des Assises, essentiellement destinées à informer le monde culturel de ce qu’elle ne pourra pas compenser le « désengagement » de l’État Dans chacun des six départements, les « acteurs culturels » ont été invités à écouter Michel Vauzelle et Alain Hayot, mais aussi à s’exprimer sur leurs inquiétudes et leurs attentes. Les Régions n’ont pas, a priori, vocation à soutenir et développer la culture mais il est indéniable que la région PACA, en particulier grâce à ses dispositifs pour l’emploi culturel, ou sa politique envers le livre et la création cinématographique, fait exception en France. Cependant, malgré cette volonté affirmée, il a été clairement dit que la région PACA ne pourrait pas compenser la baisse des subventions de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles, c’est-à-dire l’État décentralisé). Si à Marseille, toute à l’euphorie (méfiante) de sa victoire de Capitale 2013, l’inquiétude est tempérée d’espoir, à Avignon, et dans toutes les Alpes alertées dès juin, l’affolement des acteurs culturels est palpable. La guerre entre structures concurrentes, ou les marques d’allégeance au pouvoir (concédées misérablement pour ne pas sombrer dans le naufrage et être celui qu’on sauve) risquent de se multiplier entre les artistes, les compagnies et les territoires (selon qu’ils ont été élus ou rejetés, comme Nice). Au moment où la solidarité est la plus nécessaire, il serait terrible que la guerre fasse rage et que les artistes ne montent pas ensemble au créneau… Le 13 novembre, à Marseille, un bilan des tournées dans les six départements sera dressé, en présence de tous les acteurs culturels de la Région qui voudront bien être là. Pour élaborer une synthèse, et tenter une « refonte des politiques culturelles ». A.F. www.regionpaca.fr
MARSEILLE 2013 Marseille 2013 : POLITIQUE CULTURELLE 05 Le projet de Marseille Provence 2013 est extrêmement ambitieux. Comme toutes les naissances, emménagements, unions qui se concrétisent, il suscite l’euphorie, puis l’inquiétude Une philosophie Dans les quelques jours qui ont suivi le choix de la Commission, la joie était palpable. Les rassemblements débordaient d’acteurs culturels, tous sourire aux lèvres. Puis on a vu refleurir quelques articles sceptiques, écrits par ceux-là même qui n’y croyaient pas avant (il faut dire que la déclaration de Dominique Vlasto, adjointe au maire, le jour de la conférence de presse, intimant aux journalistes « d’arrêter avec [leurs] critiques », était particulièrement maladroite : jusqu’à preuve (baillonnée) du contraire, les journalistes ne sont pas là pour faire allégeance au pouvoir…). Il y a quelques jours, sur les murs de la Friche ont germé des affiches ocre assimilant Marseille 2013 aux expropriations d’Euromed. Or, si la presse se doit (et vous doit) d’être critique, éloignée des sphères décisionnelles autant qu’il est possible, un de ses autres devoirs est d’interroger la validité des rumeurs et des humeurs qui circulent. Ces critiques relèvent-elles d’un malentendu ? La Capitale culturelle n’est pas destinée à panser les plaies d’un monde culturel mis à mal aujourd’hui par l’État, et par certaines politiques locales ; ni à renflouer systématiquement les structures existantes. Le projet de l’équipe de Bernard Latarjet ne contient pas de remède miracle, pas d’apport financier infini : comme d’habitude le secteur de la culture va payer, et c’est l’économie touristique qui va encaisser l’essentiel des bénéfices (dans la région une grande partie du budget culturel est investi dans des festivals qui ne profitent ni à ses artistes, ni à son public, mais à la taxe professionnelle et aux restaurateurs). Pourtant le projet semble vouloir, justement, éviter cet écueil ; amener le monde économique à investir dans un projet qui lui profite ; impliquer la population dans les processus de création ; construire une politique durable, des manifestations pérennes, des Les mots du projet Les ateliers de l’Euroméditerranée : au-delà de l’énoncé d’un ancrage, qui situe Marseille comme un point nodal entre deux mondes, l’intitulé du projet affirme une volonté de s’inscrire dans la vie quotidienne concrète. Le terme d’« atelier » met l’accent sur le travail et le processus plutôt que sur le résultat, et sur la matérialité, le monde professionnel plutôt que sur les sphères éthérées de la Création Artistique. La préfiguration de ces Ateliers, nommée Ateliers de la Candidature, a déjà concerné, concrètement, plus de 20000 personnes, du salarié à l’écolier. À terme, bâtiments. Ces orientations ne sont pas toujours comprises. Ni acceptées par les acteurs culturels qu’elles excluent, surtout quand c’est au profit d’autres dont le talent artistique, ou la pertinence de programmateur, est contestable. C’est pour que ces choix soient expliqués, sinon justifiés, que nous avons demandé à monsieur Latarjet de préciser le fondement intellectuel de son projet. Ses présupposés, qui déterminent ses choix. Zibeline : Vous avez rapidement précisé, lors de la conférence de presse du 17 septembre, que votre projet de capitale culturelle était « philosophiquement ambitieux » ? Que voulez vous dire ? Bernard Latarjet : Qu’il est construit sur des thèmes et non sur un fatras de manifestations artistiques éphémères. La capitale culturelle se construira avec l’ensemble des acteurs qui ont envie de s’inscrire dans ces thèmes, et dont le projet personnel correspond à ces axes. Les grands axes qui nous guident correspondent aux enjeux actuels entre l’Europe et ses c’est toute la population qui devrait travailler avec des artistes, des compagnies, pour transformer le territoire en Capitale. Les deux grands axes : le projet s’articule autour d’un axe international et méditerranéen, et d’un axe plus local interrogeant le rapport entre art et espace urbain. Le premier axe, Le partage des midis, s’articule en quatre thèmes : -Migrations et mémoires -Valeurs et croyances -Des sexes ou des genres -Le partage de l’eau Le second axe, La cité radieuse, s’articule également en quatre thèmes : -L’art dans l’espace public -Promeneurs, nomades, territoires -Mille et une nuits -Tous acteurs Deux festivals, en cohérence avec le premier thème de chacun de ces axes, verront le jour en 2013, et devraient avoir ensuite longue vie… Intermed, festival de création contemporaine d’Europe et de Méditerrannée Via Marseille, festival de création dans l’espace public Des rassemblements populaires autour Le MuCEM Ateliers Lion Architectes et Urbanistes voisins du sud. Ils sont intellectuels, et agitent les questions philosophiques d’actualité : ils interrogent la pluralité des valeurs culturelles autour de la Méditerranée, les rapports entre les religions, entre les sexes. Les enjeux écologiques communs aussi, avec le thème du partage de l’eau. Le rapport à l’histoire et à la mémoire également… Voulez-vous dire qu’il s’agit davantage d’un projet culturel que d’un projet artistique ? Non ! Il est les deux ! Il n’y a pas de dissociation entre art et culture dans le projet, comme il n’y a pas de dissociation entre culture et éducation d’ailleurs. Tout avance ensemble, dans la cohérence. Nous allons passer commande à des artistes capables de s’impliquer intellectuellement dans le projet, ils seront sollicités sur les thèmes que nous avons dégagés. Mais rassurez-vous, il y aura des commandes, des créations et des artistes, en 2013… ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL de ces thèmes rythmeront le temps jusqu’à fin 2013, et les bâtiments qui devraient voir le jour s’inscriront également dans les axes « philosophiques » du projet… A.F. Pour plus de précisions, vous pouvez consulter le détail de projet, aujourd’hui public, sur le site www.marseille-provence2013.fr Vous pouvez également consulter le billet que nous avons fait paraître sur notre site, au lendemain du choix de la commission www.journalzibeline.fr



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