Zibeline n°12 octobre 2008
Zibeline n°12 octobre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de octobre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... Marseille Provence 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 32 - 33  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
32 33
32 MUSIQUE À déguster ! CONCERTS Avant le plaisir de l’ouïe, petite mise en bouche à la Chapelle du Mejan d’Arles avec le traditionnel petit déjeuner du dimanche matin ! Et un concert que le clarinettiste Michel Lethiec a voulu représentatif des styles du XIX e au XXI e siècle Début des agapes : la Sonate pour piano et cor de Beethoven en fa majeur op 17. La forme est encore classique, loin des recherches des derniers quatuors : André Cazalet (cor) et Jean Claude Vanden Eynden (piano) maîtrisent avec tact cette sonate introduite par une brillante sonnerie au cor : le Freischütz romantique n’est pas loin... Mais le « grand » Beethoven n’est pas loin non plus, et le pianiste l’a bien senti dans les modulations du développement qui évoquent les derniers concertos pour piano. Le corniste négocie avec habileté une délicate cadence dans les graves avant un mélancolique adagio qui conduit sans transition au rondo final et virtuose. Puis viennent quatre des huit Pièces pour clarinette, alto (Bruno Pasquier) et piano op.83 (1910) de Max Bruch, musicien post-romantique. « Un tendre dans un monde de brutes ! » nous dit Michel Lethiec avec malice. De la tendresse, il y en a dans l’évocation en mineur de la première pièce chantée par l’altiste, reprise mélancoliquement avec la clarinette sur les arpèges du clavier. La suite possède un caractère folklorique que l’on retrouve dans la troisième pièce en fa mineur avec une couleur tsigane. Les musiciens impriment du souffle aux phrasés lyriques sur un accompagnement très Brahmsien, et concluent avec brio sous l’approbation du public. Plat de résistance du concert, le Sextuor pour clarinette, cor, piano et trio à cordes de Penderecki Une fusion inégale Le premier concert du festival des Nuits pianistiques, le 3 octobre à Aix, a fait dialoguer le nouvel orgue de l’église Saint-Jean de Malte et un Steinway de concert. Malgré tout le talent de Chantal de Zeeuw à la console et de Michel Bourdoncle au piano, l’alliage n’a pas toujours été convaincant. Si Transport de Joie d’Olivier Messiaen a joui d’une belle interprétation, entre plein-jeu claironnant et anches feutrées, on reste sur notre faim quant à la transcription inédite des Tableaux d’une exposition de Moussorgski. Dans certaines pages, comme pour les mystérieux registres de Catacombes ou le dialogue pertinemment distribué entre les juifs Samuel Goldenberg et Schmuyle, l’adaptation a fonctionné. Mais, par exemple, les Promenades récurrentes jouées à l’orgue, ont souffert d’un inévitable manque de legato. Cela s’est révélé néfaste au chant qui se déploie d’ordinaire au piano seul ou dans l’orchestration de Ravel… Et généralement l’instrument sacré a alourdi le discours ! Si la virtuosité de Bourdoncle a trouvé un terrain idéal d’expression dans le Ballet des poussins ou Baba-Yaga, l’acoustique brouillée de l’édifice a quelque peu altéré la lisibilité des allegros percussifs. Toutefois ce handicap s’est dissipé dans le Concerto pour la main gauche de Ravel : c’est que l’opus composé pour le pianiste manchot Paul Wittgenstein exige, afin de faire sonner conjointement la basse, l’harmonie et le chant (à l’image des Suites pour violoncelle de Bach), un soin particulier accordé à l’articulation ! Dans cette page redoutable, le pianiste a fait des prodiges, quand l’orgue, assurant la partie orchestrale, a mis au jour des textures parées d’étrangeté et les dissonantes modernités de l’œuvre. JACQUES FRESCHEL Les « Nuits » prochaines Le festival voit les pianistes Laura Caravello, Olivier Lechardeur et Michel Bourdoncle se relayer pour seconder Pierre Hommage dans les dix Sonates pour violon et piano de Beethoven (le 17 oct. à 20h30 à Trets, le 18 oct. à 20h30 à Palette et le 19 oct. à 17h aux Pennes-Mirabeau). Christiane Baume Sanglard et Gérard Wyssinterprètent à quatre mains des opus de Debussy (trans-cription du Prélude à l’après-midi d’un faune), Brahms (Variations sur un thème de Schumann), Michel Lethiec Arto Tulima créé en 2000 avec Rostropovitch. Une pièce contemporaine incontournable au dire de Lethiec. Svetlin Roussev et François Salque sont au violon et au violoncelle. Avant une volte-face néoclassique, Penderecki faisait partie de l’avant-garde des années soixante. Les musiciens s’en donnent à cœur joie pour transmettre cet alliage de modernité et de tradition : introduit par un ré jubilatoire et obsédant, l’allegro fait alterner fugatos, solos, motifs chromatiques, tuilages instrumentaux avec la scansion récurrente de l’unisson, dans un langage qui ne peut faire oublier la tonalité. Les attaques et les motifs mélodiques sont incisifs et les musiciens entretiennent avec cohérence leur partie respective. Le corniste quitte la scène ? Non ! Penderecki spatialise sa musique et le fait jouer en retrait dans le larghetto. Une superbe mélodie au cor et à la clarinette se pose sur des cordes chatoyantes. Le violoncelliste conclut par un époustouflant solo dans les aigus, accompagné par les cordes en harmoniques. PIERRE-ALAIN HOYET b Le concert d’ouverture de la saison a eu lieu à la chapelle Saint-Martin du méjan, à Arles, le 5 oct à 11h Grieg (Danses norvégiennes)… (le 24 oct. à 20h30 à Aix au Musée des tapisseries), quand le talentueux pianiste russe Konstantin Lifschitz joue des Toccatas de Frescobaldi et les trois premières Sonates de Beethoven (le 16 nov. à 17h à Aix, Conservatoire D. Milhaud). 16 e Festival des Nuits pianistiques jusqu’au 19 déc. 06 16 77 60 89 www.lesnuitspianistiques.com Michel Bourdoncle X-D.R
33 Déroutant « Requiem » ! On ne peut pas dire que la création scénique de L’enterrement de Mozart par Musicatreize au Théâtre du Gymnase, le 9 octobre à Marseille, ait connu un vif succès ! L’opéra a été accueilli par les applaudissements polis de la salle pourtant comble ; le public semblait peu préparé à découvrir les étrangetés du texte d’Hubert Nyssen, à entendre les harmonies dissonantes de la musique de Bruno Mantovani… Pourtant l’œuvre mérite d’être défendue : d’abord pour la qualité de la composition. Mantovani livre une partition riche en tensions et suspensions, progressant obstinément au rythme du récit, colorée, alliant des multiples textures de cordes à des percussions foisonnantes, où la clarinette, grinçante et rieuse, semble pour une large part s’approprier l’aspect léger et anecdotique de l’opus. Car la « fantaisie » en un acte dure tout juste 45 minutes : c’est peut-être le registre léger du livret qui a le plus dérouté… Le conte baroque imaginé par Nyssen est loufoque : un visiteur entre dans une boutique pour acheter une gravure qu’il pense être celle que Beethoven possédait et qui évoquait pour lui o L’enterrement de Mozart… La conversation qui s’engage entre le vieux vendeur à moitié sourd et le client bégayant tourne à l’absurde lorsqu’on apprend que le boutiquier garde cette image en souvenir de feu son chien Aristide, paralytique et philosophe kantien, « disciple d’Aristote » ayant imaginé « un monde sans collier, sans niches et sans bâtons » … C’est qu’on n’a plus l’habitude aujourd’hui d’entendre ce type de texte qui autrefois fit les succès des musiciens du Groupe des Six, de Poulenc ou de Satie… Au-delà, à l’instar de la Flûte enchantée (à un degré moindre, mais c’est bien de Mozart dont il est question !), l’opus contient plusieurs niveaux de lectures qu’a habilement suggéré Jeanne Roth dans sa scénographie. Des Trois dames à l’Initiation maçonnique, du Rêve lacanien aux interrogations philosophiques éternelles, l’opus évoque avec humour et dérision l’inaccessible objet du Désir et l’irrépressible attrait du Mystère qui se cache derrière la Porte. « Ce que l’on ne peut dire et que l’on ne peut taire » selon Hugo… n’est-ce pas la Musique ? JACQUES FRESCHEL Autour de Mozart o Le 7 octobre, le Grand Théâtre de Provence inaugurait sa saison Mozart pilotée par François-Xavier Roth et l’orchestre Les Siècles. Une entrée réussie ! L’originalité de l’orchestre Les Siècles réside dans le fait que ses membres changent d’instrument selon les pièces du programme… par souci d’authenticité, de coller historiquement à la texture instrumentale de l’auteur. C’est ainsi que l’on a entendu des trompettes et cors « naturels », hautbois et flûtes « baroques » dans la « bruyante » et ludique Symphonie des jouets de « papa » Mozart (un opus longtemps attribué à Haydn, autre père spirituel). Vanessa Wagner s’est prêtée au jeu en interprétant le 12 e concerto en la majeur sur un pianoforte à la sonorité vaporeuse et métallique. De fait on comprend pourquoi l’écriture de Mozart (le « vrai » !) tient compte à ce point de l’équilibre clavier/orchestre en ne superposant que rarement (et délicatement !) les deux protagonistes musicaux : le pianiste mozartien ne doit pas entrer en lutte avec la formation instrumentale… mais s’y mouler ! C’est ce qu’a remarquablement réalisé la musicienne. La charmante soprano Nathalie Gaudefroy a interprété, avec la souplesse nuancée d’un timbre clair et léger, trois Airs de concerts de Wolfgang. Si l’on veut bien oublier que les sopranos mozartiennes d’aujourd’hui n’ont plus l’ampleur d’antan (on pense à Schwartzkopf ou Janowitz !), ce Mozart et la voix annoncé fut attrayant ! Pour affronter le répertoire d’aujourd’hui, le 1er violon de l’orchestre a troqué son instrument ancien pour un moderne. Dans un duo tout en osmose avec un violoncelle, possédant l’essence énergique des cordes tsiganes, les solistes ont montré que Bruno Montovani a gagné sa place dans ce programme classique. Mais le clou de la soirée s’est déniché dans l’interprétation d’une somptueuse partition de Mehul. Devant les magnificences pré-romantiques de sa 2 e symphonie, contrastée, originale, on se dit qu’une fois de plus, en France, nous sommes les derniers à défendre notre patrimoine (quand on ne se pâme pas devant des mièvreries exotiques…). Merci donc aux « Siècles » pour cette belle découverte ! JACQUES FRESCHEL Agnès Mellon Un Livre/CD de l’opus est publié aux éditions Actes Sud Voir page 37. Roland Hayrabedian dirige Messiaen (O sacrum Convivium & Cinq Rechants), Ohana (Tombeau de Louise Labé), Marti (The last words Virginia Woolf wrote) et… Claude Le Jeune (Le Printemps), le 24 oct à 20h au théâtre de Tarascon 04 90 91 51 30 www.tarascon.org Cordes royales a « Nos meilleurs violonistes pouvaient d’un seul coup d’archet sonner une courante et plusieurs autres pièces de musique… monter chaque corde à l’octave par le moyen du manche… rendre le son inimitable par certains tremblements qui ravissent l’esprit… toucher deux cordes en même temps pour faire un accord… ». Ainsi était loué, au siècle de Louis XIV, l’art subtil des Vingt-quatre violons du Roy que Patrick Cohen-Akenine et sa « bande » moderne tentent de reconstituer ! De fait, nous avons été entraînés dans un tourbillon baroque, digne du Grand Siècle versaillais, aux sonorités multiples et enchanteresses, mêlant divertissements instrumentaux, danses, airs et chœurs par le biais du mythe d’Orphée selon Luigi Rossi et Jean- Baptiste Lulli. Du Ballet royal de la naissance de Venus à celui de la Raillerie, jusqu’à la tragi-comédie Psyché de Lulli, les extraits joués et chantés, non sans humour et délectation, ont prouvé que l’orchestre mérite bien son nom et sa renommée. Les voix de Céline Ricci (bas-dessus) et Ana Quintans (dessus) ont été appréciées pour leur interprétation. Côté instrumental, le continuo fut de grande qualité, et Patrick Cohen- Akenine a remarquablement dirigé son dynamique ensemble d’instruments modernes et anciens. Tout en nous offrant son talent de violoniste ! CHRISTINE REY Concert donné le 10 oct. à l’Opéra- Théâtre d’Avignon



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 1Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 2-3Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 4-5Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 6-7Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 8-9Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 10-11Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 12-13Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 14-15Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 16-17Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 18-19Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 20-21Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 22-23Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 24-25Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 26-27Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 28-29Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 30-31Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 32-33Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 34-35Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 36-37Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 38-39Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 40-41Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 42-43Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 44-45Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 46-47Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 48-49Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 50-51Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 52-53Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 54-55Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 56-57Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 58-59Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 60-61Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 62-63Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 64-65Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 66-67Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 68-69Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 70-71Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 72-73Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 74-75Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 76-77Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 78-79Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 80-81Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 82-83Zibeline numéro 12 octobre 2008 Page 84