Zibeline n°12 octobre 2008
Zibeline n°12 octobre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de octobre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... Marseille Provence 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 MUSIQUE CONCERTS Ouverture virtuose à Saint-Victor Lorsqu’il attaque Tzigane, fameuse partition de Ravel aux accents d’Europe centrale, le violoniste Yossif Ivanov surprend par sa souplesse de son jeu, la suavité qui se dégage de son instrument, tel le murmure ductile d’une voix un rien enrouée de gitan initiant un chant populaire. Mais au fur et à mesure que le chant se déploie, l’archet attaque plus généreusement la corde et le jeune Belge conduit l’opus vers des sommets d’expression, enchaînant des doubles-cordes profondes, des traits se consumant en flammèches furtives, des harmoniques suspendues, des « pizz » (cordes pincées) pointillistes... avant que l’orchestre impressionniste ne se joigne à lui pour la cavalcade finale ! À 22 ans à peine, Yossif Ivanov s’affirme comme un interprète majeur : son style est sobre, lyrique, sa sonorité profonde, ses intonations sûres et sa noblesse de ton n’est pas exempte de phrasés variés, nourris par une imagination féconde. Autant de qualités qui se sont révélées dans l’élégante Romance n°2 en fa majeur de Beethoven et, avec une virtuosité supérieure, dans l’impressionnante Ballade d’Ysaye donnée en bis ! L’élégance a, du reste, été le maître mot de ce concert d’ouverture du 42 e Festival de St-Victor, en particulier avec deux Symphonies de compositeurs que l’on réhabilite aujourd’hui : Boccherini et Salieri. Leur opus, de facture classique, regardant encore parfois vers la période antérieure, est assez proche du style mozartien... et la musique de Salieri est loin de la caricature dessinée par Milos Forman il y a près d’un quart de siècle ! Avec la 5 e symphonie de Schubert (et aussi le 1er mouvement de la 40 e Symphonie de Mozart joué en bis) davantage « Sturmund Drang » (pré-romantique), André Bernard et l’excellent Orchestra di Padova e del Veneto ont favorablement clôt une affiche qui aurait mérité de remplir plus nettement les travées de l’abbaye. JACQUES FRESCHEL Une histoire de Don Quichotte C’est dans l’intime crypte de la basilique du Sacré- Cœur que l’ensemble Baroques-Graffiti a fait sa rentrée musicale à Marseille le 19 septembre. Jean- Paul Serra avait, pour l’occasion, invité la chanteuse Corine Milian (on la dira « issue du rock » pour simplifier…) et Tarek Abdallah à l’oud (luth arabe), pour joindre leur univers sonore et poétique à celui plus académique de l’orgue positif (petit clavier transportable). Le programme, au concept intéressant, proposait une L’ensemble Baroques-Graffiti X-D.R Yossif Ivanov Alvaro Yanez D ballade poétique, lyrique et musicale, au temps de Cervantès à travers le personnage de Don Quichotte… ou plus exactement sous le regard de la fameuse Dulcinée de Tobosco : non pas son illustration féminine fantasmée par le Chevalier à la triste figure, mais son personnage réel de paysanne. Le répertoire chanté (en français), ou purement instrumental, a été puisé dans un fonds remontant parfois au Moyen-âge, de style essentiellement araboandalou : des mélodies qui nous sont parvenues en grande partie grâce au fait que, transmises à l’origine par pure tradition orale, elles ont été réutilisées par les musiciens baroques. Dans ce contexte, on a adhéré au jeu fantaisiste de la comédienne/chanteuse, narrant la Folie, décrivant le canasson Rossinante, conduisant le pitoyable Chevalier de la scène à l’auberge jusqu’en Arcadie… avant le terme libérateur ! Face à son exubérante assurance, les deux musiciens ont opté pour une posture sobre, tissant des arabesques en trémolos de cordes orientales ou des trames flûtées à l’orgue, un rien austères, mais qui, par un contraste bienvenu, ont assuré le succès de l’entreprise. J.F. o A venir, toujours du violon... Patrick Bismuth joue et dirige l’ensemble La Tempesta dans les trois derniers Concertos Brandebourgeois de Bach (le 23 oct.) avant la venue du prodige Nemanja Radulovic et du Quatuor Illico pour un programme intitulé Les Trilles du Diable et des opus de Tartini, Kreisler, Schubert, Tchaïkovski... (le 13 nov). Festival de Saint-Victor Jusqu’au 5 déc. 04 91 05 84 48 www.chez.com/saintvictor Qu’est-ce que le bonheur ? Vivaldi Il faudra se rendre dans le Vaucluse pour entendre le prochain programme de Baroques- Graffiti consacré au célèbre Roux Vénitien, interprété par Caroline Gerber (violon) et Jean- Paul Serra (Clavecin). Bédouin, Chapelle de Nazareth Le 9 nov. à 16h. 04 91 64 03 46 http://baroquesgraffiti.com 0) Quel merveilleux concert dans l’église de la bastide Saint Joseph de la mairie des 13 e et 14 e arrondissements de Marseille ! Pour les privilégiés présents, le duo de Marie-France Arakelian au piano et de YannLe Roux-Sedes au violon, a livré une éblouissante interprétation de la deuxième sonate op.121 de Schumann, deux impromptus de Schubert, la sonate pour piano et violon de Franck, et Baalshem de Ernest Bloch. Qu’est-ce que le bonheur ? Je laisse la rubrique philo y répondre. Une chose est sûre cependant, loin des phrases immortelles : écouter ces deux musiciens-là peut en être une composante. La virtuosité ici semble simple et naturelle, rien n’est jamais forcé ; au piano le jeu est aérien, précis et subtil à la fois. La même aisance, élégante et fine se retrouve au violon, on est transporté dans un autre univers, la pensée s’évade, se laisse guider, emporter, au gré des phrases musicales. On oublie la matérialité des instruments, leur virtuosité même, tant tout semble naturellement possible… Aux rappels chaleureux et enthousiastes, répond la sublime Méditation de Thaïs de Massenet. On a du mal à quitter la salle pourtant fraîche, comme si le long des voûtes encore un lambeau de paradis tissait de nouveaux accords. MARYVONNE COLOMBANI
31 Privilège des Doges Pour son premier Automne Baroque, le centre Régional d’Art Baroque Euterpes a invité Jean Tubéry et la 15 e Académie baroque européenne d’Ambronay. Ces quarante jeunes musiciens et chanteurs ont donné à entendre des musiques rarement jouées de Giovanni Gabrieli (1557- 1612) : des polyphonies à chœurs multiples qui ont assurément comblé le sens auditif d’un public venu en nombre assister aux Fastes vénitiens représentés autrefois à San Marco. Giovanni Gabrieli, davantage même que ses prédécesseurs, a moulé la facture sonore de ses œuvres dans la vaste architecture de Saint-Marc. Imaginant des chœurs disséminés sous les cinq coupoles et dans les loges se faisant face, il joue avec les contrastes instrumentaux des saqueboutes et des cornets à bouquin, des violes et violons, harpes, théorbes et orgues, qu’il mêle volontiers aux voix, allant même jusqu’à les substituer à elles pour certaines parties… Au disque on peut difficilement (à moins de posséder un enregistrement conçu pour une diffusion en son multicanal) se rendre compte de l’effet réel de la spatialisation acoustique. L’auditeur est plongé dans un bain de sons qui se déplacent, se répondent en échos tout autour de lui : c’est ce que réalise l’électronique à grand renfort d’outils informatiques pointus ! Le 1er octobre, les jeunes musiciens, formidablement impliqués dans ces Trionfi sacri, dirigés par un maître du genre, ont intelligemment utilisé l’espace de la basilique du Sacré-cœur : de l’entrée en procession Chapeaux bas messieurs ! Le récital donné par Paolo Oreni dans le cadre du 12 e Festival d’Orgue de Roquevaire le 28 septembre a révélé un jeune musicien au talent immense Il n’a que 29 ans mais a déjà tout d’un grand ! L’organiste italien Paolo Oreni fut déniché lors d’un concert à la Ciotat par Jean-Robert Cain, le directeur du festival de Roquevaire. Celui-ci aurait pu reprendre le célèbre aphorisme de Schumanndécouvrant son contemporain Chopin et s’exclamant dans sa gazette « Chapeaux bas messieurs, un génie ! ». Virtuosité exceptionnelle bien sûr, mais pas seulement. Outre un jeu de jambe alliant aisance et précision pouvant faire pâlir un danseur de claquettes, ce pur talent a su montrer l’étendue de ses qualités dans des esthétiques dissemblables. Transcrit par son maître Jean Guillou, l’interprétation du poème symphonique Prométhée de Liszt fut magistrale et impressionnante. Crescendi orchestraux incroyables et associations de timbres subtils faisaient même dire à notre soliste qu’il avait l’impression de tenir les claviers de Notre-Dame de Paris ! La sonate en trio en ré mineur de Bach interprétée avec une grande finesse prouvait allègrement sa facilité à s’adapter à tout type de littérature et pas seulement au répertoire symphonique. Après Dupré, trop rarement donné il est vrai, Les deux murailles d’eau de Messiaen, si difficiles d’exécution et si brillantes évoquèrent de manière haletante les vagues dressées au sommet des murailles d’eau de la mer Rouge. Les improvisations ingénieuses et complexes sur des thèmes donnés par le public, rituel si précieux du récital d’orgue, ne firent que confirmer le moment d’exception auquel l’auditoire ravi venait d’assister. FRÉDÉRIC ISOLETTA 119 À venir Concert de clôture Récital de David Briggs Bach Franck Ravel Dupré Messiaen Briggs le 18 Octobre www.orgue-roquevaire.fr Jean Tubery Jeremy Kerling - Centre culturel de rencontre d'Ambronay aux dernières pièces monumentales présentant jusqu’à 22 parties différentes, distribuées en cinq formations dans le chœur et les travées ! Un privilège autrefois réservé aux Doges de Venise, qu’a su apprécier à sa juste valeur une assistance enthousiaste. JACQUES FRESCHEL À venir Mozart et Haydn Le prochain rendez-vous d’Euterpes est un Week-end classique consacré à des Sonates pour violon (Alice Pierlot) et clavecin (Jean-Marc Aymes) de Mozart (le 21 nov.), des Quatuors du Soleil de Haydn par le Quatuor Rincontro (le 22 nov.) et le Divertimento pour Trio à cordes K563 de Mozart par le Trio AnPaPié (23 nov.). Concerts à 20h30. Chapelle Sainte-Catherine 04 91 90 93 75 www.crab-paca.org Double cordes Pour la plus grande joie d’un public conquis, deux ensembles féminins de qualité se sont associés pour un récital singulier donné à l’église de Château Gombert le 3 octobre Jamais donné du vivant de son auteur André Caplet, le septuor à cordes vocales et instrumentales a tout d’une œuvre étonnante. Le Quatuor du Parvis et l’Ensemble Vocal Hymnis ont ressuscité avec bonheur l’unique et dense mouvement manuscrit qui associe un quatuor à cordes et trois pupitres de voix féminines. Sous la direction efficace de Bénédicte Le Quatuor du Parvis X-D.R. Pereira cet opus oublié fut interprété de manière limpide : l’écriture vocale, exact pendant des quatre instruments, était basé uniquement sur des phonèmes : la, et son inverse al. Tout aussi originales, d’autres pièces a cappella du même auteur : les Inscriptions Champêtres dénotent une écriture chorale véritablement orchestrée, aux couleurs debussystes, et les sanctus et O salutaris de la Messe, sont exceptionnellement épurés et étirés dans leur habillage harmonique. Le quatuor à cordes en ré majeur de Lucien Niverd avait ouvert la soirée, et la soirée fut bouclée de façon onirique avec l’intemporel Ave Maria de son contemporain Francis Poulenc. Un rendez-vous associant avec raffinement cordes vocales, et instrumentales. FRÉDÉRIC ISOLETTA



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