Zibeline n°12 octobre 2008
Zibeline n°12 octobre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de octobre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... Marseille Provence 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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28 CIRQUE ARLES TOURSKY Jouons sous la pluie 0 Avec Rain, comme une pluie dans tes yeux, le cirque Éloize a offert au public du Toursky, très nombreux et enthousiaste, un divertissement exceptionnel. Écrit et mis en scène par Daniele Finzi Pasca, ce spectacle de 2 heures (qui semblent des minutes) mêle musique, chant, chorégraphies et numéros de cirque, dans un esprit poétique et burlesque. Bref, c’est du À fleur de peau Au fond de la Cour de l’Archevêché, à Arles, un chapiteau. Un petit chapiteau, une baraque foraine plutôt. Sitôt le seuil franchi, les regards se posent sur les détails qui décorent les murs -boîtes, figurines-, instruments de musique suspendus ou posés là, et l’appareil imposant d’où s’échappent déjà les notes. Et voilà Servane Guittier et Antoine Monceau, les deux comédiens de la cie L’attraction Céleste qui s’emparent, elle de son accordéon, lui de sa clarinette, le tout dans des éclats de rire communicatifs. Des clowns, des clowns musiciens qui tombent, jouent, chantent, ne s’interrompent que pour mieux repartir, complices dans les rires et la musique. Une folie amoureuse qui les entraîne, et nous entraîne, dans des numéros plus virtuoses encore… jusqu’à ce que l’accident les bloque subitement. Ils mettront du temps à se redresser, et lorsqu’ils apparaissent, les traits du visage déformés, les doigts empêchés, la jambe de bois qui ralentit les mouvements, l’ambiance n’est plus aux rires. Les mouvements se font lents, lourds, la respiration hachée, les regards bas et tristes. Puis il reprend sa clarinette, elle son accordéon, le rythme se cherche, les notes s’affranchissent de ces empêchements Agnès Mellon cirque contemporain, dans la lignée des Plume et autres James Thiérrée. Ou du Cirque du Soleil, leurs compatriotes. Alors, objectera-t-on, qu’apportent les Québécois d’Eloize à cette mouvance ? D’abord, un professionnalisme et une virtuosité remarquables. Certains numéros arrachent aux spectateurs des « Oh » et des « Ah » d’angoisse, d’incrédulité douloureux, un sourire esquissé rend notre respiration moins lourde. Leur handicap nous saute aux yeux, bien sûr, et leurs regards soutiennent les nôtres, provoquant une émotion palpable. Les univers des Dans mes bras - Attraction celeste X-D.R et de ravissement tout ensemble ; la voltige des cerceaux au sol ou dans les airs, le duo d’équilibristes aux postures incroyables, la souplesse impressionnante de la contorsionniste particulièrement. Avec une grande économie de moyens, car Eloize ne fait ni dans le clinquant ni dans l’hypertechnicité de la mise en scène, la prouesse se joue sous nos yeux, l’air de rien, et nous laisse pantois. Ensuite, une atmosphère. Clins d’œil musicaux aux foires et bastringues de la Belle Epoque, nostalgie du cinéma italien, de Fellini et de ses musiques de fête foraine, intermèdes bouffons à l’ancienne, avec Hercules frimeurs ou drôles de jongleurs. Le rythme est parfait, les tableaux s’enchaînent, dans une alternance savante de légèreté bondissante et comique et de moments plus lents, plus aériens, qui suscitent d’autres émotions. Enfin, le sens du jeu, et du plaisir. Les 12 artistes, tous polyvalents, s’en donnent à cœur joie ; et leur allégresse est communicative. Le tableau final, aquatique, puisqu’enfin la pluie annoncée arrive, offre un régal de jeux d’eau et de parodies hilarantes, tel ce pseudo-ballet synchronisé à la Esther Williams. Un déluge d’applaudissements a salué l’expertise, l’énergie et le talent de ces circassiens extraordinaires. FRED ROBERT Rain, comme une pluie dans tes yeux, a été représenté au Théâtre Toursky du 3 au 5 oct. Freaks de Tod Borwning, ou d’Elephant man de David Lynch sont présents, et l’on pourrait deviner, non loin de là, les personnages d’une parade monstrueuse. Mais la poésie qui se dégage de Dans mes bras, la sensibilité aussi, font surgir un optimisme timide, ténu, mais indéfectible. Un peu plus tôt, sur la Place de la Mairie, les deux compères Pol & Freddy, tels deux clowns un peu patauds mais attachants, avaient régalé les spectateurs petits et grands de leurs jongleries vituoses, quilles et petites cuillères en tête, dans une bonne humeur communicative. Une double ouverture de choix pour Cirque et Entresorts ! DOMINIQUE MARÇON 0 Dans mes bras et Ready ont été joué le 11 octobre dans le cadre de la manifestation Cirque & entresorts initiée par le Théâtre d’Arles (jusqu’au 18 oct)
Salammbô ressuscitée On craignait que la simple mise en espace d’Yves Coudray (au lieu d’une véritable mise scène) du Salammbô d’Ernest Reyer nuise à l’attrait visuel et narratif d’un ouvrage plongé dans les oubliettes depuis plus d’un demi-siècle… ce ne fut pas le cas ! Certes, les habits noirs uniformes (queues de pie pour les solistes, robes et costumes sombres pour les chœurs) n’ont pas toujours permis d’identifier clairement les personnages secondaires ou de différencier les chœurs omniprésents (Mercenaires ou Prêtres de Tanit interprétés par les mêmes artistes dans des fracs monochromes). De même, la scène voluptueuse sous la tente de Mathô a pu souffrir d’un jeu retenu… Mais la scénographie sobre et minimale, habilement éclairée par Philippe Grosperrin, a, dans l’ensemble, rempli son contrat : celui de mettre en relief la richesse d’une partition indispensable à l’histoire de l’opéra hexagonal. Car Salammbô (1890) est peut-être l’un des derniers survivants du Grandopéra romantique à la française, à l’instar des Troyens de Berlioz ou de Samson et Dalila de Saint-Saëns. La musique, conduite de main de maestro par Lawrence Foster (un de ces chefs anglo-saxons qui défendent si bien la musique française !) s’y déploie, dans le cadre d’une tonalité affirmée, lyrique et expressive. La verve mélodique claire et la texture orchestrale finement travaillée, prouvent que le Marseillais, mort il y a cent ans, possédait un métier sûr, acquis à l’étude des traités de Berlioz, des opéras de Meyerbeer, Gounod, Wagner… De plus l’architecture sonore colle à souhait au livret adapté de Flaubert. Ainsi, le ravissant passage symphonique initiant l’acte IV, par son rythme de danse orientaliste, suivi d’un ballet guerrier festif, annonce pertinemment la scène de séduction au camp des Mercenaires, puis l’ultime bataille. Une distribution remarquable Le plateau s’est montré à la hauteur d’une œuvre vocalement exigeante. Le personnage du jeune o colosse libyen Mathô, par exemple, semble avoir été bâti sur mesure pour des phénomènes méridionaux, comme César Vezzani ou José Luccioni. De quoi affoler les ténors d’aujourd’hui ! Modérément crédible avec ses cheveux blancs et des mensurations peu colossales, Gilles Ragon s’est cependant éminemment tiré des pièges vocaux grâce à un chant généreux assorti d’un timbre ample et solide. On a également été séduit par la facilité, la clarté d’émission du jeune ténor Sébastien Guèze, le Grandprêtre, (malgré une inégalité des voyelles à l’abord d’un aigu parfois instable). Le baryton Jean-Philippe Lafont a fait son numéro, toujours impressionnant de présence physique et vocale, dans le rôle autoritaire du chef carthaginois Hamilcar. Et la distribution a été illuminée par Kate Aldrich ! L’Américaine est de ces mezzos qui grimpent volontiers vers l’aigu. Dans un rôle-titre qui rappelle la Didon de Berlioz, son timbre riche et homogène, et De grands enfants ! Le premier concert de la saison symphonique de l’opéra de Marseille a été formidablement accueilli le 11 octobre Le premier héros romantique, Beethoven, n’est pas forcément considéré comme un personnage folichon. Écouter sa deuxième symphonie et notamment le scherzo et l’allegro final est de force à nous détromper ! Contrastes et oppositions de nuances qui sont certes une de ses recettes préférées mais également rythmes décalés, accents déplacés, dynamique badine et enlevée ont fait le jeu de Tamas Vetö, chef d’orchestre hongrois coutumier de musique contemporaine mais à l’aise dans Beethoven comme dans une cour de récréation. Malgré un second mouvement manquant de profondeur et de netteté, l’orchestre s’en est remarquablement sorti dans ces pages amusantes. Le ton était donné pour l’interprétation du Concerto pour piano en si b majeur de Brahms, porté avec joie et délicatesse par le jeune virtuose marseillais Jonathan Gilad. Premier mouvement un peu sérieux où la large pâte orchestrale du compositeur hambourgeois se met en place, avant qu’éclate l’éblouissant scherzo à la fois pathétique et haletant. Le toucher subtil et caressant du pianiste évoque alors la délicatesse de Chopin dans l’andante : juste ce qu’il faut pour rebondir dans le rondo final à la fois enfantin et dansant. Refrain tournoyant et bonne humeur des cordes aux pizz swingés s’avèrent alors être les partenaires idoines des deux stars de la soirée : un superbe chef et un merveilleux pianiste batifolant tels des chérubins ! FRÉDÉRIC ISOLETTA OPÉRA 29 i MUSIQUE Salammbô Christian Dresse son charme doublé d’un vrai talent de tragédienne, ont assuré le succès d’une production enthousiasmante. JACQUES FRESCHEL À venir à l’Opéra Symphonique… En attendant une monumentale Aïda (du 25 nov. au 7 déc), l’Orchestre Philharmonique de Marseille ne chôme pas ! Cyril Diederich dirige la formation dans le cadre du Festival de Musique Ancienne que la Mairie pro-gramme traditionnellement à l’automne. On entend les deux Symphonies concertantes de Mozart pour hautbois, clarinette, basson et cor et pour violon et alto. (le 31 oct.). Puis c’est au tour des Quatre Saisons de Vivaldi (violon : Roland Muller) et du Concerto n°9 pour violoncelle (Jean Eric Thirault) de Boccherini de connaître les coups d’archets baroquisants de la phalange phocéenne. (le 7 nov). Église du Sacré-Cœur Concert à 20h30, Entrée libre …et chambriste Dans le cadre de sa nouvelle saison de Musique de Chambre, le 15 nov. à 17h le Foyer de l’Opéra affiche Francis Poulenc et Jean-Michel Damase (qui fête ses 80 ans !). Duo, trios et sextuor sont interprétés par Jean-Marc Boissière (flûte), Armel Descotte (hautbois), Didier Gueirard (clarinette), Stéphane Coutable (basson), Julien Desplanque (cor) et Marie-France Arakélian (piano). Opéra de Marseille 04 91 55 11 10 http://opera.marseille.fr



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