Zibeline n°12 octobre 2008
Zibeline n°12 octobre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de octobre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... Marseille Provence 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 THÉÂTRE LENCHE JEU DE PAUME CHÂTEAUVALLON O Vivants !!! Vrai de vrai, y a des soirs où on fait de drôles de rencontres ! Suffit de s’asseoir et d’attendre, un verre de vin à la main... Alors y’en a d’abord un qu’arrive vêtu de lin blanc, genre probité candide, genre qui vous plante les yeux dans le cœur et qui vous lâche plus : c’est Edouard (prononcer é-dou-ard -dou comme doux...) qui zig-zague dans sa mémoire d’homme blessé et pose délicatement bien à plat les pièces du puzzle dont il est le motif ; la langue ne fourche pas : on n’a pas perdu sa dignité quand on peut enfiler à toute allure 1515Marignan-RMI-SDF en boucle et sans reprendre son souffle ; Pierre-Jean Etienne fait cela très bien : chapeau Môssieur Poch !!! Un verre plus tard, c’est Louis qui se pointe, la potence à perf’en étendard, la pantoufle aventureuse et pas la langue dans le pyjama. chambre 324...vous quitte plus non plus le vieux ; éructe, gouaille en geysers d’invectives, la mise à nu de l’homme au plus près du corps souffrant ; énergie d’une parole qui bat et palpite, juste de quoi effaroucher les charognards pour un temps ; Emmanuel Baillet fait cela très bien itou. D’où sortent-ils ces deux-là ? Viennent de loin... de la Réunion... du Centre Dramatique de l’Océan Indien et Pascal Papini les accompagne, plus qu’il ne les dirige, au cœur de l’écriture décapante et salutaire du jeune Sébastien Joanniez... Ça en fait du monde tout ça, et Le cri silencieux de Solinge Au CNCDC Châteauvallon, le texte de Pia Divoka fait mouche, porté par la lumineuse Laurence Vielle Avec Solinge, l’auteure Pia Divoka fait l’expérience cruelle du « Je » d’écriture. En l’espace de quelques feuillets, l’auteure devient Ludile qui, sous les traits de la comédienne Laurence Vielle, devient à son tour Solinge le temps d’une heure de théâtre. Pia-Ludile- Solinge-Laurence raconte son viol, à dix-neuf ans, et sa lente destruction intérieure. Comme un rat qui rongerait le cœur, le foie, la rate, et son ventre meurtri. Sans pathos ni violence excessive, et évitant le salmigondis des clichés, la pièce adopte le ton juste : le décor est minimaliste et clair (la moquette verte adoucit la froideur tranchante du carrelage blanc), la mise en scène amplifie les détails (le recours à la vidéo opère comme une loupe sur la tension d’une main) et le travail de la voix est magistral. Toute la pièce tient dans ce souffle qui oscille entre chuchotement et halètement, tantôt fluide ou martelé, tantôt syncopé ou obsédant. Le corps scande le mot, l’image, le souvenir d’un traumatisme qui tient en quatre lettres : V.I.O.L. Le texte fait buter les mots à l’horreur de la réalité, cette « horreur du non sens d’avoir encore à vivre » … L’expérience cruelle de la scène -cette lumière crue qui éblouit le visage et le corps bafoués- et le propos ardu n’auront pas découragé Laurence Vielle qui réussit l’exploit de revivre sur scène une blessure, sans jamais entraîner le spectateur dans un voyeurisme poisseux. On est à cent mille lieues des talk-show télévisuels dégoulinant de (faux) bons sentiments. On est au théâtre : un texte qui tient plus de la mélopée que de la logorrhée, une actrice lumineuse, une vidéo, un clavier d’ordinateur et un manteau rouge. Une ambiance cotonneuse, comme un entre-deux, où l’on entend que le cri silencieux de Solinge avant de mourir… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Solinge a été joué à Chateauvallon les 30 sept et 1er oct Sébastien Joanniez Olivier Marchal c’est juste ce qu’il faut pour dire la cadence infernale des maux des humains à très haute voix ! MARIE-JO DHÔ Poch et La Nuit l’Ordure sont deux des quatre textes de Sébastien Joanniez mis en scène par Pascal Papini au théâtre de Lenche entre le 23 sept et le 04 oct al Autocaricatures Galabru est là, masse imposante au centre de la scène. Desarthe, emperruqué, tourne autour. Chacun pontifie dans son registre : Galabru, caricature de lui-même, c’est-à-dire du théâtre privé, gronde, flûte sa voix, bougonne superbement des niaiseries qui laissent entendre que cet univers-là est raciste, terriblement vénal, et à courte vue comme le serait la plus débile des émissions télé (ce qui est loin d’être le cas) ; Desarthe, représentant du théâtre public, propose des mises en scène non pas absconses mais absurdes (dire de la poésie en habit de clowns pas drôles), pontifie sur sa supériorité intellectuelle, et cache ses complexes sous une perruque. Le texte, qui voulait jouer une partie fine entre la réalité de ces personnes-là, de leur personnage public, et une fiction à peine fictive, rate son but et affiche des a priori grossiers. En plus les deux comédiens miment très grossièrement le jeu des musiciens qu’ils sont censés être : ils auraient pu apprendre à tenir un archet… C’est dommage : quelques moments incroyables passent la rampe malgré tout, parce que, décidément, Galabru reste un acteur exceptionnel. AGNÈS FRESCHEL Les Chaussettes ont été jouées au Jeu de Paume du 30 sept au 11 oct b Solinge Hicham Benohoud
Le fait divers porté à la scène C’était le soir de la 102 e représentation pour cette pièce créée en 2007. L’auteur est présent, heureux de voir quatre de ses œuvres jouées la même saison sur la région marseillaise dont il est originaire, dans des théâtres différents. Serge Valetti ne peut que se réjouir d’assister à un tel engouement. La salle du Toursky est pleine, le spectacle chaleureusement applaudi. Les artistes, Jean-Claude Dreyfus et Claire Nebout se livrent à de belles performances, le premier, avec un jeu qui rappelle Michel Simon, par ses attitudes, sa voix aux intonations rauques, la seconde, remarquable dans son double rôle, tout aussi convaincante en représentant de machines à polycopier qu’en allumeuse ou en fille vengeresse. Les lumières, le décor, la mise en scène, sont tout aussi irréprochables. Le thème de la pièce semble en revanche un peu éculé, comme issu d’un roman de Paul Féval ou des mystères de Paris d’Eugène Sue, avec un traitement proche souvent de la bande dessinée, la reprise ironique des clichés du genre. Est-il judicieux de se contenter de reprendre un tel thème, même si le mythe de Dom Juan est repris, détourné… Plus de panache ni de révolte intellectuelle, mais un être imbibé d’alcool, grossier et vulgaire aux appétits sordides. Le spectacle connaît de bons moments, le public s’esclaffe, même si le comique n’est pas toujours d’une grande finesse. Il est dommage que l’ensemble ne vibre pas toujours du même rythme, et que le propos manque parfois de consistance. On a connu, sans aucun doute, du meilleur Valletti : celui qui sait faire tourner la langue et le réel, qui sait écheveler les fils des intrigues et jouer des mensonges et des pudeurs de ses personnages, amenant peu à peu ses révélations. MARYVONNE COLOMBANI Réception a été joué au Toursky du 9 au 11 oct. et à La colonne (Miramas) le 7 oct. Seule et loque Florence Masure, seule en scène, soliloque. Elle s’adresse aussi au public, un peu, juste pour lui dire de partir. La comédienne est expressive, habitée, elle fait frissonner avec ses colères et ses terreurs. La scénographie, très belle, enserre son destin entre deux murs de linge étendu, et une imposte par laquelle la lumière l’éclaire ou se dissimule. Le destin de cette fille, d’abord grande puis petite, repartie en enfance vers Roubaix et ses camps d’immigrés de l’Est, attache tout d’abord, puis étonne par ses répétitions ert ses coqs à l’âne –un coup dans le souvenir un coup dans le fantasme- jusqu’à vous laisser décrocher b tout à fait. Comme souvent chez Znorko le spectacle ne manque ni de talent ni d’idée, mais de conséquence dans l’écriture. Les saynètes, toutes écrites en crescendo, et presque toutes du calme vers l’hystérie, tiennent un temps le fil narratif, puis le lâchent, et lâchent le public avec. Dommage, le talent est là, juste à portée de main… AGNÈS FRESCHEL Boucherie Chevaline se joue à la minoterie jusqu’au 18 oct 04 91 90 07 94 wwww.minoterie.org Agnès Mellon Héroïque Adapter Les Travailleurs de la mer de Victor Hugo peut sembler être une gageure, surtout quand, seul sur scène, un comédien incarne tous les personnages. Ce comédien c’est Paul Fructus, qui a également adapté le texte que Daniel Briquet met en scène. Avec lui deux musiciens, au piano et à l’accordéon qui, discrètement, habillent le texte et l’illustrent. Entre le jeu et le récit le comédien prend son temps, installe les personnages, s’habille, se déshabille, se déplace. Et puis voilà Gilliat, marin solitaire qui s’en va chercher, en pleine mer, le moteur intact d’un bateau déchiqueté pour conquérir le cœur de Déruchette. Paul Fructus se lance dans le texte dense de Victor Hugo, joue à merveille le combat d’un homme contre les éléments, contre la solitude, contre la faim, contre lui-même. Perché sur son rocher/bateau, Fructus/Gilliat se bat, et sort vainqueur d’un texte époustouflant. L’épilogue, lu, paraîtra alors bien fade… DOMINIQUE MARÇON Les travailleurs de la mer a été joué au Théâtre le Sémaphore (Port-de-Bouc) le 3 octobre 11 Griffes b X-D.R Une tresse lui sert de coiffe russe. Et il y a cette jupe incroyable de boudins colorés qui danse comme celle des crétoises, un clavier de piano, une petite table recouverte de ces objets désuets et charmants que l’on retrouve chez les vieilles dames solitaires… Manque à tout cela… mais bien sûr, manque un chat ! L’« orgueil de la maison » baudelairien a déserté. La pianiste, à l’instar de la mère Michel de la chanson, a perdu son chat… qui ne revient pas ! Avec une tendre ironie, le piano interprète les attentes, les espoirs et les découragements de la maîtresse abandonnée. N’avait-elle pas pourtant tout sacrifié pour l’énigmatique animal ? Même son compagnon dont l’archet enduit savamment de colophane n’avait pas résisté aux assauts jaloux du félin… Hector Franz Ravel, HFR pour résumer, inspire par son absence, des chants, des poèmes, des réflexions sur la vie et ses raisons, sur les véritables coups de griffe. Un seul être vous manque… et les mots repeuplent l’espace de la scène aux éclairages à la fois subtils et originaux, comme ce parasol égayé de guirlandes de Noël. Celle qui fut une accompagn’actrice invente un spectacle très écrit, drôle, émouvant, tendre, poétique. L’éternel problème de la quête de soi à travers l’autre, ou celui du sens que l’artiste accorde à son art, transparaissent dans ce conte qui satisfait par ses différents niveaux de lecture grands et petits. MARYVONNE COLOMBANI L’accompagn’actrice : après Trets Anne Gastine poursuit son solo de théâtre musical dans le Pays d’aix le 6 nov. à Rousset, le 7 nov à Eguilles, le 13 nov au Puy Ste Réparade, le 15 nov 2008 à Châteauneuf le Rouge www.picturmusic.com



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