Zibeline n°11 septembre 2008
Zibeline n°11 septembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°11 de septembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11 Mo

  • Dans ce numéro : Festivals des Musiques Interdites.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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78 ÉDUCATION FAI AR Une bonne FAI s’est installée à Marseille... Avez-vous déjà entendu parler de la FAI AR, c’est-à-dire la Formation Avancée et Itinérante des Arts de la Rue ? Quelques heureux élus y approfondissent les techniques de spectacle en milieu urbain. Pourquoi heureux ? Parce que c’est une formation unique en Europe, et que son siège se trouve… à Marseille ! Une longue germination La genèse de cette aventure mérite qu’on s’y attarde. Tout est parti en fait de mai 68 : la rue s’y est appréhendée comme un espace à prendre, un champ d’expérience, une occasion de secouer la tradition poussiéreuse du théâtre classique. Ce sont les plasticiens qui ont les premiers tenté l’expérience avec les happenings et les performances : l’espace urbain devenait le champdupossible ! Lieuderencontre, de mixité et donc de démocratisation, ouvert à un public hétérogène, les Arts de la Rue ont conquis un public de plus en plus nombreux au fil des saisons et des années ; dans le même temps se développaient les techniques et les savoir-faire. Ainsi le besoin s’est-il fait sentir de fixer les savoirs, d’approfondir les formations. Michel Crespin et Fabien Jannelle créent Lieux Publics, lieu international de rencontres et de création pour les pratiques artistiques dans les lieux publics et les espaces libres des villes, en région parisienne en 1983, et à Marseille en 1990. Puis en 1994 le Ministère crée Hors les Murs pour la promotion des Arts de la Rue. Parallèlement Michel Crespin créait le premier Festival de Théâtre de Rue à Aurillac, dont il s’occupera de 1986 à 1994. C’est ainsi que peu à peu mûrit l’idée d’apprentissage et d’organisation de la transmission pour aboutir enfin à la création d’une formation supérieure : la FAI AR ! De 2002 à 2005 la FAI AR organise des stages de formation continue en collaboration avec l’AFDAS, puis le premier cursus de la Formation Supérieure démarre en avril 2005 en accueillant 15 Apprentis : c’est ainsi qu’on appelle les participants, en souvenir des artistes allemands du Bauhaus. Ceux-là ont terminé leur formation en mars 2007. La 2 e est en cours et se terminera en mars 2009. Une immersion totale L’aventure dure 18 mois et concerne des intermittents, des artistes déjà expérimentés ou possédant une solide formation initiale. Totalement immergés dans un processus de création, ils sont libérés pour la plupart des soucis matériels puisque pris en charge par l’AFDAS, organisme qui finance la formation professionnelle, par les ASSEDIC, et d’autres aides financières sont trouvées au cas par cas. Ils viennent d’horizons divers : metteurs en scène, scénographes, chorégraphes, compositeurs, plasticiens, Chantier des Apprentis Agnès Mellon directeurs de compagnie, constructeurs, paysagistes... Mais avant toute chose ils ont été sélectionnés sur un dossier justifiant d’une formation de base dans un domaine donné, d’une expérience artistique et présentant un projet inventif de façon détaillée (même s’il est appelé à changer) qu’ils défendent ensuite lors d’un entretien oral. Ils doivent aussi justifier de leurs activités dans l’espace public. Cette formation professionnalisante a pour point d’accueil la Cité des Arts de la Rue aux Aygalades et se déplace ensuite dans différents lieux consacrés aux arts de la rue en France et à l’étranger (Pays-Bas, Espagne, Italie, Belgique...). La FAI AR reçoit une centaine de dossiers pour chaque formation, une trentaine est retenue et 15 seulement sont admis. Association loi 1901 sous tutelle du Ministère de la Culture et de la Communication, conventionnée par la Région PACA et la ville de Marseille, et le soutien du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, elle propose une Formation unique et innovante. Apprendre la rue Le développement pédagogique s’appuie sur des Fondamentaux (au nombre de 10), des modules thématiques qui constituent les bases de la formation comme le son, la verticalité, l’objet scénique, l’image, la lumière… éléments indispensables pour qui veut intervenir dans l’espace urbain. Chaque thème initié par un artiste ou un collectif est traité dans un cadre professionnel pour une
79 durée de 1 à 4 semaines. L’appréhension des politiques culturelles n’est pas oubliée avec l’étude des cadres institutionnels en France et en Europe, formation dispensée d’ailleurs par des hommes politiques de terrain : cette année, tout le monde a planché sur le dossier Marseille, capitale européenne de la Culture en 2013. Puis des Aventures Individuelles offrent aux Apprentis la possibilité de participer à des événements artistiques en s’intégrant au travail d’une compagnie en création ; un Voyage Imaginé permet à des tandems d’apprentis de rentrer en contact avec un pays non occidental, de se faire accepter (le prix du voyage est pris en charge par la formation) et ainsi de se fondre durant une quinzaine de jours dans une culture différente ; chaque Apprenti a aussi un « jardin » à cultiver, c’està-dire une option nouvelle à découvrir et à développer, et un instrument de musique à travailler. Peu à peu le projet personnel se précise avec les conseils d’un tuteur, choisi par les Apprentis, qui offre son regard extérieur, ses questions ou ses contradictions, et aide à la finalisation du projet. Toutes les étapes de travail et d’acquisition sont ponctuées par des chantiers ouverts au public pour finir par une Présentation-panorama qui présente l’ensemble des propositions. Il est alors temps pour ces Apprentis de prendre leur envol, sous le regard complice de la Bonne FAI ! CHRIS BOURGHE Chantier des Apprentis Agnès Mellon Portraits Grands chambellans, elfes, lutins malicieux et gracieuses sylphides s’empressent au service de la Fée Art Pour l’instant leur « Château » n’existe que sur les plans des architectes : la 1 re réunion de chantier a lieu en ce moment. Si tout va bien, courant 2010 la Cité des Arts de la Rue devrait être opérationnelle. Les 7 structures qui en font partie travaillent pour l’heure avec les moyens du bord, dans des préfabriqués, sur un terrain de 36 000 m² et interviennent dans la formation des Apprentis, quand ceux-ci ne sont pas en résidence en Bretagne, en Espagne ou aux Pays-Bas. Deux grands chambellans, compagnons de route À l’origine, il y a Michel Crespin, celui sans qui il n’y aurait rien ! Après s’être occupé de Lieux Publics durant 18 ans, il a voulu mettre en place l’objet de ses recherches et de ses amours depuis 30 ans : une formation professionnelle qualifiante des Arts de la Rue. Dès 2001 il propose une étude de préfiguration, travail collectif qui s’expérimente à Marseille et en Espagne, depuis la réflexion et de l’échange des connaissances jusqu’à la réalisation. « Depuis toujours j’invente mes outils et je les transmets. ». Passé par l’École militaire, il a été instit, enseignant de physique, puis saltimbanque... une vraie « saga » comme il dit ! Maintenant il est consultant pédagogique à la FAI AR, enseignant de scénographie. Son enthousiasme est inébranlable et nul doute qu’il le transmette aux jeunes qui montent ! Son alter-ego, Dominique Trichet a eu aussi un parcours engagé. À Nanterre en 68, sa rencontre avec Catherine Dasté l’a lancé vers « l’exigence intellectuelle et le plaisir du risque. ». Comédien, metteur en scène, inventeur de spectacles musicaux, il est tout naturellement devenu le compagnon de route de Michel Crespin pendant 5 ans pour le Festival d’Aurillac. En 2005, il accepte la direction de la FAI AR, assume avec ferveur ses fonctions et s’apprête à affronter les mois de construction de pied ferme, mais avec décontraction ! Lutins et sylphides ont suivi la « Fée » de 2005 à 2007... Estelle Charles faisait du Théâtre de Rue en Lorraine (compagnie La Mâchoire 36) d’où elle est originaire. Au bout de 10 ans elle décide qu’il est temps de requestionner sa pratique artistique : « J’ai voulu poser mon savoir-faire, réactiver la machine créatrice... Ça m’a énormément apporté d’un point de vue humain, on s’est mis à travailler ensemble : un spectacle sur l’enfance et ses blessures à partir d’interview. ». Elle est maintenant artiste associée de Lézarap’art. Raphaël Caillens, Architecte-Paysagiste formé à l’École de Versailles, enseigne paysage et jardinage, et se livre à des actions de Land-Art. « Mon regard se perdait dans des procédures lourdes pour faire évoluer la ville. J’ai voulu cultiver la légèreté, réveiller le regard des passants, inscrire des lignes de force dans le monde... J’ai assisté presque par hasard aux portes ouvertes de la formation. Tout de suite ce qu’a dit Michel m’a enthousiasmé, je correspondais au profil : bousculer mes horizons et m’ouvrir à d’autres pratiques. J’ai découvert l’importance de la gestuelle et j’effectue des rituels poétiques quand je me sens en phase avec le paysage. » Berta, Lili et Boueb, apprentis-magiciens... Berta, espagnole imagine un spectacle sur le cochon : « Le cochon est l’avenir de l’homme, Porcopolis montrera que l’homme se comporte comme un cochon. ». Elle a un projet pour la Léthonie sur la mémoire sonore. Lili, franco-américaine, a beaucoup voyagé et ne se sépare pas de son chien qu’elle intègre à tous ses spectacles. Toutes deux se réjouissent de l’opportunité d’une telle formation qui les ouvre à l’écriture et la mise en scène. Boueb vient de Bretagne : « Je trouve ce que je suis venu chercher : élargir mon expérience en repartant de zéro. C’est une occasion incroyable que de pouvoir se consacrer à la création pendant 18 mois sans soucis matériels ! ». PROPOS RECUEILLIS PAR CHRIS BOURGUE



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