Zibeline n°11 septembre 2008
Zibeline n°11 septembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°11 de septembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11 Mo

  • Dans ce numéro : Festivals des Musiques Interdites.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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38 MUSIQUE CONCERTS Légendes et logistique La deuxième soirée du festival était celle de deux monstres sacrés du jazz. Tout d’abord Richard Galliano et le Tangaria Quartet. L’accordéoniste et compositeur prolifique doué d’une technique incroyable de sensibilité nous a charmés dès les premières notes. Richard Galliano a joué avec d’innombrables musiciens qui comptent dans l’histoire du jazz : Chet Baker, Joe Zawinul, Michel Portal... mais aussi au théâtre, en 1983, comme 1er bandonéon solo avec Astor Piazzola qui composa la musique du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare mis en scène par Lavelli. À 58 ans, notre accordéoniste est toujours débordant de créativité : à l’issue d’une rencontre récente avec trois musiciens d’exception, il enregistre Love Day qui va sortir dès le 22 septembre chez Milan. Selon Des voix berbères à Arles Arles, en juillet, fourmille d’images, de sons, de rencontres. Le Museon Arlaten a donné l’occasion de découvrir le monde berbère à travers les paroles de la sociolinguiste Nacira Abrous, la voix de la chanteuse Houria Aïchi et les plats des femmes de l’association Horizons berbères. Une joie pour les oreilles et les papilles ! Rifains, Tamazights, Touaregs, Mozabites, Kabyles et Chaouis font partie des Berbères, qui se dit « Amazirs » en langue berbère et qui signifie « hommes libres ». « Etre Chaoui, nous précise Houria Aïchi, c’est habiter l’Aurès, caractérisé par une géographie, un climat de haut plateau, une langue berbère traversée par la langue arabe. Si l’on en croit le proverbe algérien : Le Chaoui a la tête de sa mule ! ». C’est à travers la poésie chantée, accompagnée par la Gasbâ (flûte fabriquée à partir d’un morceau de roseau) que Houria Aïchi affirme cette culture berbère, poésie qui reprend les grands thèmes de la vie sociale paysanne, le travail, l’amour, la guerre, 30 ans de Jazz à La Seyne lui « one véritable histoire d’amour faite de respect, d’écoute, de pudeur, de dialogue... ». À ses côtés Alexis Cardenas, violoniste vénézuelien au pedigree époustouflant, s’est particulièrement illustré dans des morceaux tels que Escualo ou encore Sertao. Quarante minutes s’écoulent pour commander un rafraîchissement (la logistique ne suit pas) et déjà arrive Archie Shepp. Avec lui aussi le courant passe immédiatement, notamment lorsqu’il prend le micro pour chanter. Encore un moment de musique exceptionnel ! Dommage que les choix organisationnels de l’événement se soient portés sur la gestion à code barre de la billetterie au détriment de la qualité du son ! DAN WARZY l’exil… Devant les paysages de sel de Patrick Box, elle a chanté a cappella, tenant longuement les notes d’une tendre berceuse, Berri ya berri (O Mon Dieu, endors mon enfant sous ta protection) et la chanson de l’amoureuse qui parle de son amant que le clan l’empêche de voir. Un beau moment d’écoute et de partage. ANNIE GAVA Dans le Var a lieu un festival de jazz de très grande qualité Du 25 juillet au 1er Août, de grands acteurs de la scène jazz se sont produits dans le cadre intime du Fort Napoléon : David Murray, Daniel Humair, Pete La Roca, Georges Garzone, André Jaume... Robert Bonaccorsi, directeur artistique du festival témoigne : « Depuis 30 ans, nous marions les courants du jazz en accueillant artistes en devenir et artistes de légende... » La soirée du 31 juillet était consacrée aux contrebassistes. Le François Mechali trio commence, uni par une certaine parenté musicale. Eric Séva au saxophone produit un jazz assez mélodique, très originel. André Charlier, batteur au grand talent, a joué avec Didier Lockwood, John Le nouveau disque de Houria Aïchi sortira fin septembre. Houria Aichi birgit Scofield et encore bien d’autres. La contrebasse de Christian Brazier était à l’honneur pour la seconde partie avec ses complices de longue date que sont Philippe Renault (trombone) et Thierry Maucci (saxophones). Invités pour former le quintet, StevePotts (saxophones) et John Betsch (batterie) auront apporté stabilité et perturbations à une musique écrite, évoluant toujours dans des improvisations devenant courants de passion, de combats, jusqu’à la grâce harmonique. Le festival s’est clôturé le lendemain dans l’amphithéâtre de Châteauvallon avec le groupe Yellowjackets et Mike Stern, guitariste de grand renom. Il a joué avec Billy Cobham, Miles Davis, Archie SheppRoland Godefroy Ce concert a eu lieu au Palais Longchamp le 24 juillet lors de la 9 e édition de Jazz des 5 Continents Chorus à minima et nappes sonores « neffesh » Peut-on vraiment parler de musique improvisée quand on a l’impression d’avoir affaire à une musique si « écrite » ? Telle était la question que l’on pouvait se poser lors du concert de l’ensemble Manuchello Septet au Paradox. Cependant, c’est une musique en recherche, qui explore.. Batterie, guitare basse dans des riffs rock et jazzrock, un violoncelle fédérateur : Emmanuel Cremer, principal compositeur du groupe. L’apport du quatuor à cordes qui forme le septet nourrit le son, la matière sonore et apporte de l’intérêt à cette formation qui fait penser parfois à Magma mais aussi à Yochk’o Seffer. DAN WARZY Concert donné au Paradox le 11 juillet Retrouvez Manuchello en concert dans le cadre des Bacchanales de Saint Cannat Pat Metheny, Jaco Pastorius, Michael Brecker... Le groupe fondé en 1977 a démontré qu’il était encore plein de fraîcheur et talentueux comme jamais. Aux côtés de Russell Ferrante (claviers) et Jimmy Haslip (basse) les membres fondateurs, l’extraordinaire Bob Mintzer (saxophones) nous a fait goûter du EWI, instrument à vent électronique marquant le caractère très jazz fusion de la soirée. Marcus Baylor (batterie) a prouvé son extrême sensibilité et nous a révélé toute la dimension de son talent. DAN WARZY
I MUSIQUE 39 Ça Jazze au château La région est riche en festivals d’été, et il est difficile de déterminer le spectacle à ne pas rater. Ceux qui avaient choisi de se rendre à Trets pour la septième édition de Jazz au Château ont tablé sur une valeur sûre. Cette année, le festival qu’organise l’association Attrait rendait hommage au contrebassiste Roger Luciani récemment disparu et qui avait apporté son soutien dès la première édition. Le Miss Jones Quartet, un jeune groupe tretsois ouvrait les festivités. Jolies reprises de grands standards, de Cole Porter à des rythmes de Bossa Nova… des échos touchants de Billie Holliday…Voix juste, bons instrumentistes, de pertinents changements de rythme, pour un programme éclectique sans doute un peu trop sage… La deuxième partie voyait des compères de longue date se retrouver sur scène. Les frères Belmondo (cuivres) et Thomas Bramerie (contrebasse) se connaissent depuis l’adolescence, et tous jouent ensemble depuis au moins dix ans. C’est donc avec une complicité, une joie de se retrouver communicative, que ces musiciens hors pair (piano Éric Legnini, batterie André Ceccarelli), se lancent sur des canevas classiques, de Thelonius Monk, Freddy Hubbard, Coltrane… en de brillantes improvisations. Les premières mesures de batterie installent d’emblée un univers sonore magique. Les musiciens entraînent au gré de leur fantaisie et de leurs incroyables acrobaties un public subjugué. Les artistes jouent aux deux sens du terme, pour le plus grand bonheur des spectateurs, une musique riche et jubilatoire. On ne s’en lasserait jamais… ! C’est un univers complètement différent qui était o Les frères Belmondo X-D.R programmé lors de la deuxième soirée. Le Sudameris Quintet propose une relecture jazz tout à fait convaincante d’œuvres du répertoire classique. Les trois musiciens convient à un voyage à travers la musique française. Ainsi, le premier mouvement des morceaux choisis est donné dans sa version d’origine, parfois par l’entremise d’un 78 tours, puis retravaillé en jazz. Le jeu du pianiste Robert Rossignol n’est pas sans évoquer le toucher de Camillo. Jean-Christophe Gautier à la basse et Farid Boukhalfa à la percussion s’en donnent à cœur joie. Le saxophone de Iamine Diagne connaît Théâtre et chanson La saison nouvelle renoue le fil de la chanson avec le joli spectacle qui clôtura les activités du lieu. Chansons démêlées offre à un public fidèle et nombreux un florilège de chansons françaises dont les textes et les musiques sont empruntés à des artistes aussi variés que Higelin, Brel, Juliette, Anne Sylvestre… Les interprètes sont des stagiaires qui travaillent parfois depuis quatre ans avec Isabelle Bloch-Delahaie. Les voix sont justes, la mise en scène des chansons accorde aux textes un relief, une saveur, sans paraphrase aucune. Le spectacle joue entre différents registres, poésie, confidence, humour, tendresse. Les spectateurs qui emplissent la petite salle transpirent, s’éventent, se liquéfient, stoïques, mais restent tant la prestation est entraînante et sensible. Dans ce petit théâtre de poche, les mots voguent, circulent, se donnent, se transmettent, car il s’agit bien de transmission avec des passeurs de mots, de sens, d’enthousiasme pour la vie, dans ses émois et ses doutes, ses joies et ses dérives. On ne cesse d’enterrer la chanson française, d’en 0 déplorer la décadence, ce théâtre en est le parfait démenti ! M.C. Les soirées cabaret de Théâtre et chansons ont eu lieu du 27au 29 juin. Elles reprennent du 26 au 28 septembre. 04 42 27 37 39, www.theatre-et-chansons.com Soirée cabaret X-D.R de superbes envolées et la batterie de Dimitri Reverchon est efficace. On ne s’ennuie jamais. Bizet, Ravel, Debussy sont ainsi passés à la moulinette du jazz, dans un spectacle qui unit qualité et humour. Décapant ! La grande Sara Lazarus clôture le festival. Let’s do it de Cole Porter installe une atmosphère chaleureuse et complice. Et si some of my friends have the blues lorsque l’artiste évoque avec une certaine nostalgie le Delaware de son enfance, le public, lui, est enthousiaste ! Hommage au pays qui l’accueille, une délicieuse valse des lilas de Michel Legrand, interprétée sur un rythme de bossa nova, permet de découvrir l’étendue du talent de la chanteuse. Chaque musicien se livre d’ailleurs à de très riches improvisations avec un plaisir virtuose. Un entrain communicatif, un sourire généreux, une voix superbe, un sens musical exceptionnel ont transporté l’auditoire. MARYVONNE COLOMBANI Jazz au Château a eu lieu à Trets les 11 et 12 juillet Louisiane en Provence Chaussures noires et blanches, veste croisée, pantalon large, cheveux gominés, la panoplie complète des années de la prohibition, un vieux poste des années 30, et l’indispensable micro dont la forme oblongue et les éclats métalliques renvoient aux vieux films d’Al Capone, ce sont les Cotton Candies ! L’univers du Cotton Club de Saint- Louis se retrouvait ce soir-là sur la scène des Nuits du château de Trets… Un air de Louisiane en Provence… et quelle fougue ! D’emblée, les cinq musiciens captivent la salle ; les rythmes de boogie-woogie s’enchaînent, les airs swinguent, le jazz s’amuse et emporte un public que le chanteur du groupe, Karim Tobbi, entraîne dans un monde où renaissent Nat King Cole, Louis Prima, Slim Gaillard, Bennie Goodman, Louis Jordan et tant d’autres talents… Les ballades alternent avec des rythmes plus rapides, ménageant quelques respirations poétiques dans ce spectacle endiablé. Chaque musicien connaît son moment de solo virtuose, dans la plus pure tradition du Cotton Club. Les artistes jouent avec humour du décalage affiché du temps, établissant une complicité musicale et dansante avec un public conquis. M.C. o Cotton Candies s’est produit le 20 juillet à Trets dans le cadre des Nuits du château



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