Zibeline n°10 jui/aoû 2008
Zibeline n°10 jui/aoû 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de jui/aoû 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 8,6 Mo

  • Dans ce numéro : Festival d'Aix, de vives voix.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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46 CINÉMA FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOCUMENTAIRE APT Au fil du FID el Le dix-neuvième Festival International du Documentaire s’est tenu à Marseille du 2 au 7 juillet Un parcours au fil du monde « Faire le FID », cela veut d’abord dire choisir un parcours durant six jours, décider de prendre soit une autoroute, les compétitions internationale ou nationale, soit des routes parallèles en Europe ou en Amérique, vers Zanzibar ou vers le passé toujours d’actualité. On peut aussi emprunter des chemins de traverse, en butinant de film en film, selon son inspiration du moment. Comment tracer sa route ? Vers les contrées inexplorées, les terres vierges des premiers films ? Sur les chemins balisés et rassurants des cinéastes qu’on aime ou des rétrospectives… qui réservent parfois des surprises ? Ou encore accepter de se détourner du chemin qu’on s’est fixé lorsqu’un panneau indicateur signale qu’il y a là, à ce moment-là, quelque chose à découvrir… Et puis, surtout, accepter la frustration devant tous ces films qu’on ne verra jamais ! De ce parcours quel qu’il soit, on ressort changé, chargé d’émotions. Des émotions On peut se sentir mal à l’aise devant les camps de ces gens déplacés, au Gouroukon, à l’Est du Tchad, filmés frontalement, en plans fixes : Au loin des villages, d’Olivier Zuchuat, ne suscite ni compassion, ni indignation, non, juste une sorte d’impuissance due à la distance respectueuse du réalisateur qui a passé plusieurs mois dans le lieu. On peut être dérouté, dérangé, voire agacé devant le dispositif radical qu’a imaginé Roee Rosen dans Les Confessions de Roee Rosen : ses « aveux » sont lus sur un prompteur par trois travailleuses, immigrées en Israël, qui déchiffrent péniblement l’hébreu. On peut être perplexe devant le choix de Phillip Warnell de se faire « radioscoper » par The Girl with X-Ray eyes qui lui diagnostique une infection à soigner de toute urgence, en regardant à travers ses organes, un documentaire qui ressemble à un film de science-fiction. On peut rêver à travers les paysages mystérieux, filmés en lumière naturelle de Il Cielo, La Tierra y la Lluvia de José Luis Torres Leiva, sorte de suite « fictionnarisée » à son court métrage, Ouvrières sortant de l’usine. On se dit aussi que Nous n’irons pas à Buti, c’est narcissique et inutile à l’Heure du berger ! On préfère entendre les témoignages des familles de « disparus » du régime marocain (Nos Lieux interdits) ou des protagonistes des procès des inculpés du génocide au Rwanda (D’Arusha à Arusha)… On peut aussi se laisser toucher par la tendresse de la Coréenne Sun Hee qui filme sa grand-mère de 84 ans, ses mains qui cousent, ses pieds qui font mille pas par jour (Her Summer). On peut se laisser entraîner par Henri-François Imbert qui suit les traces de Jean Eustache dans sa ville natale, Narbonne, et qui nous fait rencontrer Hilaire, l’un des garçons de Mes Petites Amoureuses au Bar Des Quatre Fontaines (Le Temps des amoureuses). On peut découvrir la chronique familiale de Morgan Dews, qui a réussi à rendre sensibles les tensions qui conduisent aux névroses familiales : on entre dans l’intimité d’Allis à qui son psychiatre reproche d’être non-conformiste ; les images en contrepoint avec les bandes sonores se superposent, se contredisent, s’entrechoquent. Se dégage peu à peu le portrait touchant d’une femme qui s’interroge sans cesse sur elle et sur les femmes en général. Une démonstration parfaite des blessures que peut provoquer la famille et des névroses qui peuvent s’y développer. Des rencontres Bien entendu au FID, on peut aussi rencontrer des réalisateurs, assister à des tables rondes, et sortir plus ouvert aux réalités du monde. On peut aussi, petit bémol, se sentir frustré comme lorsque Toni Négri, Président du Jury International, « fatigué par le métier de jury », ne répond pas vraiment à la question posée sur le rapport entre l’art et la philosophie, ou mélange architecture et urbanisme. On peut aussi être en colère face à un discours qui semble loin, parfois, des réalités sociales ! Mais films et paroles au FID étaient là pour interroger nos représentations et « réveiller ce qui dort en nous ». Un vaste et beau programme ! ANNIE GAVA Palmarès et coups de cœur Avant la cérémonie de clôture du FID, nous avons posé à une centaine de spectateurs la question suivante : « Vous repartez du FID avec un seul film : lequel ? » Le public n’a pas toujours les mêmes goûts que les jurys ! L’Heure du berger de Pierre Creton, Grand Prix de la Compétition française et prix du GNCR n’a été cité qu’une fois ! De même qu’Optical Vacuum de Darius Kowalski et Mirages d’Olivier Dury, prix Premiers Films et d’Arusha à Arusha de Christophe Gargot, prix Georges de Beauregard. En revanche, Au loin des villages d’Olivier Zuchuat, qui a obtenu le prix des Médiathèques, a été choisi sept fois, Khiam 2000-2007 –nom d’un camp de détention au Sud Liban, filmé par Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, prix Georges de Beauregard international, cinq fois, Les Confessions de Roee Rosen, mention spéciale du jury, quatre fois et le prix de Marseille Espérance, Bab Sebta, qui retrace le parcours d’émigrants africains arrivés à la Porte de Ceuta, réalisé par PedroPinho et Frédéric Lobo, cinq fois. Lettre à la prison, de Marc Scialom, long métrage franco-tunisien tourné en 1869, restauré et accompagné par Film Flamme qui a eu une mention spéciale du Jury a été choisi par quatre spectateurs. Quant au grand prix international, Must El Cielo, la tierra y lalluvia Trigon-film read after my death, superbe travail à partir d’images et de sons enregistrés par la famille du réalisateur, Morgan Dews, quatre personnes l’ont élu. Ont été cités aussi plusieurs fois : Ce Cher mois d’août du Portugais Miguel Gomez (6 fois), The Exiles de Kent Mackenzie, offert au public par Jean-Pierre Gorin (4 fois) et Nos Lieux interdits de Leila Kilani (4 fois). Mais le grand coup de cœur du public ne faisait pas partie de la compétition : il s’agit du film réalisé par Robert Kramer en 1984, Notre Nazi que quinze spectateurs sur la centaine interrogée ont plébiscité ! Notre Nazi, sorte de making off du film tourné par le cinéaste allemand Thomas Harlan, Wundkanal dont le rôle principal est le docteur Alfred Filbert, ancien commandant de la Gestapo, responsable de massacres en Lituanie et en Russie. Retrouvé en 1962 et condamné à la prison à perpétuité et libéré une dizaine d’années plus tard pour raison de santé, il vivait tranquillement à Berlin jusqu’à ce que Thomas Harlan vienne le solliciter… Espérons que ceux qui l’ont « loupé » le voient un jour ! ANNIE GAVA, ASSISTÉE PAR ARMELLE MARIE
47 Le FID en chiffres Le FID c’est : 900 000 euros de budget 5 permanents 30 personnes pour le pré-festival (mai/juin) 140 personnes travaillant durant le Festival (aucun bénévole) 500 accréditations professionnelles 90 accréditations presse nationale et internationale 21000 spectateurs 3000 films reçus et visionnés par l’équipe de sélection. 138 films projetés 208 séances 1/3 des films projetés sélectionnés pour les festivals internationaux 10 films sélectionnés pour le Festival Mar Del Plata de Buenos Aires Zanzibar ? Kèzaco ? Que se passe-t-il en France après la Nouvelle Vague ? Eustache et Garrel ? En effet, mais il y a aussi un groupe informel de dandys cinéastes, nés de la mouvance intellectuelle révolutionnaire de 68 dont le chef de file est précisément Philippe Garrel, qui, seul, continue de faire des films. Leur nom ? Productions Zanzibar. Nom inspiré d’un poème de Rimbaud et d’une destination africaine jamais atteinte. Ces jeunes gens, tous beaux ou presque, vont tourner des films dits « sauvages » car sans autorisation officielle, mais montrés à la Cinémathèque et tous financés par une riche mécène, Sylvina Boissonnas. Films dépouillés, parfois mystiques, quasi mutiques voire muets (Le révélateur de Garrel) tournés dans des paysages déserts, à la recherche de l’origine de la vie (La cicatrice intérieure). Films d’échappées belles où cinéma et vie ne font qu’un. Étonnamment, peu de films politiques, à part peut-être Détruisezvous de Serge Bard. Films atypiques, souvent abstraits et expérimentaux, à la croisée des arts (Fun Soirs d’été sous les étoiles Après des escales à Marseille, Arles, Port-de-Bouc, la Caravane du Cinéma euro arabe (voir Zib 10) s’est arrêtée au cœur du Lubéron, à Apt. and Games for everyone où Serge Bard filme un vernissage du peintre Olivier Mosset). Électrons libres sous influence : Warhol surtout mais aussi LSD ! Films de corps et de décors : de beaux mannequins de la jet-set font partie de la bande, Caroline de Bendern, surnommée la « Marianne de mai 68 » et Zouzou, muse de Garrel avant Nico. Ces films sont sortis de l’oubli grâce à Sally Shafto, historienne de cinéma et programmatrice de cet Écran Parallèle. MURIEL BENISTY Le mot du Délégué Général, Jean-Pierre Rehm « Je suis particulièrement satisfait de l’édition 2008 : un déroulement fluide, une équipe passionnée, un nombre important de sélectionneurs étrangers et un retour unanime sur la qualité du festival, un grand nombre de films qui vont « tourner » dans d’autres festivals, de plus en plus de réalisateurs qui confient leur film, grâce au label FID, des jurys qui ont fonctionné de manière optimale… » Et pour 2009 ? FID or not FID ? « Un vingtième anniversaire avec une rétrospective exceptionnelle… Je n’en dirai pas plus.Quant au nom du Festival, il est connu internationalement sous le nom FID, difficile de l’appeler autrement ! » A.G. L’ambiance était des plus conviviales sur le Cours Lauze de Perret, le jour de la Sainte-Anne. Plus de deux cents personnes, après s’être désaltérées au buffet offert par Le Festival des Cinémas d’Afrique, se sont installées devant le grand écran gonflable, à la tombée de la nuit, et ont assisté à la projection de Délice Paloma, troisième long métrage de Nadir Moknèche (après Le Harem de Mme Osmane et Viva Laldjerie). Ils ont écouté les aveux de Madame Aldjéria, la « bienfaitrice nationale » qui sort de trois années de prison. Elle leur a raconté toute son histoire, toutes les affaires, les combines qu’elle a montées, Délice Paloma de Nadir Moknèche dont la dernière qui l’a conduite en prison, la tentative de rachat des Thermes de Caracalla, liés à son enfance. Madame Aldjéria -magistralement interprétée par Bijouna, l’actrice fétiche de Nadir Moknèche avec son chignon digne des héroïnes d’Hitchcock- et ses collaboratrices -Shéhérazade (Nadia Kaci) et Rachida (superbe Aylin Prandi), une serveuse qu’elle a recrutée- symbolisent la société algérienne, ses espoirs, ses souffrances. Le public aptésien, qui connaît bien le cinéma africain, a apprécié cette comédie douce amère… ANNIE GAVA Avis de concours Le Festival International du Film d’Aubagne soutient la jeune création cinématographique en s’attachant particulièrement à la création musicale pour l’image. Pour sa dixième édition, qui aura lieu du 16 au 21 Mars, un appel à candidature est lancé jusqu’au 15 Octobre, dans deux catégories : les premiers, deuxièmes ou troisièmes longs métrages (fiction, documentaire, experimental, animation), comportant impérativement une musique originale ; et les courts métrages (premiers, deuxièmes ou troisièmes) de tous genres également, présentant une musique originale ou un traitement particulier de la bande sonore. A.F.



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