Zibeline n°10 jui/aoû 2008
Zibeline n°10 jui/aoû 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de jui/aoû 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 8,6 Mo

  • Dans ce numéro : Festival d'Aix, de vives voix.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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24 DANSE ALLAUCH TRETS Europe aux States Le 31 juillet le Ballet d’Europe proposait à Allauch une soirée américaine, partagée avec la Compagnie Grenade de Josette Baïz. Non les adolescents (voir ci-dessous), mais la Cie professionnelle. Celle-ci ouvrit la soirée avec un hommage un peu décousu, théâtral sans l’être, à Fred Astaire. Ses interprètes y replongeaient dans la danse américaine jazz des années 40 (jazz roots, modern jazz) pour établir des ponts avec les danses populaires actuelles : intéressant, mais pas totalement réussi dans la forme. Dans un tout autre genre et sur des standards de Gershwin, très « classiques » dans leurs interprétations orchestrales, le ballet de Jean-Charles Gil proposa une pièce subtile, inspirée de la modern dance américaine. Le chorégraphe y met en œuvre un style coulé, gracieux, léger, en regardant vers cette école qui n’avait pas rompu avec le mouvement (comme le fera la postmodern-dance) mais s’était débarrassé Le corps sacré D 0 Retour sur l’un des événements phares de l’été à Châteauvallon avec la création mondiale pour sept danseurs de Ushio Amagatsu, Utsushi L’instant était magique et le silence quasi religieux dans le théâtre à ciel ouvert du CNCDC Châteauvallon. Et pour cause, le chorégraphe japonais Ushio Amagatsu et sa compagnie masculine Sankai Juku avaient rendez-vous avec ses « fidèles », inconditionnels de la danse Buto et réceptifs à sa recherche personnelle basée sur un Dialogue avec la gravité*. Pour cette occasion unique de jouer en décor naturel, Ushio Amagatsu avait imaginé un spectacle singulier, florilège recomposé de quelques-unes de ses pièces, dont la plus ancienne de 1978 n’est pas inscrite au répertoire. Un souffle nouveau donc, une configuration réinventée, une architecture différente, une musique recomposée pour donner vie à Utsushi, œuvre à part entière, traversée par le concept d’humanité et d’universalité qui est la base même de son travail chorégraphique… Ce qui aurait pu apparaître comme décousu a mis en évidence, bien au contraire, l’extrême cohérence de son propos, de ses recherches qui, multidirectionnelles, devenaient « une ». Un nouvel ordre qui a permis de lire à travers ces extraits son parcours de trente ans, et retrouver un peu de l’essence de chaque création ainsi que leur principe commun. Car ce qui frappe encore dans sa manière de revisiter son travail, c’est la cohérence et l’intensité de son art qui, toujours, ne cesse de s’interroger : Qu’est-ce que c’est que l’humanité ? Comment appréhender notre présence au monde ? Par la grâce d’interprètes exceptionnels (tous jeunes et nouveaux dans la compagnie à l’exception d’un seul présent depuis 1991), la danse de Ushio Amagatsu renaissait à Jean-Claude Verchere chaque expression, chaque mouvement, chaque élan : de tableaux en tableaux, les corps s’échappaient, se libéraient avec force et gravité. Muets, ils s’offraient à la nuit qui les enveloppait d’un linceul blanc, plus vivants que jamais. Hiératiques, visages masqués parfois, paumes ouvertes ou poings fermés, les danseurs soudain gardaient nos âmes, sentinelles impassibles. Vient le rituel inéluctable : les flammes, le vent, le sable, quand la danse se fait élévation spirituelle, sacrifice, incantation. Puis la « cérémonie » chorégraphique se consume au fil d’une lente procession qui retient le souffle du public, l’homme chavire puis se relève, glisse et se hisse. C’est l’humanité tout entière, dans son dénuement total, qui résiste. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI (*) titre de son ouvrage paru en 2001 chez Actes Sud. Sankai X-D.R des verrouillages classiques. À partir de ce vocabulaire, il a écrit des standards simples, des duos pour les chansons d’amour, de petites formes qui travaillent la perfection du geste, mais dans une détente nouvelle, qui ne cherche pas l’amplitude ou la vélocité mais la justesse tranquille, et l’élan. La soirée se conclut par une rencontre inattendue et formidable, les danseurs de Grenade et ceux d’Europe se retrouvant pour un Rhapsody in blue d’enfer. Conjuguant réellement la différence de leurs techniques, ils ont pris un plaisir évident, et communicatif, à breaker au sol pour les plus classiques, à tenter des jetés (demis !) et des portés placés pour les plus acrobatiques. Dire qu’on confondait les corps, beaucoup moins normés chez Grenade qu’à l’Europe, serait exagéré. Mais visiblement il n’y avait qu’une âme… AGNÈS FRESCHEL Sacré Sacre ! a C’est à une époustouflante interprétation du Sacre du Printemps que le Groupe Grenade de Josette Baïz s’est livré dans la cour du château de Trets le 19 juillet. La jeunesse des artistes, (entre 13 et 17 ans), la maîtrise des gestes, une chorégraphie qui joue entre la fluidité du propos et ses emportements donnent à voir un spectacle d’une grande qualité dans la belle mise en lumière de Dominique Drillot… Les costumes de Patrick Murru soulignent la grâce fragile et exaltée des adolescents, et la musique de Stravinsky permet aux interprètes de montrer l’étendue de leur jeune talent dans un rite incantatoire où ils semblent interroger leur propre jeunesse qui se sacrifie et exulte… Le sacre est précédé de deux courtes pièces. Un hommage à William Forsythe présente un travail très rigoureux, les danseuses rendent l’espace matériel de la scène naturel, vivant, mouvant. Un pas de deux, dansé par les benjamins de la troupe, sur Tableaux d’une exposition de Mussorgsky, allie humour et ingéniosité : le jeune boxeur et la danseuse classique se découvrent, échangent leurs rôles, se confrontent, se copient, dans un mouvement très frais et dynamique. Une cure de jouvence ? MARYVONNE COLOMBANI
LES HIVERNALES DANSE 25 Le off de la danse Y a plus d’saisons ! Pendant le off avignonnais l’été des Hivernales s’étoffe, s’étale en deux théâtres et 10 spectacles quotidiens... l’hiver des Hivernales sera-t-il aussi beau ? Seul à deux Parmi les 11 compagnies présentes, celle de Frédéric Cellé, Le Grand Jeté !, installée à Grenoble, a d’abord proposé un solo de 20 mns, D’être en solitude : un homme (Thomas Régnier) se bat et se débat contre un adversaire invisible et tenace, son regard inquiet interroge tout aussi bien la terre que le ciel (vide ?), le corps se jette violemment au sol, sa respiration de plus en plus oppressante s’unit peu à peu à la plainte d’une contrebasse sur fond de percussions, jusqu’au noir de la fin. Un duo, The last, extrait de Lâches, constitue la 2 e partie. Encore la violence, mais partagée cette fois dans une sorte de rapport sado-macho, parfois drôle. Dans une lumière crue tombant froidement du plafond, le corps souple et mince de la danseuse (Li-Li Cheng) affronte le corps athlétiqueetmassifdudanseur(Barthélémy Manias Valmont), contraste étonnant souligné par l’étrangeté de leurs rapports et la perfection de leur travail physique qui relève de la performance. Un violoncelle, un clavecin et une voix de haute-contre installent une atmosphère trouble et sensuelle. L’ensemble coupe le souffle ! Entre quatre Siegfried Plus théâtral et déjanté, le travail de la compagnie belge Woosh’ing Mach’ine emmène dans une radio de Bayreuth, qui se consacre semble-t-il exclusivement à la célébration de Wagner. De scènes franchement cocasses où Siegfrieds et Brunehildes multipliés échangent baisers et serments en emmêlant perruques et dagues, à des mouvements d’ensemble mimant le mythe et ses leitmotivs, le spectacle s’amuse, se perd un peu dans des intermèdes musicaux mal maîtrisés, puis revient en force en projetant, entrelacées, des images de l’histoire belge et allemande, des mythes teutons, de la guerre. Les animateurs de la radio mangent des saucisses et boivent de la bière : caricatures absurdes de l’Allemagne, ou des Belges qui, à force de dissensions, se mettent à réinterroger la période sombre du nationalisme flamand ? C.B. ET A.F. Les spectacles ont été donnés au Studio et au Théâtre des Hivernales du 10 au 26 juillet Cie Frederic Celle Cathy Peylan automne 2448 spee,tacles mark tompkins, empty holes 1", 2 et 3 octobre à la friche la belle de mai théo kooijnnan, kanijman. 1', 2 et 3 octobre e montévidéo antonija Livingstone, the part 8, 9 et 10 octobre à La friche ta belle de mai sylvain prunenec, effroi 8, 9 et 10 octobre à montévidéo dans te cadre de actOral.7 georges appaix, question de goflta 9 et 10 décembre à la friche ia belle de mai georges a paix, rien que cette ampoute dans l'obscurité du théâtre 12 et 13 décembre à la friche la belle de mai en co-realisation avec le thëâtre massalia O4 95 04 96 42 fnrmatinnprofessionnelle stage pierre droulers, corps et décors 27-31 octobre au studio cie fa Liseuse m arseille-gb]ectif-danse.org 41 rue jabin 13003 marseille



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