Zibeline n°10 jui/aoû 2008
Zibeline n°10 jui/aoû 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de jui/aoû 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 8,6 Mo

  • Dans ce numéro : Festival d'Aix, de vives voix.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 THÉÂTRE AVIGNON OFF FESTIVAL DE MARSEILLE INFORMELLES Résistance sans majuscule A.G. « Résister, c’est encore exister ! », c’est ce que confie un des nombreux personnages, la « démoralisatrice » de soldats allemands, femme de ménage à la caserne, qui pleure au son d’une chanson de Fréhel son amour perdu, tué par les boches. Le spectacle est né de témoignages authentiques, illustrant les petits actes de résistance, pendant l’Occupation, de toute une foule d’obscurs héros qui ont, un jour, mis leur courage en acte. La mise en scène d’Isabelle Starkier, rigoureuse et inventive, réussit le tour de force d’allier un rythme très soutenu Flux d’inconscience Il y eut très peu de théâtre durant le Festival de Marseille. Peu de mots, de paroles, et pas de débats. Aussi la reprise de Mon Képi Blanc à Montévidéo résonna-t-elle comme une respiration bienvenue. Mais paradoxale, le monologue étant sacrément étouffant. Le texte de Sonia Chambretto est un soliloque intérieur, flux de conscience, mais de X-D.R co à la précision d’un mécanisme d’horlogerie. Le comédien François Bourcier incarne ainsi tour à tour une vingtaine de personnages, se glissant littéralement en chacun d’eux grâce à une ingénieuse scénographie. Tour à tour grave, drôle, grinçant, triste, désespéré, il endosse les costumes, suspendus sur scène à des chaînes, d’hommes et de femmes, célèbres ou inconnus, résistants ou justes, qui ont dit NON ! En quelques secondes surgissent une silhouette, une gestuelle, une voix, émouvantes, précises. Un jeune homme qui va être fusillé écrit à sa mère. Une gueule noire en grève rompt avec le Parti. Une mère raconte à sa fille l’histoire des voleurs d’étoiles. Un proviseur sauve un élève de seconde D. Le Colonel Fabien, déguisé en curé, se désespère, avant de le tuer, devant un jeune aspirant allemand qui lui a souri. Joseph Kessel téléphone à André Malraux. La Roumaine Olga, dite Pierrette, la seule femme du groupe Manouchian, et même le Führer affublé d’un nez de clown, déambulent sous nos yeux. Les témoignages s’enchaînent, vivants et multiples pendant près d’une heure et demie, avec la même énergie. Dans ce kaléidoscope de scènes, la place est également faite aux résistances d’aujourd’hui, aussi nécessaires et quotidiennes : « Résister aujourd’hui, c’est s’opposer le jour de la rentrée des classes, le 2 septembre 2008, à l’expulsion des familles de sans papiers. » DOMINIQUE HIGEL ET ANNIE GAVA Résister c’est Exister a été joué au Collège de la salle du 10 juillet au 2 août. conscience amoindrie. Matée, mortifiée, laminée. Celle d’un légionnaire totalement abruti, qui ressasse ses obsessions d’ordre où l’autre, le sentiment, la sensation même n’ont aucune place. Abruti parce que légionnaire, légionnaire parce qu’abruti ? On n’en saura rien, et l’interprétation brutale de Manuel Vallade ne nous en dit pas plus : buté, enfermé dans un espace clos comme une cellule, inutilement amplifié, dupliqué, son discours apparaît comme un modèle de vacuité terrifiant. Où le « on » devient le sujet pensant, où le « je » disparaît dans sa masse impersonnelle, qui s’oppose à une non moins informe, mais ennemie, région du « eux ». Hubert Colas mettra à nouveau en scène un texte de Sonia Chambretto : ne manquez pas Chto, à La Criée (voir page 18), dans le cadre d’Actoral (voir page 60). AGNÈS FRESCHEL Pour moi seule Parmi tout ce que propose le Off à Avignon, le Nautilus est une expérience un peu particulière par La Compagnie des Trois Temps : deux personnes, au maximum, peuvent assister à une représentation… dans un camion Peugeot des années 60. Un monologue que le spectateur (ou les deux spectateurs) choisit sur une carte, comme au restaurant ! Les dix textes proposés ont été écrits par des auteurs contemporains, de Laurent Gaudé à Josiane Balasko, de Gérard Watkins à Camille Laurens et sont interprétés en alternance par deux comédiennes, Maud Ivanoff et Emilie Wiest. Le choix du spectacle est difficile et dans la cour du Collège de la Salle, à l’ombre des grands arbres, vous guettez la sortie du spectateur précédent pour tenter de connaître la tonalité, l’ambiance du « mets » choisi. J’ai opté pour Repas dominical de Nicole Sigal. Après avoir marché sur le tapis rouge qui mène au plus petit théâtre du monde, je me suis retrouvée devant un écran de tulle, face à la comédienne qui dit ce texte grinçant, corrosif, sur les rapports familiaux et j’ai pensé à tous ces dimanches en famille qui n’étaient pas de tout repos !!! Il est vrai qu’avec un titre pareil, il fallait s’y attendre ! On m’a dit que d’autres monologues étaient plus légers et plus drôles… A.G. Le Nautilus est resté garé dans la cour du Collège de la salle du10 juillet au 20 août. A.G Mon Képi Blanc a été joué à Montévidéo dans le cadre du Festival de Marseille du 8 au 11 juillet
Petite(s) forme(s), grand format ! Surtout ne pas craindre la frustration : le plan-programme distribué à l’entrée de l’allée centrale et l’accueil joliment sémaphorique de Mireille Guerre préviennent le chaland : « Vous ne verrez pas tout ». Plus de 20 propositions de spectacles occupent le site monumental de l’École de la 2 e Chance et l’aventure ne peut être que zigzagante, voire en dents de scie. De part et d’autre d’une rue intérieure fort animée (de petits groupes de spectateurs légèrement inquiets et titillés dans leur sentiment géographique s’y croisent et s’interpellent en faisant sonner des titres fort prometteurs : Petites Danses de Pleurs ? Loin des Équilibres ? Allons où nos pas nous mènent.. ! ) se tiennent, se dressent, se déroulent, se défont, s’effilochent parfois au gré des talents et des réussites, ces moments de travail élaborés en une semaine environ dans des espaces qui ne se laissent pas forcément apprivoiser... La rencontre n’a pas toujours lieu. Et si Alain Philippeau réussit à garder serré contre lui et les Ambassadeurs de Holbein un public fasciné par le mystère de son érudition errante ; si Carol Vanni en 7 minutes taille à nu de gestes et de mots une belle étoffe de deuil ; si Xavier Marchand dans le silence du jardin sec de la Coursive 2 orchestre malicieusement un duel de trilles entre chardonnerets, d’autres (la faute aux lieux ou aux artistes ?) peinent à instaurer un lien ou à installer une forme... Thomas Fourneau Les voix entrelacées de Sarah Kéryna et de sa grand-mère ont une justesse et une fragilité de ton qui s’éventent dans un fond de cour glacial, la déploration « éthique » et grandiloquente de Véronique Boutroux et Bruno Boussagol autour de Tchernobyl est heureusement écrasée (les murs aussi ont des oreilles !) dans un goulet obscur et, propos saisi au vol à la Buvette de la bouche même de la chorégraphe Olivia Granville déçue par sa prestation sur le stade, «... avec tout ce vent, le comique s’est envolé… ». Ainsi, la Fugue Mimique entrait finement en résonance avec l’émouvante drôlerie du Forza Bastia de Jacques Tati !!! ! Quant au fameux canot de glace de Cathy Weyders et Mister Moo, emblème cette année des travaux éphémères des Informelles, les éléments déchaînés dans l’anse de Maldormé en ont décuplé les effets spectaculaires : mise à l’eau et autres périls glissants ont fait fondre de plaisir le public amassé sur les rochers. Laissons alors la grand -mère de Sarah Kéryna tirer le bilan de l’entreprise : « Les réunions de peuple, c’est très beau ». MARIE-JO DHÔ Le Festival des Informelles s’est tenu le 12 et 13 septembre à l’École de la deuxième chance et sur la Corniche Kennedy 13 Chapeau les tchèques ! Les jeunes danseurs tchèques se lancent à corps retrouvé dans la chorégraphie, et le Festival de Marseille a voulu les mettre en lumière. Expérience initiée l’an dernier et reconduite avec bonheur, annonçant une collaboration plus étroite dans les années à venir et saluée par la Saison culturelle européenne. La soirée du 9 juillet s’est déroulée dans le nouveau lieu du Théâtre Nono. Jan Kodet, proche collaborateur de Petr Zuska, directeur du Ballet National de Prague, a présenté 4 danseurs et 4 musiciens qui s’observent, se mélent dans un spectacle intitulé Kevel. Retour en enfance : on joue avec des cerceaux et des balles colorées, on fait beaucoup de signes avec ses mains et ses poignets, on ose des déséquilibres savants, on flirte avec la musique. L’ensemble est enlevé et frais. Venait ensuite Dora Ho tov avec Arcanum. Elle circule au sol entre ombre et lumière dans un chemin de petits carrés bleus s’éclairant successivement sur son passage grâce au travail raffiné de Pascale Bongiovanni ; elle se relache, tombe, se désarticule,dans les saccades de la musique. Opiniâtre, elle avance jusqu’à l’épuisement et l’obscurité, accompagnée par la musique répétitive de Éric Cástko. Fort ! Elle reviendra en 4 e partie pour une chorégraphique complètement différente : On the perch, où tout se joue sur et autour d’une chaise. Une espièglerie bienvenue... Également chorégraphe et interprète, Dagmar Chaloupková. Dans son solo Gradina elle replonge dans des instants d’avant le désir et la naissance, s’ouvre à la vie et nous entraîne. Au début, encore, l’obscurité, puis peu à peu l’offrande... CHRIS BOURGUE tcheq’up ! X-D.R tcheq’up ! X-D.R T E F N 14'W11 FIS I< !'4. y C i E'RI C HARD M h4 R T I 11111 i UJ 69 Abonnez-vous : 0 820 300 033 - www.toursky.orgl



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