Yegg n°89 mar/avr 2020
Yegg n°89 mar/avr 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°89 de mar/avr 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 12,6 Mo

  • Dans ce numéro : focus sur la grossophobie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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I AM NOT OKAY WITH THIS CHARLES FORSMAN MARS 2020 nom TRE PROMUS or STUMM TAC DIRECTOR or THE END 0F THE MING WORLD Ça fout les poils d’écouter le nouvel EP de Baby Fire, un groupe de musiciennes basé à Bruxelles qui envoie du rock alternatif qui transcende nos tissus pour aller foutre le bordel dans toutes nos cellules. Searching for grace, c’est quatre chansons profondes et intenses qui jouent avec nos émotions. Il y a de l’inquiétude et de l’angoisse qui émanent d’une dimension très sombre de la musique de Dominique Van Cappellen (chant, guitare), Cécile Gonay (violon, basse, percussions, chœurs), Lucile Beauvais (orgue, claviers, piano) et de leurs invités. Mais il y a aussi quelque chose de très beau et de très apaisant qui se dégagent de la voix à la fois chevrotante, posée et déterminée de la chanteuse, englobée dans cet ensemble post-punk. Il est question de noirceur de la nuit mais aussi d’inspiration, d’amour à donner sans attendre en retour, de souffle précieux et de plein d’autres notions, sentiments, couleurs, formes, sensations qui toujours trouvent et créent un équilibre. Pour refuser la fatalité et avancer dans ce mélange de force, de douceur et de fragilité. Un mini-album inspirant qui nous embarque dans les méandres d’une pudeur sauvage, et qui s’accompagne d’un livret de sublimes coloriages (et des paroles !) réalisés par Alice Smith. I MARINE COMBE Mars-Avril 2020/yeggmag.fr/36 verdict En ce début de printemps confinement, rien de mieux que de se lancer à la découverte de séries en petit format. Tout comme la nouvelle série fantastico-déjantée de Charles Forsman, le réalisateur de The end of the F***ing world. Les créateurs de Strangers Things nous plongent sur 7 épisodes dans la psyché et l’univers décalé d’une ado de 17 ans. Alternant le quotidien teen drama d’une jeune femme qui se découvre et un pouvoir télékinésique incontrôlable, la première saison de la série nous laisse sur notre faim. Le portrait multiple d’ados en marge et en processus de construction plait et ne s’offusque pas d’être à la mode depuis quelques temps. On ne s’affolera pas de tomber dans un genre surexploité. Les interprétations sont remarquables et la jeune Sophia Lillis dans le rôle de Sydney est aussi charismatique que bouleversante d’intensité. On abandonne le coté blafard et désenchanté de The end of th f***ing world pour une humeur narrée à la première personne qui certes bouillonne de colère mais qui sait pour autant décrire son monde avec le recul et la moquerie d’une jeune femme pleine d’intelligence. Le surnaturel ne prend pas le pas sur le rythme normalisant d’une bourgade aussi ennuyeuse que suractivée par les consciences éveillées de ces ados tous désireux de vivre des émotions. Nul doute que l’auteur prend quelques libertés vis à vis du roman graphique mais c’est à l’évidence un gain potentiel dans l’installation et l’éclosion du récit. Parias rebelles et dynamisme intrépide aux superpouvoirs, avec toutes ses références à de grandes œuvres cinématographiques, la série est une belle promesse. IC. R. CD SEARCHING FOR GRACE BABY FIRE MARS 2020 ‘ SERIEÉ
ANIM’WOMAN LES BRETONNES Y. LECHEVSTRIER & T. RUELLAN MARS 2020 YVON LECHEVESTRIER TUGDUAL RUELLAN q. PRÉFACE DE Î. woman LES BRETONNES gime YANN ARTHUS-BERTRAND r 1f Témoignages de femmesYmiA d aujourd'hui ifs D ÂPRES LE FILM DE BAPTISTE ROUGET LUCHAIRE s verdict LES ESPIONNES RACONTENT AURÉLIE POLLET MARS 2020 Adapté du très bel ouvrage homonyme de Chloé Aeberhardt, Les espionnes racontent se décline en une mini série de 6 épisodes. Chaque épisode revient sur une rencontre tirée de son livre avec une espionne ou agent opérationnelle des services de renseignement. Six femmes, six destins de femmes espionnes ayant servi leurs patries sur de longues années ou lors d’importantes missions plus ou moins dangereuses. Plutôt éloignées des clichés très exploités de femmes fatales de la James Bond girl, nos héroïnes s’expriment de chez elles, avec leurs tons et leurs désirs d’en dire beaucoup ou pas assez. Résultat d’une formidable enquête de 5 années, le livre centré sur la période historique de la guerre froide aura nécessité un long travail de recherche et de terrain car comme toute bonne journaliste, il aura été impossible à Chloé Aeberhardt d’établir une série de portraits sans les rencontrer, apportant ainsi beaucoup d’informations sur les femmes qu’elles sont aujourd’hui. Élément capital car les épisodes nous proposent de nous faire revivre ses rencontres. On sent le vif plaisir qu’à l’écrivaine à contre balancer les missions stratégiques pointues et déterminantes de ces espionnes et leurs personnalités très atypiques de femmes et de civiles à notre époque. Le travail d’animation d’Aurélie Pollet, narré à la première personne, tel un journal de bord, est talentueusement mis en scène et illustré par une projection animée type roman graphique. Agents du KGB, MOSSAD, CIA, DGSE, STASI, c’est Miou-Miou qui les incarne par le son de sa voix. Des témoignages exquis de professionnelles du service secret et de leurs rôles décisifs, souvent en tant que femmes dans ce monde d’hommes, qui chassent avec élégance le cliché de la femme espionne séductrice qui n’obtient que par l’intermédiaire de ses attributs physiques. À découvrir sur arte.fr ! I CÉLIAN RAMIS LIVRE Le mois dernier, on découvrait au cinéma Woman d’Anastasia Mikova et de YannArthus-Bertrand. Ce mois-ci, on dévore le livre Woman Les Bretonnes, écrit par Yvon Lechevestrier et Tugdual Ruellan (d’après le film éponyme réalisé par Baptiste Rouget-Luchaire). En 200 pages, ce ne sont pas moins de trente femmes qui se racontent dans cet ouvrage. La plus jeune est âgée de 30 ans, la plus vieille de 85 ans. Au fil des pages, on lit les récits, toujours racontés à la première personne du singulier, de Myriam, de Framboise, de Klervi, de Maryannick, de Colinne, de Claire, de Nolwenn, de Claude, d’Anna, de Blandine, de Monique et de Jeanne, entre autres. Leurs manières de regarder leur environnement et de se regarder elles-mêmes sont touchantes, parfois bouleversantes, tant elles tendent à entrevoir un monde humaniste et optimiste, malgré les épreuves, malgré les vécus et les blessures. À la lecture de certains parcours, on ne peut retenir nos larmes, qui se mêlent alors aux joies, aux espoirs, aux colères et aux luttes des voisines qui les précédent ou les suivent. Leurs propos, concernant leurs parcours pourtant bien distincts, ne sont pas anodins. Ils sont le fruit des discriminations subies et constatées au cours de leurs existences de femmes. La combattivité accompagne chaque ligne, chaque page, chaque personnalité. C’est puissant et enivrant. On regrette néanmoins que les amours relatés ne se conjuguent qu’à l’hétérosexualité et que les visages symbolisant les Bretonnes en couverture du bouquin soient exclusivement blancs. Car la Bretagne ne manque pas de pluralité. I MARINE COMBE Mars-Avril 2020/yeggmag.fr/37



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