Yegg n°88 février 2020
Yegg n°88 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°88 de février 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 11,7 Mo

  • Dans ce numéro : valeurs hip-hop, danser les maux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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WOMAN ANASTASIA MIKOVA & YANN A.B. FÉVRIER 2020rft) 76 uK mole'ANASTASIA MIKOVA ARTHUS-BERTRAND -enezzenvireemmaiay-"'Elle a le don de nous foutre les poils, Agnès Obel. En dévoilant son quatrième album, la musicienne danoise nous embarque dans une sorte de musique hybride et énigmatique qui nous retourne le bide. Elle n’a plus la voix aussi cristalline que sur le disque précédent, elle n’a plus à démontrer l’originalité de son organe vocal, et elle en joue pour nous emmener ailleurs. Cet ailleurs réside dans sa solitude, dans son isolement d’artiste qui compose, enregistre et se dédie corps et âme à son œuvre musicale. Elle travaille d’arrache pied, Agnès Obel. Elle se dit totalement passionnée, investie et même obsédée par son métier, son art. Au point de se couper de la civilisation le temps de la création et de la mise en studio. Quand on écoute la musique de cette multi-instrumentiste, on sent la rigueur de son exigence. C’est hors du monde qu’elle nous propose de sublimer les doutes, les questionnements, les passions, les limites et les entraves à nos libertés. Sa musique, puissant mélange d’instruments classiques, symphoniques et rock, est ronde et chaleureuse, inspirante et transcendante. Agnès Obel nous surprend, nous épate et nous envoûte. I MARINE COMBE verdict Ce film documentaire, sous la forme d’un diaporama de 2000 femmes au sein de 50 pays à travers le monde, est une véritable déclaration à l’Humanité. La longue série continue de portraits parlés et visuels n’empêchent en aucun cas d’être intimiste par la mise en scène très épurée et centrée sur le témoignage de ces femmes. Les sujets sont aussi nombreux que divers. S’y livrent toutes les grandes problématiques et états de faits que vivent les femmes, leurs évènements petits et grands, les étapes et défis auxquels elles doivent faire face à notre époque pour tenter de se sentir libres ou s’épanouir tant bien que mal et malgré les obstacles. Les récits sont touchants, parfois bouleversants. Les auteurs réussissent le pari fou de réunir cette gigantesque base de paroles libres en les transformant en œuvre collégiale et émotionnelle. Si le film a pour objectif premier d’aborder les injustices que vivent les femmes partout dans le monde et à des échelles et parcours différents de leurs vies, l’objet filmique peut s’enorgueillir de faire jaillir la grande force intérieure des femmes et leurs désirs inébranlables de changer le monde. Woman donne la parole et elle est bien prise cette parole. Devant tant de justesse, difficile de passer à côté de la beauté infinie qui se dégage de cette objectivité, maturité et bienveillance collective, cela malgré que, de tout son long, le film est à la première personne. Très esthétique autant sur le fond que sur la forme, l’œuvre devient indispensable sitôt qu’on la termine. Une forme de bilan ou d’état des lieux de la vie sur terre à travers le regard féminin. Le regard triste, heureux mais toujours confiant de celles qui donnent la vie. Ôde à la femme, à la diversité et à la différence. Aux quatre coins du monde, sur leur présent et leur futur, les femmes parlent. IC. R Février 2020/yeggmag.fr/32 CD MYOPIA AGNÈS OBEL FÉVRIER 2020 ‘ CINEÉ
DVD LE SEL DE TES YEUX FANNY CHIARELLO FÉVRIER 2020 verdict SOEURS D’ARMES CAROLINE FOUREST FÉVRIER 2020 Zara vit avec toute sa famille dans une petite ville située au Nord de l’Irak. Après le départ de l’armée qui protégeait la zone, les habitants, tous Yézidis, sont livrés à eux-mêmes, sans défense. Très vite la terreur Daech s’abat sur ces familles et Zara et son petit frère vont être séparés et engloutis par la structure terroriste. Zara sera vendue à un anglais djihadiste, son frère sera lui formaté en arme de guerre. En parallèle le film propose l’entrée de deux jeunes françaises dans les brigades féminines internationales à majorité de femmes kurdes. Ces deux françaises, éloignées culturellement, se rejoignent sur l’ennemi commun et ce féminisme armé. L’une est franco-algérienne musulmane, l’autre est une jeune juive française ex militaire de l’armée israélienne. Ce groupe de femmes nous permet de voir et comprendre les actions militaires auxquelles participent ces si redoutées brigades de femmes. Des soldates aguerries et extrêmement motivées pour lesquelles le combat est d’envergure internationale et fondamentale. La réalisatrice Caroline Fourest passe pour la première fois derrière la caméra à la manœuvre sur une fiction. Cette journaliste très engagée sur les questions des droits des femmes s’appuie sur des événements historiques et journalistiques pour exposer la réalité géopolitique de la région mais se saisit également de ce sujet pour mettre en avant des femmes combattantes. Si le film subit de grosses critiques sur son prétendu manichéisme ou son lyrisme à « outrance », la dramaturgie fonctionne et le récit bouillonnant prend aux tripes. Le sujet est passionnant et les éléments sont réunis pour créer un film qui a la grande valeur de montrer au monde l’épouvantable brutalité qu’installa Daesch sur certains territoires. Si tout n’est pas parfait et que le film ne se classera pas au top 10 des films de guerre, il aura déjà le grand mérite d’être un film de guerre au regard féminin. I CÉLIAN RAMIS LIVRE Fanny Chiarello aime ce moment charnière où son personnage va choisir les termes de son émancipation et de sa liberté individuelle. Ici, dans Le sel de tes yeux, elle projette dans l’image d’une adolescente - prise en photo à son insu lorsque l’autrice réalisait une exposition sur le bassin minier du nord de la France – le personnage de Sarah Benarif. Elle aura bientôt 18 ans mais pour le moment, elle est coincée là, dans la maison familiale, avec un père absent de son éducation et une mère qui comprend que sa fille est homosexuelle mais ne l’accepte pas. L’écrivaine la suit, la scrute, l’accompagne sans que la protagoniste s’en aperçoive, et nous la présente telle qu’elle l’imagine dans son comportement, dans ses pensées et dans ses questionnements. Elle nous livre l’être intime de Sarah, qui rêve des lèvres et de la peau de Rose et qui souffre de la solitude d’une adolescente qui ne peut se conformer à une société hétéronormée. Et pourtant de cette situation va éclore tout un panel d’émotions vives, allant de la frustration à l’expérimentation d’une liberté éprouvée, en passant par la sororité, la colère, la tristesse, le doute et l’expression des désirs profonds. Fanny Chiarello, présente au Triangle le 19 mars prochain, nous confronte à un récit tourbillon, dans lequel le « je » et « tu » s’alternent et s’entrelacent, affranchissant des normes aussi bien la structure littéraire que les protagonistes ! I MARINE COMBE Février 2020/yeggmag.fr/33



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