Yegg n°87 janvier 2020
Yegg n°87 janvier 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°87 de janvier 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 17,7 Mo

  • Dans ce numéro : musiques actuelles, sexisme amplifié.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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NIGHTCLUB CLAIRE FARAVARJOO JANVIER 2020 Il sent les vapeurs de cigarettes, les effluves d’alcool et la sueur du dancefloor, cet album. Forcément, Nightclub, le premier opus de Claire Faravarjoo ne peut que nous inciter à remuer nos corps sur des musiques lancinantes, dansantes et entrainantes. Et ça fonctionne, même sans être des aficionadas et aficionados de boites ou bars de nuit. On la suit sans trainer des pieds. Au contraire. Au début, on dodeline et puis au fur et à mesure, les rythmiques suaves, mélangées à des lignes de basse situées à la frontière du disco et des synthés old school, nous font chavirer et on passe de notre salon à un club de musiques house enfumé. Exactement l’ambiance des histoires de soirées que Claire Faravarjoo décrit. Celles où tout est possible. Où tout peut arriver. Et dans lesquelles on se laisse guider et bercer par l’insouciance et l’envie de profiter. C’est suave, mélancolique, brut et poétique, et c’est pas raisonnable, pas toujours raisonné, c’est spontané et travaillé à la fois. Les rythmes sont endiablés, les textes inspirés. C’est vivant, c’est mouvant et c’est ça qui nous plait. I MARINE COMBEr,. Dvd PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU CÉLINE SCIAMMA JANVIER 2020 Fin du XVIIIème siècle, Marianne, jeune peintre, doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, demoiselle de bonne famille destinée à prendre la place de sa sœur défunte auprès de son futur époux. Un mariage de famille qui sortira la jeune Héloïse du couvent. N’ayant connue que les instructions religieuses, la jeune femme refuse de se faire peindre. Une manière de protester face à un destin qui lui échappe et pour lequel elle se sent brusquée. La mère d’Héloïse proposera donc à Marianne, peintre aguerrie, de jouer le rôle de dame de compagnie afin de peindre, dans le plus grand secret, le portrait de la jeune et future mariée. Peu à peu les deux jeunes femmes vont apprendre à se découvrir et s’apprécier jusqu’à l’éclosion d’une interaction véritablement lumineuse et initiatique. La réalisatrice Céline Sciamma propose, au travers du personnage de Marianne, le portrait d’une femme qui fait carrière par son seul talent et ses compétences dans un Art. Reflet d’une certaine forme d’émancipation, le personnage de Marianne vit ses intentions et ses convictions librement. Si le film met en perspective une condition féminine quelque peu en progrès au sein des ses milieux lettrés et artistiques, il apparaît bien que cette indépendance et affranchissement restent isolés face aux temps difficiles que vivent la majorité des femmes à cette époque. Le personnage de la domestique de maison y fait largement écho. Si l’on peut y voir un film historique à huit clos dépeignant avec brio un univers de servitude et de sacrifice pour ces femmes de bonnes familles comme Héloïse, à qui aucun choix n’est laissé, l’autrice nous embarque avec lyrisme et grâce à deux très belles interprétations, dans un moment de liberté hors du temps qui mènera les deux jeunes femmes à vivre une relation amoureuse et romanesque, libérée un court instant des injonctions de la société. I CÉLIAN RAMIS verdict Cd Cinéma f DEUX FILIPPO MENEGHETTI FÉVRIER 2020 Madeleine et Nina sont deux femmes retraitées qui s’aiment profondément. Depuis de longues années elles vivent leur amour cachées. Aux yeux de tous, elles ne sont que de simples bonnes voisines de pallier, au dernier étage de leur immeuble. Effectivement, si Nina, très loin de son pays natal et de ses origines, tend à vivre plus librement sa relation, Madeleine, elle, a deux enfants auprès desquels elle se sent obligée de rendre des comptes. Les deux femmes ont pour projet de quitter la ville, vendant biens et appartements, pour aller s’installer à Rome, la ville où il y a très longtemps, elles se sont rencontrées. Mais voilà, Madeleine qui porte le poids écrasant de la culpabilité du désamour qu’elle éprouve pour son mari disparu, ne parvient pas à annoncer à ses enfants qu’elle vit cette relation amoureuse avec une femme. Jusqu’au jour où un terrible accident vasculaire cérébrale intervient dans la vie de Madeleine. Dès lors et au-delà des séquelles de santé de la sexagénaire, le quotidien des deux femmes va se trouver entravé par de nombreuses personnes. Nina, pour qui cette vie amoureuse clandestine représentait inquiétudes et difficultés, va devoir faire face à un terrible sentiment d’arrachement, perdant ses droits et son statut. Le réalisateur Fillipo Meneghetti touche là avec son film au désemparement des couples qui perdent tout du jour au lendemain suite à un accident. Une vie cachée que personne ne soupçonne, bien difficile à récupérer lorsque la famille y fait irruption, décidant de tout et s’appropriant la globalité des décisions relatives à la personne. Le conflit y est encore plus fort lorsque la vie est bardée de secrets pour lesquels les familles ne sont, par leur conformisme et leurs conventions, pas préparées. Le réalisateur signe un film poignant mené par deux très forts personnages féminins. Deux est aussi une opportunité réjouissante de retrouver les deux immenses comédiennes, Barbara Sukowa et Martine Chevallier dans l’un de leurs plus beaux rôles. I CÉLIAN RAMIS HEY JUNE FABCARO & EVEMARIE JANVIER 2020 Elle est bordélique, flemmarde, cynique et même un peu antipathique. Fabcaro et Evemarie nous proposent de la suivre pendant une journée, au cours de laquelle le flegme et la désinvolture de June sont accompagnés par des chansons des Beatles, voir par le quatuor lui-même. On reconnaît bien là l’univers absurde de l’auteur de Zaï zaï zaï et on est ravi-e-s de découvrir le style de l’illustratrice Evemarie, qui signe là sa première collaboration BD. On s’exaspère parfois de la répartie de la protagoniste mais on aime suivre la banalité de son quotidien et la manière dont elle traverse ce presque rien, toujours fidèle à elle-même. C’est très rare de représenter en bande dessinée, mais aussi plus largement dans les arts et la culture, l’histoire ordinaire d’une femme ordinaire. Impertinente et caustique, qui plus est. Qui pense que le meilleur moment de la journée, voire de l’année, c’est le moment où elle est aux FJ : 41 fil 1P kirareo Livre chiottes. Et ça, ça nous plait bien. C’est une illustratrice qui galère, qui a la trentaine, est indépendante et d’apparence décomplexée. Alors oui, c’est un peu caricatural mais c’est rock’n roll, léger et irrévérencieux. Et ça fait du bien ! I MARINE COMBE



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