Yegg n°87 janvier 2020
Yegg n°87 janvier 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°87 de janvier 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 17,7 Mo

  • Dans ce numéro : musiques actuelles, sexisme amplifié.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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programmées, moins récompensées et enfin moins en situation de responsabilité que leurs homologues masculins. Les arts et la culture n’échappent pas, c’est certain, aux inégalités de sexe et de genre. Et n’échappent pas non plus aux conséquences de l’éducation genrée. L’Histoire est écrite par et pour les hommes. Elle valorise le patrimoine et néglige le matrimoine. À l’école, on enseigne les grandes œuvres de la musique classique. Toutes composées exclusivement par des hommes. On peut penser que ce n’est pas une fatalité en soi puisque cette Histoire se raconte au passé. C’est une erreur. Les conséquences de cette invisibilisation sont latentes. Sans modèles, comment se projeter à tel ou tel poste, à telle ou telle fonction, avec tel ou tel instrument ? Et encore aujourd’hui, les musiciennes sont moins visibles sur les scènes et dans les médias. Janvier 2020/yeggmag.fr/18 LE GENRE DANS LE CHOIX DES MUSIQUES Le 5 décembre 2019, à l’occasion des Trans- Musicales, la FEDELIMA (Fédération des lieux de musiques actuelles) et le Master 2 Média, Genre et Cultural Studies de la Sorbonne Noufocus CÉLIAN RAMIS velle, organisaient une table-ronde autour de la « Diversité des identités sexuelles et les identités de genre dans les musiques actuelles » au début de laquelle Cécile Offroy, maitresse de conférence en sociologie à l’université de Paris 13, proposait de bien redéfinir les concepts et le contexte  : « Le sexe renvoie à la différence des organes sexuels. On se voit souvent définir un sexe à la naissance. Mais depuis 20 ans, des recherches montrent qu’il n’y a pas qu’un seul modèle reproductif. La population intersexe réinterroge l’existence de seulement deux sexes. L’identité sexuelle, elle, n’est pas une notion fixée. Elle fait souvent référence au sentiment d’appartenance (ou non) à son identité sexuée. En fait, homme/femme, ce n’est pas si simple. Pas si binaire. Le genre, lui, correspond aux rôles sociaux attribués en fonction du sexe  : les normes de comportement, les qualités, les compétences… Le genre est le sexe social en quelque sorte. » Les filles sont calmes, maternantes, jolies, perfides et aiment les commérages. Les garçons sont forts, déterminés, courageux, ont de l’énergie et aiment la bagarre. Ces rôles sociaux qui
- pagnement artistique, à la communication, on va voir des filles. Les hommes captent souvent les fonctions à forte valeur ajoutée tandis que les femmes sont plutôt assimilées aux métiers du « care » qui sont dévalorisés sur le plan salarial. En règle générale, on constate que les valeurs des femmes sont moindres que celles des hommes. », explique Cécile Offroy. Elle note également que dans ce contexte binaire, tout écart aux normes apparaît comme une transgression. « Or, on n’adhère pas tous et toutes de la même manière à ces rôles sociaux. L’identité de genre n’est pas immuable et l’idenfocus assignent une personne à être femme et qui assignent une personne à être homme sont attribués très tôt et suivent les individus, au sein de la famille, à la crèche, à l’école, dans les groupes auxquelsielles souhaitent s’intégrer, au travail, etc. « Et ils traversent également les musiques. On attribue certains instruments davantage aux filles et d’autres davantage aux garçons. Dans les esthétiques aussi (classique, rock, jazz…), et ça atteint même les publics. On retrouve la même chose dans les activités et les fonctions. À la programmation, à la direction d’orchestre, on va voir des gars. Et à l’accom- COTE PUBLIC Les artistes en témoignent dans le dossier  : monter sur scène, c’est transgresser l’ordre établi, et par conséquent, prendre un risque (selon la société). Côté public, même combat. La culture du viol ne s’arrête pas à l’entrée des concerts et festivals… Là où il y a foules et ivresse, on le sait, il y a aussi agressions sexuelles et viols, harcèlements et insultes. Comment rendre ces espaces plus surs et bienveillants pour les personnes concernées (principalement les femmes, les personnes racisées, les personnes LGBTIQ+, les personnes handicapées) ? Si la doctorante Louise Barrière axait son intervention sur les festivals militants, ne peut-on pas s’en inspirer pour tous les événements festifs ? « On peut reprendre l’idée des chartes mais surtout ce qui est important, c’est de former les équipes qui organisent et encadrent les événements. Il y a aussi un bouquin qui est pas mal, ça s’appelle Making spaces safer (écrit par Shawna Potter, 2018,ndlr), il y a 200 pages de conseils sur les stratégies à adopter. », nous répond-elle. On nous indique également l’initiative des festivals en Pays de Loire  : la campagne « Ici c’est cool », destinée à sensibiliser les publics aux questions de société, au respect des individus et prévenir les violences à caractère sexuel, sexiste, raciste et homophobe lors des concerts. Dans le sud, à Marseille, la salle de musiques actuelles Cabaret aléatoire aurait également entamé un travail de fond pour former ses équipes permanentes et de sécurité, afin de repérer les situations de tension et pouvoir intervenir. Et dans la capitale bretonne ? Depuis deux ans, l’association Stop Harcèlement de rue Rennes occupe un stand dès le hall d’accueil des TransMusicales, afin de pouvoir échanger avec les festivalier-e-s sur les questions de violences sexistes et sexuelles. Et depuis peu, nous avons remarqué la présence, notamment lors du festival Dangereuses lectrices et du concert des Enlaidies, d’une caravane-bibliothèque. C’est celle des Impudentes, association féministe d’éducation populaire fondée en 2018 qui propose un espace itinérant de prévention contre les violences sexistes et sexuelles en milieu festif. « Un lieu où l’on peut Décembre 2019/yeggmag.fr/19 venir discuter, échanger, lire une bande dessinée ou une brochure sur des thématiques féministes, écouter des témoignages d’harcèlement ou d’agression en milieu festif, etc. Cela peut être un endroit de repli pour les personnes qui ressentent le besoin de s’isoler et d’échanger sur les violences vécues. », peut-on lire sur leur site. Pour des raisons d’emploi du temps, nous n’avons pas pu les interviewer, mais promis, on y reviendra.



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