Yegg n°86 décembre 2019
Yegg n°86 décembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°86 de décembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 42

  • Taille du fichier PDF : 15,1 Mo

  • Dans ce numéro : féminisme, ne rien lâcher.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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II ICI DIX SEPT DÉCEMBRE 2019 Dvd111 Cd Cd Dès les premières notes, Ici Dix Sept nous propose un voyage dans le temps. Direction les années 80. Voire la fin des années 70. L’époque du post-punk et de la new wave. Pour ce deuxième EP, Anthony Pergaud, au clavier et à la basse, s’entoure de Victor Malé au clavier, à la guitare et à la basse, et de Clara Decerle au chant, pour un ensemble synthpop rétro. Les rythmes entrainants de « Les ondes » et « Amours amours », ne sont pas sans rappeler le groupe La Femme ou encore de Véronique Vincent & Aksak Maboul. Avec « Rendez-vous » et « Bleu Nuit », on replonge même, grâce à la voix de la chanteuse, dans la deuxième partie des années 80, à l’époque d’une Elsa par exemple. Et ce n’est pas pour nous déplaire, une fois mis au goût du jour, avec une musique plus foutraque et une écriture plus travaillée et transgressive. Le trio, originaire de Besançon, nous entraine dans son univers, voulu sans contraintes. Si on ne distingue pas particulièrement d’originalité ou de nouveauté dans le style, en revanche on apprécie l’écoute du disque qui nous file la pêche, mais nous frustre de par sa courte durée (15 minutes). On en voudrait plus. I MARINE COMBE THE OPERATIVE YUVAL ADLER DÉCEMBRE 2019 Début des années 2000, alors que se profile une guerre d’usure entre Israël et l’Iran, Rachel, une jeune femme sans attache, se retrouve en charge d’une mission d’infiltration risquée pour le Mossad. Le combat des israéliens et américains, qui met tout en place pour affaiblir les recherches dans le domaine nucléaire des iraniens, est déjà bien entamé. Chaque acte tient un rôle crucial dans le sabotage permanent de l’intérieur du système des iraniens. Rachel, bilingue, intelligente et perspicace tient son personnage à merveille. Pourtant, la mission est plus compliquée et dangereuse qu’elle ne le paraît et très vite des conséquences funestes vont entourer son infiltration. Le film du cinéaste et ancien agent des services secrets Yuval Adler, nous plonge dans le quotidien angoissant d’une espionne du Mossad en immersion. Diane Kruger qui tient le rôle de Rachel est impressionnante de véracité. Elle intériorise les bases d’un personnage discipliné et obéissant qui ne trouve pas toujours la force de pouvoir assumer la froideur du monde dans lequel elle évolue. The Operative est un film qui tord le coup à de nombreux stéréotypes de films d’espionnage, type James Bond, souvent bardés de bastons et courses poursuites endiablés autour de grotesques représentations des assaillants et surtout des femmes projetées en femmes fatales affaiblies par leur féminité. Ici le risque et le mensonge sont des données qui jouent votre survie. L’espion est une femme qui doit supporter l’insupportable et se heurter à des ordres inhumains. Les conséquences psychologiques sur l’Homme et l’aspect éthique de l’embrigadement total sont si bien évoqués par le récit que le roman de l’auteur a été vivement censuré à sa sortie en Israël. Le film est riche d’enseignement et dévoile un système sans équivoque de domination qui écrase tout sur son passage. I CÉLIAN RAMIS verdict LES FILLES DU DOCTEUR MARCH GRETA GERWIG JANVIER 2020 Cinéma C’est durant la guerre de sécession que se déroule la très romanesque aventure de 4 jeunes filles vivant avec leur mère. Le père de famille, pasteur, étant parti pour la guerre, c’est une mère aimante et dévouée qui se charge de l’éducation de ses 4 jeunes filles. Si le roman de Louisa May Alcott est mondialement connu, par son succès en littérature mais aussi grâce à ses nombreuses adaptations cinématographiques, il n’est pas anodin d’avoir eu cette brillante idée de le porter une nouvelle fois à l’écran. En effet, Greta Gerwig a bien compris l’intérêt, de produire aujourd’hui un rafraîchissant revival de ce portrait multiple de sœurs à la vie mouvementée par les époques, les convictions et les sentiments. Il convient de garder à l’esprit que le roman de la littérature américaine est loin de se contenter à boxer dans la catégorie comptines pour enfants. Et c’est par sa réalisation que Greta Gerwig a très bien su exprimer l’intelligence de ces jeunes femmes qui œuvrent pour elles-mêmes dans leurs réalisations et leurs envies secrètes d’accomplissement. La réalisatrice déstructure le roman originel pour le scinder en deux parties distinctes. L’une, l’adolescence quasi idyllique et pleine de promesses et l’autre, l’acquisition des familiarités et des difficultés du monde adulte. Ces allersretours chronologiques apportent éclaircissements et distinctions dans l’éveil et le désenchantement des jeunes femmes qui toutes se battent à leur manière pour exister pour ce qu’elles sont. Une énergie et une vitalité féminine charismatique qui souvent émerveillent les hommes qui préfèrent se poser comme observateurs et heureux bénéficiaires de l’ardeur et de l’aura qui entourent cette sororité. Les interprétations élégantes et gracieuses des actrices contribuent à une mise en scène crédible du récit historique. Une adaptation féministe qui en fait un film fort et intemporel qui résiste avec vigueur et ingéniosité à la vision souvent trop naïve du roman. I CÉLIAN RAMIS LEs uuATRE FILES uu ou niTUR M AREH Livre PRISONNIERS DU PASSAGE CHOWRA MAKAREMY & MATTHIEU PARCIBOULA NOVEMBRE 2019 L’arrivée à l’aéroport de Roissy, elle l’a connue quand elle était enfant et que sa famille quittait l’Iran, en guerre contre l’Irak. Vingt ans plus tard, Chowra Makaremi, anthropologue et chercheuse au CNRS, y revient, pour sa thèse sur les « zones d’attente » et se souvient, écritelle, « de cette arrivée (en 1986,ndlr) si tranquille, si humaine par rapport à ce que sont devenues les frontières, et ce que doivent affronter les voyageurs. Qu’ils soient réfugiés politiques, réfugiés de guerre, enfants venus rejoindre leurs parents en France, ou des courageux qui cherchent une vie décente, des courageuses qui voudraient vivre dans un monde plus juste. » Parmi ces personnes-là, il y a Kadiatou, Yoones, Jana et ses enfants, Halima ou encore Laurent. La BD nous emmène dans une partie méconnue des aéroports, loin de l’image de détente, de vacances et d’évasion  : la Zapi, soit la Zone d’Attente pour Personnes en Instance. Une zone de détention d’individus étrangers réfugiés. Ielles attendent, dans des conditions semblables à celle de l’incarcération, de connaître leur sort  : l’autorisation d’entrer sur le territoire ou l’expulsion. Difficile de garder espoir après cette lecture qui nous bouleverse et nous transperce. Un beau travail de Chowra Makaremi et de Matthieu Parciboula. I MARINE COMBE



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