Yegg n°85 novembre 2019
Yegg n°85 novembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°85 de novembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 14 Mo

  • Dans ce numéro : agricultrices à part entière.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CÉLIAN RAMIS de 10h dans la semaine aux tâches de la ferme. Toutes aident à la comptabilité et à la gestion. IL EST OÙ LE PATRON ? « Partout, tout le temps, il y a toujours eu une grande implication des femmes dans la vie des fermes. Dans l’enquête, on s’est intéressées également à la répartition des tâches. Il n’y a aucune découverte, juste une confirmation d’une répartition « classique » et genrée  : les femmes sont plus souvent chargées de la traite, des soins, de la compta, de la gestion, etc. Pas toujours heureusement ! Certains couples répartissent les astreintes, partagent les infos et les décisions et la gestion se fait de manière équitable mais ça reste minoritaire. », précise la coordinatrice des Elles. Finalement, leur point commun est là. Au-delà de leur métier, elles sont femmes, et composent avec les assignations imposées à leur genre. Alors la fameuse apostrophe de « Il est où le patron ? », en règle générale, elles la connaissent malheureusement bien. « Un jour, un technicien arrive et fixe un RDV avec Pascal (Renaudin,ndlr), c’est lui qui était là ce jour-là. C’est moi qui suis allée au RDV parce que c’était plus dans mon domaine. Pour nous, c’était naturel de faire comme ça, on ne s’est pas posés de questions. Ah bah le technicien il était surpris en me voyant, je dois pas avoir le look agricole. », rigole Lynda Renaudin. Elle poursuit  : « Je peux vous dire que l’entretien ne s’est pas très bien passé… Faut toujours Novembre 2019/yeggmag.fr/20 focus ramer, c’est assez incroyable ! » Quand on arrive sur l’exploitation de Vert-Lait-Près, installée à Bréal-sous-Monfort, Lynda gère la traite des vaches et Pascal s’en va amener leur plus jeune fille, âgée de 9 ans, à l’école. « Au niveau de l’organisation et des décisions, on fonctionne à 2. On prend les décisions ensemble. Après, on essaye d’équilibrer selon nos envies et nos compétences. On a forcément des domaines dans lesquels on est plus à l’aise. », nous dit-elle. Elle a de la gouaille, un grand sourire et du répondant. Et il en faut visiblement pour affronter les remarques, les regards et les éléments qui peuvent sembler anodins mais ne le sont pas du tout  : « En 2006, on a créé l’EARL, on est associé-e-s à 50-50. A ce moment-là, on a changé de banque. Bon alors, c’est moi qui suis rattachée à quelque chose d’existant du fait de mon installation mais la conseillère a quand même entièrement mis le compte au nom de Pascal. La femme n’est pas forcément reconnue dans son statut d’agricultrice. » Face aux techniciens extérieurs, elle le dit, il ne faut surtout pas être en position de recul. Et ne pas accepter le moindre manque de respect quand ceux-ci ne veulent pas comprendre qu’ici, il y a une patronne, au même titre qu’un patron. « Pourquoi c’est l’homme qui dirige l’exploitation ? Pourquoi c’est l’homme qui prend les décisions ? On a le devoir de dire « On est là ! », c’est important. Si dans la vie de tous les jours,
focus on relève tous et toutes des inégalités du quotidien, on va avancer. », dit-elle. Stéphanie Guilloteau est installée sur une ferme qualité qui est en phase avec nos convictions. » de Pancé, avec un troupeau d’une quarantaine CHEMINS DIVERS de vaches laitières également en agriculture Elles ont des parcours différents et des motivations différentes. Lynda Renaudin, elle, a fait des ploitation, elle a « toujours fait ça ». Ses parents bio, depuis bientôt 10 ans. Travailler sur une ex- études de médecine et de droit. En rencontrant à elle avaient une ferme, les parents de son son mari, dont l’exploitation appartient à sa famille depuis de nombreuses générations (peut- ont un BTS agricole en poche et une année conjoint, Cyril Guilloteau, aussi. Tous les deux être depuis la Révolution, nous confie-t-il), elle supplémentaire de spécialisation en animation décide, il y a 20 ans, de se convertir à l’agriculture d’abord en tant que conjointe collaboratrice pour lui. Le projet a été conçu à deux. D’abord nature pour elle, en production vaches laitières puis en tant qu’associée, après avoir obtenu un en EARL puis en GAEC. Toujours associé-e-s. BTS agricole en un an, dans une formation pour « M’installer, c’était pour le cadre de vie, la liberté d’organisation, d’espace et de temps, malgré adultes. « C’est une super expérience parce que ça donne vraiment une vision d’ensemble les contraintes. Pour faire une famille aussi, c’est de l’exploitation, on aborde plein de points le cadre idéal. Après, au niveau de l’activité, techniques, etc. », s’enthousiasme l’agricultrice qu’on ait un troupeau de chèvres, d’éléphants de 43 ans, toujours désireuse d’apprendre et ou de vaches, pour moi, c’était pareil. », nous curieuse de tout ce qui attrait à son troupeau, dévoile-t-elle, en descendant du tracteur pour constitué d’une quarantaine de vaches laitières récupérer les piquets qui balisent le chemin et élevées, en agriculture bio  : « Ce qui me plait, encourager les vaches retardataires à rejoindre c’est le contact avec les animaux et avec la la salle de traite. nature, c’est le côté très apaisant. C’est un peu la base ! Et puis j’aime mes vaches, c’est important pour moi, elles ont toutes un caractère elle est en pleine réflexion professionnelle  : Elle est franche et réservée et le dit d’emblée, différent, elles sont toutes différentes, j’aime ça. « Dix ans après, mon choix m’est revenue à la Et puis, ça me plait aussi de produire un lait bio tronche. Je sors d’un bilan professionnel parce pour les gens, de produire quelque chose de que je me posais des questions. Un métier en Objectif paysannes Il y a Valérie Le Dantec, qui fabrique des fromages au lait cru à Chavagne, Sarah Le Goff, qui est maraichère à Iffendic, RozennMell, qui brasse sa bière à Melesse, Anaïs Kerhoas, qui produit des plantes aromatiques et confectionne des tisanes à Sains, Elisabeth Gury- Oberthur, qui produit du jus de pomme et des noix et élève des moutons à Pleugueneuc ou encore Marie Bertrand, qui fait du pain à Guipry… Toutes figurent parmi les 15 portraits de femmes engagées dans l’agriculture biologique en Ille-et-Vilaine. Des portraits photographiques qui étaient à découvrir du 24 octobre au 21 novembre au restaurant Pique Prune de Scarabée Biocoop Cleunay (Rennes) et qui sont désormais visibles, jusqu’au 20 décembre, au restaurant Pique Prune de Scarabée Biocoop Saint Grégoire. L’exposition Paysannes, on la doit à Mathilde Pilon, reconvertie reporter photographe depuis peu. Dans son communiqué, elle explique  : « J’ai repéré, entre 2016 et 2017, des initiatives de femmes au niveau local afin de comprendre les enjeux qui les portent. Les agricultrices cherchent de plus en plus à mettre en cohérence leur projet professionnel, leur projet de vie et leurs convictions personnelles  : vie saine au rythme de la nature, préservation de l’environnement, paysannerie. » Ainsi, les clichés nous donnent à découvrir un aperçu de leur travail, un petit bout de leur quotidien, qu’elles partagent avec générosité face à l’objectif. C’est inspirant et apaisant. Novembre 2019/yeggmag.fr/21



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